Aux Bouquins Garnis

26 janvier 2020

gourmandises du dimanche -Endives au jambon fumé dans juste une casserole !

 

image pixabay libre de droit

J'aime beaucoup les défis culinaires et avec les copines marmitonnes, on a décidé d'un dimanche endives au jambon :)

Ne reculez pas, c'est excellent les endives au jambon et pour certain(es) c'est même très feel good, n'est-ce-pas madame Sandrion ? :)

J'ai voulu tester une recette d'un livre que j'adore et que j'utilise assez souvent, il s'appelle Juste une casserole. Le principe est simple, tout se passe au même endroit, dans une seule marmite, sauteuse ou poêle. C'est pratique et rigolo.

La recette proposée fait donc l'impasse sur le passage au four des endives :l a cuisson se fait entièrement dans la sauteuse et je vous jure que c'est vraiment trop trop bon ! Des endives au jambon dans une jolie petite sauce crémeuse, avec un truc ou deux en plus pour moi :

J'utilise TOUJOURS du jambon fumé pour mes endives au jambon, je trouve que le goût est terrible ! Je sucre un peu mes endives lorsqu'elles cuisent pour les caraméliser (ce que la recette initiale ne fait pas) et j'utilise du comté au lieu du gruyère.

Voilà ! Elles vous intéressent mes endives? Alors c'est parti !

Il faut :

4 endives (6 pour moi)

4 tranches de jambon coupées en deux (fumé et coupé en lanières pour moi)`

100g de fromage râpé (comté ou gruyère)

30 g de farine

30 g de beurre (un peu moins pour moi)

50 cl de lait

15 cl d'eau

5 cl de bière (blonde pour moi)

1 cuillère à soupe d'huile d'olive ( pépins de raisin pour moi)

1 pincée de muscade

Sel poivre

 Coupez les endives en deux et ôtez le coeur. Faites chauffer l'huile et la noix de beurre et faites revenir les endives pendant 5 min à feu moyen (J'ajoute à ce moment là un voile de sucre), ajoutez la bière, l'eau, faites réduire 15 min environ, il ne doit plus rester de liquide. Ajoutez le jambon et remuez, ajoutez le beurre et laissez-le fondre. Ajoutez la farine, la noix de muscade, mélangez. Ajoutez le lait petit à petit et remuez sans cesse. Salez poivrez, laissez cuire environ 5 à 10 min en remuant régulièrement, la sauce va épaissir et réduire. Servez avec du fromage râpé.

Sympathique je vous dis, et surtout bien feel good quand il fait froid !

Le seul problème de cette recette : elle n'est absolument pas photogénique. On dirait... je ne sais pas quoi. Désolée (même la photo du livre est moche...)

        

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     On retrouve d'autres recettes d'endives au jambon chez Syl :)

 En janvier, on se fait du bien avec Soukee et son mois "Feel Good"

 

 

 

 

 

 

 

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21 janvier 2020

Eux sur la photo- Hélène Gestern

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"Je pense à la façon qu'ont les enfants de jouer aux devinettes : froid, tiède, tu brûles. Chez les grands que nous sommes, ce serait plutôt : froid, tiède, tu te brûles."

 

Hélène cherche à découvrir qui était sa mère, décédée lorsqu'elle avait trois ans. Ses parents adoptifs ont gardé le secret sur son histoire et par leur silence, n'ont fait que renforcer le besoin d'Hélène, aujourd'hui adulte, de connaître ses origines. Une photographie, datée du 16 juillet 1971, une petite annonce : la correspondance entre la jeune femme et Stéphane, un scientifique qui habite en Angleterre et dont le père figure sur la photo, peut démarrer...

 Voilà un très très beau roman épistolaire (un de mes genres chouchou) arrivé dans ma pile à lire très récemment et qui n'y est pas resté. J'ai posé ma lecture en cours pour me plonger dans cette passionnante histoire de secrets de famille, faite de douleurs mais aussi d'amour infini...

L'alternance des échanges (courriers, sms, mails...) entre les deux protagonistes qui rythme le récit est entrecoupée de descriptions précises des photographies qui apparaissent au fil des recherches de l'un ou l'autre, comme autant d'indices sur le vécu des différents personnages, aujourd'hui disparus, mais dont le cheminement va forcément bouleverser ceux qui sont encore là. J'ai adoré la relation Hélène/Stéphane, qui évolue au fil de leur correspondance et rencontres et j'ai aussi beaucoup aimé la fin ouverte, laissant entrevoir un avenir qui prendra le pas - le lecteur l'espère- sur le passé si lourd. 

Un autre gros atout de ce roman : son écriture. Poétique, élégante, fluide, la plume d'Hélène Gestern est un bonheur. Le vouvoiement des personnages pendant une bonne partie du livre est une cerise raffinée de plus sur un ensemble... raffiné. Voilà, j'ai trouvé comment décrire ce livre en un mot : il est raffiné. Le raffinement, la finesse en littérature, c'est tellement bon !

Je n'ai pas boudé mon plaisir et mettrais bien cette lecture dans la catégorie des livres Feel Good, ceux dans lesquels on se réfugie comme sous une couverture chaude et qui vous font oublier tout le reste.

"Vous me demandez qui va se souvenir de nous. Je vous dirais volontiers que c'est d'abord à nous de nous en soucier. De recréer un présent qui nous appartiendra et que nous ne nous disputerons pas les morts. Nous sommes poussés en avant, c'est vrai. Mais d'un même mouvement, cette fois"

 Merci à Aude  :)

 Chez Soukee, il y a un challenge Feel Good, auquel j'ai envie de participer. Je trouve l'idée amusante et... réconfortante :)

 

          

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19 janvier 2020

Douceurs du dimanche -Confiture de courge butternut et gingembre

 

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J'ai franchi le pas avec les courges :) Avant je n'en faisais que des soupes, aujourd'hui je tente des choses (pancakes par ex : recette à venir) et même confiture !  Après quelques recherches, j'ai fini par choisir la recette du blog  Ma Vegetable.

Je suis restée prudente sur ce premier essai: un seul pot pour commencer. Chez moi, l'idée de convertir des légumes en confiture effraie un peu (mon mari a fait la grimace quand je lui ai soumis l'idée) Je vous dirai à la fin de ce billet quel a été le résultat.

Pour un pot moyen de confiture de courge butternut, il faut :

  -200 g de courge butternut épluchée
- 140 g de sucre de canne
- 1 cuillère à café rase de gingembre en poudre
- 5 cm d'une gousse de vanille
- 50 ml d'eau

Epluchez votre courge. Coupez-la en morceaux pas trop gros et placez-les dans dans une sauteuse.
Ajoutez l'eau et le sucre. 
Grattez l'intérieur de la gousse de vanille pour récupérer les graines et ajoutez-les à la préparation. Ajoutez aussi les gousses. Versez le gingembre en poudre. Mélangez légèrement.

Placez sur feu moyen et faites cuire 10 minutes à couvert, puis de nouveau 5 minutes non couvert. Vérifiez à la pointe du couteau que la courge est bien cuite sinon prolongez un peu la cuisson. Il m'a fallu plus de temps. Mais pas trop non plus (j'utilise le truc de la goutte de confiture sur l'assiette froide : si la goutte fige, c'est ok)

Retirez la casserole du feu. Ôtez la gousse de vanille. Mixez avec la girafe jusqu'à obtention d'une texture bien lisse (sur une petite quantité, ce n'est pas si simple : ma confiture n'était pas très lisse, mais ce n'est pas grave)
Versez sans attendre dans un pot à confiture préalablement ébouillanté. Fermez le pot et retournez-le. Attendez qu'il refroidisse. Mangez plus tard. On a attendu deux bonnes semaines.

Verdict : la confiture est douce, assez neutre en goût. On sent peu la courge, plus le gingembre. Je pense qu'elle est agréable, mais peut-être à améliorer avec un trait de jus d'orange ou un filet de citron bien vif pour twister.

Bon dimanche !

Chez Syl, c'est Feelgood cette semaine. Les gourmandises participent au challenge de Soukee.

De la douceur dans un monde qui en manque cruellement pendant tout le mois de janvier.

 

                              

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13 janvier 2020

Vie de Gérard Fulmard- Jean Echenoz

                    

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"Pourquoi faut-il qu’il y ait toujours des pistolets dans les histoires, ai-je songé. C’est convenu, fastidieux, sans surprise mais bon, je suppose que c’est une figure imposée"                    

Les sirènes de la rentrée littéraire de janvier m'ont hurlé dans les oreilles que le dernier Echenoz était dans la boîte... J'ai cédé, faible femme que je suis, alors que je m'étais jurée de finir septembre avant d'attaquer janvier. Sérieusement, elles me posent un problème, ces rentrées littéraires qui déboulent sans qu'on ait le temps de dire ouf. Toutes mes résolutions vont au panier : alors que j'ai prévu de lire le dernier Message, le fameux Luc Lang, que le dernier Adam attend son heure sur ma table de chevet, voilà qu'arrivent Echenoz, Lemaitre, Bouraoui, Castillon...

Ok, j'ai des problèmes de riches. Il n'empêche qu'au delà du caractère capricieux de celle qui n'a pas la patience d'attendre et veut tout lire tout de suite sinon je meurs, je trouve dommage que les rentrées qui se succèdent à la vitesse de la lumière fassent passer à la trappe certains bouquins moins en vue et qui sont peut-être des pépites qu'on ne lira jamais. Je n'ai pas de solutions, de toute façon, je parle je parle et je continue à consommer du livre sans arrêt et puis j'ai acheté Echenoz et voilà. Quasiment le jour de sa sortie.

Gerard Fulmard est un bonhomme assez terne, qui tourne en rond dans la vie et dans son appartement de la rue Erlanger, Paris XVIe. Il a été steward et ne l'est plus. Depuis, il se cherche un but, une raison, un motif... jusqu'au jour où un météorite s'abat sur le supermarché où il a coutume de faire ses courses. Gerard Fulmard va par la suite devenir détective, potentiellement tueur à gages... embarqué dans une histoire politicienne un peu farfelue quoique dangereuse, il résiste mollement aux événements qui lui tombent dessus...

C'est drôle, merveilleusement écrit (j'adore découvrir des mots nouveaux grâce à Echenoz dont le vocabulaire semble illimité) décalé, empli de descriptions et de digressions insolites (on apprend un tas de choses sur la rue Erlanger, notamment qu'un japonais cannibale y a vécu et mangé), les personnages ont des noms improbables -Mozzigonacci, Brandon Labroche(!) ou encore Delahouère- c'est du Echenoz dans le texte. Fulmard est un bon loser comme on les aime, les politiciens rusés et faiblards sont censés nous rappeler des têtes connues, les situations sont à la fois sérieuses et folles. La fin du livre est tout simplement excellente, Echenoz nous rappelant avec style à quel point une machine IRM est bruyante :

"déferlement chaotique d'énormes sons, relevant de la sirène d'alarme, du klaxon de poids lourd et du marteau-piqueur entremêlés, alternance de soli transfixants de scie sauteuse, monstrueux chaos de broyeuses et de presses à emboutir, trios vociférants pour tronçonneuses, grandes orgues et marteaux perforateurs sur contrepoint d'ondes Martenot préhistoriques, le tout ponctué d'incessantes percussions contradictoires, sans ordre ni connexion, comme si quatorze batteurs psychopathes et sourds s'affrontaient avec haine"  

J'ai ri. Ce livre m'a fait bien plaisir. Je reconnais toutefois que c'est Echenoz, qui fait du Echenoz. Gérard Fulmard n'est pas un texte qui fera dire "ouah Echenoz a totalement changé, que lui est-il donc arrivé? C'est quoi ce gros bouleversement dans sa prose? Quel est donc ce nouveau message qu'il tente de nous faire passer" etc Pas du tout. Cela agacera ceux qui attendent la révolution. Je fais partie de ceux qui n'ont pas tellement accroché à l'autre veine échenozienne, celle plus sombre de 14. Je préfère nettement les intrigues invraisemblables et les antihéros à la Fulmard. C'est plus attendu, mais qu'est-ce-que c'est bien.    

   

      

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12 janvier 2020

Gourmandises du dimanche- Galettes de patate douce

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Dans mon panier hebdomadaire, juste avant les fêtes, il y avait des patates douces. J'aime bien ça, mais pour les accommoder, j'ai un peu de mal. Les potatoes testées quelques semaines plus tôt n'ont pas remporté les suffrages, chez moi... fade, farineux... c'était très bof.

J'ai essayé les galettes de patates douces de chez Chocolat à tous les étages (qui visiblement se nourrit de bien autre chose que de chocolat, les recettes salées de ce blog sont elles aussi très chouettes) et banco, c'était très bon. Je vous propose donc la recette :

pour 4 personnes :
1 patate douce de 500 g (2 patates moyennes pour moi)
1 petit oignon
1 œuf
70 g de farine
100 g de fromage râpé (parmesan)
1/2 cuillère à café de cumin en poudre
sel, poivre
quelques brins de coriandre fraîche (pas mis)

Epluchez les patates douces, coupez-les en morceaux et faites les cuire à la vapeur 10 à 15 minutes (les morceaux doivent être fondants)
Ecrasez ensuite en purée ces morceaux.
Dans une poêle, faites revenir l'oignon émincé très finement. 
Ajoutez-le à la purée de patates douces. 
Ajoutez la farine, le fromage, puis l'œuf battu. Mélangez bien. Salez et poivrez, ajoutez le cumin et la coriandre ciselée.
Faites chauffer le four à 180 °C

Sur une plaque de cuisson recouverte de papier cuisson, déposez des petits tas de pâte (une cuillère à soupe bombée, pour ma part, j'ai utilisé un cercle à entremets) aplatissez légèrement chaque tas pour formez une galette. J'aurais dû aplatir davantage elles étaient un peu épaisses.

Faire cuire pendant 20 minutes jusqu'à ce que les galettes soient dorées.

Avec une salade verte et une bonne petite sauce au yaourt, ces galettes sont parfaites (j'en ai congelé deux ou trois pour une prochaine lunch box)

Les autres recettes sont chez Syl :)

           

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11 janvier 2020

Miroir de nos peines-Pierre Lemaitre

 

 

miroir-de-nos-peines-format-broche-1361773921_ML"En attendant de mourir pour la patrie, on s’emmerdait"

1940. Année de réddition pour la France qui entend les bottes allemandes se rapprocher dangereusement et voit la guerre se terminer par une probable et lourde défaite : hommes, femmes enfants ou vieillards, soldats ou civils, en proie à la panique, se lancent sur les routes, à pied ou en voiture, souvent sans armes et peu de bagages, pour échapper à l'envahisseur.

Louise, une jeune institutrice de 30 ans, est, en cette période tourmentée, à la recherche d'un frère dont elle vient de découvrir l'existence, -dans des circonstances incroyables que je ne révèlerai pas- et quitte à son tour Paris, accompagnée de son ami le brave Monsieur Jules. Je tairai évidemment le nom du frère de Louise, vous laissant le plaisir de le découvrir, en même temps que vous ferez la connaissance de Désiré l'homme caméléon, de Raoul et Gabriel les compères-soldats en fuite, de Fernand le garde-mobile et son pactole encombrant, de sa fragile épouse Alice...

C'est le troisième et dernier volet de la trilogie "Les enfants du désastre" de mon cher Pierre Lemaitre commencée par l'époustouflant "Au revoir là-haut" (qui reste malgré tout mon préféré de la série) et qui s'est poursuivie avec le très bon "Couleurs de l'incendie" (j'étais dans ma période flemme de chroniques, alors pas de chroniques sur celui-ci mais je peux vous dire qu'il est vraiment très bon). Je me suis précipitée sur ce dernier volume comme une femme qui n'a pas lu un livre depuis des années, avant même sa sortie. Ben oui, je l'ai précommandé... voyez dans quel état de fébrilité j'étais.

Et c'est toujours très bon, ça alors  :) Pierre Lemaitre arrive à maintenir l'excellence en fin de parcours, alors que  bien souvent les séries s'effondrent au bout du troisième ou quatrième tome. Bravo ! "Miroir de nos peines est à la fois cocasse et émouvant, écrit d'une plume alerte, précise. Comme ça fait du bien ! Voilà un roman populaire dans le bon sens du terme : à la chronique historique s'ajoutent des personnages attachants qu'on peine à lâcher, de l'humour, de l'émotion, une intrigue où le tragique le dispute à la drôlerie.

Je remercie Pierre Lemaitre de continuer à raconter des histoires, à l'heure où les auteurs n'ont de cesse d'évoquer leur papa maman tonton tatie sans oublier leur pépé et mémé, soeurettes et frangins. J'en ai marre, moi des gens qui racontent leur life à longueur de livres. Je veux des histoires, des bonnes histoires comme Pierre Lemaitre sait en écrire. Je veux du drôle, du triste, je veux des héroïnes touchantes comme Louise, des malins tout cabossés comme Raoul, des Monsieur Jules en charentaises, des curés fantasques comme Désiré, je veux, je veux...

Inutile de préciser que je recommande vivement la lecture de ce bon gros bouquin (miam bien épais, c'était tellement bien de m'y replonger le soir avant d'aller me coucher) où l'on retrouve tout ce que j'aime dans un livre. Il est évident que ça va cartonner. Et moi je commence super bien mon année littéraire ! 

"La débâcle (...)
Il y avait là des centaines d'hommes, de femmes, d'enfants, de vieillards marchant dans le même sens, interminable défilé de visages concentrés, consternés, apeurés (...) 
Cette marée était un amas de voitures et de tombereaux tirés par des bœufs, de carrioles, de vieillards hallucinés, ici un infirme sur des béquilles avançait plus vite que tout le monde, là un groupe, une classe entière aurait-on dit bien qu'il y eût des enfants de tous les âges, l'école au complet, allez savoir, l'instituteur ou le directeur criait sans cesse qu’il fallait se tenir les uns aux autres, ne jamais se lâcher, sa voix chevrotait dans les aigus, on ne savait qui avait le plus peur des gamins ou de lui ; des cyclistes portaient des valises sur le cadre, les femmes serraient contre elles un bébé, parfois deux, et les vagues successives de cette cohue butaient les unes contre les autres, alors on s'invectivait, on s'entraidait parfois mais juste un geste parce que ensuite on recommençait à penser à soi, on se bousculait".

 

 

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08 janvier 2020

Soeur- Abel Quentin

 

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        "Elle aime l’idée d’un organe qui sécrète la haine, comme une glande. La violence est une libération"

C'est  l'histoire de Jenny, une lycéenne provinciale, introvertie, mal dans sa peau, qu'une rebuffade sentimentale reçue en pleine face et largement diffusée sur les réseaux sociaux va faire basculer dans un radicalisme sans retour, sans ambages. Jenny devenue Chafia, convertie à l'islam en quelques clics, sous la houlette de la fielleuse Dounia, a désormais pour obsession de détruire son ennemi le mécréant, au nom d'un Dieu tout juste débarqué dans sa vie et bien mal digéré...

C'est aussi l'histoire de Saint Maxens, un président de la république vieillissant qui finit son mandat sans gloire. Deux mondes qui ne sont pas amenés à se croiser. Sauf que si.

Quel livre, mazette !  L'énergie, la rage, la justesse avec laquelle le récit est mené sans se casser la figure une seule seconde (ce serait facile avec un sujet aussi brûlant d'actualité, d'y aller à fond dans le cliché, la caricature, le trop ou le pas assez... ) sont absolument surprenantes pour une première fois. Roman d'un écrivain débutant, dites-vous? Il faut être un jeune auteur bien talentueux pour réussir aussi bien du premier coup !

La plume est audacieuse, incisive, le mot juste et cinglant. La dérision n'est pourtant jamais loin -et parvient même à arracher au lecteur quelques sourires- malgré la lourdeur du sujet : l'univers morbide et fantasmé de Jenny-Chafia est sans cesse comparé à celui d'Harry Potter, ce héros qui l'accompagne jusqu'à la tragédie.

Jenny était une adolescente comme les autres, un peu plus fragile que les autres peut-être, et l'auteur s'attache à montrer à quel point le piège qui s'est refermé sur elle est savamment orchestré autour de son mal-être : la feinte solidarité, la flatterie, la désignation de responsables dont il faut se venger, la promesse d'un nouveau monde, la mécanique de l'endoctrinement est excellement démonté. C'est limpide et terrifiant.

Un très très bon premier roman, fort et rythmé, qui a les allures d'une oeuvre d'auteur rompu à l'exercice littéraire. Lu dans un souffle. Epatant.

Pour moi un vrai coup de coeur (en 2020, je mets mes coups de coeur en rouge carmin, surtout pour la rime :))

         

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 "Le soir, ce sont des séances de lecture solitaire, entre quatre murs saturés de posters. Harry Potter y fraye avec ses amis Ron Weasley et Hermione Granger, sous le chaperonnage inquiet de sir Albus Dumbledore, directeur de l’école de sorcellerie et ennemi juré du sinistre Voldemort. Leurs combats épiques étouffent le bruit de ses sanglots. Elle regarde les autres rouler leurs premières pelles au bal du 13 juillet. On l’y invite rarement, elle la trouble-fête perpétuellement dégrisée – mais dégrisée d’aucune fête. Son regard, trop dur, est celui d’une petite vieille."

 

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07 janvier 2020

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05 janvier 2020

Gourmandises festives 2 - Pain d'épices au spéculoos de Cyril Lignac

 

        

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Avant de revenir à des considérations plus diététiques en ce début d'année, je vous livre une nouvelle recette de pain d'épices, original avec son ajout de spéculoos à la farine. C'est bon les biscuits au speculoos ! J'y ai pris goût, alors que beaucoup plus jeune, j'en avais horreur. 

Ce pain d'épices tout simplement merveilleux est signé Cyril Lignac et revisité par Mercotte. Sur son blog, elle propose deux versions, l'une pour un petit moule (je crois que c'est celle de Cyril) et l'autre adaptée pour un plus grand moule.

J'ai opté pour un mélange des deux versions et j'ai même osé des variations (ben oui, même sur une recette de chef, y'a des choses qu'on peut, disons, arranger un petit peu).

C'est une recette de pain d'épices étonnante car les ingrédients sont pesés au gramme près. J'ai suivi plus ou moins le truc, sachant que vous mettez 190g de farine au lieu des 187 prévus (!) il ne va rien se passer de particulier, ça ne va pas exploser, personne ne viendra vérifier... et ce sera bon quand même. On se demande pourtant... pourquoi 187g ?

Donc voici la recette pour un moule de 18cm x 8cm (un moule pas très grand, on va dire) avec mes adaptations entre parenthèses :

140g d’eau minérale (eau filtrée pour moi) 60g de sucre ( moitié sucre brun non raffiné moitié sucre blond) 130g de miel de fleurs (d'oranger) 187 g de farine (un mélange seigle semi-complète, blanche) 2.5g de levure chimique (un peu de bicarbonate de soude au pif) 2g d’épices à pain d’épices (3 ou 4 g de mélange 4 épices) 10g de zeste de citron jaune (pas mis) 5g de zestes d’orange, (le zeste d'une petite orange) 1g de sel (oublié) 5g d’anis étoilé (3 étoiles pour décorer) 90g de beurre, (100g) 40g de spéculoos broyés finement.

La veille : portez à ébullition dans un casserole l’eau, le sucre, les épices à pain d’épices, le miel et les zestes d’orange. Laissez infuser hors du feu à couvert une dizaine de minutes. Passez l’infusion au chinois. Faites fondre le beurre au micro-ondes, laissez-le refroidir. Tamisez la farine et le bicarbonate. Réduisez en poudre les spéculoos et ajoutez-les à la farine. Mettez ces poudres dans un saladier, versez  dessus l’infusion parfumée et fouettez pour obtenir un mélange homogène. Ajoutez le beurre fondu refroidi en une fois, continuez à fouetter pour lisser la préparation. Beurrez et farinez le moule à cake (silicone pour moi) versez l’appareil dedans et réservez une nuit au réfrigérateur.

Le lendemain : préchauffez le four à 165° chaleur tournante et enfournez au centre du four pendant 45/50 minutes. Laissez tiédir, démoulez sur une grille. Quand le pain d’épices est refroidi, décorez-le avec de l’anis étoilé et éventuellement, même si ce n’est pas dans la recette, d’excellentes écorces de citron confit.

Excellent avec du foie gras et au petit déjeuner, juste comme ça, avec un thé. C'est waow...

     Le dimanche, c'est toujours chez Syl que ça se passe :)

 

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01 janvier 2020

Bonne année :)

         

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Bonne et heureuse année, amis lectrices et lecteurs, bonne santé, bons livres, et bonne chère qui sont les trois mamelles... et tout le mal que je vous souhaite en 2020 :)

J'en profite pour vous remercier de votre fidélité à mes petits billets et m'excuser de ne pas poster de commentaires sur certains blogs. Blogger me me les refuse systématiquement : Jérôme, The Autist Reading... Je vous fais de grosses bises pour la peine et je vous lis malgré tout.

Meilleurs voeux à tous et toutes !

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