La splendeur des Lansing- Edith Wharton
Nick et Susy Lansing forment un charmant couple de parasites. Fraîchement mariés et sans le sou, la prodigalité d'amis plus riches leur assure un voyage de noces en Italie et quelques largesses. Tous deux ont conclu un pacte original : chacun rendra sa liberté à l'autre si une occasion plus fortunée vient à se présenter. C'est simple, dit comme ça. En réalité, la situation va se compliquer très vite car Nick, tout pique-assiette qu'il est, a cependant quelques principes. Susy beaucoup moins. C'est ainsi qu'elle se rend coupable de quelque chose (je ne vous dis pas quoi) de pas très moral qui va précipiter le départ de Nick... Lorsque la bonne fortune se présente à Susy, sans nouvelles de son mari depuis de longues semaines, en la personne du vieil ami Streff devenu le richissime Lord Altringham, quel sera le choix de madame Lansing?
Comme toujours, l'argent et le mariage sont au coeur des préoccupations d'Edith Wharton et de ses personnages. Cette fois, ils sont deux, le mari et le femme, à tirer le diable par la queue et à devoir mettre en balance leur histoire et le besoin de confort, d'élégance, de luxe qui les obsède. Surtout Susy. C'est elle qui mène la danse. C'est elle qui propose ce curieux mariage à Nick : " en fait, nous représenterions l'un pour l'autre un avantage plus qu'une gêne (...) tous les deux, nous connaissons si bien toutes les ficelles; ce que l'un de nous ne verrait pas, l'autre pourrait le repérer-je parle des occasions bien sûr. Et de plus comme chaque couple marié, on ferait figure de nouveauté.(...) oui, je suis vraiment persuadée que le succès que nous aurions serait plus de deux fois supérieur à celui que nous avons aujourd'hui. (...) Je sais que ça remonterait joliment ma côte de faire une nouvelle apparition en femme mariée."
C'est encore elle qui se livre à de menues compromissions, mettant ainsi son mariage en péril. Un drôle de personnage, cette Susy. Qui voit la paille dans l'oeil de la copine, à savoir Ellie Vanderlyn, (infâme infidèle) mais pas la poutre dans le sien, qui soudain se révèle moins fort, moins déterminé qu'on ne l'imagine. Quel petit coeur tout tendre, au fond, cette Susy, sous ses airs bravaches ! Car l'amour est là, (même si on ne le voit pas tout de suite, Nick et Susy s'aiment, et oui !) et quand l'amour est là, rien n'est simple et tout se complique...
Comme souvent chez Wharton, les riches sont vaniteux et futiles et les pauvres rêvent de faire partie de leur monde, au risque de s'y casser les dents. C'est toujours aussi juste et enlevé, l'écriture est toujours aussi parfaite, et on suit avec plaisir les aventures de ce drôle de couple, dont les atermoiements apparaissent finalement assez crédibles. Le début du roman m'a semblé un peu long et déroutant, il faut quand même le dire. Je me suis accrochée, j'ai bien fait.
Mais, car il y a un mais...
J'ai trouvé ce roman moins "griffu" que "Chez les Heureux du Monde" par exemple. (Ah oui mais "Les Heureux du Monde" est un chef-d'oeuvre, ma p'tite dame !). Warthon m'a habituée à plus de griffes gris que de rose et c'est ce que j'apprécie chez elle. Ici, on n'est pas loin de l'Harlequinade- je vous disais plus haut que Susy a des côtés très guimauve et Nick n'est pas mal non plus dans son genre- surtout vers la fin... toute rose. C'est joli, c'est bon pour le moral, mais pour ma part, j'attendais plus de mordant (oui, Edith, j'aime bien quand elle mord...) et une chute moins convenue.
"La splendeur des Lansing" est donc un roman agréable, mais pas forcément inoubliable, en raison de cette tendance rose bonbon assez surprenante.
Une participation au challenge de George, consacré à la grande Edith :
Et une autre pour Litote :
Les Lames du Cardinal- Pierre Pevel
Il y a quelque temps, j'ai participé à un concours organisé par ma copine Miss Léo sur son blog ... et j'ai gagné ! :) Quelques semaines après l'heureuse nouvelle (ben oui, moi qui ne gagne jamais rien voilà que je mets à gagner des choses... ça fait tout drôle) est arrivé dans ma boîte aux lettres un roman de Pierre Pevel, dédicacé ! Merci Léo, merci Mr Pevel et les Editions Folio, je n'ai pas boudé mon plaisir avec "Les Lames du Cardinal", premier volume d'un série qui en comporte trois.
Nous sommes en 1633. L'Espagne et ses nouveaux alliés, les Dragons -dissimulés parmi les humains et assoiffés de pouvoir- inquiètent le Royaume de France. Le Cardinal de Richelieu pense avoir trouvé la solution en réunissant la fameuse compagnie des "Les Lames du Cardinal", qui fut dissoute par lui-même pour d'obscures raisons. "Les Lames" ont le courage, l'intelligence, la vaillance qu'on ne trouve que dans les romans. Elles ne craignent rien ni personne... elles manquent de nuance, sont assez stéréotypées, mais ce n'est pas gênant. On n'est pas dans un roman psychologique. Ce qui compte, c'est l'aventure, les coups d'épée, les complots ourdis dans les coins les plus sombres de Paris. J'ai apprécié que l'écriture ne soit nullement sacrifiée à une intrigue menée tambour-battant. Pierre Pevel conduit son récit de façon remarquable, avec élégance, fluidité. Les courts chapitres qui s'enchaînent donnent du rythme. C'est très agréable et ça s'arrête au bon moment pour moi : je commençais à me lasser cinquante pages avant la fin. (qui est surprenante et relance l'envie de poursuivre !)
La lecture de ce livre fut distrayante et totalement dépaysante. Je ne suis pas une lectrice de romans historiques, quant à la fantasy... depuis "Le Seigneur des anneaux"-dont j'ai lu les six premières pages avant de déclarer forfait-, elle me fait peur :-/. Ici le mélange des deux fonctionne très bien et donne un roman original, trépidant. Le contexte historique est solide, la fantasy est bien présente mais pas omniprésente. "Les Lames" est un roman d'aventures avec une belle touche de surnaturel, où les dragons sont des animaux de compagnie, où l'on croise des wyvernes (je ne connaissais pas ces créatures...), où parfois dans les miroirs apparaissent des choses terrifiantes...
J'ai aimé.
-" Ne me remerciez pas, poursuivit Saint-Lucq. Et ne vous souciez pas plus de savoir qui m'emploie, que pourquoi. Je fais ce que je fais parce que l'on me paie. Vous seriez mort si l'on avait voulu que je vous tue. Alors ne me remerciez jamais plus. Ma place n'est ni dans les romans, ni dans les chroniques du temps. Je ne suis pas un héros. Je ne suis qu'une épée."
Miss Léo en parle ici.
Swap de Printemps !
Il y a des journées vraiment pas comme les autres, des journées toutes joyeuses où Noël tombe en plein mois de mai :) Je vous assure, c'est possible. Et si vous ne croyez pas, vous auriez dû me voir tout à l'heure en train de déballer les cadeaux (tous ces cadeaux... j'en ai encore la tête qui tourne....) envoyés par ma chère Asphodèle, ma binômette pour ce swap de printemps, mon premier et inoubliable swap ! Tant de gentillesse et de générosité laissent sans voix. Enfin moi comme je ne sais pas m'arrêter de parler, beaucoup d'onomatopées sont sorties de ma bouche en ouvrant les paquets ... des oh, des ah, des hiiiii.... Ce matin j'avais 5 ans. C'est chouette d'avoir 5 ans. J'avais oublié.
Pour l'anecdote, on a eu quelques frayeurs car le facteur est passé hier alors que j'étais en vadrouille (il était 15h, tout de même) et évidemment, il a trouvé porte close. Il a laissé un avis promettant de repasser aujourd'hui et jusqu'à midi trente, rien... J'étais en train de faire cuire des pâtes (les pâtes, ça console toujours, c'est comme le fromage de chèvre et le chocolat) en me disant que la vie était injuste et mon facteur un sacré menteur- lorsqu'il a enfin sonné... j'ai descendu quatre à quatre les 3 étages en ascenseur et suis remontée toujours en ascenseur essoufflée, en nage, avec un énorme et lourd paquet que Cher et Tendre a commenté, les yeux écarquillés, d'un :"Mais c'est de la folie !" Non Chouchou. C'est Asphodèle. Elle est comme ça. Elle a un coeur énorme. On a beaucoup échangé avant le swap. On s'est raconté des trucs. Aujourd'hui, on est amies, pas seulement à cause des cadeaux.
Il y a vraiment de tout dans ce paquet. De tout de tout de tout... des gourmandises (des caramels, du chocolat...), des livres (oh les livres: du Joyce, du King, du Maaaaaalte dédicacé !!!!!!), des bougies fruitées, un carnet ravissant, un crayon rigolo, une jolie trousse, une pierre porte-bonheur, un mug trop chouette... Elle a pensé à tout, ma binômette : ma passion pour les gadgets de cuisine improbables a été comblée puisque je vais pouvoir grâce à mon minuteur de la mort qui tue, réussir enfin la cuisson des oeufs (je les aime mollets, et souvent, ils sont un poil trop cuits, c'est fini ce temps là grâce à toiiiiiiiii). Je vais également pouvoir découper équitablement les parts des gâteaux, quiche, pizzas grâce à un instrument spécial, lui aussi de la mort qui tue (avant c'était tout pour moi rien pour les autres :-D) quant à mon aïe-phone, il ne traînera plus partout. Il a enfin un support, tout joli, en bois. Et puis une carte trop belle, faite maison, accompagné d'un marque-pages lui aussi home-made...
Ce qui est très très top également, c'est d'avoir pu parler juste après à ma binômette au téléphone : ça fait tout drôle, c'est émouvant ! (si si je vous jure... ça m'a émue)
Je vous laisse car décidément je parle trop. Les images, c'est mieux. Je concluerai juste par un grand grand merci... Viens par ici, ma p'tite Aspho toute belle, ça mérite des bisous...
Nb : Je suis toujours aussi nulle avec la mise en place des photos avec Canalblog. Y'a que le truc de l'alignement à gauche et en colonne qui fonctionne... Sinon c'est tout en vrac. Enfin le coeur y est :))
Tag de printemps ;-)
Il est sympa ce tag de printemps ! Merci Asphodèle, Sylvie de Evalire, Cuné d'avoir pensé à moi pour y répondre et de m'avoir offert une petite récompense :)
Le principe :
I. Je dois écrire 11 faits sur moi (oh c'est passionnant, vous allez vous régaler...)
II. Je réponds aux questions que les personnes qui m'ont taguée ont posté et je crée 11 questions destinées aux personnes que je vais taguer (suis pas sûre pour les 11 questions, j'ai pas d'imagination pour les questions moi... )
III. Je choisis 11 personnes et je mets un lien vers leur blog dans mon post
IV. Je les informe sur leur page
V. Je ne peux pas taguer les personnes qui m'ont taguée ! (je vais me gêner !)
Allez on y va.
1. Je fais régulièrement des rêves intéressants que je raconte à mon compagnon (le pauvre) le matin au p'tit déj.
2. hier soir j'ai rêvé que je commandais des lasagnes au resto et qu'il n'y en avait plus. Je vous avais dit que mes rêves étaient intéressants.
3. Ce soir, on mange des croque-monsieur, et je vais enlever la croûte du pain de mie comme le préconise le chef Jean-François Piège.
4. J'en ai marre de la pluie.
5. J'ai suivi un stage d'écriture consacré à l'écrivain Raymond Carver tout récemment et c'était tellement pas bon que la décence m'interdit d'en parler davantage. ça me fait monter la tension.
6. J'écris souvent dans ma cuisine.
7. Je préfère Florent à Naoëlle, j'ai été déçue furieuse qu'elle gagne Top Chef 2013.
8. Naoëlle a volé des crevettes à Yoni. Si si c'est elle qui l'a dit !
9. Je suis montée dans un canot, à Bruges.
10. Je vais tenter de faire des yaourts au jus de soja. Je vous tiens au courant du résultat.
11. Je crois que c'est tout pour les révélations. Je vous sens extrêmement secoué d'avoir appris tout ça sur moi... Point trop n'en faut.
Les réponses aux questions, à présent:
1. Quel a été le plus beau jour de ta vie ?
Il est encore à venir.
2. Le pire?
Je ne souhaite pas l'évoquer ici.
3.Quelle est l’idée en ce moment qui t’angoisse le plus ?
Même chose que pour la question 2.
4.Le livre que tu offres systématiquement à tes amis ?
J'ai beaucoup offert "Parfums" de Philippe Claudel.
5.Celui que tu offres à ta belle-mère ou aux gens moyen-moyen ?
Je souhaite à toutes les belles-filles d'avoir une belle-mère comme la mienne. Mais comme elle ne lit pas énormément, je lui offre d'autres choses, des trucs de déco, par exemple. Quant aux gens moyen-moyen, je ne leur offre rien, ils sont vraiment trop moyen-moyen.
6.Ton expression ou gros mot préféré ?
"Fais du bien à Bertrand il te le rendra en caguant"
7.Aimes-tu les vacances?
Non je préfère me lever tous les matins à 6h20 pour aller travailler, parce que le travail c'est la santé. Non mais franchement :))
8.La première chose à laquelle tu penses en te réveillant ?
Pipi
9.Te vois-tu bloguer dans dix ans ?
Dix ans c'est loin. Je ne sais pas. J'aurai évolué vers d'autres choses je pense. D'ici là, il y aura sans doute de nouvelles façons de bloguer.
10. Un film où tu es sortie avant la fin ?
"Mon petit doigt m'a dit" avec Catherine Frot et André Dussolier. ça m'a fait suer...
11. Et enfin quelle est ta devise? Si tu en as une (ou plusieurs)
"Aie confiance. Ils savent ce qu'ils font"
12. Ton livre préféré quand tu étais enfant ?
J'ai dû relire cent fois "La petite Fadette" . Il y avait aussi un livre qui m'a marquée dont j'ai oublié l'auteur qui s'appelait "Le mystère (ou le secret? ou l'énigme?) du trèfle". Une petite fille prénommée Perle vivait chez sa tante qui ne quittait jamais son lit par commodité... un jour la petite fille qui s'ennuie beaucoup reçoit un message signé d'un certain trèfle à quatre feuilles qui se met à lui faire de mystérieux cadeaux. Et elle va se mettre en tête de découvrir qui est ce trèfle. Oh la la je donnerais cher pour retrouver ce livre... Avis à la population ! J'achète !
13. Est-ce que tu aimes lire à voix haute et pourquoi ?
14. Imagine le titre d’un livre que tu aimerais écrire ?
18. Que recherches-tu pendant tes vacances ?
ça dépend. Me reposer, lire. Faire des balades, prendre le soleil...
19. As-tu choisis ton métier et est-ce-que tu l’apprécies ?
je l'ai choisi et je l'apprécie de moins en moins.
20. Quels sont tes loisirs en plus de la lecture?
L'écriture. La cuisine.
21. Propose un dicton.
Voir la question 11. C'est toujours le même, devise ou dicton.
22. Qu'aimes-tu dans la blogosphère?
Les échanges amicaux sur une passion commune. Et puis il faut le dire, la majorité des blogueurs sont sympa. J'aime aussi avoir des retours sur mes billets, ça fait toujours plaisir. Avoir de nouvelles idées de lecture grâce aux autres.
23. Qui est-ce?
Je sais pas, mais il est mignon. Pourtant les chiens, c'est pas mon truc (du tout)
24. Où est-ce?
Je sais pas, mais je compte sur toi pour me donner l'adresse de cet endroit de la mort qui tue. Sois chic :)
25. Quelqu'un l'a t-il lu?
Non, de quoi ça parle? Ne me réponds pas "d'un écart de conduite..."
26. Ce titre n'est-il pas génial?
Oui, franchement génial ! J'aime aussi beaucoup les titres du Poulpe genre "La petite écuyère a cafté"...
27. La belle-mère de Paul est-elle bavarde ou non?
Une vraie pie...
28. Que vous inspire ces propos de Robert Redford?
Pas grand chose en vérité. Je suis plus Robert que Redford... :-D
29. On le voit que j'ai rangé or not?
Oui... J'espère que c'est par ordre alphabétique cela dit, sinon ça le fait pas...
30. Cet énervement québecois ne possède t-il pas un charme puissant?
Tout à fait. Mais je préfère le sirop d'érable.
31. Que pensez-vous de cette citation de George Eliot?
Euh... sans doute. La cruauté et moi ça fait quatre. Mais je connais des gens qui n'attendent que ça, d'être cruels. J'en côtoie une tous les jours au boulot. Cette mocheté.
32. C'est la vérité vraie ou pas?
La vérité absolue. Je continue, continue, continue, à acheter des livres, c'est sans fin. Je dois sûrement me tromper, mais dans le doute, eh bien, j'achète un nouveau livre !
33. Et sinon ça va?
Oui, merci et toi? :))
Pas de questions, et je ne tague personne, tout le monde a joué. Enfin, si Fersenette passe par là... elle peut reprendre les questions !!!
La fille de l'Irlandais- Susan Fletcher
"La fille de l'Irlandais" est mon premier Susan Fletcher et bof, quoi.
Evangeline, une petite fille toute rousse, a perdu sa maman de façon très brutale. Elle est recueillie par ses grands-parents, au pays de Galles. Elle tombe amoureuse d'un certain Daniel, un homme un vrai, se lie d'amitié avec un pauvre gars défiguré par un coup de sabot, qui comme elle suscite le rejet et la méfiance, la disparition d'une autre petite fille met le village en émoi, Evangeline s'interroge sur son père, un irlandais parti avant sa naissance, on la retrouve adulte et enceinte dans certains chapitres. Il est un peu embrouillé, mon résumé? Comme le livre, en fait.
Une écriture séduisante et poétique, une histoire où les enfants sont les héros, des secrets de famille, des paysages verdoyants, des personnages un peu rudes blessés par la vie, une disparition inquiétante... La fille de l'Irlandais avait tout pour me plaire. Ma lecture a donc plutôt bien démarré. Le problème est que ça n'en finit pas de démarrer. Au bout de cinquante-soixante pages, j'ai commencé à m'ennuyer, à me mélanger les pinceaux entre les événements présents et ceux du passé, ceux qui concernent la mère d'Evangeline et Evangeline elle-même, à attendre que ça se passe...
Ce roman souffre en outre d'une construction bancale : la première partie est longue, trop longue, (plus de 180 pages) la seconde beaucoup moins et la troisième complètement rikiki. Troisième partie qui hélas n'apporte pas de vraies réponses à une intrigue diffuse, confuse, que j'ai eue de la peine à suivre. Un peu de ci, un peu de ça, un soupçon de ... mais au final la liaison tant attendue entre les différents éléments du bouquin ne se fait pas. Enfin, elle se fait peut-être, mais au prix d'un gros effort du lecteur qui n'a pas toujours envie d'en faire
En bref, j'attendais de la fluidité, du solide, j'ai eu de l'anecdotique, du disparate. Dommage, il y avait tout pour que ça marche...
Merci mesdames Philisine et Hélène pour cette lecture commune, et mes excuses pour le retard de publication de ce billet. Retrouvez leurs avis en cliquant sur les prénoms.
"L'amour est aussi varié et imprévisible que la pluie. Ce peut être une petite pluie d'été, fine, régulière, ou une de ces tempêtes subites qui font sortir les rivières de leur lit (...). Cela peut tambouriner doucement en vous, ou vous submerger à en perdre la raison. Cela peut tomber goutte à goutte, ou se déverser en trombe."
Les cinq sens du mois d'avril, bides et coups de coeur
Plein de choses autour des 5 sens ce mois-ci, petit rendez-vous bien sympa proposé par Enna.
L'ouïe : Dans " Le Feuilleton" sur France Culture, une semaine était consacrée aux plaidories d'affaires criminelles désormais célèbres, côté défense. C'était magnifique à entendre. Les grands procès me fascinent.
Entre autres, la plaidoirie de Robert Badinter pour l'abolition de la peine de mort et le procès Ranucci. Ici.
Autre émission particulièrement émouvante, le "Grand Entretien" avec pour invitée Catherine Camus, photographe et fille d'Albert Camus. Un grand moment de radio, à écouter là.
Je sais pas ce que je deviendrais sans ma radio... et sans François Busnel, accessoirement.
Une petite chanson découverte dans le Grand "Entretien" (ok c'est une obsession) et que j'ai écoutée en boucle. ça s'appelle "Open", chanté par Rhye.
Comme Canalblog me fait des misères avec la vidéo, je vous renvoie ici pour l'entendre.
La vue : Mon amie Phili, avec qui j'ai eu le bonheur de partager une après-midi. C'était au début du mois, les détails ici.
Un cadeau surprise de Somaja, qui m'a beaucoup touchée. Complètement inattendu et merveilleux au terme d'une journée pourtant bien moche. Merci Somaja :)))
Laurent Gaudé bien sûr ! C'était une belle rencontre, que j'aurais pu mettre dans la rubrique "Ouïe" car la séance de questions-réponses était vraiment intéressante. Un cadeau.
Un spectacle merveilleux, celui de Joël Pommerat. J'en ai parlé là. Un moment magique.
Un concert, avec Barbara Carlotti. Une chanteuse, une vraie de vraie.
Une expo avec mon amie Solange au Musée d'Orsay. "Le romantisme noir" des vampires, des monstres, des anges déchus... Un régal. Singulier et passionnant.
L'odorat : des odeurs de biscuits préparés pour les amis. Rien que du classique, cookies aux noisettes, à la noix de coco. Rien que du bon. Il n'en est pas resté.
Le toucher : L'arrivée chez moi d'une liseuse tactile ! Je la mets cette rubrique, car je trouve que le toucher est important en matière de livre. On ne tourne plus les feuilles, on effleure l'écran...
Un mois d'utilisation et un bilan qui reste mitigé. Wait and see.
Le goût : des légumes au four, (poivrons, courgettes, carottes, patates douces...) taillés en dés ou en bâtonnets, arrosés d'un filet d'huile d'olive et d'une bonne cuillère de paprika. Un délice tout simple devenu un classique chez moi. On ne jette rien, on passe au four !
Retrouvez les 5 sens des copines Enna, Catherine, Sylvie en cliquant sur les prénoms.
Enfin, comme nous sommes le 29, les traditionnels bides et coups de coeurs du mois :
Le coup de coeur va assurément à Rosa Montero et son magnifique Des larmes sous la pluie.
Pas de bide ce mois-ci, mais des bides. Tant de livres me sont tombé des mains en avril que mon parquet est tout abîmé :))
Je dois être dans une mauvaise période... Heureusement, les vacances sont là. Je pars quelques jours loin de Paris, avec quelques bouquins dans le sac tout de même, ainsi que ma liseuse. L'appétit devrait revenir sous d'autres horizons !
Je mets le blog en pause et vous dis à très bientôt !
Le Petit Chaperon Rouge- Joël Pommerat, à La Maison des Métallos
Il était une fois une gentille petite fille qui s'ennuyait beaucoup. Sa maman n'avait jamais le temps de s'occuper d'elle... La petite fille décide un jour de confectionner un flan (mou très mou) pour l'offrir à sa grand-mère, très vieille et très malade. Pour aller la voir, il faut traverser une forêt. Parfois, on y croise son ombre bienveillante, mais parfois aussi, un Grand Méchant Loup affamé...
C'est une version du Petit Chaperon Rouge pour le moins originale que propose Joël Pommerat actuellement à la Maison des Metallos. Et quand je dis originale... le mot est faible. Hier soir j'ai assisté à un spectacle carrément merveilleux, insolite, dérangeant, drôle, baroque, sombre, lumineux... Une merveille de poésie et de finesse que cette adaptation qui captive dès l'entrée en scène des acteurs et du narrateur. Oui, il s'agit bien d'un conte, tout en ombre et lumière, entre noirceur et douceur de l'enfance. Car Joël Pommerat a pensé aux enfants, avec un humour bien présent et un happy end de bon aloi, tant certains moments du récit sont intenses et cruels... Il a d'ailleurs répondu à une personne qui s'interrogeait sur le pourquoi d'une fin optimiste que sa limite était la tristesse des enfants. J'ai trouvé que c'était une magnifique réponse. Ah oui, dans l'émotion, j'ai oublié de préciser que Joël Pommerat a joué le jeu des questions-réponses après le spectacle. Vraiment la cerise sur le gâteau.
Concernant le spectacle lui-même, je voudrais vous en dire plus, et il y aurait beaucoup à dire, mais je gâcherais tout. Soyez prévenu tout de même, vous risquez d'en sortir troublé et un peu mal à l'aise ( vos enfants sans doute pas...) car Le Petit Chaperon Rouge parle des enfants et de leurs rapports aux adultes, quelquefois complexes et teintés d'ambiguité. Il parle aussi de solitude, d'abandon, de vieillesse, de mort... Le petit Chaperon Rouge ou l'école de la vie :))
Franchement, j'en ai encore la chair de poule. Mais pourquoi cela ne dure-t-il que 45 minutes? C'est le genre de spectacle dont on aimerait ne pas sortir... Une vraie claque. Visuelle et intellectuelle.
Si j'étais vous, je me précipiterais :)
Mon amie Phili avait fait un billet sur Cendrillon du même Joël Pommerat. Et son enthousiasme était au moins égal au mien !
Une contribution pour Eimelle
Le jour où j'ai rencontré Laurent Gaudé...:)
Non, il ne s'agit pas d'un fantasme de blogueuse cachée derrière son écran d'ordinateur ! J'ai vraiment rencontré Laurent Gaudé, himself ! Celui du Roi Tsongor, des Scorta... Et vous savez quoi? Il est drôlement charmant et sympathique. Même qu'il a dîné à la maison. On a mangé des pâtes à la carbonara en devisant gaiement jusqu'à une heure du mat'. Ok, ça c'est un fantasme de blogueuse.
Allez, je vous raconte la vérité vraie.
A deux pas de chez moi siège une librairie formidable tenue par deux dames qui ne se contentent pas de vendre des bouquins. Ce sont d'authentiques libraires, qui font vivre les livres, la littérature, et organisent parfois de belles rencontres avec les auteurs, (l'année dernière déjà, avec David Foenkinos) comme ce fut le cas samedi dernier, avec le grand Laurent Gaudé, attendu avec beaucoup d'impatience. C'est qu'on l'aime, Laurent Gaudé en Seine-Saint-Denis ! Et contrairement aux idées reçues contre lesquelles je veux lutter de toutes mes forces, le 93 est un département où l'on ne se contente pas de crâmer des bagnoles. La culture y occupe une large place.
Laurent Gaudé est donc arrivé vers 17h30, sourire aux lèvres, et après nous avoir avoué s'être un peu perdu en route, il s'est prêté très gentiment au jeu des questions- réponses, pendant une heure qui fut tout à fait passionnante. Son dernier roman "Pour seul cortège", ses sources d'inspiration, sa volonté de se démarquer du genre historique... Et plein d'autres choses. Je n'ai pas pris de notes, c'est mal. A vrai dire, je n'y ai pas pensé une seule seconde, tout occupée que j'étais à le mitrailler de photos à ne rien louper de ce que nous racontait Laurent Gaudé. C'est pas tous les jours qu'on rencontre un écrivain de cette envergure, quand même...
Ensuite, il y a eu le goûter et les dédicaces, et ça se bousculait au portillon ! J'ai fait signer mes livres et Laurent Gaudé, très gentiment, m'a demandé le nom de mon blog. Et oui, j'ai dit que je bloguais. Et que j'allais écrire un billet sur cette super rencontre... et il m'a donné son accord pour publier des photos. Il était même étonné que je demande l'autorisation. M'a souhaité bonne continuation et de continuer à lire et à aimer les livres... Elle est pas belle la vie?!
Des larmes sous la pluie, partie 2- Rosa Montero
Voilà c'est fini... hier soir, j'ai tourné la dernière page du roman "Des larmes sous la pluie" dont je vous parlais déjà ici. Incontestablement un grand livre de science-fiction. Ok, je n'en ai pas lu des centaines non plus, mais celui-là est très bon, vous avez ma parole ! J'ai aimé le début, le milieu, et même la fin, qui pourtant me laisse un goût d'inachevé... J'aurais voulu que... Mais. Quoique. On en reparle tout à l'heure.
Dans cette deuxième moitié du livre, l'action se resserre. Le suspense est de plus en plus en présent, l'intrigue toujours rondement menée. On est davantage dans le polar (mais ici on tire avec des flingues à plasma...) et celui-ci se lit avec une avidité et un intérêt qui ne faiblissent pas au fil des pages. Rosa Montero est un écrivain qui sait faire passer des choses très profondes, (ici l'avenir de l'humanité, les inégalités, la ségrégation, rien que du lourd) tout en ayant toujours en tête le plaisir du lecteur. Son savoir-faire en matière d'intrigue, de construction narrative, sa capacité à susciter l'empathie pour ses personnages, son imagination débordante, sont absolument remarquables.
Pour en revenir à l'histoire elle-même, la seconde partie du roman est marquée par l'hostilité de plus en plus grande des Humains contre les Réplicants. Les Suprématistes Humains hurlant leur haine que décrit Rosa Montero ne sont évidemment pas sans rappeler quelques-uns de nos tristes dictateurs... Quant à Bruna Husky, elle se retrouve accusée de meurtre et ne sait plus à qui se fier. (Le lecteur aussi doute de tout le monde, et tout le temps : attention, celui-là, il n'est pas net... Oh non, pas lui, c'est pas vrai...) le séduisant Paul Lizard, le gentil Ooma, (non, pas le Ooma, je l'adore ! je suis sûre que ce n'est pas lui le traître...) l'intrigant mémoriste Nopal sont-ils des alliés ou des ennemis?
Là encore, je résume rapidement, très mauvaise en résumé je suis. Peur d'en dire trop ou pas assez. Une chose est sûre : J'ai aimé que chaque personnage du roman ait un destin, que les rebondissements, pourtant nombreux, demeurent crédibles. Tout s'accélère, les morts violentes se succèdent, le pouvoir rend fou... et Bruna est en grand danger. La voilà qui se met à dérailler sérieusement, je ne vous dis pas pourquoi. Pitié, je ne veux pas qu'elle meure...
Cela fait partie des choses qui font que j'aime un livre ou pas : si je me moque totalement de ce qui peut arriver au héros, c'est mauvais signe. Ici, c'est... noooon, je ne veux pas qu'elle meure !! Bruna, la Réplicante pleine d'humanité, alcoolique à ses heures, (quand elle se met à picoler, elle ne sait plus avec qui elle couche et au petit matin... surprise !) amoureuse parfois, angoissée à l'idée de sa mort prochaine, en proie au doute si souvent, à la fois pleine d'énergie et de faiblesse, a réussi à m'émouvoir, à rêver pour elle mieux qu'une courte vie de Réplicante. C'est grave docteur? Non, reprenez une petite dose de Rosa Montero pour faire passer
Sans rien révéler de la fin, je dirais simplement qu'elle laisse au lecteur le loisir d'espérer, ou au contraire de penser que les choses n'iront pas en s'arrangeant. Cela dépend du caractère de chacun. J'avoue que j'aurais préféré une conclusion plus tranchée genre ils se marièrent et eurent beaucoup de petits réplicants mais ce minuscule bémol n'enlève rien à mon coup de coeur total pour ce roman.
Merci Keisha !
Retrouvez son billet ici. Celui de Miss Léo là.
" Tout à coup Bruna visualisa le banc sur lequel ils étaient assis, le jardin circulaire, le quartier, la ville de Madrid, la péninsule ibérique, la boule bleue et verte de la terre, le petit système solaire, la galaxie effilochée, les vastes ténèbres cosmiques pointillées de constellations et de naines rouges et de géantes blanches... L'Univers entier. Et au milieu de cette immensité indescriptible, elle voulut croire un instant au mirage réconfortant de n'être pas seule."
La liseuse... ma nouvelle partenaire !
Cela fait des mois que j'y pense, que je me dis "oui mais non", que j'ai des piques d'envie( "il me la faut ! Là, tout de suite !") suivies de périodes moins excitées ("Pour quoi faire au fond?"). Finalement ma maman m'a aidée à franchir le pas en me l'offrant, tout simplement :) Merci maman !!
La Kindle Paperwhite est donc arrivée chez moi il y a quelques jours et je crois qu'on va devenir bonnes copines. Je n'ai pas encore testé toutes les fonctions de la bête mais après une semaine d'utilisation, j'en tire déjà quelques conclusions que j'aimerais partager avec vous :)
Plein de plus et quelques jolis moins tout de même.
Commençons par les plus, dans le désordre, comme ça me vient :
Le confort de la lecture est indéniable. On peut grossir les caractères, en faire des pattes de mouche si ça nous chante... La luminosité est réglable, je n'ai pas l'impression de lire un écran d'ordinateur qui fatigue les yeux, mais bel et bien une page de livre.
On peut surligner un passage, un mot, les conserver. En laissant le doigt appuyé sur un mot, on a la définition qui apparaît. C'est magique !
On peut mettre des signets sur une page.
Quand on referme l'appareil, il suffit de le réouvrir pour retrouver l'endroit de la lecture où l'on s'est arrêté. ça aussi c'est magique.
La légèreté et la taille de l'appareil. Parfaites. ça se glisse dans le sac, dans une poche un peu grande. Vive la lecture qui pèse moins lourd (bien moins lourd) quand on se déplace... Je peux lire assise, debout, couchée, les pieds au mur... c'est très très pratique. Fini le mal au bras quand on lit en position tordue...
L'autonomie est importante. La recharge peut fréquente. Chouette aussi.
Le téléchargement des bouquins est instantané. Un clic et hop! Le livre est intégré dans la machine. Yeees...
La recherche d'un livre est extrêmement facile. Suffit de taper un titre et d'attendre 2 secondes.
La plupart des classiques sont gratuits (les livres libres de droit). C'est très sympathique ! même si je n'en lis plus beaucoup, ça me donnera l'occasion de m'y remettre. J'ai téléchargé du Zola, quelques Jane Austen, un roman de Victor Hugo que j'ai adoré quand j'étais étudiante...
Les moins :
Moins de livres en français qu'en anglais. Je le savais, mais ça m'ennuie. Je parle mieux le français que l'anglais...
Le tournage de pages, d'un mouvement du doigt, n'est pas hyper réactif. Ou alors c'est moi qui manque de patience.
La location des livres gratuite, un par mois pour une durée illimitée, jusqu'à ce que le livre soit lu (il s'efface automatiquement la dernière page tournée) avec l'abonnement Premium est... une arnaque totale. Les livres proposés (il y en a beaucoup...) sont euh... comment dirais-je? Axés sur l'érotisme, on va dire. Le SM... La vie sexuelle pour les nuls... Pas trop mon registre, personnellement. Pas le moindre petit bouquin récent. Cher et Tendre m'a traitée de naïve, il a entièrement raison. Je pensais pouvoir louer un Rosa Montero, par exemple. Que neni. Tu veux Rosa, tu la payes. Et ce n'est pas bon marché.
Le gros hic, c'est en effet le coût. Pas beaucoup plus intéressant en terme de prix qu'un livre papier pour les ouvrages récents. Qui ne sont pas légion. Il y en a certes, mais pas suffisamment à mon goût.
Et puis pourquoi Stefan Zweig est-il payant?! A part une minuscule nouvelle téléchargée avidement, tout Zweig est payant. M... alors...
Voilà en gros, où j'en suis de mes investigations. J'aime bien ma petite "machine à livres", je suis néanmoins certaine qu'elle ne remplacera jamais le bon vieux bouquin papier. Et puis quelques gros efforts sont encore à faire sur les prix et les options locatives (humm)
Elle s'avère un bon complément du bouquin comme on l'aime, avec des feuilles, de l'encre, une tranche, une odeur etc. C'est déjà pas mal.
Et vous? Vous en pensez quoi?










































