Aux Bouquins Garnis

20 mars 2019

La tête sous l'eau- Olivier Adam

(Image JPEG, 178 × 283 pixels)"On ne peut pas tout aimer pareil. Du moment qu'on s'aime pareil toi et moi."

Comment moi, la Comète, qui ne suis absolument pas férue de roman jeunesse, puis-je me retrouver, ici, aujourd'hui, devant vous, en train de chroniquer un titre classé young adult, un bouquin avec des ados, tout un tas d'ados, à qui il arrive des trucs atroces, atrocités racontées... par un ado ? Et n'en dire que du bien? Suis-je tombée sur la tête, suis-je en train de changer de personnalité, de devenir une geek de roman jeunesse?? Oh là là j'ai peurrr...

Rien de tout ça, en fait. Ma tête va bien, ma personnalité aussi (enfin ça dépend des jours...) et je ne suis pas encore tout à fait une geek young adult. Seulement, ce roman là est signé Olivier Adam (ça aide) et objectivement il est très bon. Excellent même. J'ai pris un réel plaisir à cette lecture qui n'a pas fait un pli. Lu en une petite journée cette" tête sous l'eau".

C'est l'histoire d'une famille, le père (journaliste à la petite semaine, tendance alcoolique et écrivain frustré) la mère (prof), les deux ados, le garçon Antoine (encore et toujours Antoine...) et la fille Léa. Tous les quatre quittent la région parisienne pour la Bretagne. Depuis le déménagement, auquel Antoine s'est résigné, Léa ne décolère pas. Ce départ en province, la jeune fille ne l'a pas voulu et fait la guerre à ses parents, En effet, Léa a laissé à Paris quelqu'un dont elle est très amoureuse, comme en témoignent les lettres qui ponctuent le récit mené par Antoine. Et puis survient le drame. Un soir Léa disparaît, plongeant sa famille dans le désespoir. Restés des mois sans nouvelles de leur fille, les parents, brisés, finissent par se séparer. Lorsque miraculeusement Léa est retrouvée, saine et sauve, la vie ne va pourtant pas reprendre son cours normal...

J'ai retrouvé dans ce terrible roman tout ce que j'aime chez Olivier Adam, l'auteur pour adultes : des personnages, touchants, crédibles, très à vif, une grande sensibilité qui n'est jamais de la sensiblerie, une émotion, une tension psychologique très palpables doublées ici d'un excellent suspense. Je ne vous parle même pas de l'écriture d'Olivier Adam, de ses phrases courtes et nerveuses, de ses mots à la fois bruts et pudiques pour décrire l'indicible... Aucune volonté d'édulcorer, ni de choquer. L'équilibre est parfait. Et cette Bretagne, si magnifiquement évoquée, tellement aimée par l'auteur et qui concentre dans ce roman toutes les haines...

Coup de coeur ! Pour un roman jeunesse ! Champagne les amis !

"Les vagues sont hautes ce soir. Elles me frappent, me rouent de coups, s'abattent sur moi avec toute la brutalité nécessaire. A cet instant c'est exactement ce que j'attends d'elles. Qu'elles m'assomment. Me foutent la tête sous l'eau. Me passent au Kärcher. Me nettoient de fond en comble. Et finissent par m'effacer tout à fait. Remis à neuf, essoré, liquidé"

 

 

 

 

 

 

 

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18 mars 2019

Trois fois la fin du monde- Sophie Divry

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              "Joseph est l'espèce humaine toute entière"

De Sophie Divry, je connaissais "La condition pavillonnaire" qui fut un tel coup de coeur que bizarrement, j'ai eu peur de découvrir d'autres romans de cet écrivain... la crainte d'être déçue. Oui, je sais c'est étrange. Quand j'ai adoré le livre d'un auteur, je veux que tout le reste de son oeuvre soit du même tonneau et c'est rarement le cas. Alors souvent je passe, restant sur le doux souvenir d'un miracle littéraire furtif mais intense et qui hélas ne se reproduira plus (Quelques exceptions : Paul Auster dont j'ai aimé follement six ou sept livres à la suite ou en des temps plus lointains, Henri Troyat, dont j'ai TOUT aimé, RIP)

Sauf que là, il y avait "Trois fois la fin du monde" qui faisait largement référence au" Mur invisible" si vous ne connaissez pas cette merveille, madame, monsieur, je vous prie de bien vouloir vous précipiter pour la lire, bien cordialement etc et que Sophie Divry + la fin du monde + dystopie + Le Mur Invisible = j'ai envie très envie. J'ai donc fini par succomber et je l'ai acheté. Et je l'ai lu.

J'ai beaucoup aimé. Pas aussi passionnément que "La condition pavillonnaire" mais tout de même. Voilà un bon livre, intense, dur, émouvant, très bien écrit par une auteure qui sait se renouveler ! (il y a  en effet un univers entre l'héroïne de "La condition Pavillonnaire" et le jeune homme décrit dans ce roman post-apocalyptique !)

Joseph Kamal se retrouve en prison à la suite d'un braquage qui tourne mal. La prison, c'est l'enfer. Mauvais traitements, saleté, misère absolue... Joseph connaît sa première fin du monde quand il est incarcéré. La seconde intervient lorsque une catastrophe nucléaire décime une partie de la population (une zone dans le nord aurait été épargnée). Joseph en réchappe et se retrouve seul de chez seul, après l'épouvantable promiscuité de la prison : troisième fin du monde. Sa seule compagnie, dans une ferme désertée, est un mouton, un chat, puis deux chatons auxquels il s'attache éperdument.

Le temps s'écoule, lentement, inexorablement. Joseph apprend à cultiver la terre, découvre la nature, puissante et belle, oscille entre périodes de désespoir et moments d'euphorie. C'est touchant et beau. Ce jeune garçon que le monde civilisé a rejeté avec violence se sent le roi du monde, au sein d'une nature qu'il apprend peu à peu à maîtriser. Qui l'empêche à présent de peindre sa porte en doré, s'il le souhaite? Rien ni personne, il est seul...

    "C'est bien ce doré, c'est beau... ça m'éclate, sérieux, ça m'éclate ! Je suis le roi du monde avec cette porte dorée. C'est Versailles !"

L'écriture de Sophie Divry est tantôt poétique et ample, tantôt moderne lorsque la narration est assurée par Joseph. J'ai été moins convaincue par ce procédé et l'utilisation d'un vocabulaire "djeun's" , qui m'a paru artificiel, un peu fabriqué. C'est mon seul bémol, je n'aime pas forcément les exercices de style. On peut toutefois reconnaître que Sophie Divry sait écrire de toutes les façons possibles (ce qui m'avait dejà séduite dans "La condition pavillonnaire") et qu'elle le fait dans l'ensemble plutôt très bien. A noter : la fin du roman, superbe, qui vrille le coeur !

     "Les racines, les graines, les radicelles, toutes ces ronces obstinées, comme les branchages chevelus des arbres, tous ils se ruent sur le soleil et sur la terre, ils creusent et poussent à nouveau, dans la terre et dans le ciel, pour reformer, à peine entamé, cet immense filet autour de lui qui le protège et qui l'asservit."

 

 

 

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10 mars 2019

Gourmandises du dimanche- Gnocchis à la romaine

 

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C'est dimanche, et dimanche on mange... en tout cas, on publie ce que l'on mange !

J'ai poursuivi hier mon exploration du magazine "Saveurs" du mois de mars (ici et aussi ici) et ai eu envie de réaliser des gnocchis à la romaine. Leur particularité étant qu'ils sont à base de semoule. Pas de la semoule pour faire du couscous, attention, de la semoule fine. On en trouve sous différentes marques, dont P....ni.

PAS DE LA SEMOULE A COUSCOUS.

La recette est facile, excellente, mais un peu longue. Enfin elle vaut le coup et je vous la propose, accompagnée pour ma part d'une bonne sauce tomate.

Il vous faut :

250 g de semoule de blé fine/ 100 g de beurre + un peu pour le moule (80 pour moi)/ 1 litre de lait frais entier (demi-écrémé pour moi) 2 jaunes d'oeufs/50 g de parmesan/50 g de pecorino/ 20 feuilles de sauge (sauge séchée pour moi)/ noix de muscade (pas mise) 7g de sel.

Faites chauffer le lait dans une casserole (sauteuse pour moi) avec le beurre, (j'en ai gardé un peu pour la suite) le sel et une pincée de noix de muscade. Portez à frémissement, versez la semoule et faites cuire 10 min en mélangeant au fouet à main

Euh... je ne sais pas quelle semoule ils utilisent, chez Saveurs, mais pour ma part, la semoule était cuite en 3 minutes... Je ne conseille vraiment pas les 10 minutes, vous risquez d'avoir un truc très très très très compact. Dès que la semoule commence à prendre, vous fouettez bien bien bien et vous enlevez du feu.

Hors du feu, vous ajoutez le parmesan. Vous laissez tiédir et ajoutez ensuite vos jaunes d'oeufs.

Versez la semoule sur une feuille de papier cuisson humide (préalablement posée sur une plaque) et étalez-la uniformément sur 1cm d'épaisseur, à l'aide d'une spatule trempée dans de l'eau ou avec les mains (les deux mon capitaine !). Laissez refroidir.

Préchauffez le four à 200°C ( j'ai commencé par ça). Découpez dans la semoule des disques de 5 à 6 cm de diamètre avec un emporte-pièce. Disposez les gnocchis dans un grand plat beurré, ils doivent se chevaucher légèrement. Parsemez de feuilles de sauge (de sauge séchée chez moi)

Faites fondre le reste du beurre avec de la sauge, badigeonnez-en les gnocchis au pinceau. Là, je conseille de ne pas faire comme moi et de badigeonner tous les gnocchis avant de les disposer dans le plat. Si vous le faites après, les gnocchis seront moins beurrés à certains endroits et du coup, ça risque d'être un peu compliqué au moment de servir :ça va coller. C'est dommage. Moins joli dans l'assiette.

Parsemez de pecorino râpé. Glissez au four 15 min et quelques minutes de plus en position grill.

Servez chaud ! C'est trop bon...

Ce dimanche il y a des gnocchis chez Sandrion aussi et plein d'autres délices à retrouver chez Syl.

                     

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03 mars 2019

Gourmandises du dimanche- Tarte aux pommes et aux biscottes caramélisées

 

 

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Je suis ravie de cette tarte, jolie, gourmande et originale, puisque la pâte est à base de biscottes  :) Je l'ai trouvée, comme le couscous de la semaine dernière, dans le magazine Saveurs du mois de mars. Très sympa sur une table du dimanche !!

Pour réaliser cette tarte, il vous faut impérativement un moule carré (20cm)

 -8 à 10 biscottes (les miennes étaient à la farine complète, vous pouvez bien sûr utiliser la bonne biscotte de base au froment)

- 60 g de sucre roux

- 4 pommes bio (reinette dit le magazine, j'ai pris ce que j'avais, donc pas des reinettes)

- 50 g de beurre mou

-1/2 gousse de vanille

- 30 cl de lait

- 1 cuillère à soupe de rhum (j'ai zappé, je n'en avais plus)

- 1 pincée de cannelle (mélange d'épices pour moi à base de cannelle, macis, girofle acheté un jour sur un marché et que je n'utilise jamais, ici c'était parfait !)

-1 cuillère à soupe d'amandes effilées (pas mise)

Commencez par préparer un beurre vanillé : le beurre coupé en morceaux doit être intimement mélangé aux graines d"une demi-gousse de vanille. Ensuite, laissez ce mélange reposer au frais. (je l'ai laissé à température ambiante)

Beurrez soigneusement le moule et saupoudrez de 20g de sucre roux. Disposez les biscottes dans le moule de façon à ce qu'elles recouvrent toute la surface. Coupez un peu les biscottes si besoin.

 Faites chauffer le lait avec le sucre (et le rhum éventuellement) et versez ce mélange sur les biscottes qui vont s'en imprégner. Laissez reposer.

Découpez les pommes sans les éplucher en tranches très fines ( la mandoline est parfaite pour avoir des tranches impeccables, d'une épaisseur de quelques millimètres) que vous disposerez harmonieusement sur les biscottes. Sucrez (avec le reste de sucre roux), épicez, parsemez de morceaux de beurre vanillé et enfournez à 180°C (avec préchauffage)

Laissez cuire 30 minutes (plus pour moi, je voulais des pommes bien dorées, j'ai même badigeonné mes fruits d'eau au pinceau en cours de cuisson pour faire briller et passé la tarte une minute au grill pas trop chaud) et dix minutes avant la fin de la cuisson, ajoutez les amandes effilées si vous en avez.

Servez tiède.

Vous serez comme moi agréablement surpris du découpage impeccable de la tarte, les biscottes caramélisées forment une vraie croûte qui se tient ! Et en plus, c'est délicieux :)

Allons voir chez Syl ce que les copines marmitonnes ont préparé de bon pour ce dimanche :)

                   

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24 février 2019

Gourmandises du dimanche- couscous de paleron aux légumes d'hiver

Ce couscous me tentait diablement depuis l'achat de mon magazine de cuisine chouchou "Saveurs"  ( celui du mois de mars) et ce week-end, je me suis lancée... grand bien m'en a pris, cette recette est succulente, réconfortante et de saison malgré les températures printanières. Je n'ai pour le moment aucune envie d'attaquer les salades ! Je veux des plats chauds, des mijotés, des sauces... et ce midi tout le monde était d'accord avec moi :)

Ce couscous est facile à réaliser, mais un peu long. Pour plus de facilité  et parce que j'aime les viandes très très fondantes, j'ai procédé en deux fois. Hier, long mijotage de la viande, poursuivi ce matin, avec l'ajout des légumes et préparation de la semoule un peu avant de passer à table. 

Pour un énorme couscous ( la marmite pouvait aisément nourrir 6 personnes et nous sommes 3...) il vous faut :

1, 2 kilos de paleron

1 potimarron bio

3 oignons (2 pour moi)

3 gousses d'ail

6 navets ( 4 pour moi)

6 carottes

1 boîte moyenne de pois chiches en conserve

1 boîte de tomates concassées en conserve (400ml)

1 bouquet de coriandre hachée (pas mise)

1 c à café rase de sucre en poudre

1 piment (pas mis)

500 g de semoule d'épeautre ( 200 pour moi)

3 cuillères à soupe d'huile d'olive ( 2 pour moi)

épices : 1 cuillère à café de cumin, 1 c à café de gingembre moulu, 1 c à café de curcuma, 1 c à café de coriandre moulue

Ajout perso : une bonne cuillère de raz-el-hanout (un couscous sans raz-el-hanout c'est pas un couscous...)

Dans une grande marmite, faites revenir la viande à feu vif (découpée en douze morceaux et salée avant cuisson) dans l'huile d'olive pour bien dorer toutes les faces. Réservez. Baissez le feu et faites revenir les oignons et l'ail cinq minutes, ajoutez les épices, le sucre, faites revenir encore. Remettez la viande dans la marmite, ajoutez les tomates  concassées, couvrez entièrement d'eau. (Il faudra rajouter de l'eau en cours de cuisson, de toute façon) 

Laissez mijoter à feu doux, à semi-couvert, au moins deux heures.

Au bout des deux heures ( le lendemain pour moi), ajoutez dans la marmite les carottes et les navets épluchés découpés en morceaux réguliers et de l'eau. Laissez cuire 30 minutes. Ajoutez ensuite les pois chiches rincés égouttés et le potimarron en cubes (inutile de l'éplucher, en revanche débarassez-le de ses graines et de son coeur fibreux. Faites cuire 20 minutes de plus.

Pour la cuisson de la semoule, j'ai suivi les indications du paquet. J'ai utilisé de la semoule quinoa-épeautre achetée en magasin bio (le magazine proposait de la semoule d'épeautre) mais vous pouvez évidemment utiliser de la graine de couscous classique. Cela dit, cette semoule quinoa-épeautre est délicieuse, aérée, ne fait pas de gros paquets... Une bonne surprise. La recette recommande de la parfumer aux épices, d'y ajouter 1 cuillère d'huile et de la saler (curcuma cumin). J'ai salé, épicé au cumin et huilé un peu.

Les temps de cuisson sont ceux de la recette. Pour ma part, je prolonge toujours les cuissons allègrement, jusqu'à ce que les légumes soient tendres comme je les aime. 

Magnifique ! 

Malgré le beau temps et les vacances, les marmitonnes ont sûrement cuisiné un peu :) Allons voir chez Syl ! 

                                   

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21 février 2019

La vraie vie- Adeline Dieudonné

 

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 "Chez nous, les repas familiaux ressemblaient à une punition, un grand verre de pisse qu'on devait boire quotidiennement"

Une gamine de dix ans jamais nommée vit entre un père violent et sadique et une mère éteinte car terrorisée, dans un lotissement sinistre baptisé "le Demo". Avec son petit frère Gilles, ils s'aiment et partagent tout, se soutiennent dans l'adversité. Jusqu'au drame... qui changera profondément la personnalité de Gilles et convaincra la fillette qu'elle doit sauver son frère du mal qui le possède désormais en remontant le temps... C'est elle qui raconte.    

Je viens, après tout le monde, vous parler de "La vraie vie" et le sentiment que me laisse cette lecture est à l'image du bouquin : étrange... j'ai aimé, beaucoup aimé cette lecture que je redoutais (les critiques unanimement dithyrambiques font parfois craindre le pire) même si elle m'a un temps déconcertée par ses invraisemblances gigantesques... et assumées. Un père violent amateur de chasses lointaines alors que la famille a des moyens modestes, une petite fille exceptionnelle d'intelligence et de maturité, génie des sciences, dont les raisonnements, avec la meilleure volonté du monde, paraissent totalement "incrédibles..." une peinture de caractères non exempte de clichés (père très très méchant, fille géniale, mère très en souffrance, frère très traumatisé CQFD)...

J'aurais pu m'arrêter là, m'esclaffer "c'est quoi ce truc" et reposer le livre d'un geste sec. Que nenni. J'ai tourné les pages, encore et encore, séduite par l'écriture franche et imagée d'Adeline Dieudonné, le suspens très bien mené,(la course poursuite dans la forêt est un sacré moment de lecture) l'empathie que suscite cette petite héroïne à qui il arrive des choses épouvantables (et longuement décrites, faut s'accrocher) et à laquelle je n'ai paradoxalement pas cru. Curieux. Cela dénote un vrai talent chez l'auteure de ce livre inclassable, entre conte cruel et roman noir, le glauque et la lumière, aux frontières du surnaturel... (y'a comme un air de Stephen King qui flotte entre les pages...) Voilà, je me suis laissé avoir (dans le bon sens du terme) par ce très bon premier roman tout plein de défauts et je recommande sa lecture !  

      "Il riait tout le temps, avec ses petites dents de lait. Et, chaque fois, son rire me réchauffait, comme une minicentrale électrique. Alors, je lui fabriquais des marionnettes avec de vieilles chaussettes, j’inventais des histoires drôles, je créais des spectacles juste pour lui. Je le chatouillais aussi. Pour l’entendre rire. Le rire de Gilles pouvait guérir toutes les blessures"

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17 février 2019

Gourmandises du dimanche- cuisses de poulet à l'orange

Un vrai délice, ces cuisses de poulet, à l'origine des hauts de cuisses (chez Papilles et Pupilles, où j'ai trouvé la recette), mais mon boucher n'en avait pas. Les cuisses font donc très bien l'affaire, c'était trop bon !

Rien de très compliqué mais la sauce pleine de caractère et pourtant assez douce était exquise ! Je vous explique...

Il vous faut pour une belle cocotte avec des restes  :

  • 4 cuisses de poulet  (sans peau)
  • 1 échalote
  • 1 oignon
  • 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
  • 15 cl de jus d’oranges
  • 5 cl de Porto
  • 20 g de miel liquide (type Acacia)
  • 10 cl de bouillon de volaille (20 pour moi)
  • 10 g de maizena
  • le zeste d'une orange bio
  • 1 pincée de sel
  • 1 pincée de poivre

    Épluchez finement l’oignon et l’échalote

    Versez l’huile d’olive dans une cocotte. Faites y revenir les oignons et l' échalote 5 minutes puis faites dorer le poulet 5 minutes supplémentaires. (plus pour moi, j'aime quand mon poulet est doré et cela a pris du temps)

    Rajoutez le jus et le zeste d’orange, le Porto, le miel et la Maizena diluée dans le bouillon. Salez, poivrez et faites mijoter à couvert pendant 40 minutes environ. (plus pour moi, à feu très doux, la sauce est devenue dorée, j'ai ôté le couvercle pour qu'elle réduise un peu, c'était terrible, presque du sirop )

    Servez avec du riz. (ou des patates, ou comme le conseille Anne, une purée de céleri ) 

  Chez Syl, c'est par ici : les copines ont  bien travaillé, comme chaque dimanche :)

                        

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14 février 2019

Le paradoxe d'Anderson- Pascal Manoukian

 

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"Anderson a défini que l'acquisition par un étudiant d'un diplôme supérieur à celui de ses parents ne lui assurait pas nécessairement une position supérieure dans la vie professionnelle. Par exemple, imagine que moi, après trois ans de fac ou cinq ans d'école de commerce, je finisse caissière chez Simply. Ça, c'est le paradoxe d'Anderson"

Aline et Christophe travaillent tous les deux à l'usine. Ils ont deux enfants : Léa, qui sera probablement la première bachelière de la famille (section économique et sociale, ce détail a son importance) et Mathis, un petit garçon à la santé fragile. Ils vivent raisonnablement, bouclent plus ou moins les fins de mois et parviennent à payer leurs crédits jusqu'à ce que frappe la crise économique. Aline se retrouve brutalement au chômage et l'usine de Christophe est paralysée par une grève dure. A partir de là, c'est la dégringolade que le couple tente de cacher aux enfants....

C'est ma première rencontre avec Pascal Manoukian dont j'ai beaucoup entendu parler (en bien) via les blogs. J'ai bien aimé la première partie de ce livre social, au démarrage enthousiasmant, (personnages bien campés, contexte brûlant d'actualité), à l'écriture si vivante, aux accents poignants. Manoukian fait vivre ses personnages et les rend très attachants. L'amour qui unit le couple, leur volonté de protéger leurs enfants, de maintenir l'illusion que rien ne bouge, tout cela est décrit de façon juste et sensible...

  Et puis le soufflet est retombé : c'est simple, soudain, je n'ai plus cru à ce que je lisais. Tout me paraissait peu crédible et tiré par les cheveux. La bascule d'Aline et Christophe vers quelque chose que je ne dévoilerai pas ici m'a fait ouvrir de grands yeux, les personnages tournent à la caricature (le méchant, très méchant patron... ) les coincidences sont de plus en plus étranges... Quant à la fin, elle joue sur de grosses ficelles, tellement grosses que je l'ai relue deux fois, pour être sûre de mes impressions. Les deux  dernières phrases en particulier... oh là là, non, pas ça... ben si, ça.

Le tort de Pascal Manoukian, sans doute, est d'avoir voulu jouer à fond la carte du romanesque, au point de multiplier les situations improbables et de faire fi de la crédibilité qu'on est en droit d'attendre d'un roman"moderne" et engagé comme celui-là. Vraiment dommage. La sincérité de l'auteur et la force du sujet auraient suffi à faire de ce paradoxe un grand roman.

  Merci  à mon amie Laure pour le prêt :)

"Le recruteur continue :
- Ma cible, ce sont les pauvres, et c'est pour ça que vous êtes là. Parce qu'il n'y a pas mieux que d'autres pauvres pour leur fourguer des choses dont ils n'ont pas besoin"

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11 février 2019

Gourmandises du lundi :) pancakes à la noix de coco

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Retour en cuisine avec ces pancakes, trop trop bons ! Un goût de noix de coco subtil mais bien présent, une pâte facile à réaliser sans temps de repos... Comme souvent, c'est chez Papilles et Pupilles que j'ai trouvé l'inspiration :)

Pour 8 à 10 pancakes :

170g de farine/ 30 g de cassonnade/ 1 sachet de levure chimique/ 1 pincée de sel/ 20 g de noix de coco en poudre/ 1 oeuf/ 20 cl de lait de coco/ 12,5 cl de lait/ 10 g de beurre

Dans un saladier, mélangez les ingrédients secs(farine, sucre, sel, levure, noix de coco), dans un autre, battez l'oeuf en omelette, versez le lait de coco et le lait. Remuez. Versez les ingrédients liquides dans les ingrédients secs et mélangez sans insister.

Faites fondre le beurre dans la poêle, versez une petite louche  de pâte, faites cuire environ 2 minutes d'un côté, retournez lorsque de petites bulles apparaissent. Cuisez environ une minute et déposez dans une assiette.

A déguster nature ou avec tout ce que vous voulez. (avec du chocolat, ça doit être bien...) 

Chez Syl, les marmitonnes voyagent et cuisinent. C'est ici

                            

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07 février 2019

Le journal d'Anne Frank- Ari Folman et David Polonsky

        "Chère Kitty, je vais pouvoir, j'espère, te confier toutes sortes de choses, comme je n'ai encore pu le faire à personne et j'espère que tu me seras d'un grand soutien"                         

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Retour en douceur sur le blog avec une très belle BD, brillamment adaptée du journal d'Anne Frank. Je suis heureuse de revenir ici pour évoquer ce roman graphique aux couleurs si douces, émouvant et drôle (oui oui drôle !) .

Anne Frank, 13 ans en 1942, trouve refuge dans l"Annexe" d'un immeuble d'Amsterdam pour échapper aux persécutions nazies. La famille Frank, les van Daan et Albert Dussel, un dentiste, vivront deux ans dans la clandestinité avant d'être arrêtés le 6 août 1944, sans doute sur dénonciation. 

Pendant ces deux années d'enfermement, l'adolescente se confie à son journal qu'elle baptise Kitty. Elle y décrit ses rêves, parle de ses parents (les relations souvent tendues avec sa maman, sa tendresse pour son père...)  de Margot sa soeur si parfaite, de ses compagnons de galère avec qui la cohabitation n'est pas toujours simple (Anne est un brin moqueuse !) du jeune Peter Van Daan dont elle tombe éperdument amoureuse, de ses tourments d'adolescente intriguée par la sexualité et les premiers émois...

Ces pages traduites en bulles de BD sont d'une grande beauté : la rondeur des personnages aux traits si expressifs (et si ressemblants ! Anne est reproduite à l'identique ou presque, c'est troublant), le mélange d'onirique, de fantastique, les dessins à la fois enfantins et précis, aux couleurs gaies mais sans outrance... Merveilleux. La plume vive et parfois caustique d'Anne Frank est totalement respectée, Ari Folman et David Polonsky laissant toute la place au texte lorsque le dessin ne semble pas justifié, voire inutile. Des passages entiers du journal sont ainsi retranscrits permettant d'apprécier l'incroyable maturité et surtout le talent d'écrivain de la jeune fille, morte du thyphus au camp de Bergen-Belsen en 1945.

Une oeuvre-hommage tout à fait exceptionnelle !

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