Aux Bouquins Garnis

21 mai 2019

(Re)lisons Maupassant :)

 

Maupassant et moi, c'est une longue histoire d'amour. Je l'ai découvert lorsque j'étais en classe de seconde et avec lui, la littérature, la vraie, est entrée dans ma vie pour ne plus jamais en sortir. Romans, nouvelles, chroniques, je crois bien avoir tout lu et relu avec un appétit féroce et pendant longtemps il a été sans rival à mes yeux. J'ai toujours été un peu idolâtre comme fille et le portrait de Maupassant a trôné pendant quelques années sur l'étagère de ma bibliothèque : une amie m'a même demandée un jour s'il s'agissait de mon grand-père... Hélas non, juste mon écrivain préféré. J'aurais bien aimé avoir Maupassant pour papi, tiens. Quand j'y repense, cette anecdote me fait toujours sourire. 

Avec Maupassant, il y a eu la découverte de la nouvelle, que j'affectionne tout particulièrement et même si depuis j'ai aimé bien d'autres maîtres du genre (Carver, Oates, Saumont et tout plein d'auteurs merveilleux qui excellent dans l'art du texte court), je reviens régulièrement à mes premières amours, le temps d'une nouvelle ou deux, d'un roman que je redécouvre avec bonheur... Maupassant est indémodable, indétrônable.

C'est Aifelle qui en a parlé sur le Réseau Social et m'a donné l'idée de lire ce grand écrivain avec vous, si le coeur vous en dit. Je ne parle pas de challenge car après avoir un peu réfléchi, j'ai envie de proposer des lectures sans contrainte. La seule exigence sera... Maupassant. Vous êtes invités à lire des romans, des chroniques, des nouvelles, une seule nouvelle si ça vous chante, écrire un billet sur vos blogs et déposer le lien ici. Vous pouvez également regarder des films, des adaptations télé, lire ou voir des pièces de théâtre et même lire des livres de cuisine qui s'inspirent de Maupassant et de son oeuvre (si si, ça existe, je vous montrerai bientôt :). Je prends tout jusqu'au 20 mai 2020. Si ça marche, on continuera au delà de cette date, pourquoi pas. Je ferai des bilans réguliers et espère que vous serez nombreux à participer. Rien à gagner, aucune compétition, juste le bonheur de lire, de relire un écrivain magnifique.

Merci de penser à mettre après vos billets mon p'tit logo ci-dessous, un lien vers chez moi et de déposer vos liens ici-même (après ce billet).

Les inscriptions se font également sur ce billet. Pas la peine de multiplier, inscrivez-vous ici, déposez vos liens au même endroit. C'est tout simple.

Qui m'aime (enfin, qui aime Maupassant...) me suive !

                         

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20 mai 2019

Animal- Sandrine Collette


Animal

"Le meilleur moyen de survivre au tigre, c'est de ne pas le rencontrer"

Dans la jungle népalaise, Mara trouve deux enfants, Nin et Nun, ligotés à un arbre. Elle les libère, même si son instinct lui souffle qu'elle n'aurait pas dû, et prend la fuite avec eux.

Bien des années plus tard, en Russie, un groupe d'hommes et de femmes se lance dans une périlleuse chasse à l'ours. Parmi eux, Lior et Hadrien. Hadrien détonne un peu : il ne chasse pas, n'a aucun goût pour le massacre d'animaux, au contraire de Lior, sa femme, qui ne semble vivre que pour traquer la bête. Les sanglantes parties de chasse, dont elle se régale, la rapprochent d'une forme d'animalité qui fascine Hadrien (il est très amoureux donc il suit Lior malgré sa répulsion) et l'inquiète en même temps. Elle a un sacré problème, cette Lior  elle est complètement dingue. Et pour une fois, à Kamtchatka, elle va croiser beaucoup plus fort et bien plus malin qu'elle...

Qui de l'humain? Qui de la bête? C'est une des grandes questions que soulève le dernier roman de l'excellente Sandrine Collette. 

Je résume brièvement une histoire intense, scindée en deux parties distinctes, évidemment pas sans lien l'une avec l'autre, au contraire solidement tissées, même si je me suis faite avoir (dans le bon sens du terme) et n'ai pas vu ce qui semble évident après coup. Là encore, je vous en dis un minimum, Il serait dommage de déflorer le remarquable suspense mis en place par miss Collette, toujours aussi impressionnante de maîtrise et d'efficacité. La construction est très habile, l'intrigue ménage quelques éclatantes surprises, le rythme est trépidant, les chapitres se terminent sur de vrais cliffhangers, l'écriture est alerte, flamboyante. Pas vraiment gênant ce côté un peu "tout much" de l'écriture, car en adéquation avec la nature, sauvage et grandiose, qui occupe une place centrale dans le roman. Donc tout va bien. 

Il m'a pourtant manqué je ne sais quoi pour que ce livre soit davantage qu'un très bon moment de divertissement et d'évasion, comme l'avait été "Juste après la vague", que j'ai lu l'an dernier le coeur battant de la première à la dernière ligne. Sans doute les personnages, pourtant bien campés, manquent-ils de profondeur, de quelque chose qui fait qu'on s'y attache (malgré les drames qui la frappent, Lior est détestable et Hadrien bien fâlot...) tout est en place pour un peu plus d'épaisseur et on reste malgré tout à la surface : cette terrible histoire m'a vivement intéressée, j'étais pressée d'en connaître l'issue (surprenante et terrible, vraiment réussie cette fin !) mais elle ne m'a pas touchée. Une petite absence d'émotion que je ne m'explique pas autrement que par cette impression de survol. Je la regrette même si elle ne m'a pas empêchée d'apprécier ma lecture.  

L'avis de Laure, mon amie et partenaire de lecture, est ici :)

"L’ours ne dort pas pendant l’hiver. Il est très différent de ces petits animaux qu’il trouve parfois lorsqu’il sort au cœur de la mauvaise saison, réveillé par du bruit ou attiré par une journée de soleil timide. Ceux-là, leur état de torpeur et d’insensibilité ressemble à la mort. Les reniflant du museau, il est arrivé que l’ours les fasse tomber de l’arbre où ils étaient recroquevillés, de la cachette où ils se croyaient invisibles ; ils ne se réveillent pas, comme raidis par le gel. Ils tombent et c’est tout"

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19 mai 2019

Gourmandises du dimanche- Risotto aux asperges et fromage de chèvre

 

 

J'ai eu envie d'un risotto d'asperges pas trop classique et surtout bien vert et j'ai trouvé mon bonheur dans Le grand livre Marabout de la Cuisine des légumes. Délicieuse, l'association des asperges vertes, du riz moelleux et du fromage frais. Le temps d'une recette, j'ai donc lâché les baskets de Lolo Mariotte (t'inquiète, c'est pour mieux y revenir...)

Pour réaliser ce risotto, il vous faut :

400 g de riz arborio (carnaroli pour moi)

750 ml d'eau

750 ml de bouillon de légumes (une belle casserole d'eau avec un cube bio pour moi)

2 oignons jaunes moyens hachés (un rouge et un jaune pour moi)

2 gousses d'ail écrasées (1 pour moi)

125 ml de vermouth (euh... pas de vermouth sous la main, un vin blanc sec muscadet Sèvres-et-Maine a fait l'affaire)

185g d'asperges vertes hachées grossièrement (une petite botte pour moi)

(J'ai commis une petite erreur : j'ai voulu conserver les pointes pour les rajouter au dernier moment pour quelques minutes de cuisson, afin d'obtenir un petit effet déco : elles n'ont pas eu le temps de cuire. La recette préconisait de hacher les asperges entièrement. On peut peut-être faire précuire les pointes avant de les intégrer au riz, je ne sais pas. A voir...)

60g de petits pois surgelés

1 poignée de feuilles de thym  (thym séché pour moi)

150g de fromage de chèvre frais émietté

Portez l'eau et le cube de bouillon à ébullition dans une casserole, puis laissez frémir à couvert

Faites chauffer l'huile d'olive dans une grande casserole, puis faites revenir les oignons et l'ail. Incorporez le riz en l'enrobant soigneusement de mélange à l'oignon. Ajoutez le vermouth (ou le vin blanc) et laissez chauffer en remuant jusqu'à ce qu'il se soit en partie évaporé. Versez 250 ml de bouillon et poursuivez la cuisson à feu doux, en remuant, jusqu'à ce qu'il soit absorbé. Continuez à ajouter le bouillon en quantités égales, sans cesser de remuer jusqu'à ce qu'il soit absorbé et que le riz soit tendre. J'ai procédé comme d'habitude, c'est à dire que j'ai intégré le bouillon louche par louche, sans compter 250ml au départ.

Incorporez les asperges hachées (avec les pointes) les petits pois, les 3/4 du thym (j'ai tout mis) et la moitié du fromage de chèvre (là aussi j'ai mis directement 150g). Poursuivez la cuisson en remuant jusqu'à ce que les asperges soient tendres. Comme elles sont hachées, cela va assez vite.

Pour servir, parsemez le risotto du reste de thym et du fromage (pas fait)

C'était très bon, mais le bouillon n'était pas assez salé et le chèvre sans doute trop doux. Je pensais que la recette donnerait quelque chose de plus corsé. La prochaine fois, je prendrai du chèvre un peu plus affiné et mettrai deux cubes pour préparer mon bouillon. Il y a toujours moyen d'améliorer !

J'ai mis le riz dans des cercles pour la présentation. C'est joli non?

Pour les recettes des copines, spanish ou pas, rendez-vous chez Syl :)

 

                  

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17 mai 2019

Apprendre à finir- Laurent Mauvignier

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"(...) des gens qui partent, de toute façon, tout le monde connaît ça. Le monde est fait de gens qui partent"

Une femme a vécu avec un homme, de longues années. Elle l'a aimé, et lui aussi. Un jour il a voulu partir, refaire sa vie. Un grave accident l'en a empêché. Le voilà immobilisé, pour de longs mois. L'épouse se prend à espérer : est-il encore possible de reconstruire, de garder son homme auprès d'elle ? Elle n'a pas renoncé. Mais lui? L'accident va-t-il leur permettre un nouveau départ?

Avec mon amie Laure, on a eu envie de lire Laurent Mauvignier. Tout Mauvignier, un mois sur deux. On a fait un planning et tout... Et on a décidé, un peu au hasard, de commencer par "Apprendre à finir".

Mal nous en a pris, enfin en ce qui me concerne. Ce long monologue de souffrance, qui épouse le rythme des méandres de la pensée de cette femme, tantôt enfiévré, ému, tantôt plus apaisé quand l'espoir renaît, est remarquable du point de vue de la forme. Mauvignier est un grand écrivain et un grand styliste. Les sentiments mêlés, haine, tristesse, colère sont admirablement retranscrits et  l'auteur se glisse à la perfection dans la peau de cette femme bafouée, entre amour fou et colère envers celui qui la rejette et auquel elle s'accroche avec l'énergie du désespoir. 

Seulement voilà, malgré ses évidentes qualités littéraires, cette lecture m'a semblé longue (pourtant le livre est court, il ne l'était pas assez pour moi, j'aurais aimé qu'il fasse seulement vingt pages. Une grosse nouvelle, quoi...) pénible, aride... Je me suis perdue, suis raccrochée aux branches, de nouveau égarée... ce fut une expérience fatigante. Je me suis ennuyée, ça m'a agacée, j'ai été agacée de m'ennuyer et d'être agacée, bref, ce n'était peut-être pas le bon moment ou tout simplement pas un livre pour moi. Je l'ai refermé avec un grand ouf... de soulagement. Trop sinueux pour ma p'tite tête bien encombrée. Et pas la moindre empathie pour l'épouse torturée. Quand je me fiche un peu de ce qui arrive aux personnages, c'est souvent le signe d'une lecture ratée...

Je n'ai pas aimé ne pas aimer. Je garde un souvenir tellement marquant de Autour du monde qui m'avait totalement embarquée... Mauvignier en a écrit plein d'autres, des romans, mais celui-là je l'avais trouvé fascinant. 

Laure, en revanche, a apprécié. Pour une fois, on n'est pas tout à fait raccord. J't'aime quand même ma p'tite biche.

Son billet est ici :)

    "Dans ma bouche, tous les mots de colère et de rage qui s'entassaient, ça craquait de partout d'avoir si lourd de mots, un tel chargement qui s'entassait dans la gorge, écrasant les parois,déchirant la chair pour prendre la place et moi j'étouffais-avec cette image aussi de lui assis sur le rebord de la banquette dans la cuisine, près de la porte."

 

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13 mai 2019

Les gratitudes- Delphine de Vigan

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                      "Sans le langage, que reste-t-il?"

 

Michèle Seld, dite Michka, est une dame âgée qui perd peu à peu son autonomie, au point de ne plus pouvoir vivre seule. Atteinte d'aphasie, les mots qui ont occupé toute la vie de cette ancienne correctrice lui échappent à présent, sa mémoire lui fait défaut, elle s'affaiblit de jour en jour. Michka doit se résoudre à intégrer un EPHAD. Autour de Michka, il y a Marie, sa jeune voisine, qui veille sur elle avec tendresse, et Jérôme, l'orthophoniste, pour qui Michka n'est bientôt plus une patiente comme les autres. Pour ces trois là, la gratitude n'est pas un vain mot. Jérôme et Marie auront à coeur d'aider la vieille dame à réaliser son voeu : retrouver le couple qui lui a sauvé la vie, lorsqu'elle était enfant, pendant la guerre...

Après la déception des "Loyautés", j'étais à la fois pressée et pas pressée de retrouver Delphine de Vigan. Pressée parce qu'elle fait incontestablement partie de mes auteurs chouchou : je  lui dois quelques coups de coeur mémorables. (J'ai de la gratitude moi aussi...) Mais avec les écrivains qu'on aime, il y a aussi la crainte d'être déçue, plus désagréable  qu'avec des auteurs qu'on attend moins.  Vous me suivez ?

J'ai donc pris mon temps pour découvrir "Les gratitudes" et hourra, j'ai retrouvé MA Delphine. L'écriture sensible, précise, la délicatesse, l'équilibre dans l'émotion, tout y est : on pourrait pleurer en lisant ce récit de fin de vie, de l'impuissance face à la perte inéluctable, mais Michka est si attachante, si drôle quand elle utilise un mot à la place d'un autre (les trouvailles langagières sont délicieuses), qu'on sourit autant qu'on est ému. J'ai aimé ce parti pris d'aller à l'essentiel (le livre est court, on dirait presqu'une pièce de théâtre), de privilégier les dialogues : dans un roman où les mots occupent une place centrale, c'est judicieux.

S'il est reproché à Delphine de Vigan de faire dans "les bons sentiments" ("Le Masque et la Plume" pour ne pas les citer, où les chroniqueurs se sont montrés particulièrement féroces envers le livre...) j'ai envie de dire et alors, pourquoi pas. Quand c'est touchant, bien écrit, ni larmoyant ni dégoulinant. Juste sincère et beau. Et que ça fait du bien. Comme ici. 

"C'est ça qui change tout, tu sais, Marie. C'est d'avoir peur pour quelqu'un d'autre, quelqu'un d'autre que soi. C'est une grande chance que tu as".

                                                   ***

"La fin du corps, on ne sait pas, bien sûr, mais la fin sans la tête, ça a commencé, les mots se font la balle et puis hop."

 

  Lecture commune avec mon amie Laure. Merci à toi copine :) Son billet est ici

Et une nouvelle participation à la rentrée de janvier, chez Joëlle

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12 mai 2019

Gourmandises du dimanche -Dinde à l'asiatique

 

Encore une recette qui nous a fait bien plaisir dimanche dernier, toujours de Laurent Mariotte et ses petits plats en équilibre. Ok, il y a comme une obsession Lolo Mariotte chez moi, mais elles correspondent exactement à mon besoin de gourmandise et de rapidité du moment. La dinde à l'asiatique, c'est facile, c'est pas cher et ça peut rapporter gros et surtout c'est bon !

Pour réaliser cette recette, il faut :

  • 600 g de blancs de dinde (3 belles escalopes dans le filet)
  • 4 cuillères à soupe de miel liquide  (2 pour moi)
  • 4 cuillères à soupe de sauce soja (3 pour moi)
  • 2 blancs de poireaux 
  • 4 carottes fanes 
  • 1 à 2 cuil. à soupe d’huile de tournesol (de sésame pour moi, pour la touche asiatique)
  • 2 tiges de coriandre (coriandre séchée pour moi, une belle cuillère à soupe)
  • 2 cuil. à soupe de cacahuètes grillées 

 Mélangez le miel et la sauce soja. Coupez la dinde en cubes (grosses lanières pour moi) et déposez-les dans un saladier, ajoutez 2 cuil. à soupe du mélange miel-soja, mélangez et réservez au frais. J'ai mal lu la recette et mis la sauce soja d'abord sur ma viande et le miel ensuite, au final, ça ne change pas grand chose. 4 cuillères de miel, ça m'a paru beaucoup, j'ai donc réduit. Faites comme vous voulez.

Epluchez les carottes, coupez-les en deux dans le sens de la longueur, puis taillez-les en tagliatelles à l’aide d’un économe. Déposez les tagliatelles de carottes dans un saladier d’eau glacée.  Emincez finement (3 ou 4 mm) les blancs de poireaux, lavez-les et déposez-les dans le saladier avec les carottes. C'est une belle astuce pour que les légumes gardent de la tenue à la cuisson ! Je ferai tout le temps comme cela désormais. Et puis les poireaux coupés ainsi, comme des spaghettis, c'est bien aussi. A retenir. Merci Lolo.

Je poursuis.

Egouttez les cubes de dinde. Dans une poêle ou un wok à feu vif, faites-les revenir 2 à 3 minutes en remuant régulièrement (plus pour moi, la viande blanche doit être bien cuite). Ajoutez les tagliatelles de carotte et le poireau essuyés puis faites-les sauter quelques minutes toujours en remuant régulièrement. Ajoutez le mélange miel-soja, mélangez encore un peu.

Répartissez le tout dans des bols puis terminez en parsemant les cacahuètes grossièrement hachées et la coriandre.

Servez accompagné du reste de sauce miel-soja dans un bol à part. J'en ai refait un petit bol, car je n'en avais pas assez.

Bon appétit et bon dimanche !

Les recettes des autres marmitonnes se retrouvent chez Syl (toujours à l'heure espagnole)

                                               

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06 mai 2019

Né d'aucune femme- Franck Bouysse

 

CVT_Ne-daucune-femme_8332"La seule chose qui me rattache à la vie, c'est de continuer à écrire, ou plutôt à écrier, même si je crois pas que ce mot existe il me convient."

Le père Gabriel est appelé pour bénir une femme qui vient de mourir à l'asile. A une voix mystérieuse derrière le grillage du confessionnal, il a promis de récupérer des cahiers dissimulés sous la robe de la défunte. Ces cahiers racontent l'histoire de Rose, quatorze ans, aînée de quatre filles, vendue par son père contre un peu d'argent au Maître des Forges, sans doute au XIXe siècle, l'époque est indéterminée, mais on roule en carriole. Le récit contenu dans ces cahiers, bouleversant et terrifiant, est écrit de la main de Rose. Accrochez-vous au bastingage...

Voilà un livre que je n'oublierai pas de sitôt, pour diverses raisons. Il est aussi passionnant qu'éprouvant. Je savais que Franck Bouysse était un grand écrivain, mais je n'imaginais pas qu'il puisse donner une voix aussi puissante à une jeune fille, une voix incarnée, qui plusieurs jours après ma lecture, raisonne encore...

Le récit est choral, on y entend le père, rongé de remords, Gabriel, le prêtre, Edmond, qui pourrait bien être le sauveur, mais c'est incontestablement Rose, si touchante, si courageuse, qui m'a le plus bouleversée. Les horreurs qu'elle endure semblent n'avoir aucune limite et  je n'ai pas pu décrocher... jusqu'à un endroit précis du livre, où j'ai dû m'arrêter pour reprendre mon souffle.

Et je l'avoue, je me suis demandée si j'allais reprendre ma lecture après CE passage là. Je me suis interrogée sur l'intérêt au final de lire un livre aussi terrible, où les atrocités sont décrites avec autant de minutie. Beaucoup de talent, c'est sûr, mais aussi beaucoup de détails d'une cruauté qui m'a glacée. Moi qui pensais être une warrior de la lecture, j'ai donc mes limites... (un mythe s'effondre, Comète ne peut pas TOUT lire, il y a donc un coeur sous la cuirasse...)

Je ne suis pourtant pas une chochotte, j'ai lu "My absolute darling" (même pas mal, enfin presque) dans sa totalité sans me poser cette question, ou alors j'ai oublié, je n'ai retenu que la secousse que m'a procuré cette lecture. Ce n'est pas le cas ici.

Parenthèse refermée, j'ai fini par reprendre la lecture de "Né d'aucune femme" et si l'intérêt ne s'est pas émoussé, (une course-poursuite dans la forêt a fait bien mal à mon palpitant et le destin de quelques autres personnages a de quoi faire frémir...) j'ai été davantage sensible à de menus défauts, une langue presque trop parfaite pour Rose qui est sans éducation et apprend à lire quasiment toute seule et surtout une fin qui ne m'a pas convaincue : d'abord je ne l'ai pas comprise. J'ai interpellé Laure, ma partenaire de lecture, avec quelques "help je comprends pas" (merci de ta patience). J'ai relu, deux fois, trois fois les derniers chapitres car je n'aime pas cette impression d'inachevé quand la fin d'un roman est obscure ou pas satisfaisante. Je pense que la lumière s'est faite mais je suis déçue : cette fin est à la fois trop complexe et trop facile pour un livre aussi intense et un chapitre en particulier me laisse sceptique, même après plusieurs lectures. Laure, nous en reparlerons, si tu veux bien...

Je ne peux pas en dire plus sans risque de spoiler.

"Né d'aucune femme" est donc presque un coup de coeur. (Je vais peut-être ouvrir une rubrique du "presque coup de coeur", tiens...)

"C'est tout le problème des bonnes gens, ils savent pas quoi faire du malheur des autres. S'ils pouvaient en prendre un bout en douce, ils le feraient, mais ça fonctionne pas comme ça, personne peut attraper le malheur de quelqu'un, même pas un bout, juste imaginer le mal à sa propre mesure, c'est tout"

 

Lecture commune avec la belle et patiente Laure, une de plus :) Son billet est ici

Une participation (la 6ième) au challenge rentrée de janvier chez Joëlle

            

                 

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05 mai 2019

Gourmandises du dimanche- Dahl de lentilles noires au yaourt et chapatis maison

 

J'adore les lentilles, on peut les cuisiner de mille façons. Dans le magazine "Saveurs" du mois de mars 2019, un dossier leur était consacré et j'ai testé un ou deux dhal: le premier était moyen (trop sec) et le second excellent, en voici la recette :)

Pour rappel, le dahl est une préparation à base de lentilles venue d'Inde. Ici ce sont des lentilles noires qu'il faut utiiser (lentilles beluga en magasin bio) mais dans certaines recettes, ce sont des vertes, des roses ou même des blanches (je n'en ai jamais vues).

Le must, ce sont les chapatis (pain indien) qui accompagnent le dhal. Simples comme bonjour à réaliser, ils ne nécessitent pas de temps de levée contrairement aux naans. C'est le plus qui fait la différence, je trouve. Présentez vos lentilles avec les chapatis, tout le monde va s'écrier "ouahhh qu'est-ce qu'elle forte" alors que c'est d'une simplicité désarmante.

Pour le dhal : 300g de lentilles beluga, 1 boîte de tomates concassées de 400g, 1 morceau de gingembre (moulu pour moi), 40g de beurre (20 pour moi) 2 gousses d'ail, 1 cuillère à soupe rase de curry, 1 cuillère à café de cumin en poudre, 1cuillère à café de garam masala (mélange d'épices indien), 1 pincée de piment de cayenne (pas mis), sel

Pour servir : yaourt grec nature, brins de coriandre (je n'en ai pas mis)

Pour les chapatis : 150 g de farine semi-complète, 1 cuillère à café rase de sel fin, de l'eau

Placez les lentilles dans une casserole avec trois fois leur volume d'eau, ajoutez les tomates, le gingembre et l'ail émincé, faites cuire environ une heure jusqu'à ce que les lentilles soient bien tendres.

Pendant ce temps, préparez la pâte pour les chapatis : mélangez la farine, le sel et 80 à 100g d'eau (80 c'est parfait), pétrissez la pâte 5 min en l'écrasant sur le plan de travail. Mon robot a fait le job, merci à lui.

Lorsqu'elle est souple et pas collante, laissez-la reposer 30 min au réfrigérateur, emballée dans du film ou un sac congélation.

A la fin de la cuisson des lentilles, faites fondre le beurre dans une poêle et ajoutez le curry, le cumin, le piment,du sel. Faites chauffer quelques secondes, ajoutez les lentilles cuites, mélangez. Incorporez le garam masala en fin de cuisson.

Détaillez la pâte à chapatis en huit portions (six pour moi), roulez chaque morceau en boule, étalez au rouleau pour faire des disques. (10 cm de longueur, 2 mm d'épaisseur, dit le magazine)

Pas besoin de rouleau, à la main, ça se fait très bien. La pâte est hyper facile à travailler et j'ai obtenu des disques pas trop moches avec mes p'tites mimines.

Faites cuire les chapatis dans une poêle très chaude, deux par deux. Quand ils commencent à colorer, retournez-les et poursuivez la cuisson en appuyant un peu dessus et en les faisant tourner sur eux-mêmes. Ils vont gonfler légèrement. Tournez-les et retournez-les pour qu'ils soient bien cuits.

Servez-les avec le dhal de lentilles et une belle noix de yaourt grec.

C'est top, très parfumé, ça l'fait !

La cuisine est espagnole chez Syl pendant tout le mois de mai (challenge de Sharon). C'est ici et ici

                              

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25 avril 2019

Tout ce qu'on ne s'est jamais dit- Celeste Ng

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"Les souvenirs d'un être aimé se lissent et se simplifient toujours, et on se débarrasse des complexités comme d'écailles". 

 

Lydia Lee est morte. Après des heures d'angoisse pour ses proches, on retrouve son corps gisant au fond d'un lac. Elle avait seulement seize ans, toute la vie devant elle. Jolie, brillante, sociable, adorée de ses parents, Marylin et James, de sa fratrie... qui a bien pu vouloir lui faire du mal? La famille Lee, brisée par ce drame inconcevable, trouvera-t-elle des réponses aux questions qui la hantent? Les réponses à ces questions, douloureuses, auront-elles raison du couple atypique que forment Marylin, qui se rêvait médecin et plaçait tous ses espoirs dans sa fille aînée, et James, professeur d'université d'origine chinoise rongé depuis l'enfance par sa "différence" obsédé par l'idée d'intégration, dans une Amérique raciste et suspicieuse? (le roman démarre à la fin des années 70 mais des sauts dans le temps nous font remonter dans les années 50 lorsque Marylin, alors étudiante, rencontre James)

Mon dieu que ce livre est grand...

Je découvre Celeste Ng et suis stupéfaite d’apprendre qu'il s'agit du premier roman de cette auteure américaine tant il est abouti, maîtrisé. La complexité des personnages - principaux comme secondaires- la subtilité de l'intrigue finement menée jusqu'à sa résolution toute aussi subtile( poignant, si poignant, j'en frissonne encore) la profondeur des thèmes abordés qui sont nombreux, on pourrait s'y perdre : racisme, sexisme, mal-être adolescent, amour maternel... mais tout fait sens et est traité avec la même intelligence, rien n'est laissé au hasard, la toile est solidement tissée mais on n'en voit pas les coutures... Et cette écriture, poétique, délicate et infiniment précise, soucieuse du plus petit détail (oh cet épi sur le crâne de James, qu'on retrouve chez son fils Nathan, cette petite Hannah qui ne dit rien et observe tout...) une merveille.

On se prend de l'émotion en pleine tête de la première à la dernière ligne et quand la littérature est aussi belle, on a juste envie de dire merci : à l'auteure (en lui souhaitant de continuer à créer des chefs-d'oeuvre encore longtemps) et à mon amie Laure, pourvoyeuse de bons livres (très bons).

"Toute leur vie, Nath avait compris, mieux que personne, le lexique de leur famille, les choses qu'ils ne pouvaient jamais vraiment expliquer aux gens de l'extérieur : qu'un livre ou une robe n'étaient pas simplement quelque chose à lire ou à porter ; que l'attention était accompagnée d'attentes qui - comme la neige - s'abattaient et s'accumulaient et vous broyaient sous leurs poids".

 

 

 

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22 avril 2019

La guerre des pauvres- Eric Vuillard

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"Aimer les pauvres, c'est aimer la pauvreté haïssable, ne plus la mépriser. C'est aimer l'homme. Car l'homme est pauvre. Irrémédiablement. Nous sommes la misère, nous errons entre le désir et le dégoût."

Les révoltes paysannes et le destin de quelques uns de leurs initiateurs, dont l'exalté Thomas Müntzer, prédicateur qui vit son père pendu pour d'obscures raisons, lut la Bible en allemand (sacrilège !) pour la rendre au peuple, c'est ce dont parle cette "guerre des pauvres". Pas fun, on est d'accord. Eric Vuillard a fait le choix de sujets arides, de textes de plus en courts (68 pages ici) et si ce n'était lui, je fuirais à toutes jambes.

Mais voilà, c'est lui. Eric Vuillard, cet écrivain génial qui m'avait fait vibrer avec son "14 juillet", émue avec "Tristesse de la terre", intéressée avec "L'ordre du jour"... je crois qu'il pourrait me parler à peu près de n'importe quoi, je suivrais.

Parce qu'Eric Vuillard, c'est une écriture puissante, tonitruante, une vraie "gueule"mêlée à une érudition impressionnante. Il me stupéfie à chaque fois. Ce Thomas Müntzer (dont bien sûr j'ignorais l'existence) que la pauvreté des petites gens révolte, ces paysans dévorés jusqu'à l'os par une Eglise et des princes dotés de tous les pouvoirs et dont les abus laissent le peuple exsangue, ces révoltes écrasées dans le sang, il faut une trempe comme celle de Vuillard pour les raconter d'une façon aussi saisissante, captiver la lectrice, à deux heures du matin... et l'amener à lire ces 68 pages deux fois de suite, pour être sûre d'avoir tout compris et rien loupé...

"Les histoires vraies, personne ne sait en raconter", écrit Eric Vuillard dans le dernier chapitre de son récit.

De livre en livre, il prouve heureusement le contraire.

 

      "ll cite l’Évangile et met un point d’exclamation derrière. Et on l’écoute. Et les passions remuent, car ils sentent bien, les tisserands, que si on tire le fil toute la tapisserie va venir, et ils sentent bien, les mineurs, que si on creuse assez loin toute la galerie s’effondre. Alors, ils commencent à se dire qu’on leur a menti. Depuis longtemps, on éprouvait une impression troublante, pénible, il y avait tout un tas de choses qu’on ne comprenait pas. On avait du mal à comprendre pourquoi Dieu, le dieu des mendiants, crucifié entre deux voleurs, avait besoin de tant d’éclat, pourquoi ses ministres avaient besoin de tellement de luxe, on éprouvait parfois une gêne. Pourquoi le dieu des pauvres était-il si bizarrement du côté des riches, avec les riches, sans cesse ? Pourquoi parlait-il de tout laisser depuis la bouche de ceux qui avaient tout pris ?"

 

 Lecture commune avec mon amie Laure, comme chaque lundi :)

5e participation à la rentrée littéraire de janvier, dont notre Joëlle nationale tient fermement les rennes.

                       

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