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Nick et Susy Lansing forment un charmant couple de parasites. Fraîchement mariés et sans le sou, la prodigalité d'amis plus riches leur assure un voyage de noces en Italie et quelques largesses. Tous deux ont conclu un pacte original : chacun rendra sa liberté à l'autre si une occasion plus fortunée vient à se présenter. C'est simple, dit comme ça. En réalité, la situation va se compliquer très vite car Nick, tout pique-assiette qu'il est, a cependant quelques principes. Susy beaucoup moins. C'est ainsi qu'elle se rend coupable de quelque chose (je ne vous dis pas quoi) de pas très moral qui va précipiter le départ de Nick... Lorsque la bonne fortune se présente à Susy, sans nouvelles de son mari depuis de longues semaines, en la personne du vieil ami Streff devenu le richissime Lord Altringham, quel sera le choix de madame Lansing? 

Comme toujours, l'argent et le mariage sont au coeur des préoccupations d'Edith Wharton et de ses personnages. Cette fois, ils sont deux, le mari et le femme, à tirer le diable par la queue et à devoir mettre en balance leur histoire et le besoin de confort, d'élégance, de luxe qui les obsède. Surtout Susy. C'est elle qui mène la danse. C'est elle qui propose ce curieux mariage à Nick : " en fait, nous représenterions l'un pour l'autre un avantage plus qu'une gêne (...) tous les deux, nous connaissons si bien toutes les ficelles; ce que l'un de nous ne verrait pas, l'autre pourrait le repérer-je parle des occasions bien sûr. Et de plus comme chaque couple marié, on ferait figure de nouveauté.(...) oui, je suis vraiment persuadée que le succès que nous aurions serait plus de deux fois supérieur à celui que nous avons aujourd'hui. (...) Je sais que ça remonterait joliment ma côte de faire une nouvelle apparition en femme mariée."

C'est encore elle qui se livre à de menues compromissions, mettant ainsi son mariage en péril. Un drôle de personnage, cette Susy. Qui voit la paille dans l'oeil de la copine, à savoir Ellie Vanderlyn, (infâme infidèle) mais pas la poutre dans le sien, qui soudain se révèle moins fort, moins déterminé qu'on ne l'imagine. Quel petit coeur tout tendre, au fond, cette Susy, sous ses airs bravaches !  Car l'amour est là, (même si on ne le voit pas tout de suite, Nick et Susy s'aiment, et oui !) et quand l'amour est là, rien n'est simple et tout se complique...

 Comme souvent chez Wharton, les riches sont vaniteux et futiles et les pauvres rêvent de faire partie de leur monde, au risque de s'y casser les dents. C'est toujours aussi  juste et enlevé, l'écriture est toujours aussi parfaite, et on suit avec plaisir  les aventures de ce drôle de couple, dont les  atermoiements apparaissent finalement assez crédibles. Le début du roman m'a semblé un peu long et déroutant, il faut quand même le dire. Je me suis accrochée, j'ai bien fait.

Mais, car il y a un mais...

J'ai trouvé ce roman moins "griffu" que "Chez les Heureux du Monde" par exemple. (Ah oui mais "Les Heureux du Monde" est un chef-d'oeuvre, ma p'tite dame !). Warthon m'a habituée à plus de griffes gris que de rose et c'est ce que j'apprécie chez elle. Ici, on n'est pas loin de l'Harlequinade- je vous disais plus haut que Susy a des côtés très guimauve et Nick n'est pas mal non plus dans son genre- surtout vers la fin... toute rose. C'est joli, c'est bon pour le moral, mais pour ma part, j'attendais plus de mordant (oui, Edith, j'aime bien quand elle mord...) et une chute moins convenue.  

"La splendeur des Lansing" est donc un roman agréable, mais pas forcément inoubliable, en raison de cette tendance rose bonbon assez surprenante.  

 

Une participation au challenge de George, consacré à la grande Edith :

 

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Et une autre pour Litote :

 

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