Aux Bouquins Garnis

30 mars 2017

Sans Véronique- Arthur Dreyfus

 

 

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"Cet homme et cette femme étaient faits pour vivre ensemble"

Véronique est enfin à la retraite, après des années de bons et loyaux services. Son entreprise lui offre un séjour en Tunisie en guise de cadeau de départ. Pour la première fois, elle va quitter Bernard, son mari, un plombier bourru et néanmoins aimant. Oui, ces deux-là s'aiment, ça crève les yeux, un témoin qui observe le couple dans le métro a saisi sa profonde « et imperceptible affection ». C'est ainsi que le roman démarre, ligne 11, au moment des au revoir. Un drame va malheureusement briser ce bonheur tranquille et ronronnant. Véronique, tombée sous les balles d'un terroriste à Sousse, ne reviendra pas. Fou de chagrin, Bernard entreprend alors un périlleux voyage vers la Syrie. Son but: venger Véronique, faire la peau d'un djihadiste, n'importe lequel...

"Sans Véronique" est un roman à la thématique hélas très actuelle, au style limpide et singulier: le récit est constitué de longues phrases, ponctué de virgules, mais jamais il ne s'essouffle, tout comme le lecteur, suspendu à l'histoire de Bernard, anéanti à l'annonce de la mort de sa femme, et au parcours du terroriste, narré parallèlement. L'existence de Seifeddine, étudiant talentueux, est marquée elle aussi par la chute, celle d'un garçon promis à un brillant avenir, que les humiliations successives, la rancoeur, les désillusions, ont fait basculer vers l'intégrisme et le terrorisme abject. Rien ne semblait pouvoir rapprocher les deux personnages, hormis la violence et la brutalité du destin qui les frappe. Ils sont tous deux définitivement « hors de portée ». On passe de Bernard à Seifeddine avec fluidité, totalement convaincu que tout cela finira mal, malgré le suspense habilement maintenu. 

Je salue la fin extraordinairement émouvante de ce roman que j'ai lu tout du long avec passion.

Merci à François-Henri Désérable de l'avoir évoqué sur sa page Facebook :) je serais sans doute passée à côté. (je n'en avais pas entendu dire un traître mot)

"En ce moment un véhicule de police est en route vers votre domicile, afin de vous conduire au ministère, où vous serez  informé prioritairement de l'évolution de la situation, et aidé par des équipes psychologiques"

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26 mars 2017

Gourmandises du dimanche- Dundee Cake (gâteau écossais)

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Après l'Irlande, voici l'Ecosse, sur une suggestion de notre Cheffe et amie Syl. Après quelques recherches et pas mal d'hésitations, mon choix s'est finalement porté sur un Dundee cake, un gâteau traditionnel écossais, dont Anne de Pupilles et Papilles propose une version facile et très goûteuse.

Le Dundee est un gâteau assez riche, bien parfumé, agréable au petit déjeuner. Ici tout le monde l'a apprécié :) Je ne regrette pas d'avoir un peu forcé sur le whisky, on le sent à peine mais il apporte un petit goût ambré au gâteau absolument délicieux.

Voici donc la recette, avec de mini-ajustements personnels :

  • 1 et 1/4 de tasse de raisins de Smyrne
  • 2/3 tasse de raisins de Corinthe
  • 1/2 tasse de raisins secs hachés

Pour moi, qui n'avais pas la moindre envie de convertir les tasses en grammes, en litres etc (c'est hyper fatigant je trouve) deux sachets de raisins secs (blonds et bruns)

  • 1/4 de tasse de zestes d’oranges confits ( une petite boîte de zestes d'oranges confits coupés en dés)
  • 2 cuillères à soupe de whisky (plus pour moi : au moins 4)
  • 1 cuillère à café de zestes de citron
  • 150 g de beurre
  • 1 cuillère à café de zestes d'orange
  • 150 g de sucre roux (100 pour moi)
  • 3 oeufs battus
  • 1 et 1/2 tasse de farine tamisée (150g)
  • 1 sachet de levure chimique
  • 1 cuillère à soupe de poudre d'amandes
  • 1 cuillère à café de 4 épices ( épices à pain d'épices pour moi)
  • 1/3 de tasse de lait (80 ml)
  • 50 g d’amandes émondées

 Préchauffez le four à 160°C et beurrez un moule à gâteau de 24cm de diamètre. (bombe de graissage pour moi hyper pratique)

Dans un saladier, mélangez les raisins secs, les zestes d’oranges confits coupés en dés, le whisky et les zestes de citron et d’orange.

A l’aide d’un batteur électrique, battez le beurre et le sucre jusqu’à ce que le mélange devienne crémeux. ( avec la feuille du robot ) Ajoutez les oeufs un par un, en battant bien à chaque fois. Versez cette crème sur les fruits. Ajoutez ensuite la farine, les épices, la levure, le lait et la poudre d’amandes, touillez  à la cuillère jusqu’à obtenir un mélange homogène.

Versez cette préparation dans le moule lissez bien la surface, à la spatule. Enfoncez légèrement les amandes en formant le motif de votre choix. (j'ai tenté un coeur... raté, on oublie) Faites cuire au four environ 45 minutes, (40 pour moi, il faut surveiller, bien sûr) jusqu’à ce qu’une pointe de couteau enfoncée en ressorte parfaitement sèche. Attendez une vingtaine de minutes avant de démouler le gâteau et de le mettre à refroidir sur une grille.

Dégustez le lendemain avec un thé, c'est juste parfait...

Allons voir les créations écossaises (ou pas) de nos copines marmitonnes

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19 mars 2017

Gourmandises du dimanche 2- Ragoût de boeuf à la bière

 

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Je continue mon périple culinaire irlandais (voir ici pour le premier épisode) avec ce magnifique ragoût de boeuf à la bière trouvé chez Papilles et Pupilles, qui elle-même s'inspire de Jamie Oliver. Il nous ont régalés (le ragoût, Papilles et Jamie) ce midi. Merci à eux :)

Voici la recette adaptée en termes de quantités. Papilles propose 500g de viande pour 4 à 6 personnes, on voit qu'elle ne connaît pas les Comète. On aime bien les restes, nous autres. Et demain soir, je rentre tard, y'aura plus qu'à réchauffer, miam miam...

Donc, pour une belle marmite, tablez plutôt sur 1 kilo de viande à bourguignon/ 1 branche de céleri/ 2 carottes/ 2 oignons/ 3 feuilles de laurier/ 400g de tomates concassées en conserve/huile d'olive/ 50 cl de bière Guinness (ou autre)/ 1 cuillère à soupe de farine/ sel, poivre

Faîtes rissoler dans un peu d'huile d'olive les légumes nettoyés pelés émincés et le laurier environ dix minutes, ajoutez la viande coupée en morceaux et la farine. Faites revenir à nouveau. Ajoutez la bière, les tomates, remuez bien, ajoutez le sel et le poivre, remuez encore. Portez à ébullition, puis baissez le feu et laissez mijoter à feu très doux pendant des heures et des heures (Plus de 3 heures hier soir pour moi et 2 ce matin). Dégustez chaud, accompagné de pommes de terre ou de pâtes fraîches.

Une viande fondante et une sauce pleine de goût, de bonnes patates cuites à coeur... Et la famille Comète connut le bonheur.

Je vous renvoie chez Syl pour d'autres recettes irlandaises. Les marmitonnes se sont surpassées.

 

                               

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Gourmandises du dimanche- Soda bread (pain irlandais)

 

 

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Aujourd'hui, les marmitonnes avaient pour consigne de cuisiner irlandais, pour fêter la saint- Patrick !  J'ai choisi de faire un soda bread (recette de Papilles et Pupilles) dans un premier temps, pain déjà testé il y a quelques années et dont je garde un très bon souvenir. Et puis en flânant sur les blogs de cuisine, je suis tombée sur le ragoût de boeuf à la bière de Papilles et Pupilles (encore elle :). Mon coeur a fait boum ;) et je me suis précipitée chez mon boucher pour acheter de la viande à bourguignon. Ce matin vous aurez donc soda bread et cet après-midi, boeuf à la Guinness ! Souriez la vie est belle :))

On commence par le petit dej, avec le soda bread. La recette d'Anne, à l'origine celle de Jamie Oliver, indique d'utiliser de la farine complète pour moitié mais j'étais en panne. J'ai utilisé de la farine de seigle, qui donne un goût plus prononcé. Le pain était malgré tout très bon, très facile et rapide à faire (pas de levée). Nous l'avons dégusté tout à l'heure avec du beurre et de la confiture de clémentines corse :) Oui, je sais on ne s'embête pas chez les Comète :)

Pour un pain irlandais, il vous faut :

  • 200g de farine de blé complète T110 ( 200 g de farine de seigle pour moi)
  • 275g de farine de blé T55
  • 350ml de lait fermenté
  • 1 sachet de levure chimique ou 1 cuillère à soupe peu bombée de bicarbonate de soude (levure chimique pour moi)
  • 1 oeuf
  • 1 cuillère à café de miel
  • 1,5 cuillère à café de sel ( 1 cuillère pour moi)
  • 2 cuillères à soupe de petites graines de sésame (ou pavot ou autre)

Dans un saladier, versez tous les ingrédients secs (farine, levure, sel...), dans un autre saladier, battez l'oeuf en omelette, ajoutez le lait fermenté et le miel. Mélangez. Versez ce mélange sur les ingrédients secs, remuez à la cuillère en bois jusqu'à obtenir une boule de pâte. Versez cette pâte dans un moule beurré et fariné (grand moule à cake pour moi) , saupoudrez de graines de sésame (j'ai mouillé le dessus de mon pain avec un peu d'eau) et mettez au four (préchauffé à 220°C, chaleur tournante) pendant 45, 50 minutes. Pour ma part, une demi-heure de cuisson a été suffisante.

Laissez refroidir sur une grille et enveloppez dans un torchon. Ce pain se conserve mal, dégustez très vite !

La prochaine fois, je suivrai la consigne d'Anne, une cuillère et demie de sel. 

A tout à l'heure pour le boeuf à la Guinness ! :)

Et les marmitonnes irlandaises du dimanche, qu'ont-elles préparé? C'est chez Syl que ça se passe.

 

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14 mars 2017

Pyongyang- Guy Delisle

                                                "Et pour les films de science-fiction vous faites comment?"

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Guy Deslile a séjourné en Corée du Nord pendant l'année 2003, dans le cadre de son travail d'animation. Grâce à l'album "Pyonyang" il livre un carnet de voyage de son séjour dans ce pays étrange où règne l'une des dictatures les plus sévères au monde.

ça commence à l'aéroport, où les livres et les CD sont minutieusement contrôlés. Ensuite, le guide offre à Guy un joli bouquet de fleurs... pas pour lui, mais pour le Père de la Nation (plus de 22 mètres de haut en bronze !), que tout nouvel arrivant est censé honorer. Et notre visiteur n'est pas au bout de ses surprises... En Corée du Nord, la critique la plus subversive porte sur les films "qui sont ennuyeux" et l'on trouve aussi bien des musées à la gloire des Kim que des musées anti-américains, ces méchants impérialistes, où tournent en boucle des vidéos sur les massacres qu'ils commettent... Guy Deslile se moque volontiers de la paranoia du régime en quelques dessins cyniques et ne cesse de se demander si les nord-coréens" croient, eux, à toutes ces conneries qu'on essaie de leur faire avaler?" 

Sur tout ça et bien d'autres choses tout aussi surprenantes, ("les volontaires" qui s'attellent à des tâches absurdes, comme peindre la moitié d'un pont...) Guy Deslile, talonné par le traducteur et le guide qui ne le lâchent pas d'une semelle, jette un regard distancié, mi-surpris, mi-amusé. Lui- même ne manque pas d'humour (il se balade avec 1984 de George Orwell, curieuse mise en abyme qui ne doit sans doute rien au hasard) et cela fait passer la pilule, car pour tout dire, malgré l'intérêt du sujet, j'ai trouvé cet album plutôt sombre et j'ai moyennement apprécié le graphisme tout raide, gris et froid. Pyonyang est une B.D glaçante. Parfaitement à l'image du pays qu'elle décrit. 

                        

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12 mars 2017

Un jour sans...

Pas de recettes aujourd'hui... la gastro a eu raison de moi. Je retourne me coucher et vous souhaite un bon dimanche.

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11 mars 2017

Fukushima : récit d'un désastre- Michaël Ferrier

51En-UVqLnL                     "Les oiseaux se sont tus".

Le 11 mars 2011, le Japon est frappé par une succession de catastrophes d'une ampleur inégalée : un séisme d'une extrême violence, suivi d'un tsunami meurtrier et de l'explosion d'une centrale nucléaire à Fukushima dont les répercussions cauchemardesques se feront sentir pendant encore très longtemps.

Michaël Ferrier est français, il enseigne et réside au Japon. Il se trouve à Tokyo au moment du cataclysme. Avec sa compagne Jun, Michaël décide de traverser le pays sinistré en camionnette, afin de porter secours aux survivants. Et ce qu'il voit dépasse l'entendement... Il nous livre un récit-choc de son expérience, dont c'est peu dire qu'elle m'a bouleversée. Villages ravagés, populations décimées, amoncellement de cadavres qui pourrissent et dont on ne sait que faire, à l'égal des déchets ... cette lecture demande d'avoir le coeur bien accroché.

 Du ressenti "en direct" du tremblement de terre par l'auteur, en passant par un constat de visu des ravages du séisme et du raz-de-marée, Michaël Ferrier n'en finit pas de se révolter, dans la dernière partie du livre, contre la folie du nucléaire et la lâcheté de ceux qui en font l'apologie, ceux dont le cynisme et l'arrogance condamnent la population à une "demi-vie", celle d'après la catastrophe : rien ne sera plus jamais comme avant, on le sait, mais il faut faire comme si...

Ce "récit d'un désastre" est une merveille : le terme peut sembler déplacé compte tenu de la gravité du sujet, mais je ne peux le qualifier autrement. L'écriture de Michaël Ferrier est d'une beauté renversante, (j'ai souligné et souligné comme une dingue...) transcendant l'horreur pour la sublimer. Les odeurs, les sons, le silence même... sont décrits avec un lyrisme, une sensibilité poétique inouïs sans pour autant s'éloigner de la réalité glaçante dont Ferrier est le témoin. Précis comme un documentaire, surtout dans sa dernière partie, beau comme un poème, "Fukushima" nous envoie avec la violence d'un coup de poing l'ampleur d'une tragédie désormais hors de contrôle et dont nous sommes tous victimes.

Un lecture essentielle.

"Il ne sert à rien de regarder sa montre lors d'un séisme. Le tremblement de terre est aussi un tremblement du temps : le temps n'est plus enserré dans le cadran métallique et les mailles de la trotteuse, il a pris une existence propre. Il n'obéit plus à rien".

                                                              ***

"La ville est calme. A aucun moment, elle n'a cédé à la panique. Cette immense capitale verticale, entièrement construite sur une faille, a des maisons de papier et des nerfs d'acier."

                                                              ***

"Ecrire dans le désastre".

                                                              ***

"Dans un désastre, les courbes disparaissent, toute la rondeur du monde, sa douceur et son embonpoint, n'en reste plus que le tranchant."

                                                              ***

Merci à Laure pour cette lecture commune en ce triste anniversaire.

 

 

 

 

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07 mars 2017

Les deux pigeons- Alexandre Postel

                                                         

                                                                                    "Ils savaient s'ennuyer ensemble"

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Dorothée et Théodore (appréciez l'anagramme) sont jeunes et amoureux. Elle enseigne l'histoire-géographie et prépare en parallèle une thèse sur Guy Mollet, il travaille dans l'informatique, de façon plus ou moins aléatoire. Ils décident de vivre en couple, à Paris, et affrontent ensemble toutes sortes de situations à la fois ordinaires et cruciales. Comment manger? Quelles activités pratiquer pour faire bouger son corps? Tango? Ping-pong? Quelles séries regarder? Quels amis fréquenter? Faire ou ne pas faire d'enfants? Alexandre Postel nous invite à suivre le couple et ses non-péripéties pendant quelques 220 pages, à savoir une dizaine d'années. 

 Dit comme cela, "Les deux pigeons" pourraient faire s'envoler le lecteur. Et pourtant... j'ai adoré ce livre, tellement drôle, tellement actuel, tellement touchant. C'est que nos oiseaux sont l'exact reflet d'une époque, taraudée de questions existentielles et imprégnée d'un désenchantement certain. Ce qui frappe dans les expériences  que vivent Dorothée et Théodore, c'est qu'elles demeurent inabouties: ils tentent des choses, pratiquent jusqu'à l'excès et abandonnent au moindre obstacle, (écriture, sport, sexualité effrenée..) au plus petit coup de mou. Ce sont des velléitaires, qui se cherchent sans cesse et vont jusqu'à mettre leur couple à l'épreuve dans la dispute, qui leur donnent l'impression de vivre enfin.

Alexandre Postel a la plume malicieuse, cinglante et d'une précision à toute épreuve. Bon sang quelle écriture !  A la lisière du documentaire, "Les deux pigeons" parvient malgré tout à rendre attachant ce couple d'aujourd'hui, qui nous ressemble forcément un petit peu. Un bémol toutefois : La fin est bof bof, dommage. On abandonne Dorothée et Théodore, ou plutôt ils nous abandonnent beaucoup trop sèchement et le roman n'aurait pas souffert d'une centaine de pages supplémentaires. Et pourquoi pas une suite?

Merci ma Julie, je te ramène enfin ton livre :)

 " Resterait-elle donc, dans la taxinomie des gynécologues, une nullipare? N'auraient-ils jamais la joie de nommer un être, de croiser son regard, de le voir croître, parler, penser, de lui lire des histoires? Leurs Noëls seraient-ils toujours un peu plus tristes que ceux des autres?"

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05 mars 2017

Gourmandises du dimanche- calamars à la sauce américaine

 

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Syl me pardonnera sûrement d'être à contre-courant du thème de la semaine, les gâteaux en tout genre. Mon fils a une méga gastro et il est difficile de concevoir l'idée même d'une quelconque pâtisserie pour ce week-end... nous sommes aux pâtes à l'eau et carottes cuites pour ce soir.

En revanche, cette semaine, j'ai préparé un délicieux mijoté de calamars, inspiré de celui de La Main à la pâte. Et mon fiston l'a adoré. Nous aussi d'ailleurs. ça change un peu et c'est vraiment très simple à faire. La recette de Maiwenn est faite au Thermomix. Je n'ai pas cet appareil merveilleux et très cher, j'ai donc utilisé ma bonne vieille sauteuse, la méthode ancestrale du mijotage et roulez jeunesse...

Pour un petit mijoté, (trop petit, la prochaine fois, je double les doses) il faut :

400 g d'anneaux de calamars (surgelés pour moi)

1 gros oignon

2 gousses d'ail

2 cuillères à soupe d'huile d'olive

1 brique de pulpe de tomates concassées

1 cuillère de concentré de tomates (ajout perso)

1 cuillère à café de fumet de poisson déshydraté

200 g de cognac (un fond de bouteille pour moi, il y en avait à peu près pour 200g)

1 pincée de sucre

1 cuillère de crème fraîche (ajout personnel)

sel poivre

Faites revenir doucement l'oignon émincé, puis l'ail en petits dés dans l'huile,enfin les calamars, à feu vif quelques minutes, puis doux. Ajoutez le fumet de poisson, touillez, ajoutez la brique de pulpe de tomates et le concentré, le cognac, plus un petit verre d'eau, sel poivre et en tout dernier lieu, la cuillère de crème.

Laissez mijoter à feu doux et à couvert le plus longtemps possible (2 heures pour moi), afin d'avoir des calamars fondants et pas caoutchouteux. Ajoutez un peu d'eau si nécessaire, remuez régulièrement pour éviter que la préparation attache. Servez avec du riz.

Trop trop bon ! La sauce était onctueuse et pleine de goût, les calamars bien fondants...

Allons chez Syl pour goûter virtuellement quelques p'tites pâtisseries (sûrement plus photogéniques que mes pauv'calamars, qui ne savent pas sourire...)

                                

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01 mars 2017

Un ano con Almodovar# 6- Parle avec elle

 

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"Le cerveau des femmes est un mystère. Dans cet état là, encore plus. Les femmes, vous voyez, il faut s'en occuper, leur parler, avoir des attentions pour elles de temps à autre, les caresser souvent, se souvenir qu'elles existent, qu'elles sont vivantes, qu'on tient beaucoup à elles, c'est la seule thérapie, croyez-en mon expérience."

Sixième édition de notre challenge consacré au grand Pedro... Et ce mois-ci, nous sommes particulièrement gâtées puisque "Parle avec elle" est au programme. Avec ce film, on touche au chef-d'oeuvre, pas moins. Ou pour les gens très très difficiles, on s'en approche dangereusement.

"Parle avec elle" est non seulement un grand film d'amour, de passion, mais surtout une belle histoire d'amitié, entre deux hommes que tout oppose, sauf l'essentiel : l'un et l'autre aiment Alicia et Lydia, toutes les deux plongées dans le coma. Amour impossible pour Benigno, infirmier un peu efféminé aux petits soins pour Alicia, la jolie danseuse victime d'un terrible accident quatre ans plus tôt. Il la bichonne, la frictionne, la maquille et surtout lui parle : qui sait? Elle l'entend peut-être. Il conseille à son ami Marco, rencontré à l'hôpital, de faire de même avec Lydia, torera sauvagement encornée lors d'une corrida, condamnée par la science, perdue pour Marco car amoureuse d'un autre. Je ne résumerai pas davantage,  mais comme l'indique la couverture du DVD, cette amitié entre Benigno et Marco sera" mouvementée" et les sentiments des uns et des autres violents et agités, en dépit des corps immobiles, des émotions comme feutrées entre les murs de l'hôpital, d'une douceur apparente à laquelle Almodovar ne nous a pas habitués. Les violences subies par Alicia n'apparaîtront pas directement à l'écran, mais par le biais d'un incroyable film muet "l'homme qui rétrécissait" (le film dans le film, un procédé courant chez Almodovar) où un homme réduit à quelques centimètres après avoir avalé une potion magique s'introduit dans le vagin de celle qu'il aime pendant son sommeil. Le plaisir transfigure la femme endormie. Un problème moral se pose de toute évidence: celui du rapport sexuel non consenti et qui traité par le cinéaste espagnol, devient curieusement le remède miracle qui sortira Alicia du coma, fait jouir celle qui ignore qu'elle est pénétrée. Nous sommes bien dans un film d'Almodovar : ambigü, sulfureux et provocant au dernier degré.

  " Parle avec elle" joue pourtant à fond la carte du mélo, avec son lot d'amours impossibles et dramatiques conduisant à des actes insensés, ses accidents violents et toujours ces personnages ambigus un peu fous qu'affectionne le réalisateur. Benigno, qui a vécu sous l'emprise d'une mère autoritaire, prend le pouvoir sur Alicia, joue à la poupée avec elle, tandis que Marco, archétype de l'homme viril, s'effondre en larmes après avoir tué une couleuvre et pleure devant le "Café Muller" de Pina Bausch. Comme toujours chez Almodovar, les êtres sont ambivalents, les tendres et doux ne sont pas ceux qu'on croient. Une femme comme Lydia, phobique des vipères, affronte pourtant des taureaux -celui qui aura raison d'elle pèse plus de 500 kilos- et lorsqu'elle revêt son habit de lumière, son identité sexuelle se brouille. De même, la sexualité de Benigno pose question : est-il homosexuel? Est-il vierge? Il ment pour rester au chevet d'Alicia, mais les propos qu'il tient au début du film, les rumeurs qui circulent à son sujet entretiennent sa part d'ombre.

Du pur mélo oui, mais à la sauce Almodovar, sensuel, troublant : le corps nu et inerte d'Alicia est livré aux regards, Lydia fait face au taureau dans un ballet sensuel filmé au ralenti, la sensualité qui émane des danseuses crève l'écran. "Parle avec elle" rend également hommage à l'art et au spectacle : danse, chants (langoureux et émouvants) tauromachie sont mis à l'honneur dans ce beau film qui refuse comme souvent la facilité d'une narration linéaire sans volonté toutefois de perdre le spectateur, puisque les différentes périodes du film sont systématiquement indiquées. Je l'ai sans doute déjà dit, mais j'aime ce procédé littéraire et cinématographique, qui permet d'entretenir le suspens, apporte par petites touches les éléments nécessaires à la compréhension de l'histoire.

"Parle avec elle" est dans le duo de tête de mes films préférés d'Almodovar, au coude à coude avec "La mauvaise Education". Je ne peux que vous le recommander chaudement. Ma copine et partenaire Pousse de Ginkgo l'a beaucoup aimé aussi. Elle en parle ici.

Le mois prochain, on regarde "La loi du désir". Pour l'ensemble du programme, cliquez sur cliquez :)

                un-ano-con-almodovar

 

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