Aux Bouquins Garnis

15 janvier 2017

Gourmandises du dimanche- Galette des rois poires-chocolat

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Malgré mon ratage de la semaine dernière, j'ai voulu récidiver avec cette fois-ci une galette feuilletée :) C'est moins risqué me direz-vous, surtout quand la pâte est une pâte du commerce. oui j'essayerai un jour de la faire moi-même c'est comme dans la chanson un jour mon prince viendra un jour je ferai ma  pâte feuilletée à moi un jour et on s'aimera ma pâte et moi pour faire simple c'est pas demain la veille N'empêche que la garniture se doit d'être bonne, ce qui était le cas, à mon grand plaisir, et j'espère à celui de mes deux amies venues partager le goûter ce mercredi.

Pour ma part, je n'ai aucun problème avec la frangipane qui en fait grimacer certains, je l'adore même. J'aime les amandes, le rhum... Mais j'ai quand même eu envie d'innover et j'ai tenté une galette poires-chocolat, celle de ma copine Virginie, celle qui déchire tout ! (la copine et la galette...)

Un délice mes enfants ! 

Pour réaliser cette galette, il vous faut :

- 2 rouleaux de pâte feuilletée (marque H...a pour moi)
- 2 poires (3 petites Williams pour moi)
- 60g de chocolat noir
- 175g de poudre d'amandes (un sachet d'amandes mondées de 150g pour moi, mixées grossièrement dans mon appareil magique le Turbo T de la marque machin, j'aime quand il reste des petits bouts d'amandes )
- 80g de beurre mou + 1 noix de beurre
- 3 oeufs (2+1 jaune)
- 100g de sucre en poudre + 1 cuillère à soupe rase de sucre 
- 1 fève + 1 couronne

Préchauffez le four à 180°C.

Pelez les poires. Coupez-les en 4, recoupez-les en lamelles larges et épaisses dans la longueur.

Mettez le beurre à fondre dans la poêle. Disposez les morceaux de poires les uns à côté des autres. Saupoudrez de sucre et laissez caraméliser légèrement à feu doux. Ninie recommande de ne pas les retourner pour ne pas les casser, mais moi je n'ai pas pu résister au plaisir de les mettre à l'envers, à l'endroit, à l'envers... Avec délicatesse (une fois n'est pas coutume, j'ai laissé de côté ma truelle et mon marteau piqueur) les poires ont tenu bon. Et étaient toutes dorées ensuite.

Pendant ce temps, mélangez au robot le beurre mou et le sucre. Ensuite, Ajoutez les 2 oeufs puis la poudre d'amandes et enfin le chocolat fondu (au micro-ondes, en plusieurs fois)

Déroulez un premier disque de pâte sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Répartissez la crème choco amandes loin du pourtour. Disposez les tranches de poires et la fève. Mouillez les bords avec de l'eau avant de déposer le deuxième disque de pâte. Repliez légèrement la pâte du bord vers le centre et appuyez avec le dos d'une fourchette pour bien souder la galette.

Badigeonnez avec le jaune d'oeuf restant mélangé avec un peu de lait. J'ai fait quelques rayures pour décorer et j'ai mis ma galette au frais 30 minutes, j'ai lu que c'était le secret d'un feuilletage bien gonflé. Le fait est qu'elle a pris du volume à la cuisson.

Faites un petit trou au centre pour laisser la vapeur s'échapper, repassez un coup de jaune d'oeuf lait et hop au four, pendant environ 30 minutes, en surveillant pour qu'elle dore et ne brûle pas. 

Chouette, chouette chouette ! Le mélange poires-chocolat qui a déjà fait ses preuves sort de nouveau gagnant de la compétition et me permet de redorer mon blason de patissière émérite sévèrement écorné depuis la semaine dernière avec une brioche imbouffable et tue-l'amour 

Allons voir chez Syl les recettes des copines : on repart avec joie pour une année de gourmandises !

                  

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14 janvier 2017

California Dreamin'- Pénélope Bagieu

                                                                 

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"Il y a un truc très déstabilisant chez cette gosse.
Elle a cette espèce d'immense corps encombrant dont elle ne sait pas quoi faire.
Et puis...
Tout à coup 
il n'y a plus de corps, 
il n'y a que cette présence.
Et puis cette voix ! Cette voix !"

 Ellen Cohen a grandi à Baltimore, dans une famille d'épiciers juifs où la musique tient sa place. Maman donne de la voix et Papa est féru d'opéra. Ellen quant à elle, sera chanteuse. Elle a une voix en or et une personnalité débordante, un charisme surprenant et un corps tout en rondeurs. Elle n'est certes pas un canon de beauté mais quel talent ! C'est une partie de sa vie, entre pas mal de rires et  aussi beaucoup de larmes ( Ellen est désespérement amoureuse de Denny  qui ne partage visiblement pas ses sentiments... ) que Pénélope Bagieu entreprend de raconter, à grands coups de crayon expressif. Le succès d'Ellen, devenue Cass, star dans les années 60 du quatuor " The Mamas and the Papas" sera éclatant, à l'image de cette BD biographique pleine d'allant.

Cet album tout de noir et blanc est vraiment une réussite, surtout dans sa première partie. L'enfance d'Ellen, l'adoration qu'elle voue à son père, son amour précoce de la musique, la naissance de sa soeur et plus tard de son frère, sans doute à l'origine de sa prise de poids, tout cela est sympathique et  fort réjouissant. Chaque chapitre adopte le point de vue d'un personnage qui déroule l'histoire d'Ellen et là aussi, chapeau pour l'originalité du mode de narration : de la petite soeur Leah à Lou le producteur, tous ceux qui ont joué un rôle dans la vie de la chanteuse interviennent pour raconter" leur" Cass. 

Si la seconde partie m'a un peu moins emballée que la première et la fin laissée sur ma faim (il y aura peut-être une suite?) j'ai lu l'ensemble avec  un grand plaisir, petit bout par petit bout, découvrant grâce à Pénelope Bagieu une artiste incroyable de générosité et de talent, dont j'ignorais l'existence, tout en connaissant la plupart de ses tubes.(répertoriés à la fin de l'album) Pendant une semaine, ce fut mon petit moment de lecture bonheur (entre deux ou trois choses plus sérieuses...) avant le dodo. Merci !

                                                           

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08 janvier 2017

Histoire d'une brioche toute plate :)

Pas de recette aujourd'hui, ma brioche des rois est plate comme une limande et pas très bonne... il s'est passé un truc mais je ne sais pas quoi. Bon, à oublier ! une autre recette la semaine prochaine ! :)
Bon dimanche à tous les gastronomes ! (ne passez pas chez moi cet après-midi vous seriez surpris, allez plutôt faire un tour chez Jérôme (sur Facebook), il sait faire les galettes, lui ! :))

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07 janvier 2017

La légèreté- Catherine Meurisse

 

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A compter de janvier 2017, je répondrai aux commentaires ici-même :) ça me donnera l'impression d'en avoir plus :))))

"Marre des gens de passage, je veux de l'immuable, que plus rien ne passe ni s'effondre"

Il y a deux ans, jour pour jour, Catherine Meurisse, journaliste de presse à Charlie Hebdo, rumine un chagrin d'amour dans son lit, loupe son bus et arrive en retard au boulot.... ce qui lui vaudra d'échapper au massacre de l'équipe de rédaction du journal par les frères terroristes Kouachi.

Saine et sauve mais terriblement traumatisée, Catherine n'a plus goût à rien. La mémoire lui fait défaut, elle perd l'inspiration, tout l'indiffère ou lui rappelle le drame du 7 janvier. Le soutien de son psychiatre, de ses amis, dont Sigolène Vison, rescapée du carnage, et la fille du dessinateur assassiné Honoré, l'amènent à chercher une échappatoire, après de longs mois de souffrance : le retour à la vie se fera à la manière de Stendhal, du moins le croit-elle. L'écrivain est à l'origine du fameux syndrôme: la beauté de toute part, qui éloigne la barbarie et provoque le malaise (l'extase?)... Mais où trouver la beauté dans un monde qui semble s'écrouler? Dans les musées, grâce à la musique, à la poésie (aaah, les mots de Baudelaire...) parmi les ruines antiques, à la Villa Médicis...

Le jour de publication de ce billet n'est naturellement pas un hasard, la lecture de cet album si. Je suis tombée dessus à la bibliothèque et suis revenue sur mes pas après un autre emprunt. Je ne le regrette pas et l'ai même lu deux fois. Beaucoup d'humour au milieu des larmes, (l'esprit Charlie demeure, Catherine est victime de "déformation professionnelle" et nous fait sourire lorsqu'elle croit voir un côlon géant dans une église), des dessins à la fois émouvants et marrants comme tout, ( si petite Catherine, perdue dans son grand manteau...) une table de rédaction reconstituée avec Cabu, Honoré, Tignous... qui émeut terriblement. De très belles et déchirantes doubles pages à l'aquarelle : Catherine traverse les murs, à l'appel du cri de Munch, se retrouve face à l'océan, retourne sur des lieux qui lui sont chers, admire des tableaux... Et retrouvera au bout du chemin une certaine légèreté. Car selon Nietzsche" nous avons l'art pour ne pas mourir de la vérité". 

Un magnifique album que celui-ci. Une lecture indispensable pour ne pas oublier.

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06 janvier 2017

Etats d'esprit du vendredi :)

 

 

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                                                            image Pixabay libre de droit

 

 A compter de janvier 2017, je répondrai aux commentaires ici-même :) ça me donnera l'impression d'en avoir plus :))))

Premiers Etats d'esprit de 2017, toujours sous la présidence de Zenopia et The Postman :) !
Fatigue :  sommeil sommeil sommeil... j'ai été piquée par la mouche Tsé tsé, on dirait... où est mon lit?
Humeur : bonne, demain après-midi je prépare une galette :)

Estomac : les fêtes sont passées, et revoilà la galette... mon estomac dit non , mais mon cerveau dit ouiii... C'est le cerveau qui commande. C'est lui le plus fort. CQFD

Condition physique : ça va. Plus de maux de gorge, plus de rhume, tout roule.

Esprit : en mode littéraire : envie de lire de façon boulimique, liseuse dans mon sac, roman papier aussi, Bd sur ma table de chevet... Lire lire lire

Boulot : calme depuis la rentrée, ça repose des turbulences d'avant les vacances... enfin, se méfier de l'eau qui dort. Elle ne dort jamais longtemps.

Culture : C'est quoi le nouveau trip de "La Grande Librairie"? Inviter des people comme chez Drucker? Dis donc François... Et la rentrée littéraire de janvier? Et les écrivains? Ils vont aller chez Drucker? Vous avez fait un échange?

Penser à : poster le calendrier pour papa et maman, acheter des chocolats pour les filles de la crèche

Avis perso :c'est bon la galette :) frangipane for ever

Message perso : message à mon fiston d'amour : un nouveau petit livre t'attend ce soir mon Trésor :))

Loulou : un nouveau livre l'attend ce soir, j'ai hâte de le lui faire découvrir. Il adore les histoires en ce moment, et moi je me régale. Dernier bouquin en date : "les orteils n'ont pas de nom" :)))Le kiff. A découvert Cyril Lignac et l'a baptisé "Kikac". (y'a toujours des magazines de cuisine qui traînent chez moi, c'est pour ça. Les "Kikac" sont disséminés un peu partout.)

Amitié : avec la Pousse, on a plein de projets littéraires :) la littérature c'est la vie !

Love : adore sa nouvelle montre hyper connectée 

Divers : j'aime beaucoup mon nouveau vernis à ongles bleu canard, assorti à mon pull.

Courses : pâte feuilletée si je fais une galette classique... Peut-être que j'opterai pour une bonne couronne briochée, histoire de changer. On verra :)

Sortie : rien de spécial, il fait froid. On va manger la galette chez beau-papa et belle- maman.

Envie de : être dans ma cuisine au chaud en train de préparer ma galette, avec un petit podcast en fond.  

zic : Une  merveilleuse chanson de Véronique Sanson. Enjoy et bon vendredi !

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04 janvier 2017

L'Arabe du futur tome 2- Riad Sattouf

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A compter de janvier 2017, je répondrai aux commentaires ici-même :) ça me donnera l'impression d'en avoir plus :))))

 "Les filles ont apporté le plat dans le salon, et les hommes, mes parents et moi avons mangé. Maha et ses filles attendaient. C'étaient des tripes de mouton farcies de riz. Très bon.

- Ça me gêne de manger alors que ta soeur et ses filles nous regardent. Elles peuvent pas manger avec nous ?
- Pfff, mais c'est comme ça ici... C'est la vie... Et tu sais quoi ? Ça leur fait plaisir."

Notre petit Riad, six ans, toujours aussi mignon et blond, fait son entrée à l'école en Syrie. Un apprentissage à la dure, où la religion est omniprésente, où les enfants sont châtiés par une maîtresse redoutable et cyclothymique, pour tout et n'importe quoi, puis par un maître genre psychopathe, où ceux qui sentent mauvais sont humiliés et relégués au fond de la classe... On apprend aux petits écoliers la haine de l'autre (les juifs sont les ennemis qu'il faut combattre à tout prix), on découvre aussi, dans le cercle familial de la famille Sattouf, le poids des traditions en Syrie qui fait admettre l'impensable, à savoir le "crime d'honneur". 

Un nouveau pallier est franchie dans l'horreur, mais toujours avec le recul et l'humour qui caractérisent Riad Sattouf et font passer bien des choses... Le regard naïf du petit Riad est formidable, il observe, commente ce qu'il voit, ce qu'il vit. Rien ne lui échappe. 

Les caractères se dessinent dans ce tome 2 : maman, si pâlotte dans le premier tome, sort de ses gonds, ose se plaindre de ses conditions de vie, Papa continue de rêver et espère que ses fréquentations (le fameux général...) vont lui permettre d'accéder enfin à la réussite et à  la construction de "la grande villa"... Il est est difficile à suivre, le père de Riad : c'est un homme qui se dit moderne, mais qui par exemple, ne prend pas immédiatement la position qu'on attendrait lors du crime d'honneur qui secoue le clan. Son hésitation est surprenante. Vivre dans des conditions spartiates ne lui pose apparemment pas de problèmes, puisqu'il se nourrit exclusivement de son rêve d'une existence plus confortable. Anti-religieux, oui, mais la liberté qu'offre la France en matière de culte ne semble pas le séduire plus que cela, et il ne se prive d'ailleurs pas de quelques critiques acerbes envers le pays de sa femme. Les français sont trop gâtés, ils en veulent toujours plus... C'est un personnage très intéressant, cet Abdel, et ce qui l'est encore davantage, ce sont les sentiments de Riad envers lui : teintés d'ambiguïté, là aussi. L'enfant veut à tout prix plaire à son père, se conformer à ce qu'il attend de lui ("je serai docteur comme papa") mais ses incohérences et ses faiblesses n'échappent en rien au petit garçon et sont livrés sans le moindre filtre. Dans ce volume, Riad découvre aussi la démocratie à la syrienne, (un seul candidat, 100% des voix... le bourrage de crâne commence à l'école !) et le dénuement, la pauvreté d'un pays où même les fruits sont rares (cf : l'épisode du jus multi-fruits transformé en simple jus d'oranges :

 " Un mangue-ananas et un fraise-banane, cousin !
- J'ai que orange, cousin.
- Et pourquoi sur ta carte tu mets tous ces choix ?
- C'est la publicité... Où tu veux que je trouve tous ces fruits...")

 Un très bel album que cet "Arabe du futur" 2. Je suis  absolument fan de cette série, du trait rigolo et efficace de Sattouf, de l'utilisation intelligente des couleurs, de cette façon géniale de commenter "hors champ", avec les petites flèches. J'aime j'aime j'aime. C'est excellent, vraiment. J'espère qu'il y aura encore beaucoup d'autres tomes. Je finissais tout à l'heure le troisième volet... (à suivre)

                                   

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02 janvier 2017

Un ano con Almodovar # 4 - Tout sur ma mère

 

 

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"Une femme est authentique quand elle ressemble le plus à ce qu’elle a rêvé d’être".

 

Manuela est infirmière. Elle élève seule Esteban, son fils de 17ans. ils sont tout l'un pour l'autre, même si le jeune garçon se pose bien des questions sur son père qu'il ne connaît pas. Le jour de son anniversaire, Manuela promet de tout lui révéler. Alors qu'ils sortent du théâtre, Esteban se fait renverser par une voiture. La mort tragique de son fils plonge Manuela dans le désespoir et la pousse à partir sur les traces de son ancien amour, le père d'Esteban...

Difficile d'écrire un billet sur "Tout sur ma mère" sans avoir l'impression de rabâcher tout ce qui a déjà été dit et redit. On a en effet beaucoup parlé de ce film, il a été analysé, commenté dans tous les sens car c'est une oeuvre majeure dans la filmographie d'Almodovar. Je ne prétends donc pas apporter ma pierre à l'édifice, tout au plus un modeste caillou :) 

"Tout sur ma mère" rassemble avec brio toutes les obsessions du réalisateur, obsessions qui de film en film finissent par tisser une large toile : le don d'organes déjà évoqué dans "La fleur de mon secret" dont l'héroïne Manuela est ici la coordinatrice, avec une similitude troublante des scènes d'annonce à la famille, (sans toutefois le côté burlesque de "La fleur...") la passion de l'art, de tous les arts, de l'écriture avec le carnet de notes d'Esteban, dans lequel il consigne ses rêves et son désarroi face au vide laissé par ce père inconnu, en passant par le cinéma et surtout le théâtre : incroyables mises en abyme de la pièce "Un tramway nommé désir" joué sur scène devant Manuela qui interpréta autrefois Stella (le passé lui revient comme un boomerang sur la scène et dans la vie...) mais aussi de "Noces de sang", de Federico Garcia Lorca, joué par Huma à la fin du film. "Tout sur ma mère" regorge d'allusions, de références aux propres films d'Almodovar et à d'autres oeuvres, cinématographiques ou littéraires, auxquelles il rend hommage. C'est un procédé récurrent chez le réalisateur. Son travail se nourrit de ce qu'il a lu, de ce qu'il a vu. Almodovar est un artiste passionné et éclairé.

Travestissement, désir d'être femme, maternité, celle de Manuela, celle de Soeur Rosa... être mère est une joie immense mais également une souffance : Almodovar n'a pas franchement la maternité sereine. Si l'amour est bien là, l'incompréhension demeure et fracture. Entre Manuela et Esteban plane un lourd secret, Rosa et sa mère ne parviennent pas non plus à se comprendre, la seconde qualifiant la première "d'extra-terrestre". L'espoir d'une maternité heureuse que le réalisateur tente de faire passer à la fin du film n'apparaît que par le biais d'un miracle peu crédible. Mais qui a dit que le cinéma devait forcément être aussi sombre que la vie? 

Sous le mélo totalement lacrymal, il y a heureusement la couleur, si vive et chère à Almodovar (mêmes les machines qui maintiennent le patient en vie ont des boutons colorés, c'est amusant) et derrière les larmes, une drôlerie délicieuse teintée d'ironie, (quel beau personnage, à la fois drôle et mélancolique, cet Agrado !) une drôlerie qui élève le film bien au dessus du mélo poussé à l'extrême, qui aurait pu tout faire capoter et rendre la chose irregardable. Tant de drames dans un seul film, faut du talent pour faire passer. 

"Tout sur ma mère" est avant tout une oeuvre sur la femme, POUR la femme. Toutes sont représentées, belles et complexes : Agrado et Lola, sexuées à outrance mais paradoxalement authentiques car fortes de leur féminité revendiquée, comme l'affirme haut et fort Agrado devant un public conquis, Manuela, mère passionnée et brisée par le destin (bouleversante Cecilia Roth en mater dolorosa), comédienne de talent comme Huma et amoureuse incarnée (au théâtre) ou réelle (amours compliquées qui finiront forcément mal car l'autre est dépendant...) . En regardant "Tout sur ma mère", on se demande d'ailleurs où est passé l'homme. Tellement discret après la disparition tragique du jeune Esteban, homme en devenir mais qui ne sera pas, qu'il n'apparaît qu'à la fin, atteint de la maladie d'Alzheimer... ou du SIDA et travesti en femme. 

Il y a tant de choses à dire sur ce beau film baroque, tout à la fois drame romantique, mélo comique... on passera largement sur les quelques coincidences un peu faciles et invraisemblances (les amitiés se nouent très vite au pays d'Almodovar, on ne se connaît pas, deux minutes plus tard, on est liés pour la vie) pour en apprécier toute la beauté. Moins vénéneux que "La Mauvaise Education" (qui reste à ce jour mon préféré), il mélange somptueusement les genres. Les comédiens qui le portent sont magnifiques. "Tout sur ma mère" est à voir absolument !

 

Ma copine et partenaire Pousse de Ginkgo en parle sur son blog.

Le mois prochain, on regarde "Etreintes brisées". Rejoignez-nous si le coeur vous en dit :)

Le programme du challenge est ici

                             

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01 janvier 2017

Gourmandises du dimanche- bûche coco chocolat coulis de framboises

Une nouvelle année commence et les festivités sont derrière nous... Je ne peux pas cependant pas résister au plaisir de vous présenter ma bûche du 31, celle qui était sur notre table hier soir ! Elle était bien bonne et malgré quelques frayeurs au moment du démoulage, tout à fait présentable !

C'était une bûche roulée garnie d'une chantilly coco, d'un léger nappage framboise et d'une ganache chocolat sur le dessus. Au départ, je souhaitais réaliser une bûche tout coco ananas et coulis de framboises comme celle de Patchouka. En même temps, le gâteau roulé de Pascale, extrêmement souple et d'après elle inratable me tentait bien. Pour une fois, faire un gâteau roulé sans déchirure à colmater, un roulé qui roule, quoi... moi qui suis la reine des roulés pas bien roulés, ça pouvait le faire. Alors j'ai mixé les deux recettes et au final, j'ai improvisé une ganache chocolat pour napper ma bûche, sachant qu'il y avait des enfants à notre table, j'ai trouvé ça plus sympa. Et puis soyons clair, un réveillon sans chocolat c'est pas un réveillon nom de nom !

Donc pour réaliser cette bûche, il vous faut, selon Pascale Weekspour le roulé :

       3 œufs blancs et jaunes séparés

       50 g de sucre

       30 g de fécule de maïs (Maïzena)

       30 g de farine

     1 cuillère à soupe de sirop de sucre de canne mélangée à 1 cuillère à soupe d'eau pour imbiber le biscuit (pas mis, j'ai utilisé du coulis de framboises et un peu de sirop pina colada sans alcool)

Ensuite, elle procède ainsi et j'ai fait pareil :

Battez les blancs en neige en ajoutant le sucre petit à petit quand les blancs sont presque pris, ll faut y aller doucement et progressivement. J'ai augmenté la vitesse de mon robot petit à petit.

Les blancs doivent avoir une texture de mousse à raser et ils doivent former comme un bec d'oiseau sur le fouet.

Versez les jaunes et ajoutez-les délicatement avec une maryse.

Ajoutez les poudres en les tamisant au-dessus des blancs, et incorporez-les délicatement, toujours à la maryse.

Versez sur votre plaque puis lissez. Enfournez dans un four préchauffé à 170°C pendant 8 minutes. Le biscuit doit être souple. (Il l'était !)

Démoulez-le sur un torchon humide puis imbibez-le au pinceau avec le sirop chaud (coulis de framboises pour moi).

Attendez quelques minutes  que le biscuit refroidisse, ajoutez la garniture et roulez.

Et ça marche du feu de dieu ! Le biscuit se roule avec une facilité déconcertante (faut y aller doucement quand même, mais ça marche !) car il est très moelleux :) Merci Pascale, désormais, ce sera MA base de biscuit roulé et puis c'est tout. 

Donc, je poursuis, cette fois avec la recette de Patchouka pour la garniture :

150 ml de coulis de framboises (un sachet coulis de framboises de chez Picard pour moi)

400 ml de crème liquide entière

120g de sucre glace ( 50 g de sucre en poudre normal pour moi, impossible de remettre la main sur mon sucre glace)

150g de noix de coco râpée (un peu moins pour moi, disons 130)

150g d'ananas coupés en petits dés (j'ai zappé)

1 sachet de Chantifix (facultatif mais indispensable :))

Nappez le biscuit de coulis de framboises. Faites une chantilly avec deux briquettes de crème entière de 20 cl (au robot c'est formidable, mon Kitchou tu es the best) à laquelle vous intégrerez au bout d'une minute un sachet de Chantifix et 50 g de sucre en poudre. Ensuite, quand la chantilly commence à bien monter, ajoutez la noix de coco et continuez à fouetter délicatement jusqu'à fermeté. Génialissime. 

Garnissez le biscuit de la crème chantilly coco (en évitant les bords) et roulez. Patchouka garde une partie de la crème pour badigeonner sa bûche mais pour ma part, j'ai prélevé une moitié que nous avons mangée avec de l'ananas justement ! Miam...

Mettez la bûche au frais au minimum deux heures (une nuit pour moi)

Pour terminer, le lendemain j'ai fait une sorte de ganache : crème liquide entière (une briquette)  que j'ai faite bouillir. J'ai rajouté le chocolat ( une dizaine de carrés) et hors du feu, j'ai touillé. J'ai obtenu un superbe coulis de chocolat dont j'ai enduit ma bûche. Hop, au frais sur le balcon quelques heures et... un petit accident au moment d'ôter le papier alu sur lequel ma bûche reposait... ça collait ferme... J'ai dû refaire un coulis de chocolat pour réparer les dégâts et hop ni vu ni connu j' t'embrouille. N'empêche, encore une fois, malgré toutes mes précautions, j'ai eu au moins un problème. Il fallait bien... sinon c'est pas drôle.

Au final, elle était délicieuse et plutôt jolie, avec un côté rustique, loin des belles bûches miroir toutes lisses et impeccables que l'on voit un peu partout. mais nous on aime bien :)

                                    

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Voeux !

                                               

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 image Pixabay libre de droit

 

 

Lisez, mangez, profitez... 

Une Comète et ses Bouquins Garnis vous souhaitent une belle année 2017  :))

Santé, amour, livres et gourmandises ! (et un peu d'argent aussi, ça peut pas faire de mal...)

 

 

 

 

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26 décembre 2016

Mon petit bilan de l'année 2016 :-)

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En cette fin d'année, tout le monde y va de son bilan... A mon tour de vous livrer le mien :) 

En 2013, je fêtais ma première année de blog et j'avais pour mon bilan utilisé le questionnaire de Shelbylee. Trois ans plus tard, j'ai eu envie de le ressortir, à la sauce 2016. Les questions restent les mêmes, (j'en ai juste modifié  légèrement une ou deux)  mais les réponses évoluent, forcément !

1. Top 5 des livres lus cette année (dans le désordre)

 - La petite femelle- Philippe Jaenada (billet à venir)

  - Petit Pays- Gael Faye

 - Martin Eden- Jack London

 -Lonesome dove- Larry Mc Murtry

Et aussi : Mille femmes blanches de Jim Fergus

2. La relecture qui m'a comblée

 - Pas de relecture marquante cette année, d'ailleurs ai-je relu? Je ne crois pas, le temps manque

3. Ma découverte jeunesse de cette année de blog

Pas mon trip, (toujours pas) mais dans le cadre du prix des Incorruptibles, missionnée par Pousse, j'ai lu "La messe anniversaire" de Olivier Adam. Très beau, mais pas spécialement jeunesse. Je dirais plutôt adolescent... mais grand adolescent, celui qui connaît la mort, la souffrance, le deuil, le sexe etc... Adolescent très averti, quoi. 

 4. Ma découverte polar

Euh, pas de fantastique découverte. Mais je me suis promis d'en lire davantage cette année (Indridason, Menkell...) ... comme chaque année 

5. Ma plus grosse surprise de cette année de blog

La gentillesse des blogueurs me surprend toujours... La générosité d'un certain Jérôme ou d'une dame Sharon, ou d'une délicieuse Syl ... :) et aussi tout récemment, une jolie paire de chaussons Panda pour mon panda à moi... d'une personne que j'aime fort

6. L'évènement livre de cette année de blog

Le salon du livre Jeunesse avec les gamins du collège, pour la seconde fois de ma vie. Sympa mais épuisant. J'aurais aimé écrire un dîner avec Paul Auster ou Jaenada, mais ce sera sans doute pour l'année prochaine ! :))

7. Une déception remarquable

Un truc énorme que je ne comprends pas moi-même... "Le garçon" de Marcus Malte. Impossible pour moi. J'ai arrêté. Il y a un truc du genre allergie avec ce livre. Ce qui est remarquable c'est que j'adore cet auteur habituellement.. 

8. Le livre que je n'ai pas réussi à finir mais que j'aimais bien

J'ai terminé je crois tous les livres que j'ai aimé cette année. Ah si, quand même :"Derrière la grille" de Maud Jullien. Très fort mais très trop difficile à supporter. J'ai abandonné, cette lecture m'empêchait de dormir.

9. Quelques mots de bilan pour cette année de blog

Après de longs mois d'arrêt, je suis contente de t'avoir retrouvé mon cher petit blog. 

10. Un regret ? un motif de satisfaction ?

Un regret : le challenge Almodovar initié par ma copine Pousse et moi-même est un bide total. Sauf pour nous deux, heureusement. On est contentes de voir des films de ce cinéaste et d'en parler sur nos pages. Le bide est entier, mais assumé... Les gens n'aiment pas Almodovar, ou alors on ne sait pas se vendre. Mystère et boule de gomme :)

Des satisfactions : des livres en pagaille, des lectures passionnantes, une très belle rentrée littéraire 2016, de la cuisine aussi. J'adore les rendez-vous gourmands du dimanche ! Et aussi les lectures communes avec ma cop's Laure :))

11. Les livres que j'attends le plus pour cette nouvelle année de blog

"Les cahiers d'Esther" tome 2 de Riad Sattouf. Pas chroniqué mais tellement adoré ! Vivement la suite !!

Le prochain Olivier Adam. 

12. Les auteurs / livres que j'ai la ferme intention de lire (enfin) en cette nouvelle année de blog.

Je vais lire tout ce que peux, autant que je peux. Des auteurs confirmés et des petits nouveaux (enfin pour moi). Si je ne lis plus j'arrête de respirer.

13. Un souhait en rapport avec la lecture pour cette nouvelle année de blog.

Changer de plateforme, migrer sur wordpress, retrouver le format court de "La grande Librairie" que j'aimais tant... trois souhaits donc. Je suppose que les deux premiers vont pouvoir se faire. Avis à Pousse ! :-))))

Comme on dit chez moi, je vous souhaite un bon bout d'an !

 

 

 

 

 

Posté par Une Comete à 21:46 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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