Aux Bouquins Garnis

19 août 2016

Celle que vous croyez- Camille Laurens

celle-que-vous-croyez

"Les hommes mûrissent les femmes vieillissent".

Claire Millecam, presque quinquagénaire, est une universitaire, belle et cultivée. Pour surveiller son amant Jo, qu'elle sent se détacher, elle se crée un faux profil Facebook. Elle devient Claire Antunes, une jeune et jolie brune, et entre en contact avec un ami photographe de Jo, Chris. Et ce qui ne devait pas arriver arrive, Chris tombe amoureux de Claire, enfin Camille... c'est la chienlit...

 Ainsi résumé, ce roman pourrait passer pour une honnête tragi-comédie flirtant sur le thème à la mode des réseaux sociaux. Or, il est bien plus que ça. Le lecteur est baladé entre différents narrateurs, chacun ayant sa version de l'histoire, racontée tantôt sous forme de lettres, conversations, confessions... "Celle que vous croyez" est un roman érudit, intelligent, remarquablement écrit, -est-il utile de le préciser lorsqu'on évoque Camille Laurens, quel bonheur que cette écriture si élégante ! - qui réussit à maintenir un équilibre parfait entre le plaisir de lire un excellent roman psychologique et celui d'y trouver une réflexion nourrie sur les femmes, leur place dans la société, le veillissement inéluctable et le désir, toujours légitime en dépit de l'âge, légitimité qu'il faut encore aujourd'hui revendiquer haut et fort.

Une totale réussite !

"Pour les gens comme moi qui ne tolèrent pas l’absence… Internet est à la fois le naufrage et le radeau : on se noie dans la traque, dans l’attente, on ne peut pas faire son deuil d’une histoire pourtant morte, et en même temps, on surnage dans le virtuel, on s’accroche aux présences factices qui indiquent que l’autre est en ligne"

Posté par Une Comete à 13:12 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,


18 août 2016

Lonesome Dove épisode 1- Larry McMurtry

 

5072-cover-dove1-5324c5b09e2b1

" -J'ai tué un dentiste (...) un accident mais quand même.(...)

 -J'ai toujours pensé que la médecine dentaire était un métier dangereux, fit Augustus. On ne peut que s'attirer des embêtements quand on gagne sa vie comme arracheur de dents"

Je termine à l'instant le tome 1 de Lonesome Dove et je suis -sans surprise- éblouie, touchée, enchantée par ce merveileux roman qui se lit comme un rêve, nous emporte loin loin, jusqu'à la frontière mexicaine, il y a plus d'un siècle, nous fait vivre au milieu des cow-boys, des indiens, des chevaux, des serpents à sonnette et surtout nous fait rencontrer Gus Mac Crea et Call Woodrow, deux rangers à la retraite... deux types incroyables, de ceux qui marquent pour longtemps l'esprit d'un lecteur.

Gus et Call, c'est le jour et la nuit : Gus est bavard comme une pie, son camarade beaucoup moins. Le premier aime se la couler douce, le second bosse comme un dingue. Après de longues années à pourchasser les indiens, les deux compères se sont installés à Lonesome Dove, une bourgade où il fait très chaud (on est au Texas) mais où la vie somme toute, est assez paisible, rythmée par les virées au saloon pour Gus : cartes, whiskey, prostituée (au singulier, car il n'y en a qu'une), les longues soirées solitaires pour Call le taiseux, après des journées de travail acharné. Cette routine va prendre fin lorsqu'un troisième larron prénommé Jack Spoon, fait son retour. Il est paresseux, pas très courageux, mais a parfois des idées... et c'est là que commence l'aventure !

Magnifique, je vous dis : une histoire prenante, tellement bien écrite, (traduction aux petits oignons, merci mr Crevier) des personnages comme s'il en pleuvait, plus vrais que nature, qu'on croirait voir et entendre : j'ai une grosse tendresse pour Lorena, la prostituée têtue : quel caractère celle-là ! et le jeune Newt, formidable, si attachant... De l'aventure, de l'émotion, du rire, des larmes... Oui oui, j'ai eu plusieurs fois la gorge serrée : les femmes ne sont pas bien traitées, c'est sûr, elles se réduisent souvent à de la viande pour les messieurs, mais certains hommes ne sont pas à la fête non plus... n'est-ce-pas Dish ? Tu m'as fait de la peine... toi aussi July Johnson, tu es plutôt mal tombé, pourtant, tu es un brave garçon... et puis il y a Gus, le sage et génialissime Gus, qui dit des choses tellement justes et tellement poignantes... j'ai souligné, souligné, par exemple :

"quand on désire trop quelque chose, on risque d'être déçu. Ce qu'il faut, c'est apprendre à apprécier les choses de la vie de tous les jours, comme les lits douillets et le lait battu, ou les hommes bien fringants".

 ou encore :

"Eh bien Call, je crois qu'ils nous ont oubliés comme ils ont oublié la bataille d'Alamo, dit Augustus.

-Pourquoi est-ce qu'on se souviendrait de nous? (...) on n'a pas été dans le coin ces dernières années.

-C'est pas pour cette raison là, c'est juste parce qu'on s'est pas fait tuer (...) Travis, lui, il a perdu sa bataille et il entrera dans les livres d'histoire quand quelqu'un écrira sur Alamo. Si un millier de Comanches nous avaient coincés dans un ravin et nous avaient éliminés  comme les Sioux ont fait avec Custer, on écrirait des chansons sur nous pendant cent ans.(...)ça va être nous les indiens si on est encore là dans vingt ans (...)Vu comment cet endroit se développe, sous peu il y aura plus que des églises et des boutiques. Ensuite, il leur restera plus qu'à encercler les vieux bagarreurs comme nous et à les foutre dans une réserve pour qu'ils effraient pas les vieilles dames (...) Je pense qu'on a gaspillé nos meilleures années à nous battre du mauvais côté."

 Eh oui, Lonesome Dove n'est pas seulement un grand roman d'aventures, il narre aussi la fin d'une époque : les indiens et les bisons se font rares, le monde se fait urbain, les héros vieillissent et n'y trouvent plus leur compte, même si ce monde, ils ont contribué à le créer... Nostalgique, mélancolique, mais jamais sombre ou déprimant, Lonesome Dove est un chef-d'oeuvre incontournable et si j'avais Larry McMurtry en face de moi, je l'embrasserais pour lui dire merci...

Merci aussi à Cuné et Keisha, sans qui je serais passée à côté de ça !

La bonne nouvelle, c'est que le tome 2 m'attend au chaud ;))))

 

 

 

 

 

 

Posté par Une Comete à 02:07 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

13 août 2016

Procès du grille-pain et autres objets qui nous tapent sur les nerfs- Charles Haquet et Bernard Lalanne

product_9782715235533_195x320

« Tenez votre droite... » »Restez sur la file de gauche... »

Madame n'a qu'un principe l'autorité. Madame n'a qu'un mode de conjugaison, l'impératif.Jamais de privautés : écoute, conduis et obéis ! L'envie vous démange parfois de vous rebeller, mais l'inflexible vous tient sous son emprise. Essayez donc d'opter pour un itinéraire différent- ou faite juste semblant. La gifle claque et l'ordre tombe : « faites demi-tour immédiatement ! »

Tout de suite, maîtresse.

 Ce petit bouquin inventorie ces objets du quotidien qui nous cassent les pieds, nous tapent sur les nerfs, nous escagassent, nous font suer... mais dont on peut difficilement se passer, voire pas du tout. Il n'a l'air de rien cet inventaire, et commence d'ailleurs de manière assez planplan, avec le rideau de douche qui colle, le chariot de supermarché qui dévie systématiquement de sa trajectoire, les poches qui n'en sont plus puisqu'un petit malin les a cousues... gentillet, mais pas révolutionnaire, même la petite phrase qui clôt les chapitres, je ne sais pas, c'est bof. Planplan. Plat plat.

J'ai persisté car malgré tout, ça se lit sans déplaisir au bord de la piscine et j'ai fini par y prendre goût et apprécier le ton faussement primesautier, la verve et l'ironie des auteurs. Quelques passages sont particulièrement drôles comme le chapitre sur la notice Ikea, écrit sous forme de poème, ou celui sur le traducteur automatique de Google, qui voudrait nous faire croire que Steinbeck écrivait avec ses pieds... Au final, ça vaut le coup de s'accrocher, car non contents de faire un sort à ces maudits objets familiers, Hacquet et Lalanne dans une langue maîtrisée, souvent imagée (les cintres qui copulent, hilarant !) braquent un projecteur intéressant sur notre société de consommation et notre addiction aux objets soi-disant modernes. Sans doute demanderaient-ils à l'être encore davantage, plaident les auteurs, prenant pour exemple les écouteurs dont le fil s'emmêle quoiqu'il advienne ou le portable qui sonne qui sonne...toujours bien planqué tout au fond du sac de Madame.

 Une lecture détente avec un zeste d'érudition (savez-vous ce qu'est un" tégestophile" ? Ou un "pomelkophile? Lisez ce livre et vous saurez), le cocktail parfait pour les vacances !

 

Posté par Une Comete à 17:20 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 août 2016

Knockemstiff- Donald Ray Pollock

                                                       « Pas étonnant qu'on dise du mal des pauvres »,

9782752908773_1_75

Bienvenue à Knockemstiff, dans l'état de l'Ohio, un bled qui ressemble à s'y méprendre à la cour des miracles. Tous les damnés d'Amérique s'y retrouvent : pauvres, alcooliques, drogués, moches, sales, stupides, violents, obsédés, sans espoir, (même pas celui de quitter un jour Knockemstiff) sans avenir... les maris tapent sur leurs femmes, les femmes se tapent tout ce qui bouge, les filles se tapent leurs frères, (qui se tapent aussi les poupées de leur frangine) les gosses en prennent plein la gueule et feront de toute façon la même chose que leur paternel, l'exécrable mais unique modèle...

Charmante représentation de l'Amérique que nous offre Pollock dans ce recueil de nouvelles, dix-huit textes dont on ne sort pas indemne, à dire vrai j'en ai rarement lus d'aussi sordides. Je suis tout de même allée au bout de ma lecture car je reste fascinée par les écritures sans tabou, et la fureur qui se dégage de Knockemstiff est vraiment incroyable. Dans une -très-moindre mesure, j'ai pensé à Joyce Carol Oates pour le côté jusqu'au-boutiste, la crudité, l'écriture à la serpe, et la mise à nu des choses et des gens. Des gens qu'on rencontre parfois dans une nouvelle et qu'on retrouve dans une autre : la boucle étant bouclée, les habitants de Knockemstiff seront toujours les mêmes et toujours là, enracinés dans ce trou perdu de l'Ohio, à se taper dessus, à vomir l'alcool et les drogues qu'ils ingurgitent à longueur de journée, à déféquer (oui, vous avez bien lu, Pollock ne nous épargne rien): ils naissent, grandissent et meurent à Knockemstiff...

Et puis parfois, un petit quelque chose d'humain émerge ici ou là, un infime sursaut de dignité, un semblant de rêve, quelque chose qui pourrait même ressembler à de l'amour ("Knockemstiff")... Insignifiant mais pourtant là, hélas trop vite noyé dans la sinistrose d'une ville que l'on ne quitte jamais,"collé à [elle] comme un champignon à un tronc pourri"...

"Daniel a soudain réalisé que là, sur la route, on pouvait être tout ce qu'on voulait bien être. On pouvait s'inventer une nouvelle vie au bénéfice de chaque type qui vous montait en stop. On pouvait être boy-scout sans le moindre badge, millionnaire sans un pot pour pisser dedans, cow-boy sans cheval".

Posté par Une Comete à 20:19 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

03 août 2016

Gourmandises des vacances- salade de pêches au vin blanc et à la verveine

 

IMG_5587

Je poursuis mon exploration du magazine Gourmand n° 349 avec cette recette de pêches en salade ! Servie un jour de forte chaleur, elle a été bien appréciée par mes hôtes (ok, c'était la famille, toute acquise à ma cause;))

 Pour cette recette, il vous faut 4 belles pêches blanches (si vous avez des jaunes, ça pourrait le faire aussi, j'en suis sûre, faut pas se compliquer la vie en vacances) , 1 citron bio, 30 cl de vin blanc doux, 75 g de sucre en poudre (roux pour moi), 1 clou de girofle, 1 étoile de badiane : impossible de trouver ces deux ingrédients sur mon lieu de vacances, c'est juste incroyable. Pourtant je ne suis pas en exil dans la pampa... J'ai néanmoins décidé de les remplacer par des feuilles de verveine achetées sur le stand d'un camelot.

 J'ai commencé par laver mon citron et j'ai prélevé son écorce avec un économe, faute de zesteur, resté à la maison. Je l'ai mise dans une casserole et j'ai versé mon p'tit vin blanc dessus (un Bordeaux moelleux) puis ajouté le sucre et une petite poignée de feuilles de verveine. Le tout porté à ébullition. Ensuite, réduction du feu et cuisson 10 minutes à petits frémissements. Je pense qu'avec la verveine, il aurait fallu laisser infuser beaucoup plus longtemps car on ne la sentait pas vraiment au final. Petite déception.

 Pendant ce temps, j'ai ébouillanté mes pêches et les ai pochées quelques secondes. Après un grand coup de flotte, elles ont bien vite été rafraîchies (elles ont piaillé car elles n'aiment pas les changements de température mais on s'en fout, les pêches ne décident de rien c'est moi la patronne) et leur peau est partie toute seule. J'ai donc ôté peau et noyaux puis coupé mes fruits en minces quartiers. Hop, direction le saladier. Après filtrage du vin blanc, j'ai versé celui-ci sur les pêches. On attend un peu que ça refroidisse et on place au frigo, au moins une heure. L'idéal étant de préparer tout ça la veille pour le lendemain. C'est ce que j'ai fait. Le résultat, je l'ai dit, était plus que probant. Ma belle-mère m'a prêtée de jolies coupes pour disposer ma salade parce que dans des verres moches, ça le faisait pas. Je rappelle que je suis en vacances et que je n'ai pas emmené mes coupes avec moi... Pour faire encore plus joli, j'ai mis des cigarettes russes et des biscuits éventails sur les fruits. Vraiment super! L'alcool mêlé au jus de pêches est excellent au goût, subtil, pas fort du tout, juste très parfumé. Dommage pour la verveine, il faudra retenter avec de la badiane...

                                                               Bon appétit !

                     

logogourmandises-16

 

Posté par Une Comete à 06:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


31 juillet 2016

Le grand marin- Catherine Poulain

                                                                   "Pêcher. Sans relâche."

 

320x240-NkQ

Lili rêve du bout du monde. Un jour, cette frêle jeune femme quitte Manosque pour Kodiak, en Alaska (!) et embarque sur un bateau de pêche, Le Rebel, nom qui semble prédestiné... Lili est en situation illégale, ce qui l'attend sur le bateau est proche de l'enfer, mais seule compte sa volonté de devenir un vrai marin.

A bord, Lili est mise à rude épreuve: les pêcheurs n'épargnent pas le « moineau » comme ils l'appellent, allant jusqu'à la priver de sa couchette, mais si Lili en bave, elle serre les dents et affronte, trime sans jamais se plaindre et finit par gagner le respect de tous.

En revanche, à terre « on s'ennuie à devenir fou », c'est le vide, le néant, la tristesse. Alors comme ses camarades, Lili « repeint la ville en rouge », erre de bar en estaminet. Et puis soudain, il y a Jude, le Grand Marin, qui la bouleverse et réciproquement. Un drôle de couple que vont former ces deux là, à la fois ivres d'amour et d'ailleurs...

 Ce livre a fait grand bruit et je comprends pourquoi tant le personnage principal est impressionnant. La rage au ventre, cette Lili (Catherine Poulain herself paraît-il) qui n'a jamais froid aux yeux, est une superbe héroïne. Une sorte de Gilliatt au féminin (ceux qui ont lu « Les Travailleurs de la mer » de Victor Hugo comprendront, les autres je vous conseille vivement la lecture de ce merveilleux roman maritime :) en lutte avec les éléments, au corps à corps avec les poissons (au sens propre) qu'elle pêche, avalant leur cœur encore palpitant... La maladie, la tyrannie des hommes, de la mer, rien ne la fait flancher. Lili applique à la lettre le conseil d'une ancienne skipper qu'elle croisera sur sa route: « l'important c'est pas la grosseur des muscles (...) c'est de tenir bon, regarder, observer, de se souvenir, d'avoir de la jugeote. Ne jamais lâcher. Jamais te laisser démonter par les coups de gueule des hommes. Tu peux tout faire. L'oublie pas. N'abandonne jamais. »

 La première partie du livre, récit par Lili de cet apprentissage à la dure, est captivante. Très sensuelle aussi, animale. Lili refuse le sexe, elle ne veut que pêcher, mais la mer est son amant« la vague est en moi. J'ai retrouvé la cadence, le rythme des poussées profondes qui passent de la mer au bateau, du bateau vers moi. Elles remontent dans mes jambes, roulent dans mes reins. L'amour peut-être. Etre le cheval et celui qui le chevauche. » L'écriture est lapidaire, à vif, comme le personnage de Lili. Le lecteur se prend lui aussi la vague en pleine figure, c'est d'une intensité rare...

J'ai été nettement moins convaincue par la seconde partie : Lili à terre, avec Jude, le Grand Marin alcoolique. L'amour, mais aussi l'ennui, terrible ennui, le besoin irrépressible de repartir en mer, de larguer les amarres encore une fois... Longue cette partie. L'ennui, il est aussi pour le lecteur. Je sais, c'est fait exprès :-/

Je vais me faire taper par les fans, mais j'ai trouvé l'histoire d'amour entre Lili et Jude,  ces "deux âmes blessées », un peu facile, prévisible, limite surjouée. En résumé, je n'y ai pas cru. Et puis, l'écriture perd peu à peu de son énergie, devient maladroite, alourdie par les répétitions. Je pense notamment à un passage où Lili se trouve sur un bateau avec un marin prénommé John. John, John, John... est répété quasiment à chaque phrase. J'aurais dû compter. Ça m'a exaspérée.

Je me serais pour ma part largement contentée de la première moitié du livre. La passion viscérale de Lili pour la pêche, sa volonté de fer, son épopée à bord du Rebel auraient suffi à faire un grand roman.

 Au fond, Lili n'avait pas besoin de Jude le grand marin... le Grand Marin, c'est elle.

"Tout court Lili, tout avance. L'océan, les montagnes, la Terre quand tu marches...Quand tu la parcours, elle semble avancer avec roi et le monde se déroule d'une vallée à l'autre, les montagnes, puis les ravins où l'eau déboule et s'en va vers le fleuve qui court vers la mer. Tout est dans la course Lili. Les étoiles aussi, la nuit et le jour, la lumière, tout court et nous on fait pareil. Autrement on est morts."

J'ai eu le plaisir de partager cette lecture avec mon amie Laure :) Merci à toi :)

Posté par Une Comete à 06:00 - - Commentaires [8] - Permalien [#]
Tags : , , ,

27 juillet 2016

En avant la musique :)

 

A mon tour... Et peut-être bientôt au vôtre !
Remplissons Facebook (et nos blogs) de musique, pour rompre la monotonie des selfies, de la politique, des polémiques et des mauvaises nouvelles...

Estelle m'a attribué la lettre J... ça tombe bien, j'adore Jamiroquaï :) et ce morceau en particulier. Et vous? ;)

Posté par Une Comete à 23:39 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags :

24 juillet 2016

Gourmandises des vacances- Soupe (rose !) de tomates au fromage

 

IMG_2417

Dans notre p'tite location estivale, il y a à peu près tout ce qu'il faut pour cuisiner un minimum et même plus ;) C'est agréable et inattendu car prévoyant la dech, j'avais prévu d'emmener mon économe, mon rasoir à légumes qui ne me quitte jamais sauf pour dormir, mon couteau à julienne et mon couteau en céramique. De quoi survivre en vacances ;)

J'ai commencé par une soupe froide toute simple et toute jolie dont la recette se trouve dans le magazine Gourmand n°349 (celui qu'on trouve à la caisse des supermarchés, avec la tête de Cyril Lignac dans un coin de la couverture) consacré à la tomate et qui regorge de recettes sympa !

Très très simple, à condition d'avoir un appareil pour mixer (j'ai trouvé un pied plongeant), de belles tomates, un concombre et du fromage frais. La recette préconise 4 grappes de tomates grappe, un demi-concombre et 4 kiris. Faute de kiris, j'ai utilisé un ersatz de fromage à l'ail et aux fines herbes et me suis contentée de 5 belles tomates rouges. J'ai mixé le tout longuement après avoir découpé mes tomates en morceaux avec la peau, mon concombre épluché et épépiné en cubes, débarrassé mon fromage de son papier d'emballage... Et voilà ! C'était bon et frais. Je n'ai pas pu m'empêcher de rajouter une lichette de vinaigre balsamique qui passait par ici et un filet d'huile d'olive qui passait par là dans les bols. Sel, poivre ! La soupe est rose, elle a pourtant bien le goût de tomates. Le fromage adoucit l'ensemble et la couleur semble-t-il. A déguster bien frais :)

 

            Bon dimanche et bonnes vacances ! 

 

logogourmandises-16

 

21 juillet 2016

L'érection- Jim et Lounis Chabane

album-cover-large-29213

«Vingt-cinq ans de complicité... c'est vingt-cinq ans d'érection, tu te rends compte? Un quart de siècle à ta gloire!»

 Une BD repérée chez Jérôme qui avait tout pour me plaire ! Mais oui, chers lecteurs à l'esprit mal tourné, j'adore les huis-clos, les histoires de couple toussa toussa... J'ai eu la joie de retrouver tout cela et plus encore dans cet album qui fleure bon le vaudeville -très moderne, d'où son intérêt-. « L'érection » ne ressemble à rien de ce que j'ai pu lire jusqu'ici, et je n'ai pas boudé mon plaisir;)

 Florent et Léa forment un ménage heureux depuis de longues années, même si Léa qui fête ses quarante-huit ans, ne se réjouit pas à l'idée de prendre une année de plus et s'interroge sur son pouvoir de séduction. Pour célébrer l'événement, le couple organise un dîner avec Alexandra, la meilleure copine de Léa et Jean-Fabrice, son compagnon. La soirée qui démarre de façon sympathique tourne au vinaigre mais pas pour les raisons que l'on imagine. Ici, pas d'amant caché dans le placard, pas de regard en coin entre Jean-Fabrice et Léa non plus, aucun secret fracassant déballé entre le champagne et les petits fours... Juste une érection malvenue, élément déclencheur inattendu qui laisse apparaître des fêlures dans le couple Florent-Léa.

 « L'érection » fait carton plein: ça parle de sexe, mais le sujet, délicat, est traité sans la moindre vulgarité. Les dessins sont élégants, hyper précis, expressions de visages, décors: tout est au cordeau. Les auteurs ont dû visionner pas mal de pièces de boulevard car les attitudes sont plus vraies que nature, les répliques font mouche, ça bouge, ça crie, ça s'énerve, ça pleure... On sourit pas mal, on prend fait et cause pour les personnages (Enfin Léa, calme-toi... et toi Florent, quitte cet air benêt et coupable, montre lui que tu en as) mais l'intérêt se situe bien au delà du drame bourgeois vaudevillesque. Sexe, désir, peur de vieillir, de ne plus séduire, de ne plus aimer et être aimé... thématiques très contemporaines qu'on imagine mal en BD et qui sont traités ici avec finesse. Jérôme parle de « fluidité » dans la lecture, je confirme. ça glisse tout seul, ça ne se lit pas, ça se dévore, même s'il faut y revenir ensuite pour apprécier l'extrême qualité du graphisme.

J'attends avec impatience la suite qui sera prometteuse, comme le laisse entendre la dernière case...   

                                       

jim-lounis-chabane-lerection-lit

Posté par Une Comete à 10:52 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , , ,

17 juillet 2016

Un après-midi plutôt gai- Mariette Condroyer

A72892

  "Tout cela pour un amour de rien, un amour qui aide simplement à passer les heures"

Je poursuis mon challenge personnel "un recueil de nouvelles par mois" avec cet "après midi plutôt gai" trouvé au hasard de fouilles sur internet, honoré par un prix Goncourt en 1993. Textes insolites, sujets étranges et clairement une déception pour moi, tant le premier texte m'a enchantée. Je pensais que le reste suivrait...

Dans ces nouvelles, les protagonistes se font face. Ils sont souvent deux, une mère et son fils, un conducteur et son passager, un écrivain et son secrétaire... Le lecteur est troublé car la victime ou le bourreau se confondent, les rôles ne sont pas aussi clairement définis que l'on pourrait le croire. Dans le premier texte intitulé "L'enfant otage" tout à fait excellent, une femme narre son affrontement avec son enfant : celui-ci se prétend "otage"... mais de qui? Les pistes sont brouillées, le malaise croissant... et le final percutant. Je me suis dit chouette, je tiens une pépite, j'en ai même fait lire un bout à ma copine Julie : "c'est incroyable, je te le prêterai", lui-ai je dit. Je ne suis plus très sûre que ça vaille la peine et puis le livre tombe en miettes, les pages se décollent, une occas' mais pas vraiment une affaire

Les autres nouvelles jouent également sur la dualité, le" légèrement décalé" par rapport à un univers qui nous est familier, par exemple dans "Un oiseau de passage"  où une femme se retrouve invitée dans sa propre maison- très bonne idée - mais elles ont moins de force. L'écriture de Mariette Condroyer est certes belle, les sujets sont originaux, mais l'auteure use et abuse d'effets qui de mon point de vue, ne sont pas nécessaires. Une espèce d'emphase, quelque chose de trop travaillé, de trop appuyé dans le style ont gêné ma lecture. Certains textes m'ont ennuyée, beaucoup m'ont laissée de marbre, et j'ai terminé ce recueil tant bien que mal en bâillant. 

"A l'école j'ai écrit qu'Arthur était malade. Vraiment personne ne s'est soucié de lui. Les gens ne sont pas curieux. Ils peuvent vous laisser sombrer sans s'inquiéter de quoi que ce soit. Ils posent peu de questions. Cette prétendue maladie a éloigné ses copains. Si vous êtes évasif pour parler d'un mal, les gens imaginent le pire. La femme de ménage par exemple n'est pas revenue. Elle avait peur de cet enfant qui restait enfermé dans sa chambre sans faire aucun bruit et dont la seule nourriture se résumait à des fruits et du pain"

Posté par Une Comete à 06:00 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,