Aux Bouquins Garnis

20 octobre 2017

Les vies de papier- Rabih Alameddine

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 "Je me suis enfuie en littérature"

Aalya a 72 ans. Divorcée, les cheveux bleus, le caractère bien trempé, elle vit seule, dans son appartement de Beyrouth, au milieu de ses livres et des traductions des oeuvres auxquelles elle s'exerce, par passion, sans la moindre ambition de publication.Tous les ans, au premier janvier, Aalya allume une bougie à la gloire de Walter Benjamin avant d'entamer une nouvelle traduction en arabe d'un roman cher à son coeur, à "la voix atypique" et qui finira tout simplement dans un carton.

Surprenant et merveilleux livre que ces Vies de papier, écrit par un homme, à la première personne (c'est le plus incroyable, cette écriture est tellement forte... et féminine !) qui nous entraîne avec Aalya dans les rues de Beyrouth, entremêlant histoire -ô combien passionnante- du Liban, récit d'une existence difficile (mariage raté, relations familiales compliquées, heureusement compensés par un formidable appétit de vivre et de lire...) et hommage colossal aux livres et aux écrivains. Le roman est en effet truffé de références littéraires, contemporaines et classiques, un auteur conduit à un autre, puis encore un autre et encore un autre ... au gré des pensées d'Aalya qui conduit le récit comme elle conduit sa vie, à sa guise. 

 Cette abondance de littérature pourrait paraître indigeste et prétentieuse, éloigner le lecteur qui n'a pas lu, loin s'en faut, autant qu'Aalya. C'est tout le contraire. A la lecture des Vies de papier, comme le souligne Cuné, on a juste envie de lire encore plus, juste envie d'être nourrie comme Aalya par tous ces écrivains qu'elles nous remet en mémoire ou nous fait découvrir. Et puis ce livre réalise un miracle : il donne vie au papier, sans oublier la vie tout court. On ne lit pas tous les jours des livres aussi incarnés: Aalya, farouche opposante à toute forme d'oppression et de soumission, est un personnage que l'on ne peut guère oublier, mais il y a aussi Fadia, la voisine rustaude et qui cuisine divinement, Hannah l'amie précieuse au destin tragique, la mère d'Aalya redoutable et en même temps si pitoyable (je pense à une scène en particulier qui m'a serré le coeur) Tant de figures humaines et attachantes traversent ce roman... 

Les dernières pages sont bouleversantes et délivrent un très beau message, que j'ai cru lire entre les lignes. Si la littérature et les livres sont des amis merveilleux, les amis de chair et d'os, eux aussi, peuvent se rappeler à nous au moment où on les attend le moins...

 Prix Fémina Etranger 2016, tellement mais tellement mérité !

Merci à J. pour le prêt :) Je t'embrasse !

Mon corps est plein de phrases et de moments, mon coeur resplendit de charmantes tournures de phrase mais aucun des deux ne peut être touché par l'autre.
j'ai les névroses des auteurs mais par leurs talents. (...)Tout ce que j'ai pour moi, c'est ma solitude;

                                               ***

Le féminisme au Liban n'a pas encore atteint les espadrilles ou les chaussures de course à pied ; les talons plats, voilà où on en est. Le choix de ne pas se marier ne figure pas encore au tableau. Il est possible qu'il soit en train d'apparaître maintenant, mais je ne le saurais pas.

       

 

 

 

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15 octobre 2017

Gourmandises du dimanche- tatin aux champignons de Ninie

 

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Ninie c'est ma copine et ses merveilleuses recettes se retrouvent régulièrement sur ma table :) Cette semaine, j'avais envie de champignons et sa tatin m'a fait de l'oeil. Grand merci à toi, chère Nin' :)

Je vous la recommande, elle était délicieuse et très facile à réaliser. Hier soir au menu, elle n'a pas fait un pli ( sauf pour mon Boubou qui s'est endormi sur son assiette : l'école le fatigue, que voulez-vous... il a mangé sa part tout à l'heure et réchauffée, la tatin était excellente aussi)

Pour cette recette, il vous faut :

Dans l'idéal, un moule à tatin ou alors un moule à manqué. 

500 g de champignons de paris ( 2 barquettes de champi de 200g pour moi)

1 pâte feuilletée

1 oeuf entier plus 2 jaunes

1 cuillère à soupe de sauce soja

Un brin de thym (1 cuillère de Zaatar- mélange thym sumac sésame- pour moi), sel, poivre

4 cuillères à soupe de crème légère (semi-épaisse pour moi)

Huile d'olive

Faites revenir les champignons dans un peu d'huile après les avoir nettoyés et coupés en tranches. Ajoutez la sauce soja. Faites-les cuire jusqu'à ce qu'ils soient dorés et qu'il n'y ait plus d'eau dans la poêle. ajoutez le thym ou le zaatar. Réservez.

Battez l'oeuf, les jaunes et la crème, salez, poivrez. Répartissez les champignons dans le moule, versez le mélange oeufs crème par dessus, couvrez soigneusement avec la pâte feuilletée, mettez au four (préchauffage 200°C) une vingtaine de minutes. Démoulez en renversant la tarte et mangez, vous verrez c'est bon. Ninie ne se trompe jamais et moi presque jamais.

Chez Syl, on retrouve comme chaque semaine les recettes des copines marmitonnes. C'est par ici !

                      

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13 octobre 2017

Etats d'Esprit du vendredi :-)

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Le vendredi parfois, on se regarde le nombril et on livre ses Etats d'esprit, à la manière de Zenopia et de Postman, le voyageur du pays des nombres... c'est parti !

 

 Fatigue : nuits trop courtes, vivement les vacances... 

Humeur : assez bonne, les élèves nous font rire quelquefois, avec leurs bons mots involontaires (ma collègue et moi, on "construit" les carnets de correspondance: ben oui, moi je pédale et elle, elle colorie... la petite machine à construire fonctionne bien, ma foi, vu le nombre de carnets que les élèves perdent, abîment et viennent chercher...)

Estomac : j'attends 16h00 pour aller chercher la cuisse de dinde commandée chez le boucher. Avec des petites pommes de terre boulangères ça devrait le faire...

Condition physique : agréable de marcher avec une musique sympa dans les oreilles

Esprit : se veut contestataire, mais préfère se mettre en sommeil, c'est moins risqué :(

Boulot : inintéressant, que voulez-vous... sauf que dans l'ombre, je construis des carnets sur mon p'tit vélo

Culture : Le dernier numéro de la revue "América" est passionnant. Je ne regrette pas mon achat malgré le prix un peu élevé ( 19 euros quand même)

Je radote mais Joyce Carol Oates a encore été oubliée par les gars de Stockholm... :( et Jaenada n'est pas sur la deuxième liste du Goncourt... quelle semaine pourrie...)

Avis personnel : Christine Angot devrait changer de psy (et moi de métier)

Loulou : c'est mon fils, c'est le plus beau, je l'aime

Message personnel : J'ai reçu Russell !!!

Amitiés : hier soir, c'était très bien et samedi ça sera très bien aussi. Trop de trucs à se dire...

Love :  ne devrait pas rentrer très tard, ses parents viennent dîner

Sorties : Juju samedi, au Café NC. Dimanche on verra. Piscine avec petit amour de maman peut-être.

Divers : y'a des gros dégueulasses à Hollywood. J'aimerais voir le film "L'Atelier" avec Marina Foïs.

Courses : je vais chercher la cuisse de dinde, là tout de suite.

Envie de : pas très envie de ressortir, mais pas le choix. La cuisse ne viendra pas à moi.

De vous faire de découvrir, chers lecteurs, cette jolie chanteuse prénommée Pomme (ci-dessous)

Zic : "Pauline" par Pomme

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11 octobre 2017

Femme à la mobylette- Jean-Luc Seigle

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 "Tu es le peintre et je suis l'amour du peintre"

Première rencontre avec Jean-Luc Seigle et sa "Femme à la mobylette" et première déception de cette rentrée littéraire aussi... Attendez, les fans de l'auteur, avant de me balancer des cailloux, que je m'explique.

 Reine est une femme pour qui tout va mal. (Encore une, c'est le sujet à la mode et plutôt casse-gueule). Son mari l'a quittée, elle est au chômage. Sa situation, au début du roman, est catastrophique. En quelques pages très angoissantes, on craint le pire pour cette femme et ses trois enfants dont elle a la charge. Elle va tellement mal, Reine, qu'il lui arrive de parler seule au point d'effrayer ses gosses... Heureusement, tout s'éclaire le jour où Reine trouve une mobylette, du travail (elle devient thanatopractrice) et l'amour en la personne d'un beau routier qui cache une âme d'artiste... sauf que le destin qui s'est acharné continue de s'acharner, je te dis pas com...

Dire que je n'ai pas cru une seconde à ce livre serait faux. J'y ai cru, pendant au moins cinq minutes. Et puis l'écriture est jolie. Pas exceptionnelle, mais jolie. Au bout de cinq minutes, donc, j'ai cru que je m'étais trompée d'auteur, de livre, de tout. La mobylette s'avère tellement chargée d'enfants formidables et d'ex méchants méchants, tellement chargée de douleur, de bons et de mauvais sentiments, d'invraisemblances (il y en a une grosse qui m'a choquée mais je ne peux pas la révéler ici, sachez quand même que c'est énorme et que des professionnels m'ont confirmé que "non ça ne se fait jamais comme ça...") de larmes, de solitude, de crise sociale, de religion, de folie, de misère, qu'elle finit par se renverser...

Cela faisait longtemps que je n'étais pas tombée sur un livre aussi fourre-tout, aussi dépourvu de nuances, aussi fastoche et lénifiant... et forcément quant il s'agit d'un écrivain loué pour sa sensibilité et sa finesse, ça déçoit. Ou alors c'est volontaire, c'est de la provoc' vis-à-vis du lecteur. Ou bien Jean-Luc Seigle a voulu tenter quelque chose, je ne sais pas trop quoi ...en tout cas, avec moi, ça n'a pas marché ..:(

 "Quand les pauvres n'en peuvent plus, ils prennent des balais qu'ils chevauchent et montent au ciel pour échapper à l'injustice sur terre. C'est ce qu'elle raconte souvent à ses enfants qui ne la croient pas" 

 

 

 

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08 octobre 2017

Gourmandises du dimanche- Coca algérienne

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Photo Pixabay libre de droit

Voici une semaine ou presque que je louche sur cette recette répérée chez Patchouka. Les marmitonnes gourmandes et Cheffe Syl ne devraient pas m'en vouloir de négliger la courge à l'honneur ce mois-ci pour des saveurs plus... ensoleillées : mes cocas algériennes étaient délicieuses !

Vous voulez savoir comment on fait? Pour commencer, il faut du temps. Un samedi après-midi par exemple, quand le soleil se cache et que rien ne vous appelle à l'extérieur...

Je précise qu'il faut du temps, car la pâte doit reposer un long moment, et deux fois. Ne vous lancez pas un soir de semaine, après le boulot, ou alors prévoyez de manger vers 22h30...

Les ingrédients sont les suivants :

Pour la pâte :

250 ml de lait tiède (+ 1 CS)

120g de beurre (demi-sel pour moi)

100 ml d'huile neutre

1 cc de levure chimique

12g de levure boulangère fraîche ou 1 CS de levure boulangère deshydratée (levure fraîche pour moi)

1 CS de vinaigre

1 cc de sel

1 cc de sucre

1 oeuf (+ 1 jaune)

500g de farine (moitié farine blanche, moitié semi-complète, car je me suis trouvée en panne de la première : ça a donné un mini goût rustique à ma coca, excellent !)

Olives noires (pas mises)

Pour la farce :

2 oignons (1 pour moi)

4 à 5 gousses d'ail (2)

3 belles tomates bien mûres (une boîte de tomates pelées pour moi)

2 à 3 CS d'huile d'olive

1 morceau de blanc de poulet (une escalope coupée en dés)

1 CS de concentré de tomates

thym et persil séchés ou frais (thym pour moi)

1 cc de ras el-hanout

Du piment (pas mis)

sel/poivre

 

On commence par préparer la pâte en mettant le beurre, le lait tiède et l'huile dans un saladier ou le bol du robot. On ajoute les levures, le vinaigre, le sel, le sucre, l'oeuf. On mélange et on incorpore la farine peu à peu jusqu'à ce que la pâte soit homogène (il ne faut pas trop la travailler, juste s'assurer qu'elle fait une belle masse). On filme et on laisse reposer 1h30 à 2h00. On forme ensuite deux belles boules de même taille et on laisse à nouveau reposer 1h00.

Pendant ce temps, on prépare la sauce : on fait revenir les oignons, le poulet et l'ail dans un peu d'huile environ 5 minutes, on ajoute les tomates pelées et le concentré, les herbes et les épices, on fait mijoter jusqu'à évaporation de tout liquide. On laisse refroidir. (L'idéal est de préparer sa sauce bien à l'avance)

On préchauffe le four à 220°C, on étale la première boule sur une feuille de papier sulfurisé elle-même posée sur une plaque. On badigeonne de sauce en évitant les bords. Avec la deuxième boule de pâte, on fait la même chose : on l'étale sur une feuille et on en recouvre la première. Il faut veiller à ce que la deuxième boule étalée soit de même dimension que la première. On badigeonne de lait et de jaune d'oeuf pour la dorure, on trace des carrés avec un couteau et on met au four, environ 35 minutes. (on surveille, pour moi c'était plus rapide)

A la sortie du four, on repasse le couteau entre les carrés. Et on déguste...

C'était bon comme là-bas ! :)

               

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logogourmandises2017

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06 octobre 2017

Tout est brisé- William Boyle

 

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"Attendre était ce pour quoi il était le plus doué"

Erica travaille, s'occupe de son père malade, prend soin (ou tente de le faire car il se montre rétif) de son fils Jimmy, de retour à la maison et pas au mieux de sa forme... elle se démène, veut faire au mieux pour tout le monde, s'accroche tant bien que mal à ce qu'elle peut sauver, même si tout paraît brisé dans son existence : un mari mort des suites d'une longue maladie, une soeur bio-bio bien gentille, mais dont on ne peut rien attendre, un père alité et acariâtre... Erica dort peu, mange mal, sa vie semble un flop...

 La sinistrose apparente de ces quelques pages (moins de deux cents) est heureusement adoucie par de jolis moments lumineux (un bouquet de lys violets, un ami qu'on n'attendait et s'en ira comme il est venu, une complicité qui pourrait bien renaître grâce à une tempête de neige...). L'écriture de William Boyle est admirable de précision. A la façon d'un film, il décortique les faits et gestes d'Erica, nous invitant à partager quelques moments de son quotidien banal. Avare de commentaires et de mots inutiles, l'auteur se concentre sur l'essentiel et parvient à nous la rendre attachante, cette Erica, sans trop d'efforts, -c'est le talent !- tout comme Jimmy, le fils mal aimé et mal aimant, dont on aimerait bien qu'il finisse par tomber dans les bras de sa petite maman...

Oui, mais chez William Boyle, on ne tombe pas dans les bras de sa petite maman, on lui parle dans l'obscurité. Et avec elle, on attend la fin, qui n'est peut-être au fond que le début d'un chouïa de quelque chose...

Ça ressemble à de l'espoir et c'est vraiment très beau.

"Il n'était pas fait pour être célibataire. Il avait besoin de quelqu'un. Ne pas avoir d'amour, c'était se sentir oublié, totalement vide et totalement seul".

L'avis de Cuné

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03 octobre 2017

Tu seras ma beauté- Gwenaële Robert

                                                                            "Elle est vouée à tout ce qui s'écrit"

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Irène Combier enseigne les lettres dans un lycée. Discrète, un peu terne, sans attraits particuliers, elle est sagement mariée depuis des années à un notaire, aimant mais très occupé. Tout oppose Irène à sa collègue, la belle Lisa Desbordes, professeur d'EPS, qui comme son nom l'indique, déborde de vie et de santé. La brève rencontre de cette dernière avec Philippe Mermoz, un séduisant écrivain, dans un salon où elle vient faire dédicacer un livre pour sa mère, va pourtant rapprocher les deux femmes en un pacte à la Cyrano. Irène écrira, Lisa récoltera le fruit d'un échange épistolaire de plus en plus passionné entre Irène et l'auteur...

Oh le gros cliché... N'est pas Edmond Rostand qui veut, n'est-ce-pas ? La belle sportive sans cervelle face à l'intello mal dans sa peau, on a déjà lu ça cent fois, c'est facile et pas cher. Rostand a tout dit sur le sujet et de façon sublime, alors pourquoi en remettre une couche? Et pourtant ce livre dont personne ne parle en cette rentrée littéraire est une incroyable surprise, un bijou de roman qui m'a charmée, émue et que je n'ai pas réussi à lâcher une fois embarquée.

Il est bien sûr question dans ces belles pages de l'amour entre les êtres: le vrai et celui qu'on rêve, celui qui s'éteint et celui qui naît, croit-on, à la faveur de quelques lettres... on y parle aussi, avec tendresse, de l'amour des mots, ceux qui consolent et aident à vivre et ceux qui pourraient bien nous faire mourir... On y croise Cyrano de Bergerac, forcément, mais aussi Balzac et ses femmes de province aux vies grisâtres et trop rangées, ces Eugénie Grandet, Henriette de Mortsauf ou Julie d'Aiglemont condamnées à l'ennui et au désespoir, en lesquelles Irène trouve un étrange écho à sa propre existence... que les lettres d'un inconnu viennent sortir d'une léthargie mortifère.

"Tu seras ma beauté" est un roman mélancolique et doux, profond et intime, écrit d'une plume délicieuse, toute de délicatesse. Et cette fin... qui m'a fait sauter le coeur et émue aux larmes, moi qui ne pleure jamais lorsque je lis.

Je remercie mon amie Pousse, dénicheuse de pépites, pour cette belle lecture commune.

"Cette union épistolaire, c'est sa revanche sur la vie, sur la mauvaise fortune qui l'a jetée dans cette époque pour laquelle elle n'a pas d'aptitude, ni de goût; et sans armure encore, sans guide (...) Il y a ce rêve qu'elle porte en elle maintenant, tous les jours, à chaque instant, ce rêve qui a le visage de Mermoz, les pleins et les déliés de son écriture. Il occupe tout l'espace de sa vie intérieure. Il l'habite."

                           

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24 septembre 2017

Gourmandises du dimanche- Brioche sans frontières au fromage blanc et au sucre

 

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Rien de bien américain cette semaine... je vise plutôt l'international avec cette brioche qui régalerait aussi bien les chinois que les esquimaux du Pôle Nord, en passant par les français, les anglais et le reste de la planète... Je le dis haut et fort, la brioche n'a pas de frontières !

Ce délice, je l'ai répéré dans le magazine Gourmand de Septembre (celui qu'on trouve aux caisses des supermarchés) et j'ai eu envie de le faire immédiatement. Pour un brunch du dimanche matin, c'est la viennoiserie idéale ! (pas trop grasse car sans un gramme de beurre)

Pour réaliser cette brioche internationale, il  faut un peu de temps, à cause de la levée, sinon elle est hyper simple.

Il faut :

un oeuf et deux jaunes, 250 g de fromage blanc, 5 cl de lait, 500 g de farine T55, 50g de sucre, 5 g de levure de boulanger déshydratée,  2c à soupe de fleur d'oranger (je n'en avais pas, j'ai remplacé par un peu de sucre vanillé), 1/2 cuillère à café de sel.

Pour la dorure : un oeuf (je n'ai mis que le jaune) et du sucre.

Faites tiédir le lait, ajoutez la levure et mélangez. Laissez reposer 10 min.

Dans le bol d'un robot (ou saladier) mélangez la farine, le sucre et le sel. Creusez un puits, versez les jaunes d'oeufs et l'oeuf battus, le mélange lait levure, le fromage blanc et l'eau de fleur d'oranger (ou vanille ou rien). Pétrir 15 min jusqu'à obtention une pâte lisse et homogène.

Recouvrez la pâte  d'un linge et laissez lever 2h à température ambiante, jusqu'à ce que la pâte double de volume.  Recupérez la pâte et dégazez-la ( mettez un bon coup de poing dedans). Façonnez-la (3 grosses boules pour moi). Laissez lever encore une heure.

Le magazine conseille d'enfourner à four chaud (th 6) , j'ai choisi de mettre ma brioche à froid au départ, à 170°C environ 30 minutes. Il paraît que c'est mieux car ainsi la brioche continue sa pousse. Avant d'enfourner, badigeonnez d'oeuf et de sucre. 

Verdict :

Elle était bonne ma brioche mais un peu compacte. Et puis, rien ne remplace le beurre dans une viennoiserie... 

Bon dimanche aux gourmands et aux autres :)

Allons faire un tour chez Syl, par ici

              

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22 septembre 2017

Etats d'Esprit du vendredi :)

Un peu de mes Etats d'esprit, en ce vendredi : il s'annonçait radieux, il se révèle pluvieux...

Je vous rappelle que l'idée de ce rendez-vous est de Zenopia et son complice Postman, le voyageur du pays des nombres :)

Fatigue : moyenne, la bronchite touche à sa fin. Maintenant j'ai mal au cou, à cause de ma vieillerie...

Humeur : bonne, même si plein de trucs m'énervent. Je garde mon éternel sourire :))

Estomac : à midi, un reste de quiche aux légumes et féta m'attend. Même que c'est moi qui l'ai faite, avec la pâte et tout...

Condition physique : bonne, malgré mon cou qui fait mal 

Esprit : c'est un peu le bazar, beaucoup de choses le traversent, dont une très jolie chanson de Yusuf/Cat Stevens (voir plus bas)

Boulot : seule, collègue malade. Mais on est vendredi...

Culture :je veux lire Asli Erdogan, son passage à la Grande Librairie hier soir m'a bouleversée. J'ai commencé la série "Rome" et c'est vraiment très bien. Je lis un roman de Jean-Luc Seigle et ma foi, je ne suis pas très enthousiaste... 

Penser à : poster la lettre à la sécu, emballer les cadeaux pour les neveux et nièces

Avis personnel : en ce moment, je lis beaucoup la presse, du coup j'ai un avis sur tout, pas forcément bon d'ailleurs...mais c'est mon avis.

Message personnel : j'espère avoir quelque chose à t'envoyer dimanche... j'ai jusqu'à minuit... 

Loulou : est à l'école. J'espère que son papa l'a assez couvert. Chante "Chevaliers de la table ronde, goûtons voir si le vin est bon..."

Amitié : nécessaire. Comme dit le bon docteur M : " il faut parler à vos amis"...

Love : ben love quoi. Je l'aime, c'est mon love.

Divers: alors là... j'ai lu dans le magazine de ma mutuelle que je jette habituellement sans l'ouvrir un article très intéressant sur des chiens "renifleurs" qu'on utilise pour détecter des tumeurs du sein. Avec un résultat fiable à 100%. Extraordinaire. 

Courses : c'est Love qui s'en charge aujourd'hui et moi je complète (pour les petits trucs plus fun).

Sortie : famille ce week-end. Je vais enfin voir ma nièce toute rose.

Envie de : manger, dormir, lire.

Zic : j'adore !

Bon week-end !

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20 septembre 2017

Summer- Monica Sabolo

 

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"Je suis la preuve vivante que l'on peut vivre sans les êtres que nous aimons le plus"

Un peu d'énergie, que diable, pour  évoquer -enfin- ce très beau livre... 

Summer, c'est le nom d'une jeune fille, mûre pour être femme, blonde, solaire comme un ciel d'été. Summer, c'est l'adolescente typique, tantôt sombre, tantôt rieuse, toujours entourée de LA bande de copines, partageant confidences, cigarettes et fous rires... Summer plaît, elle fascine, elle attire. Tout semble lui sourire, à elle comme aux siens. Benjamin, son jeune frère, moins désirable, moins désiré peut-être- rien n'est dit mais tout se laisse entendre- est lui aussi en adoration devant la lumineuse Summer. Benjamin sera un témoin et narrateur du drame qui éclate, un beau jour, sur les rives du lac Léman. De cette catastrophe familiale, il ne se remettra pas.

 Summer disparaît, au cours d'un pique-nique. Sa famille, la police, ses amis, la cherchent désespérement. Enlèvement? Fugue? Vingt-cinq ans après, l'énigme n'est toujours pas résolue et Benjamin, dépressif, incapable d'avancer dans l'existence, tente d'exorciser la douloureuse histoire familiale et les cauchemars dont il souffre dans le cabinet d'un psy. Une histoire dont certains pans demeurent obstinément cachés...

Les eaux troubles dans lesquelles baignent Benjamin et le lecteur s'éclairciront néanmoins, faisant de "Summer" un superbe récit d'atmosphère, nimbé tout du long d'une métaphore aquatique envoûtante mais aussi un roman au suspense aiguisé : les personnages maintiennent avec force et jusqu'au bout leur part d'ombre, trouée par instants d'images puissamment évocatrices ( oh l'entrecôte ensanglantée, le châle sur les épaules de la mère...)  De confrontations en révélations, le vernis de la famille bourgeoise "idéale" se fissure jusqu'aux très belles et déchirantes dernières pages, révélant enfin ce qui flotte derrière les apparences soignées mais ô combien trompeuses.

J'ai beaucoup aimé ce roman qui aurait largement mérité une lecture en immersion. Cela n'a pas été possible-rentrée oblige- mais il ne m'a pas quittée pendant plusieurs jours. L'écriture de Monica Sabolo est superbe, poétique et enveloppante comme les eaux d'un lac, dont l'opacité permet de garder bien des secrets...

A mon avis, "Summer" devrait râfler pas mal de prix : il fait indéniablement partie des pépites de cette rentrée littéraire et je m'en réjouis. Monica Sabolo qui m'avait déjà séduite avec "Tout cela n'a rien à voir avec moi" figure parmi les auteurs que je lis avec bonheur, tant elle montre un talent et une capacité à se renouveler de livre en livre réjouissants. 

"J’ai compris que des jeunes filles peuvent s’évaporer, devenir un souffle, ou le chant d’un oiseau. Ou alors se décomposer dans un bois, sous des pelletées de terre jetées à la hâte, se métamorphoser avec les saisons, la pluie, les vers, en un tas d’ossements, nets et blancs, juste sous les pieds des promeneurs, sans que la marche du monde en soit ébranlée."

                                                    *** 

 

 

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