Aux Bouquins Garnis

20 août 2019

Le vallon- Agatha Christie

 

shopping "J’ai invité Monsieur Crime à déjeuner dimanche. Ça fera diversion, tu ne crois pas ?"

La fantasque Lucy Angkatell a convié famille et amis pour le week-end, dans sa belle propriété du "Vallon". Hercule Poirot, le célèbre détective, est lui aussi de la partie. Lorsqu'il arrive, ponctuel et toujours aussi moustachu, Poirot découvre un cadavre gisant près de la piscine, celui du docteur John Christow. Son épouse, la gentille et soumise Gerda, se trouve à côté du mort, un revolver à la main... De toute évidence, Gerda a tué John. Le mobile est sérieux : le bon docteur était tyrannique, avait une maîtresse et une ex-fiancée toujours dans la place. De quoi déclencher les foudres meurtrières d'une épouse humiliée et délaissée? Non?

Comme cela fait du bien de retrouver Agatha Christie et Poirot, détective cher à mon coeur, dans ce très bon roman où prime la psychologie des différents protagonistes, longuement présentés dans une première partie. Cette présentation, loin d'être inutile, permet d'installer l'intrigue et de semer le doute, car au fond, le meurtre de John, dont le coupable semble offert sur un plateau, aurait pu être commis par... Henrietta, la séduisante sculptrice et maîtresse? Edward, amoureux d'Henrietta toujours éconduit ? Ou Véronica, l'ex si belle et quittée quinze ans plus tôt? Ou Lucy, pas si toquée qu'elle en a l'air? Ou encore ? Ou bien...? Tous ont un mobile, une raison, une animosité larvée ou assumée à l'encontre du docteur Christow. Tous auraient pu le tuer.

Le grand Hercule Poirot est certes en retrait, plutôt de bon conseil auprès de l'inspecteur Grange, chargé de mener l'enquête, mais sa présence, même discrète, est toujours très plaisante. Ce qui est plaisant aussi, c'est, comme toujours, de se faire balader, de penser que machin est coupable et deux pages plus loin de se dire que non finalement, c'est certainement truc, de revenir sur machin et de se rendre compte... qu'on a tout faux.

J'adore. En plus, Agatha Christie c'est souvent drôle (le personnage de Lady Angkatell est un régal d'excentricité et ses répliques absolument savoureuses), ça peut même être touchant (très triste petite Gerda), c'est bien écrit, bien traduit.

"Savoir qui a tué qui ne m’a jamais intéressée. Quand les gens sont morts, je ne vois aucune raison d’aller chercher le comment du pourquoi. Tout ce remue-ménage pour si peu, je trouve ça bébête"

 

 

 

 

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18 août 2019

Gourmandises des vacances- spaghettis au crabe et fenouil

 

Toujours dans le super bouquin de Jamie Oliver "Cinq ingrédients" ( ici et ) j'ai voulu tester une recette de pâtes originale, sans fromage, mais avec du crabe, du fenouil et des tomates cerises. Eh bien, sans surprise (c'est Jamie, inratable et toujours top au niveau du goût) c'était excellent ! Les saveurs des 3 ingrédients principaux font un heureux mariage, la douceur du crabe, la petite acidité des tomates, le croquant anisé du fenouil...un gros miam. Je n'aurais jamais pensé à mettre du crabe dans des pâtes alors que j'y mets volontiers du thon. Merci Jamie pour cette super idée.

 

Pour un plat de pâtes qui nourrira au moins 3 personnes (Jamie dit 2, moi je dis largement 3) il faut :

   - 150g de spaghettis

   - 160 de tomates cerises de toutes les couleurs (une demi barquette)

   - Une boîte de chair de crabe de bonne qualité

   - Un piment rouge (pas mis, j'ai juste intégré une pointe de couteau de piment d'espelette)

    - Huile d'olive, sel, poivre

Lavez le fenouil, émincez-le finement, conservez les feuilles pour la déco.

Faites-le cuire dans une poêle avec une cuillère à soupe d'huile d'olive, 5 minutes, à couvert (plus longtemps pour moi)

Pendant ce temps, faites cuire les spaghettis dans de l'eau bouillante salée selon les indications du paquet, et conservez un mug d'eau de cuisson.

Ajoutez le piment émincé dans la poêle et faites-le cuire avec le fenouil jusqu'à ce que celui-ci soit tendre, à découvert. J'ai zappé cette étape, mon fenouil a continué à cuire avec sa pointe d'espelette et c'est tout. On n'est pas piment chez moi.

Ajoutez les tomates coupées en deux, laissez-les cuire dans la poêle deux minutes, ajoutez ensuite la chair de crabe bien égouttée. Une minute après, mettez les pâtes, que vous mélangerez aux légumes et au crabe avec un peu d'eau de cuisson si nécessaire.

Au moment de servir (et de prendre la photo :), mettez dans le plat les feuilles de fenouil pour faire joli.

N'oubliez pas de bien saler et de bien poivrer.

J'ai oublié la cuillère d'huile d'olive finale mais ça n'a pas manqué.

Ni le parmesan d'ailleurs ! Et ça c'est étonnant, car pour moi le parmesan c'est la vie, surtout avec les pâtes...

C'était trop bon.

                       

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    Voilà une nouvelle recette pour Syl et les copines marmitonnes :)

            

                                      

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17 août 2019

Le bleu des abeilles- Laura Alcoba

 

41m7eJBzolL"Le point de départ de mon voyage se trouve quelque part sous mon nez.
J’étais encore en Argentine quand je me suis mise en route."

Une petite fille quitte l'Argentine et sa dictature pour rejoindre sa mère, exilée en France. Le père est contraint de rester au pays, où il est incarcéré. L'enfant maintient le lien avec l'absent en entretenant avec lui une correspondance dans laquelle les abeilles et leur attirance supposée pour la couleur bleue ont leur importance...

 Laura Alcoba ressuscite les souvenirs de son arrivée en France à l'âge de dix ans et les lettres échangées avec son père, prisonnier politique, jusqu'à sa libération, pour écrire ce court roman : une jolie découverte de 139 pages seulement qui se lisent comme un charme.

Dans ce récit d'une grande poésie, à la fois émouvant et plein d'humour, la petite narratrice, confrontée à la douleur de l'exil et à la difficulté d'apprendre une nouvelle langue, montre un enthousiasme et une détermination que rien ne saura entamer. Ni la cruauté de certains camarades, ni le scepticisme des adultes (la fameuse scène avec la bibliothécaire...) n'empêcheront Laura Alcoba (car il s'agit bien d'elle) de progresser et d'acquérir ce français qu'elle va aimer d'amour. Le livre regorge de moments délicieux, j'ai beaucoup souligné tout au long de ma lecture. Je partage ici deux passages qui m'ont particulièrement touchée :

"A la télé, je ne comprends pas tout. En général, je m'efforce de suivre au mieux ce qui s'y dit, mais d'autres fois, je fais exactement le contraire. Il m'arrive de faire des efforts pour comprendre le moins possible, alors les sons qui s'échappent de la télé m'enveloppent comme une musique. Je peux rester longtemps, comme ça, à me laisser bercer par la musique de la langue française- je lâche prise du côté des paroles pour ne m'intéresser qu'à la mélodie, aux mouvements des lèvres de tous ces gens qui arrivent à cacher des voyelles sous leur nez sans effort (...) C'est que le bain ne suffit plus, je veux aller bien plus loin: me trouver à l'intérieur de cette langue, pour de bon, je veux être dedans."

                                                                            ***

"J'aime ces lettres muettes qui ne se laissent pas attraper par la voix, ou alors à peine. C'est un peu comme si elles ne montraient d'elles qu'une mèche de cheveux ou l'extrémité d'un orteil pour se dérober aussitôt. A peine aperçues, elles se tapissent dans l'ombre. A moins qu'elles ne se tapissent en embuscade? Même si je ne les entends pas, quand on m'adresse la parole, j'ai souvent l'impression de les voir. parfois j'imagine que les voyelles muettes me voient aussi"

  "Le bleu des abeilles" est une lecture qui fait du bien. Je recommande !

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14 août 2019

Gourmandises des vacances- soupe épicée aux gambas de Jamie Oliver

 

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Le temps s'est gentiment rafraîchi et j'ai eu envie d'une soupe sympa. En feuilletant "5 ingrédients", un bouquin de Jamie Oliver que j'adore, je suis tombée sur un p'tit truc exotique et rapide à préparer (c'est le principe de ce livre, se régaler sans se casser la tête) : une soupe épicée de crevettes. J'ai mis des gambas à la place des crevettes et ai un peu réduit les proportions, c'était terrible !

Pour réaliser cette soupe pour deux personnes (gourmandes les personnes, les bols ou assiettes seront généreux, même en divisant les quantités), il faut :

2 petites barquettes de gambas cuites et décortiquées ( 250 g de crevettes pour Jamie)

100g de riz basmati (150 à l'origine)

2 cuillères à café de pâte de curry Korma (facile à trouver chez M......x, Jamie met deux grosses cuillères à soupe bombées, mais j'ai eu peur que cela soit trop piquant. C'était parfait !)

1 échalote ( au lieu de 8 oignons nouveaux)

1 petite boîte de 200ml de lait de coco (400ml chez Jamie)

1 demi-litre d'eau (1 litre)

1 cuillère à soupe d'huile d'olive, sel poivre

Faites revenir le riz à sec dans une sauteuse, à feu vif, pendant deux minutes. Pendant ce temps émincez les oignons ou l'échalote finement. Mettez sur le riz l'huile d'olive, les oignons/échalote, la pâte de curry. Laissez cuire 2 minutes, ajoutez le lait de coco, l'eau, laissez bouillir 12 minutes (temps de cuisson du basmati, il faut goûter pour s'assurer qu'il est bien cuit), incorporez les gambas coupées en deux au bout de 6 minutes de cuisson.

Vérifiez la consistance, un peu épaisse mais pas pâteuse non plus, rectifiez l'assaisonnement : salez bien, poivrez un peu (ou beaucoup si vous aimez)

Délicious, my dear !

     

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Une recette pour mes copines marmitonnes en vacances, rendez-vous chez Syl dans quelques semaines !

                                              

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12 août 2019

Histoire d'une vie- Aharon Appelfeld

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«Le coeur a beaucoup oublié, principalement des lieux, des dates, des noms de gens, et pourtant je ressens ces jours-là dans tout mon corps. Chaque fois qu'il pleut, qu'il fait froid ou que souffle un vent violent, je suis de nouveau dans le ghetto, dans le camp, ou dans les forêts qui m'ont abrité longtemps. La mémoire (...) a des racines dans le corps. »

L'enfance d'Aharon Appelfeld (Erwin de son vrai prénom) fut heureuse, entourée de parents aimants, juifs cultivés peu religieux, et de grands-parents qui lui enseignent le yiddish, lorsqu'il séjourne auprès d'eux à la campagne. Elle fut aussi très courte, brisée par les persécutions meutrières envers les juifs qui commencent en Roumanie à la fin des années 30. Aharon a seulement huit ans lorsque sa mère est assassinée sous ses yeux. Il connaît le ghetto, puis la déportation en Ukraine. Il est alors séparé de son père. En 1942, Aharon parvient à s'échapper. Il apprend à survivre dans la forêt, hébergé parfois par des paysans en échange de son travail. Recueilli par l'Armée Rouge, après des mois d'errance, il finit par embarquer clandestinement pour la Palestine, en 1946...

Cette existence mouvementée, marquée par la tragédie, Aharon Appelfeld en fait le récit dans "Histoire d'une vie", superbement traduit par son amie Valérie Zénatti. Les événements n'y sont pas décrits de façon linéaire mais livrés par fragments, "en lambeaux" comme le fut la vie d'Aharon, une vie déchirée de toute part, qui peine à se reconstruire. La mémoire fait bien remonter certains souvenirs à la surface mais en occulte d'autres : les souffrances endurées demeurent muettes, la mort violente de la mère d'Aharon est éludée, du camp on ne saura presque rien mais ce que l'écrivain donne à voir est absolument terrible. Après la guerre, en Palestine, Aharon ne peut s'exprimer pendant de longs mois, il peine à lire et à écrire, les mots lui échappent, l'apprentissage de l'hébreu est plus que laborieux. Ce n'est qu'au prix d'un immense travail qu'Aharon Appelfeld deviendra le grand écrivain que l'on sait. 

Ce récit m'a infiniment bouleversée. J'en retiens la fluidité, remarquable alors qu'il n'est pas chronologique, j'en retiens l'immense pudeur, l'émotion qui sourd tout au long des pages, j'en retiens le profond message d'espoir que nous livre Aharon Appelfeld, qui aime à se remomérer les âmes pures qu'il a pu croiser sur sa route, alors que tout n'est que ruine :

"Dans le ghetto et les camps, j'avais vu des gens dans tout leur égoisme, leur bassesse, mais aussi dans leur générosité. Ces instants rares ne faisaient pas qu'élever une lumière dans l'obscurité, ils ancraient en vous la foi en l'idée que l'homme n'est pas un insecte."

Je retiens aussi, et cela m'a beaucoup touchée, l'amour d'Aharon Appelfeld pour les animaux, la chaleur et la tendresse qu'il a su trouver auprès d'eux, quand il n'était qu'un petit enfant seul et perdu, maltraité par les humains. Je retiens l'homme de paix, l'écrivain magnifique qu'il est devenu et dont je n'ai heureusement pas fini de découvrir la grande oeuvre.

"Durant la guerre on ne débat pas, on n’insiste pas sur les divergences. La guerre est une serre pour l’attention et le mutisme. La faim, la soif, la peur de la mort rendent les mots superflus. A vrai dire, ils sont totalement inutiles. Dans le ghetto et dans le camp, seuls les gens devenus fous parlaient, expliquaient, tentaient de convaincre. Les gens sains d’esprit ne parlaient pas."

Cette lecture indispensable, je la partage une fois de plus avec mon amie Laure. Merci à toi :)

 

 

 

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03 août 2019

Gourmandises des vacances- salade de poivrons grillés à la tomate (une sorte de méchouia)

 

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C'est en écoutant Anne, de Papilles et Pupilles, sur France Bleu, parler du poivron que j'ai eu envie de tester la méchouia :  une salade de poivrons grillés mijotés dans de la tomate et qui se déguste froide ou chaude (avec un oeuf, suggère Anne). J'ai simplifié la recette car en vacances je n'ai pas tout sous la main mais qu'est-ce-que c'était bon, sur du pain toasté !

J'ai donc utilisé 2 poivrons (un gros rouge et un poivron salade rouge aussi) et deux belles tomates coeur de boeuf, de l'huile d'olive, de l'ail et du sel. Anne  utilise des poivrons rouges et verts, ajoute du cumin, du jus de citron, je m'en suis passée.

Il faut faire rôtir les poivrons dans un four à 200°C (chaleur tournante) après les avoir nettoyés et débarrassés du blanc à l'intérieur et des graines. On les place sur une plaque sur du papier sulfurisé, le plus haut possible dans le four, et on laisse cuire environ 35 à 40 minutes, jusqu'à ce que les poivrons cloquent et noircissent.

Pendant ce temps, on a pelé et épépiné les tomates et on les a fait mijoter 15 minutes à feu doux (un peu moins pour moi) dans une sauteuse avec deux cuillères d'huile d'olive et de l'ail pressé et dégermé. Mes poivrons cuits, je les ai enfermés quelques minutes dans un sac plastique et la condensation va permettre d'ôter la peau en un temps record. (10 secondes? 12?)

Les poivrons sont ensuite coupés en lanières et mêlés aux tomates, pour un nouveau mijotage de 7 ou 8 minutes. Et voilà c'est prêt !

On laisse tiédir et on met au frigo.

Un délice !

La recette n'est pas peut-être pas l'authentique recette tunisienne mais je ne ne suis pas tunisienne et je fais comme j'ai envie.  Merci Anne, nous nous sommes régalés !

Une recette pour les Marmitonnes, de retour chez Syl à la rentrée :)

                

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02 août 2019

Le chagrin des vivants- Anna Hope

         

                          "Elle est pleine d'un chagrin retentissant : le chagrin des vivants"

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Nous sommes en 1920. Le corps du Soldat Inconnu va être rapatrié depuis la France jusqu'en Angleterre. Rapatriement, récupération, inauguration du Mémorial : le processus dure cinq jours, cinq jours pendant le lecteur va suivre le quotidien de trois femmes, toutes fortement impactées par la Grande Guerre. Il y a la triste et amère Evelyn, dont le fiancé est mort au front et qui travaille au bureau des pensions, Ada, qui ne cesse de voir partout Michael, son fils disparu au combat dont elle est sans nouvelles et Hettie, danseuse de compagnie pour six pences, dont le modeste gain assure la pitance d'un frère traumatisé et d'une mère malheureuse...

 

Ada, Evelyn et Hettie sont liées : ce lien apparaît peu à peu au fil des pages et a suscité un regain d'intérêt pour un livre que je n'étais pas sûre de terminer. En effet, je m'y suis ennuyée, y ai trouvé des longueurs qui ont manqué me faire abandonner. Je me suis dit Anna Hope, c'est définitivement pas pour moi... Fabriqué, mou du genou etc... En revanche, je n'ai pas été gênée par le côté romanesque qui m'avait tant refroidie à la lecture de "La salle de bal" et que je redoutais.

C'est sans doute pour cela que j'ai persisté. Et puis quelque chose s'est soudain enclenché et l'ennui a cédé : J'ai fini par m'intéresser au sort de ces trois femmes, ai été particulièrement touchée par Ada et son chagrin de mère, (quel beau personnage !) toujours vivante  mais "fantôme" comme le lui rappelle rudement Jack, le mari délaissé et "perdu de vue". J'ai aimé l'écriture, fine et sensible, délicatement poétique mais sans miévrerie, le contexte historique bien posé, je me suis surprise à apprécier cette lecture pourtant bien mal barrée. Je ne regrette pas d'avoir insisté. "Le chagrin des vivants" est un livre qui se mérite.

"Et quoiqu'on puisse en penser ou en dire, l'Angleterre n'a pas gagné cette guerre. Et l'Allemagne ne l'aurait pas gagnée non plus.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- C'est la guerre qui gagne. Et elle continue à gagner, encore et toujours."

Une lecture commune publiée avec quelques jours de retard: les participantes sont Aifelle, Anne des mots et des notes Anne Mon Petit Chapitre  George Ingannmic Jackie Brown et Asphodèle, dont le beau billet est publié chez Aifelle.

Petite note perso : Aspho, reviens nous vite...

 

 

 

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29 juillet 2019

Entre deux mondes- Olivier Norek

 

shopping"Remarque, ça fait presque deux ans qu'on ferme les yeux, c'est pas pour les ouvrir aujourd'hui"

 

Adam est flic. Son pays, la Syrie, est à feu et à sang. Il faut fuir à tout prix et mettre à l'abri Nora, sa femme, et leur petite fille Maya. Il organise leur départ pour l'Europe, promettant de les rejoindre aussitôt qu'il le pourra. Lorsqu'Adam débarque enfin en France, il ne trouve pas sa famille et plonge dans un « entre deux mondes » terrifiant :  la jungle de Calais. Sa route va croiser celle de Bastien, lieutenant de police fraîchement muté, dont le couple traverse une crise profonde, mais aussi celle d'un jeune garçon au parcours chaotique, muet. Adam va prendre l'enfant sous sa protection et ils vont s'attacher l'un à l'autre...                     

 La lecture de ce roman a été difficile, je dirais même qu'elle fut une épreuve. Je tourne autour quasiment depuis sa sortie, et j'ai fini par me lancer, cédant aux sirènes des copines blogueuses qui ont toutes été bouleversées par cette lecture. Les sirènes ont chanté juste, il faut le dire. « Entre deux mondes » est, comme il a été dit un peu partout, absolument bouleversant, rude, très documenté, sacrément bien écrit, sensible et efficace.

Cette épouvantable réalité qu'Olivier Norek, policier de terrain, dépeint, c'est celle d’ hommes et de femmes en transit, fuyant la guerre, la famine, perclus de souffrance, qui débarquent en France, attendant de pouvoir gagner la terre promise qu'ils pensent être l'Angleterre. Et là... on reste sans voix devant l'innommable. Devant le parcours de ces gens. Devant ce qu'ils traversent et ont traversé, ce qu’ils reçoivent à leur arrivée dans notre beau pays, celui des droits de l’Homme. Chagrin et honte. Le constat est cinglant. Le roman de Norek montre sans fard un monde en train de craquer : les migrants qui survivent dans des conditions indignes sont poussés à la sauvagerie (certains passages m'ont mis le coeur au bord des lèvres) les policiers sont dépassés, effarés par leur mission qui a perdu toute humanité et préfèrent fermer les yeux :

 

« J'ai l'impression que le camp de réfugiés est au centre de beaucoup de tensions. Cette Jungle, vous y allez souvent ?
- Aux abords, tous les jours. À l'entrée, quand il le faut. Mais, dedans, rarement. C'est à la fois une zone de non-droit et un bidonville.
- Et votre job consiste en quoi ?
(…)
- J'aurais presque honte de le décrire. Faut le vivre. Mais personne ne veut le vivre. Nous, on y arrive à peine.

La tension est extrême et pour ma part, impossible de lire le livre d'une traite. Heureusement qu'un véritable souffle romanesque parcourt les pages, il est franchement bienvenu. Je n’avais jamais lu Olivier  Norek et j’ai été agréablement surprise de découvrir un écrivain vraiment talentueux : style percutant, sens du dialogue et de la formule... « Entre deux mondes » est un formidable page-turner (un page-turner qui nécessite de faire des pauses pour reprendre son souffle, c'est original...) aux personnages attachants et très crédibles. L’intrigue est bien menée et les quelques coïncidences un peu grosses à mon sens sont tout à fait pardonnables, étant donné la qualité de l'ensemble... 

 J'ai refermé « Entre deux mondes » le cœur serré et la boule au ventre. C'est le signe d'une lecture qui fera date et figure désormais dans mon panthéon personnel.

Merci Monsieur Norek.

 

"Tu dois faire attention aux Afghans. Ils ne sont pas pire que les autres, mais comme ce sont les plus nombreux, ils essaient de faire la loi. C’est naturel. C’est la survie. Nous devenons tous des monstres quand l’Histoire nous le propose."

 

Mon amie Laure l'a lu aussi. Son billet est ici. 

 

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14 juillet 2019

Gourmandises des vacances -Oeufs confits au vinaigre balsamique

C'est beau non? On dirait des grosses olives, ou des oeufs en chocolat...

Ce sont bien des oeufs, confits dans le vinaigre balsamique, qui leur donne cette belle et étonnante couleur. Il suffit de plonger des oeufs durs 24h au minimum dans un bocal rempli de vinaigre et le tour est joué... ça en jette, dans les salades, vous pourrez parader dans les soirées de Monsieur l'Ambassadeur et en plus c'est délicieux ! :)

C'est une astuce, plus qu'une recette, partagée par Alessandra Pierini, invitée de l'émission "On va déguster" sur France Inter. L'émission était consacrée au vinaigre balsamique.

Bon dimanche !

                      

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07 juillet 2019

Gourmandises du dimanche- Pain à la semoule

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Ce dimanche, la cuisine des marmitonnes prend les couleurs chaleureuses du Maroc :) 

C'est sur le fameux pain à la semoule que j'ai jeté mon dévolu. Ma boulangerie en a préparé pendant tout le mois du Ramadan, nous en avons bien profité, il était excellent. Et puis juin est arrivé, le Ramadan s'est terminé et tintin. Finito. Plus de pain à la semoule dans ma boulangerie. Si tu veux du pain à la semoule, après le mois de mai, faut le faire toi même... alors je me suis lancée.

Eh bien, pour un premier essai, il était vraiment pas mal du tout, mon pain à la semoule. J'ai mixé deux recettes, celle de Paprikas et celle de Valérie, du blog "C'est ma fournée" et j'ai obtenu quelque chose de très sympathique. C'est un pain qui n'est pas difficile à réaliser, dont les temps de levée ne sont pas très longs et qui cuit à la poêle. Faisable même par une quiche en pain comme moi.

Pour un pain à la semoule d'environ 24cm il faut (proportions de Nadia Paprikas) :

250g de farine T45

80 g de semoule fine (pas de la semoule de couscous, je répète: pas de la semoule de couscous)

10g de levure fraîche

150 ml d'eau tiède

1/2 cuillère à café de sel

Diluez la levure dans une cuillère d'eau tiède prélevée sur les 150ml. Mélangez la semoule fine, la farine (dans le bol du robot pour moi) et faites une fontaine, dans laquelle vous mettrez la levure et le sel. (Je n'ai pas mis les deux tout à côté, il me semble que ça ne fait pas bon ménage) Ajoutez peu à peu l'eau tiède et pétrissez ou faites pétrir, votre mari, vos enfants, votre robot, pendant 10 min maximum. La pâte ne doit être ni collante, ni dure. Si besoin, rajoutez un poil de farine ou d'eau, mais allez-y doucement.

Mettez la pâte dans un saladier recouvert d'un torchon et laissez reposer 1h à température ambiante. Les deux recettes divergent, Valérie parle de laisser pousser dans une étuve pendant 1h30, pour Nadia, c'est 1h à température ambiante. J'ai coupé la poire en deux et laissé ma pâte lever pendant 1h30 à température ambiante. Au bout de ce temps, la  pâte doit avoir doublé de volume. Ensuite, formez une boule sur du papier cuisson tapissé de semoule, après avoir dégazé la pâte (c'est-à-dire après lui avoir donné un bon coup de poing pour chasser l'air) Laissez reposer de nouveau 15min à température ambiante après l'avoir étalée à la main dit Nadia, 1h en étuve dit Valérie, après l'avoir étalée au rouleau. 1h je dis, moi, avec un rouleau. J'ai en revanche suivi le conseil de Valérie qui met sa pâte dans un cercle huilé pour qu'elle pousse droit. Ainsi la pâte ne se déforme pas, on a un cercle plus joli, plus régulier.

Dans une poêle chaude sans ajout d'huile, versez le cercle de pâte (comme elle repose sur le le papier sulfurisé tapissé de semoule, aucun problème, elle se décolle et tombe sans dommage dans la poêle) et faites cuire 10 ou 15 min, en la retournant avec une grande pelle à gâteau pour que le pain soit doré des deux côtés.

Mangez (sans vous brûler) avec du salé ou du sucré. La mie est douce et moelleuse, c'est très bon !

                              

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  NB:  La photo du désert marocain qui illustre ce billet a été trouvée sur Pixabay, elle est gratuite et libre de droits.

  Pour la dernière fois avant le mois de septembre, les recettes des marmitonnes sont chez Syl, qui ferme les portes de sa cuisine pendant l'été ;)

  

 

 

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