Aux Bouquins Garnis

08 décembre 2019

Gourmandises du dimanche- gâteau "loup"

 

 

Je suis tombée en admiration devant le gâteau loup du blog "Chocolat à tous les étages" et j'ai eu envie de le reproduire pour l'anniversaire de mon fils. Il n'est pas compliqué à réaliser, il est rigolo, il est bon, il n'est pas féroce comme un vrai loup ;), il a tout pour plaire...  (impossible de mettre le lien précis vers la recette, je vous dirige donc vers le blog de la dame)

Je suis déçue du résultat car il a eu le museau fracassé au moment du démoulage (on l'a joyeusement baptisé "le loup qui s'est pris une porte dans la gueule...") et il était plat. La recette d'origine utilise un moule à bûche, j'ai pris un moule à cake. Il faut le trancher en deux pour y poser les dents, et là c'est délicat, très délicat... quand le gâteau est plat et que le loup a déjà mal au museau.

J'ai rafistolé comme j'ai pu avec du chocolat fondu et le loup a les dents qui dépassent, mais il était tout de même très bon, à défaut d'être beau ne le comparez pas avec celui de "Chocolat..." s'il vous plaît, ou je vais pleurer. Un fondant qui se bonifie (il en restait un peu le lendemain, on lui a fait sa fête).

Voici la recette :

4 oeufs
200 g de chocolat noir
150 g de beurre
3 cuillères à soupe de lait (oublié)
150 g de sucre
3 cuillères à soupe de farine (60 g)

Préchauffez le four à 180°.
Faites fondre le chocolat et le beurre au bain-marie.
Ajoutez le sucre, bien mélanger.
Montez les blancs en neige.
Ajoutez au chocolat, hors du feu, les jaunes d’œufs. Mélangez. Ajoutez la farine.
Ajoutez ensuite les blancs en les incorporant à l'aide d'une maryse. Versez la pâte dans un moule à bûche ou à cake en silicone.
Faites cuire au four à 180° pendant 30 minutes environ (testez la cuisson avec la lame d'un couteau)
Laissez refroidir.

Coupez le gâteau en deux horizontalement. Déposez sur la partie inférieure des guimauves coupées en deux pour faire les dents. Découpez la langue dans une bande de bonbon piquant. Déposez le gâteau du dessus sur les dents. Déposez deux morceaux de guimauve pour les yeux avec deux bonbons type "dragibus" si besoin faites tenir avec des morceaux de cure-dent (indispensable).Terminez en plaçant les oreilles (deux gâteaux en forme de "barquette" (cure-dent aussi) la truffe (un morceau de guimauve) et les moustaches 'trois bâtonnets chocolatés type "mikado".

Et voilà !

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        Pour les autres recettes de la semaine, on va chez Syl

         

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07 décembre 2019

Le bal des folles- Victoria Mas

 

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"Entre l’asile et la prison, on mettait à la Salpêtrière ce que Paris ne savait pas gérer : les malades et les femmes"

Le " Bal des folles" est la grand'messe annuelle de la Salpêtrière :  les parisiens s'y pressent pour danser avec des colombines et autres gitanes, joyeuses et colorées... en réalité des patientes du -glauque- docteur Charcot, qui aime à expérimenter l'exposition des fous. Tel est le grand sujet de ce roman, dans lequel sont racontées les "sous-histoires" de plusieurs femmes internées,  dont le lecteur va suivre le parcours. Parmi elles, il y a Eugénie, coupable de parler avec les morts, que son odieux père a décidé de museler...

J'étais très dubitative en commençant ce livre, pour deux raisons : la première étant l'auteure ou plutôt sa maman, une chanteuse célèbre des années 80 ("encore une fille de...") et la seconde la crainte de relire "La salle de bal", qui aborde sensiblement le même sujet, mais en Irlande, et qui m'avait moyennement emballée.

Bon, Comète et ses préjugés. J'ai dû les mettre sous le tapis (avec plaisir, je vous rassure, j'aime avoir tort) car voilà un livre que j'ai aimé, dont la plume légère, fluide, agréable, de bonne tenue, m'a surprise et dont le contenu m'a paru très intéressant. Les personnages féminins sont suffisamment bien campés et crédibles pour qu'on s'y attache, le romanesque que je redoutais ( le point noir de la "Salle de bal", selon moi : plus je vieillis plus je recule devant les histoires cucul) est assez bien contourné, et l'univers de l'hôpital, sans être extrêmement creusé, donne un cadre plutôt bien décrit.

Alors, pour nuancer, je n'ai pas trouvé que "Le bal des folles" était terrible, puissant, écrit au scalpel" comme le vend la quatrième de couverture, il y manque justement de la puissance et le coup de scalpel qui emporteraient tout et laisseraient une trace dans la mémoire du lecteur. Je ne suis pas sûre d'en garder longtemps le souvenir mais il s'agit d'un bon premier roman, soigné, addictif, dont je recommande la lecture pour passer un très agréable moment. Ce qui, en ces temps obscurs, est  tout de même essentiel, n'est-ce-pas?

"Messieurs, bonjour. Merci d’être présents. Le cours qui va suivre est une démonstration d’hypnose sur une patiente atteinte d’hystérie sévère. Elle a seize ans. Depuis qu’elle est à la Salpêtrière, en trois ans nous avons recensé chez elle plus de deux cents attaques d’hystérie. La mise sous hypnose va nous permettre de recréer ces crises et d’en étudier les symptômes. À leur tour, ces symptômes nous en apprendront plus sur le processus physiologique de l’hystérie. C’est grâce à des patientes comme Louise que la médecine et la science peuvent avancer".

 

Une lecture proposée par les 68 premières fois :)

        

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01 décembre 2019

Gourmandises du dimanche- Porc au caramel

 

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Des saveurs asiatiques ce midi dans ma cuisine ;)

Ce sauté de porc au caramel m'a été inspiré par mon amie Ninie et aussi par un petit livre délicieux qu'elle m'a gentiment offert : "# SOS Recettes" de Catherine Roig, un livre qui ne me quitte pas, tant les recettes sont faciles à réaliser et gourmandes.

Alors, ce petit porc au caramel est tout simple mais aussi bon (oui je l'affirme !) que dans un restaurant asiatique ! Pour le réussir, il faut veiller à couper le porc en dés (pas en cubes, c'est trop gros et ça n'aura pas le temps de cuire) et à surveiller la caramélisation qui doit être ... juste comme il faut, ni trop ni trop peu ... Et la sauce aussi, ni trop épaisse, ni pas assez...

A part ces petites précautions (un peu subjectives, je vous l'accorde) aucun obstacle. Les ingrédients sont faciles à trouver (gingembre, porc, oignons, ail) donc on se lance !

Il faut :

800g d'échine de porc en dés

70g de sucre (blond pour moi)

1 oignon, 2 gousses d'ail

huile neutre (2 c à soupe)

gingembre râpé (en poudre pour moi : 1 c à soupe)

25 cl de bouillon de volaille

sel poivre

Dans une sauteuse, faites revenir l'oignon et l'ail hachés dans l'huile, ajoutez le sucre, faites caraméliser (j'ai jugé que lorsque ça devenait un peu épais, sans brunir, c'était bon) ajoutez le porc, le gingembre, le sel et le poivre, mélangez et laissez revenir 5 minutes. Ensuite ajoutez peu à peu le bouillon de volaille et laissez cuire 20 minutes jusqu'à ce que la sauce épaississe.

Servez avec du riz blanc et de l'oignon blanc (ciboule) ciselé sur le dessus.

 Encore merci Ninie ! :)

Les recettes des copines sont à retrouver chez Syl, comme d'hab'

 

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24 novembre 2019

Une fille sans histoire- Constance Rivière

 

"Adèle sentit immédiatement, instinctivement, sans y avoir réfléchi, qu'elle pourrait trouver dans ce drame où elle avait été projetée presque par hasard, en tout cas par une force qui lui avait échappé, une raison d'être, une densité, une consistance"

 

 

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Le 13 novembre 2015, une série d'attaques simultanées est perpétrée à Paris et à Saint-Denis : la salle de spectacle du Bataclan, où se produit le groupe de rock Eagles of the Death Metal est prise d'assaut par des djihadistes qui tirent en rafale sur les spectateurs, faisant une centaine de morts et des dizaines de blessés. Adèle, une jeune femme solitaire, habite non loin du lieu de l'attentat. A la télévision, elle reconnaît parmi les victimes un certain Matteo, jeune artiste qu'elle a croisé dans le bar où elle travaille. Elle prétend être sa petite amie et devient ainsi une fausse victime collatérale... bientôt sous le feu des projecteurs.

Voilà un roman dont la trame originale, l'écriture fluide et sûre, m'ont totalement séduite. Il s'agit d'un roman choral (pourtant je suis réticente à cette construction dont je me suis lassée parce que tout le monde fait du roman choral, avec plus ou moins de bonheur) qui offre les points de vue de Francesca, la mère de Matteo, d'emblée méfiante lorsqu'elle fait la connaissance d'Adèle, de Saïd, troublé par la personnalité de la jeune femme et par son engagement auprès des victimes des attentats... Adèle, qui passe soudain de l'ombre à la lumière médiatique, est narrée à la troisième personne. Son portrait, d'une belle finesse psychologique, plonge le lecteur dans des sentiments contradictoires, entre pitié et répugnance... Personnage étrange, touchant et haïssable que cette Adèle dont la souffrance jusque là muette fait soudain écho à celle des victimes du terrorisme, dont elle devient le porte-parole... 

Ce premier roman est vraiment très bon, Constance Rivière un écrivain prometteur. J'ai toutefois regretté que le récit commence par la fin, cédant à la tendance du "je dis tout tout de suite et je reviens en arrière", même si le sort d'Adèle, enferrée dans un mensonge de plus en plus criant, est scellé dès le départ. La tension psychologique qui va crescendo n'avait, me semble-t-il, pas besoin d'être tuée dans l'oeuf par une conclusion révélée dès les premières pages.

 

"Elle n'arrivait plus à distinguer le vrai du faux, elle ne savait plus si la vérité, c'était le vécu des autres ou ses mots à elle, ce qui s’était vraiment passé cette nuit-là et ces dernières semaines ou ce qu’elle avait raconté, avec tant de détails, odeurs et couleurs comprises, elle devait choisir, en fait elle avait déjà choisi, les mots étaient sortis avant qu’elle ait eu le temps d’y réfléchir, mentir cela voudrait dire revenir sur son histoire"

 

Un livre des 68 première fois et j'ose le dire, un de mes favoris.

         

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10 novembre 2019

Gourmandises du dimanche- spaghetti à la sauce bolognaise... de lentilles :)

 

 

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A ceux qui me diront " rien ne vaut un steak" je répondrai "c'est tout à fait vrai". Mais depuis quelques mois, je fais tout de même de gros efforts, et ma famille aussi, pour consommer moins de viande. Jamais je ne la supprimerai totalement de mon alimentation, elle fait partie des grands plaisirs de ma vie de gourmande, mais je vous assure qu'il est tout à fait possible, lorsqu'on aime cuisiner et tester des choses, de trouver des alternatives sympa. Mon régime carnivore en a pris un coup :)

Cette sauce bolognaise aux lentilles est une merveilleuse surprise. Trouvée chez Pascale Weeks, elle est saine, très gourmande et bien sûr, totalement sans viande.

J'ai préparé ma sauce avec quelques adaptations à la recette de Pascale et nous l'avons mangée avec des spaghetti, c'était génial.

Pour un bonne quantité de sauce (j'en ai congelé une partie) il faut (entre parenthèses mes variations à la recette initiale, en quantité notamment):

 

  • 175 g de lentilles blondes (130 g d'un mix de lentilles bio)
  • 1 oignon
  • 1 carotte
  • 1 branche de céleri (pas mise)
  • 800 g de pulpe de tomates bio  (400g seulement pour moi, allongée d'un peu d'eau et parfumée au basilic : je me suis trompée en faisant mes courses, je voulais de la pulpe nature, mais finalement c'était excellent)
  • Huile d'olive
  • Cube de bouillon
  • Sel et poivre du moulin

 Faites revenir l'oignon émincé et la carotte en petit dés dans de l'huile d'olive, pendant environ 5 minutes. Ajoutez les lentilles bien rincées, remuez bien. Versez du bouillon pour recouvrir les lentilles. Laissez le tout cuire gentiment, après ébullition, pendant 15-20 minutes. Ensuite, lorsque les lentilles sont cuites mais pas en purée, égouttez-les (je ne l'ai pas fait). Ajoutez à la préparation le bocal de pulpe de tomates, un peu d'eau si besoin, et laissez mijoter doucement à couvert, environ 10 minutes, le temps de faire cuire vos pâtes.

Lorsque les pâtes sont al dente, égouttez-les et mêlez-les à la sauce aux lentilles. Servez avec du parmesan. Vous serez ravis, comme moi, de constater à quel point c'est bon !!

Les marmitonnes ont bien travaillé. C'est ici comme toujours que ça se passe :)

                  

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08 novembre 2019

Mon ancêtre Poisson- Christine Montalbetti

  

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   "Les membres d'une famille ne sont pas des petits pois qui poussent pour toujours sur une même rangée"

                                                             

Christine Montalbetti a entrepris des recherches sur un dénommé Jules Poisson. Cet homme à l'existence bien remplie, remarquable par sa passion des plantes dont il fit un métier (il fut jardinier, puis botaniste), vécut le siège de Paris en 1870 et mourut un an après la fin de la première guerre mondiale. Jules n'était autre que l'arrière arrière grand-père de l'écrivain, dont le nom fait d'autant plus sens que l'hommme descendrait, semble-t-il, du poisson...

C'est d'ailleurs par la rencontre de Christine Montalbetti avec un mérou que démarre cet étrange roman, car il s'agit bien d'un roman... biographique, si l'on peut dire, où l'auteure tente de combler les trous d'une vie qui demeure bien lointaine, d'en percer les mystères, documents à l'appui : archives, photos de famille, lettres, articles que Jules aurait rédigés pour des revues scientifiques. Et comme tout cela reste très insuffisant pour comprendre qui était réellement Jules Poisson, Christine Montalbetti balaie les zones de flou en redevenant romancière : ce qu'elle ne sait pas, elle le suppose, le devine, l'invente, le rêve. Elle interpelle le lecteur, en fait son complice, multipliant les parenthèses malicieuses, et établit un lien de plus en plus intime avec ce Jules, qu'elle n'a pas connu. Elle lui parle avec affection, partage avec lui le résultat de ses recherches, s'interroge, l'interroge. C'est drôle et touchant. Grave aussi ( la fin du livre surprend...)

Au final, on ne saura pas grand chose de Jules Poisson. Il aimait les plantes et les bestioles, il a été marié à Sophie, (Montalbetti dit "ta Sophie", j'adore) il a eu des enfants, dont un fils Eugène, disparu trop tôt. Et d'autres petites choses, pas très passionnantes, pour tout avouer. Ce n'est pas grave, on n'a pas besoin d'en savoir plus, ni de sauter au plafond toutes les deux pages en découvrant les exploits de Jules. Il était sans doute un homme parmi d'autres. 

Ce qui est intéressant, davantage que les faits d'armes du sieur Poisson, c'est tout le travail de broderie que Montalbetti crée autour de son personnage, cette divagation biographique qui donne lieu à de superbes moments d'écriture (les passages sur la guerre, notamment, sont époustouflants). C'est peu dire que Christine Montalbetti écrit bien : ses longues phrases poétiques et tendres, ponctuées de virgules (on perd parfois le fil alors on relit, on ne se prive pas de relire à voix haute, le texte s'y prête merveilleusement) son élégance et son humour subtil, sa puissance d'évocation, sont un régal. On n'a pas simplement affaire à une auteure qui vient nous conter platement ses aïeux (c'est tendance et je trouve ça un peu lassant: mais qu'ont-ils tous à nous raconter leur papa, maman, papi et mamie, tonton et tata, inventez des histoires plutôt...). Le travail d'écriture et l'imagination en roue libre sont bien à l'oeuvre.

Cela m'a largement suffi pour aimer ce roman, le conseiller, et avoir envie de tenter d'autres livres de l'auteure. (découverte grâce à son récent passage à "La Grande Librairie", on est en 2019 ma pauvre dame...)

   "Tout ce que la phrase de roman draine et ne cesse de réinventer pour le transformer en une fête bizarre. Car est-ce que ce n'est pas ça, la lecture, une fête bizarre, la célébration étonnée des sentiments divers qui nous traversent, et qui ne sont pas tous heureux, loin de là? Et le moment de l'écriture aussi, fête bizarre, car à sa façon la phrase, au moment où elle prend vie, en même temps la donne, elle a ce pouvoir de produire des mondes, elle procure cette joie puissante."

 

 

 

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02 novembre 2019

Les silences sauvages- Karin Serres

 

COuverture_20-_20les_20silences_20sauvages0"Quand Jeanne se lève pour aller aux toilettes, elle glisse les deux tranches de pain de la corbeille dans son sac à main, pour demain matin."

 Je traverse une phase pénible de lectures décevantes que je peine à finir, quand je ne les abandonne pas avant la fin. Ça m'énerve. Ça m'énerve tellement que je me suis dit "ok il faut arrêter de lire ".

Non, je blague. Jamais je n'arrêterai de lire ou alors j'arrête de respirer. Mais tout de même, il a fallu Aifelle et son beau billet sur les Silences sauvages de Karin Serres pour relancer la machine.

 Ces trois longues nouvelles, qualifiées de romans par Karin Serres (ne pas zapper l'intéressante postface qui éclaire le lecteur sur le travail de cette auteure étonnante) sont de toute beauté. Elles mettent en scène des femmes, secrètes, sauvages, silencieuses, un peu perdues dans un monde devenu inintelligible car violent, où la beauté reste malgré tout présente et laisse un infime espoir : la nature, l'eau, les animaux, salvateurs, sont au premier plan de ces histoires pourtant bien sombres, à l'exception peut-être de la troisième ("Limule").

   Dans "Sirène", une femme, détruite par la perte de celui qu'elle aime, tente de se reconstruire. Elle est sur le point d'y parvenir quand le monde s'écroule à nouveau mais...

Dans la seconde nouvelle, l'héroïne, magnifique personnage sacrificiel, vit dans le dénuement avec pour seul compagnon le chien de sa grand-mère malade, et fait tout pour sauver les apparences : son combat pour survivre et cacher sa misère est permanent. Quant à la troisième héroïne, elle doit prendre une décision cruciale. En voyage professionnel aux Etats Unis, elle croise d'étranges créatures au bord de l'océan qui l'aideront peut-être à faire un choix.

Ces trois textes m'ont passionnée, avec une préférence cependant pour le deuxième, intitulé "Chien". Sincèrement, je n'ai pas lu une nouvelle aussi puissante depuis bien longtemps. Une situation qui brise le coeur, illustrée par une foule de détails, comme autant de stratégies mises en place par le personnage qui s'acharne à "faire comme si". Bouleversant.

Je connais très peu Karin Serres : "Monde sans oiseaux", lu il y a longtemps, ne m'a laissé aucun souvenir (je devais être mal lunée et je vais le relire de ce pas...). Je suis bluffée par la beauté de son écriture poétique, par l'atmosphère qui se dégage de ces nouvelles, à la lisière de l'étrange, tout juste à la marge de l'iréel, tout en offrant la vision du monde d'aujourd'hui dans toute sa brutalité crue. Ses beaux personnages féminins suscitent une empathie immédiate et laissent une trace dans la mémoire du lecteur, en tout cas dans la mienne, c'est sûr.

Merci, ma chère Aifelle, de m'avoir sortie de cette mauvaise passe grâce à cette magnifique découverte :)

 "L'absence de couleurs dans cette ville la repose, le ciel perpétuellement plombé la rassure, tout comme la pluie quasi quotidienne, le froid, le brouillard des matins et soirs : rien ne lui rappelle sa vie d'avant."

 

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01 novembre 2019

A crier dans les ruines- Alexandra Koszelyk

 

 

CVT_A-Crier-Dans-les-Ruines_9329"De nous deux, c'est moi la morte. J'ai oublié d'où je venais, comment pourrais-je savoir où aller?"

 

 

En 1986, quelque part en Ukraine, Léna et Ivan ont construit un lien d'amitié exceptionnel. Ils partagent tout, ne font qu'un, on ne peut les imaginer l'un sans l'autre. La terrible catastrophe de Tchernobyl, le 26 avril de cette même année, va hélas tout bouleverser et séparer brutalement les deux adolescents : Léna fuit avec sa famille vers la France tandis qu'Ivan est contraint de rester sur place. Ils ne cessent penser l'un à l'autre pendant de longues années, tout en tentant de se reconstruire : Léna réussit brillamment son intégration, devient enseignante, rencontre un homme qui s'appelle lui aussi Yvan mais Tchernobyl et son ami  -amour-d'enfance, qu'elle croie mort, continuent de la hanter. Quant à Ivan, il a survécu et écrit sans cesse à Léna, espérant son retour, sans jamais poster ses lettres...

II est très délicat d'évoquer le premier roman d'Alexandra Koszelvyk encensé par la blogosphère, blogueuse elle-même, sans rejoindre le concert de louanges dont il fait l'objet. Je dois cependant me situer à contre-courant de l'enthousiasme général si je veux être sincère.

Je ne suis ni amatrice de romance ni férue de littérature jeunesse. Sans aucune volonté de dénigrer l'une et l'autre, les deux réunies m'ennuient très vite. " A crier dans les ruines", malgré l'érudition de l'auteure me semble destiné à un public adolescent, ce que clairement je ne suis plus, et raconte une mignonne histoire d'amour entre deux jeunes, certes contextualisé pour lui donner du corps, mais qui m'a laissé totalement en dehors.

Ca n'était pourtant pas si mal parti : le roman démarre avec l'arrivée de Léna, devenue adulte, sur les lieux de la catastrophe. Un retour aux sources assez intrigant. L'émotion et la tension sont palpables : sur place la nature a repris ses droits depuis l'incendie, mais Tchernobyl reste encore et toujours la zone de tous les dangers. C'est ensuite-assez vite- que ma lecture se gâte et que je me lasse : l'écriture trop travaillée avec métaphores en abondance souvent maladroites, mythes et légendes à profusion, références littéraires à n'en plus pouvoir, finit par m'agacer, tout comme le romantisme échevelé des deux héros qui me fait définitivement décrocher. Le mieux étant l'ennemi du bien, j'aurais aimé plus de simplicité et moins d'effets stylistiques, moins de démonstration, de volonté de bien faire, de bien écrire, davantage d'émotions et de non-dits. L'ensemble est trop chargé, trop explicite, trop ... littéraire.

On sent que l'auteure a mis beaucoup d'elle-même dans ce premier roman et je lui souhaite sincèrement de réussir, après tout il ne s'agit là que de mon opinion, mais comme disent les frères Dupondt, "je la partage" :)

"Au mot exil s'accole le mot "valise". Celle qu'on porte, qu'on traîne le plus précieux des biens. La valise est une maison miniature. La famille de Léna n'emportait rien."

 

Un livre de la sélection des "68 premières fois" :)

         

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28 octobre 2019

La chaleur- Victor Jestin

 

 

 

Victor-JESTIN-La-chaleur-Flammarion-141x220 "Oscar est mort parce que je l'ai regardé mourir, sans bouger"

 

Léo, un adolescent désoeuvré et mal dans sa peau, traîne son mal-être au camping où il passe des vacances en famille. il assiste à la mort d'Oscar, un copain, étranglé avec des cordes de balançoire, sans lever le petit doigt pour lui porter secours. Tout de même, il se décide à dissimuler le corps sous le sable. Au cours des heures qui vont suivre, Léo va trouver l'amour, se battre (un peu) avec sa conscience, avoir très très chaud, dans tous les sens du terme...

Premier roman, quelques défauts, des invraisemblances (Léo, avec ses seuls petits bras musclés, va transporter le cadavre de son camarade après avoir assisté sans broncher à son agonie, l'enterrer, continuer sa vie -presque- comme si de rien n'était. J'ai du mal à y croire...), une histoire d'amour et de sexe qui tombe un peu comme un cheveu sur la soupe, au beau milieu d'une disparition qui finalement secoue à peine le camping et le personnage principal lui-même...

Le remords et la culpabilité n'étouffent pas vraiment Léo, c'est le moins qu'on puisse dire, plus préoccupé qu'il est par la jeune fille convoitée et le malaise lié à ce camping où il ne se sent pas à sa place. Dommage, car la scène d'ouverture du livre, impressionnante, laisse présager une tension dramatique que je n'ai pas vraiment retrouvée par la suite. Les questionnements relatifs à l'adolescence, certes bien décrits, prennent le pas sur l'intrigue qu'on attend (que moi j'attends...) : le poids de la mort d'Oscar, l'inertie coupable de Léo pèsent peu finalement face au désir et au sexe, au camping dont l'ambiance est poisseuse et que Léo observe sans la moindre indulgence.

Et pourtant, pourtant... le livre est bon : l'écriture est habile, précise, les phrases courtes souvent percutantes, l'atmosphère (chaleur étouffante, nerfs à vif, désir moite, bonne humeur factice des campings... ) bien rendue. Il a quelque chose, ce roman, qui fait que malgré les défauts cités plus haut, on ne peut le lâcher jusqu'à la fin. Victor Jestin a une vraie pâte et je lirai certainement son second roman. Celui-ci est un objet curieux, à la fois décevant et fascinant, prometteur, malgré ces réserves.

 

"On ne dormait jamais beaucoup ici. On se couchait tard, puis on se levait aux premières lueurs pour partir avec les autres, en rangs bien serrés vers la joie."

 

Ce livre voyageur fait partie de la sélection des 68 premières fois :)

        

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24 octobre 2019

Gourmandises du jeudi- tarte fine aux poires

 

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Je ne suis pas peu fière de cette tarte aux poires !  Elle était très bonne en plus d'être jolie :) Je n'ai pas envie d'attendre dimanche pour la publier, alors je le fais aujourd'hui !

La prochaine fois, je ferai la pâte moi-même, elle ne sera pas feuilletée mais tant pis. La pâte feuilletée ne faisant pas partie de mes attributions culinaires, elle sera brisée et pi c'est tout. En effet, j'aurais dû me rappeler que Bio ne veut pas dire bon... La pâte feuilletée utilisée pour cette tarte, issue du commerce, était certes biologique mais manquait cruellement d'un ingrédient essentiel : le beurre. Pour un joli dessert comme cela, on prend du pur beurre ou alors on fait sa propre pâte. Avec du beurre. Le beurre, c'est la vie.

Vous vous rappelez, en 2017, lorsque le beurre avait disparu momentanément des rayons ? Un seul beurre vous manque et tout est dépeuplé... 

Chassons ce souvenir douloureux et revenons à la tarte. La recette est celle d'Edda, du blog Un déjeuner de soleil. J'ai pris soin comme elle de découper mes poires avec soin, sans ôter la peau (Edda dit que cela donne de la tenue aux fruits et elle a raison) de les plonger dans un bain d'eau citronnée pour éviter l'oxydation et de les disposer gentiment sur une compote de poires que j'ai préparée la veille (sans cannelle mais avec une pointe de 4 épices et une cuillère de cristaux d'huiles essentielles d'agrumes, ce petit truc en plus qui donne du peps à la poire si douce).

Ingrédients

  • 1 pâte feuilletée du commerce pur beurre (230 g) ou maison
  • 4 poires moyennes (conférence, william…) pas trop mûres (5 pour moi, elles étaient un peu petites)
  • 6 c. à soupe compote de poires ou de pommes (poires pour moi)
  • 40 g beurre fondu (20 g pour moi)
  • sirop érable
  • cannelle en poudre (pas mise, j'ai utilisé des cristaux d'huiles essentielles aux agrumes)

 

  1. Préchauffez le four à 180°C (chaleur tournante).

  2. Lavez les poires, coupez-les en quartiers puis en tranches (retirez les pépins mais pas la peau : enfin si vous préférez tout de même l'enlever, il ne vous sera pas fait de procès).

  3. Coupez la pâte feuilletée avec un cercle de 20 cm (pas fait, j'ai juste étalé ma pâte prête à dérouler). Posez le tout sur une plaque recouverte de papier cuisson. Etalez dessus la compote de poires en fine couche. Posez dessus les poires et saupoudrez de cannelle. (pas pour moi)

  4. Badigeonnez la surface de beurre fondu et verser un filet de sirop d'érable. (au pinceau pour moi)

  5. Enfournez plutôt dans le bas du four, pendant 30 à 40 min jusqu'à ce que la pâte dore. La sortir et versez encore un peu de sirop d'érable avec de servir (pas fait, mes poires étaient assez sucrées)

     

                          

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    Chez Syl, les marmitonnes ne travaillent pas, on n'est pas dimanche :)

    Retrouvez toutes les recettes ici dans quelques jours

                                         

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