Aux Bouquins Garnis

13 décembre 2017

Carnets noirs- Stephen King

CVT_Carnets-noirs_487

"Heureux les fêlés car ils laissent passer la lumière"

Je n'étais pas forcément tentée de lire la suite de Mr Mercedes, que j'avais trouvé excellent. Les suites, on le sait bien, ça passe ou ça casse... Et finalement, un jour comme les autres, c'est à dire un jour où j'avais envie de livres, j'ai acheté "Carnets Noirs". Ouf ! Il se trouve que ça passe, et largement :) 

Après une formidable et terrifiante entrée en matière, l'assassinat de l'écrivain John Rothstein, (pourquoi mais pourquoi ai-je pensé à Phillippe Roth tout au long du roman ;) adoré et maudit par ses lecteurs lorsqu'il prit sa retraite et abandonna du même coup son personnage culte Jimmy Gold, héros de la fameuse série "Le coureur", nous voilà plongés dans une sombre histoire de carnets, que l'un (Morris, le fan assassin) pensait posséder et que l'autre, le jeune Pete Saubers, grand lecteur et admirateur de Rothstein, mais qui lui, n'est pas fou, découvre par hasard dans une vieille malle où Morris les avait planqués. La famille de Pete est dans l'impasse depuis le massacre du Citycenter où Tom Saubers, le père, a été gravement blessé. Dans la malle se trouvent les carnets moleskine de Rothstein et de l'argent, beaucoup d'argent...

Bon sang, quel plaisir que ce roman ! Sans doute est-il arrivé à un moment où j'en avais besoin -après une lecture emmerdante au possible et finalement abandonnée-, sans doute est-il plein de défauts,- la traduction, notamment, est bizarroïde avec la supression de la plupart des négations... pour faire djeun? Mais King a t-il besoin de faire djeun ?!  Sans doute "Carnets noirs" est-il trop classique, ou pas assez, trop ci, pas assez ça...  Et pourtant, je me suis régalée ! J'ai adoré retrouver Bill Hodges, en pleine forme et au régime, son improbable Holly, son ami Jérôme, l'horrible Brady réduit à l'état de légume (humhum..) j'ai eu la frousse bien comme il faut et je trouve le talent de King toujours aussi étourdissant lorsqu'il s'agit de dépeindre les criminels les plus atroces et les adolescents aussi... Le personnage de Pete est très attachant, de même que celui de sa petite soeur et leur relation est belle et forte. J'ai aimé ne pas retrouver, comme on pouvait le craindre, un ressucé de Misery, mais une intéressante exploration des pouvoirs de la fiction, de l'amour inconditionnel, mêlé de haine, pour un auteur et son oeuvre... Pas de fantastique dans ces " Carnets noirs" mais on le sent poindre à certains moments et il fera sûrement son grand retour dans "Fin de ronde", dernier volume de la trilogie, que je lirai probablement cet été.

Du très bon King, une histoire extrêmement bien troussée, des méchants très méchants, un formidable suspense et des livres, des livres... Stephen je t'aime ! 

Un bon romancier ne crée pas les événements de son histoire, il les regarde se dérouler et ensuite il les écrit. Un bon romancier finit par réaliser qu’il est secrétaire, et non pas Dieu ».

 

Posté par Une Comete à 14:26 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,


03 décembre 2017

Gourmandises du dimanche- soupe aux saucisses de Montbeliard

 Voici une excellente soupe, dénichée chez Papilles et Pupilles, que je vous livre aujourd'hui :)

C'est une soupe en morceaux, en petits morceaux, il faudra vous armer de patience et couper tous les légumes en cubes.... Avec un peu de musique, un bon podcast, un livre dans les oreilles, ça passe tout seul. J'ai un peu revu les quantités à la baisse mais j'avais quand même une énorme marmite de soupe qui va nous faire des repas pendant quelques jours et c'est tant mieux, elle est excellente :)

j'ai utilisé :

2 oignons (émincés)

2 poireaux (coupés en fines tranches)

4 carottes ( coupées en cubes)

3 navets (coupés en cubes)

2 pommes de terre (coupées en cubes)

2 feuilles de chou kale coupées grossièrement

huile d'olive

sel 

2 saucisses de Montbéliard

2 cuillères à soupe de moutarde (au miel pour moi)

Faites revenir les oignons dans de l'huile d'olive, ajoutez tous les légumes coupés en cubes plus les feuilles de kale, remuez. Ajoutez de l'eau à hauteur, salez. Amenez à ébullition, puis baissez le feu et faites cuire 30 minutes à petits bouillons. Ensuite ajoutez les saucisses entières et prolongez la cuisson de 20 minutes. Enlevez les saucisses, découpez-les en rondelles, ajoutez deux belles cuillères de moutarde et remettez les saucisses dans la soupe. Remuez, mangez... c'est bon, ça ravigotte ! J'aime beaucoup l'idée de la moutarde qui donne une onctuosité originale à ce gros bouillon :)

Je vous souhaite un bon dimanche et vous envoie faire un tour chez Syl où ça sent déjà Noël !

                      

IMG_3055

Posté par Une Comete à 15:07 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , ,

29 novembre 2017

L'ordre du jour- Eric Vuillard

 

                      

acheter-Goncourt-2017-Ordre-du-jour-Eric-Vuillard-720x546

"Dans la vie des affaires, les luttes partisanes sont peu de chose. Politiques et industriels ont l'habitude de se fréquenter"
                                                                                             

Malgré ma déception de ne pas voir Alice Zeniter honorée du prix Goncourt, j'ai tout de même été contente qu'Eric Vuillard ait décroché la palme (et les dix euros...) parce qu'Eric Vuillard, c'est 14 juillet. Et 14 juillet, à mon avis, méritait toutes les récompenses, y compris le Prix Goncourt (si je me souviens bien, il n'était même pas dans la liste ! J'étais verte)...  Il y a eu aussi Tristesse de la terre, une bien belle lecture... Mais 14 juillet, quoi.

Donc L'ordre du jour.

Je l'ai lu en une soirée, le lendemain de sa consécration. Je ne perds pas de temps, parfois (j'ai mis tout de même un an avant de découvrir Bojangles et il m'a fallu une année pour me décider à lire Chanson douce, deux excellents romans qui prouvent que parfois, oui, je perds du temps). L'ordre du jour est un livre court (très court...), parfaitement écrit, comme toujours avec Vuillard qui de sa plume fougueuse s'empare avec brio de sujets historiques a priori ingrats. Ici, donc, ce sont les coulisses de l'Anschluss et son cortège de pleutres, de cyniques, manipulés et manipulateurs à la solde d'Hitler que l'auteur donne à voir, grâce à quelques scènes qui marquent les esprits, telle la confrontation entre Hitler et Schuschnigg, chancelier autrichien dont la veulerie serait presque drôle si les conséquences de sa rencontre avec Hitler n'avaient pas été aussi catastrophiques. Il y a aussi la panne de panzer, parfaitement incongrue, à l'heure où l'Autriche est sur le point d'être envahie... Autant de moments où Vuillard fouaille le ridicule, le parfaitement minable, qui font froid dans le dos.

 il manque pourtant à ce roman la brûlante énergie qui se dégageait du récit de la prise de la Bastille, qui je l'ai dit et je le répète, a été injustement oublié des différents prix (il en a peut-être obtenu un ou deux mais je ne sais même pas lesquels). Si L'ordre du jour ne manque évidemment pas d'intérêt et se lit très bien (c'est Vuillard quand même) il ne m'a pas passionnée autant que je l'espérais. Il est si court que je me suis sentie gentiment frustrée en tournant la dernière page. C'est déjà fini? J'aurais pu m'impliquer davantage dans ma lecture avec, disons, cinquante pages de plus. Peut-être. Ou pas. 

Sans doute attendais-je trop de ce roman car au cas où vous ne l'auriez pas compris, l'an dernier il y avait 14 juillet... Celui-ci m'a semblé non seulement trop court mais moins bon.

"On ne tombe jamais deux fois dans le même abîme. Mais on tombe toujours de la même manière, dans un mélange de ridicule et d'effroi. Et on voudrait tant ne plus tomber qu'on s'arc-boute, on hurle. A coups de talon, on nous brise les doigts, à coups de bec on nous casse les dents, on nous ronge les yeux. L’abîme est bordé de hautes demeures. Et l’Histoire est là, déesse raisonnable, statue figée au milieu de la place des Fêtes, avec pour tribut, une fois l’an, des gerbes séchées de pivoines, et, en guise de pourboire, chaque jour, du pain pour les oiseaux".

 

Posté par Une Comete à 21:20 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , ,

27 novembre 2017

La bonne nouvelle du lundi- Le traducteur cleptomane, Dezso Kosztolanyi

couv_tr

"Toute proportion gardée, l'homme est bien petit, le monde assurément bien grand."

Je n'ai pas chroniqué de recueils de nouvelles depuis un petit moment et voilà que je tombe presque par hasard sur ce petit bijou de la littérature hongroise, sur lequel je vous conseille de vous précipiter et qui m'a redonné l'envie de me jeter sur mon clavier ! Ces onze nouvelles sont si excellentes qu'il m'a été impossible d'en choisir une à présenter pour le rendez-vous du lundi de Martine. Chez Dezso Kosztolanyi, tout est bon, délicat, grinçant, débordant d'imagination et si drôle !

L'alter ego de l'écrivain, un certain Kornel Esti, anarchiste raffiné, écrivain, poète maudit, voyageur, est le narrateur de ces histoires où l'absurde devient philosophie, mode de pensée, art de vivre. Dans le Budapest des années 30, Kornel évoque un Président qui a fait de son sommeil une oeuvre de salut public, un traducteur brillant mais cleptomane, un homme que son excès d'argent embarrasse... Kornel se met parfois en scène et narre son aventure dans une ville où la franchise n'est pas un défaut- lisez pour comprendre, je reste volontairement énigmatique-. Ailleurs, il converse avec un contrôleur de train sans comprendre un traître mot de sa langue- celle-ci est vraiment trop drôle, je souris encore en y pensant- ou critique avec conviction un manuscrit qu'il n'a pas lu. La jubilation de l'auteur à placer ses personnages dans des situations invraisemblables ou étranges est communicative : on rit et on s'émeut, car si le trait est féroce, le regard est plein de compassion. L'humour de Kosztolanyi est caustique et élégant, jamais cynique, et l'écriture est belle, vraiment.

En terminant le recueil, je ne suis pas loin de crier au génie !

Merci à Lecture-écriture d'avoir piqué ma curiosité en proposant de découvrir cet auteur injustement méconnu.

 

 

" Mes amis, un dormeur, c'est quelqu'un qui comprend toujours et toujours pardonne. Un dormeur ne peut jamais être un ennemi. Dès qu'un homme s'endort, il tourne le dos à la vie, à toute haine, toute méchanceté cesse d'exister pour lui, comme pour un mort."

                                               

bonnenouvellelundi

 

Posté par Une Comete à 06:06 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : ,

26 novembre 2017

Gourmandises du dimanche- cake bocal aux carottes et au graines

Cake-Bocal_reference

Cette semaine, j'ai eu envie de tester quelque chose de joli et d'amusant : les cakes en bocal. J'ai acheté un petit bouquin sur le thème il y a un mois ou deux et il était resté dans mon placard. Rien d'extravagant dans mes cakes au carottes, graines et ciboulette ( à l'origine basilic) mais la présentation est sympa ! Elle mérite d'être un peu plus soignée pour mes prochains essais ( bien graisser les bocaux pour se simplifier le démoulage et surtout choisir des bocaux droits -type confiture B-M- sinon vous aurez des problèmes...

Pour réaliser quatre cakes aux carottes en bocaux, il faut :

4 bocaux huilés soigneusement au pinceau

150 g de carottes râpées 

3 oeufs 

180 g de farine

10 cl d'huile d'olive

  10 cl de lait                                                                    

1 pincée de sel

Un mélange de graines (pour moi tournesol et courge)

De la ciboulette

2 cuillères à café de levure chimique

Battez les oeufs légèrement avec l'huile et le lait dans un saladier. Râpez les carottes épluchées et lavées. 

Ajoutez dans le saladier la farine, la levure, les carottes, la ciboulette et les graines (conservez-en quelques unes pour la déco) Mélangez bien.

Versez dans les bocaux pas remplis jusqu'en haut, sinon ça déborde. Saupoudrez du reste de graines. Enfournez à 170°C (préchauffage) pendant 25 ou 30 min.

Pour démouler chaud, passez une lame de couteau, délicatement, autour du cake et tirez doucement vers le haut. La prochaine fois, je mettrai un rond de papier sulfurisé au fond des bocaux.

Si vous démoulez froid, il faut faire la même chose puis renversez et tapez le fond du bocal avec la main.

C'était bon et plutôt joli mais il aurait fallu un assaisonnement plus conséquent. Mon mari pense à des lamelles de chorizo pour twister, par exemple.

 Les bocaux se conservent une semaine au frais, couvercles bien fermés.

On peut même les stériliser ou les congeler...

Nous on les a mangés sans délai !

Les marmitonnes, comme toujours, se retrouvent chez Syl

 

      

IMG_3049

                                                                   Avant cuisson

                                                                   

FullSizeRender

                                                                   Après cuisson

 

 

 

 

 

Posté par Une Comete à 06:00 - - Commentaires [10] - Permalien [#]
Tags : , ,


20 novembre 2017

"C'est lundi ! Que lisez-vous?"

75660976

Je suis plongée dans un roman au titre énigmatique :" De l'influence de David Bowie sur la destinée des jeunes filles" de Jean-Michel Guenassia.

"Je refuse de choisir mon camp, je préfère le danger de la frontière"

Et vous que lisez-vous?

D'après une idée de Galleane

Posté par Une Comete à 06:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

19 novembre 2017

Gourmandises du dimanche- Queue de boeuf à la romaine (coda alla vaccinara)

 

                               

IMG_3036

                             

 

Après le chou-fleur... la queue de boeuf. Encore un ingrédient hyper glamour et chic sur ma table cette semaine, une petite viande mijotée dans une sauce tomate onctueuse et bien rouge, que je vous recommande vivement ! En cuisine, comme ailleurs, il faut tenter des choses et combattre les préjugés ! La queue de boeuf c'est pas beau mais c'est vraiment bon :)

Sur le blog Un déjeuner de soleil, où j'ai trouvé la recette, Edda utilise un kilo de queue, j'en avais seulement pour 750g (mon boucher n'avait plus que cette quantité à me proposer). Sachant qu'il y a pas mal d'os autour de la viande, cela avait vraiment un goût de trop peu. Donc, un kilo pas moins, pour un plat consistant et des restes le lendemain et le jour suivant.

Donc, il vous faut :

  • Une queue de boeuf coupée en tranches (1 kg environ)
  • 1 l de coulis de tomates  de qualité (bio d'une marque connue pour moi)
  • Une tranche de poitrine de porc fraîche de 1 cm (ou 50 g de lard)
  • 4 branches de céleri un peu fermes (3 pour moi)
  • 2 verres de vin blanc sec
  • 2 carottes
  • 1 oignon
  • 1 gousse d'ail coupée en deux
  • un piment oiseau (pas mis)
  • quelques feuilles de persil plat (pas mis)
  • huile d'olive vierge extra
  • sel 

Emincez l'oignon, le céleri (une ou deux branches), les carottes (ces deux derniers en tronçons).

Dans une sauteuse, faites revenir le lard (+ 2 c à soupe d'huile d'olive) et ajoutez la queue de  boeuf. Faites rissoler à feu moyen, ajoutez les carottes, l'ail, l'oignon, le céleri. Faites revenir deux minutes. Versez le vin, laissez mijoter pendant dix minutes. Ajoutez la sauce tomate et un peu d'eau, laissez cuire à feu doux et à couvert au minimum 4 heures. Surveillez et n'hésitez pas à rajouter un poil d'eau pour éviter que la viande n'accroche. Lorsque la viande se détache de l'os, elle est cuite. Quinze minutes avant la fin de la cuisson, intégrer la dernière branche de céleri en morceaux. On avait faim, j'ai totalement oublié !

A déguster avec des patates, de la polenta, des pâtes fraîches, ou du bon pain de campagne, comme le veut la tradition !

A table...

Bon dimanche ! chez Syl aussi ça mijote ! :)

     

logogourmandises2017 - copie

 

Posté par Une Comete à 13:50 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
Tags : , , ,

16 novembre 2017

Hérésies glorieuses- Lisa McInerney

product_9782072702723_195x320

"Ça ne te suffit pas de ressentir les choses, gamin. Non, toi tu veux les ressentir, mais dix fois plus fort."

Ça se passe à Cork, en Irlande. Un homme vient de mourir, sous les coups de Maureen, une vieille dame au tempérament de feu. L'arme du crime? Une statuette religieuse avec laquelle elle lui a fracassé le crâne. L'homme est entré chez Maureen par effraction et à présent il faut se débarrasser du cadavre qui gît dans la cuisine. Jimmy, le fils de Maureen, gangster local dont la dangerosité n'est plus à prouver, est chargé de sortir sa mère du pétrin. C'est à Tony, un alcoolique veuf et déprimé, père de six enfants, qu'il confie la mission de faire disparaître le mort. Tony n'a pas d'autre choix que d'accepter. Parallèlement son fils Ryan, quinze ans, flirte avec la délinquance et vit une folle histoire d'amour avec Karine, une jolie jeune fille de bonne famille qui ne parvient pas, malgré leur passion réciproque, à le remettre dans le droit chemin... Et puis il y a Georgie, une prostituée, ancienne compagne du mort, qui le cherche partout et du coup, devient très gênante. Et aussi Tara Duane, la voisine de Tony, qui lui voue une haine farouche... Tout ce petit monde va se croiser, s'entrechoquer et forcément, ça va faire très mal.

Etonnant livre qui nous raconte l'Irlande des laissés-pour-compte, des chômeurs minés par la drogue, l'alcool, la prostitution. Les héros de ce roman, ou plutôt les anti-héros, ont tout perdu donc plus rien à perdre, ou s'attachent au contraire à démolir alors qu'ils pourraient construire... Ryan est jeune, beau, pas bête du tout, il aime une fille qui l'aime aussi, ce qui ne l'empêche pas de se détruire et de faire le mal autour de lui... Et Tony qui s'enfonce, et Georgie qui voudrait, oh oui, voudrait vraiment arrêter la prostitution et récupérer sa petite fille, confisquée par la famille du père. Pas si facile, quand on est sans ressources... le malheur semble coller à la peau des irlandais de Cork, qui ont pour uniques choix "l'aéroport et la file d'attente du chômage", dans un pays "niqué".

Ces "Hérésies glorieuses" pourraient être tout simplement tragiques, nous faire pleurer du début à la fin et nous faire dire que la vie est trop moche quoi, mais il y a dans le propos une crudité, une truculence, un côté "Tarentino" assez jouissif. On rit parfois de cette ambiance volontiers clownesque, estomaqués ça ou là par un passage, une phrase qui laissent coi... et une complexité des personnages assez inattendue. J'ai redouté une certaine complaisance dans la dinguerie, l'amoralité et m'en suis même agacée à certains moments de ma lecture. Je me suis dit " là c'est trop". Et puis finalement non. J'ai fini le livre hier et je continue à penser à Ryan. 

Un roman hautement recommandable, que je dois à... Cuné. ( Etonnant :)

"La ville fonctionne au niveau macro, mais qu'est-ce d'autre que les souffles, pulsations, déglutitions, sudations, souffrances et extases de cent mille petites vies?"

 

 

 

Posté par Une Comete à 22:10 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
Tags : ,

12 novembre 2017

Gourmandises du dimanche - Chou-fleur week !

 

jNac

Cette semaine, on a mangé du chou-fleur. Deux fois. Un record car c'est un légume que je n'aime pas vraiment, rapport à son odeur, son goût, sa couleur, sa texture, ses fleurettes toutes moches... contrairement au brocolis. Le brocolis c'est la vie après les spaghetti, mais ce n'est pas de lui dont je vais vous parler ce matin. Aujourd'hui, c'est le chou-fleur, rentré en grâce, qui est la vedette de ce dimanche. Si vous êtes toujours là... je vous livre deux recettes où ce légume se révèle tout à fait délicieux !

La première, je l'ai trouvée chez Papilles et Pupilles. Il s'agit d'un filet mignon de porc à la moutarde accompagné de chou-fleur rôti. C'est simple comme bonjour. Une régalade.

Vous achetez un filet mignon (porc ou veau), 8 tranches fines de lard fumé, un chou-fleur, de la crème (semi-épaisse pour moi), de la moutarde en grains (au miel pour moi) à raison d'une grosse cuillère, de la muscade ou tout autre épice, du romarin.

Vous étalez vos tranches dans un plat à four, vous déposez dessus votre filet, vous l'emmaillotez avec les tranches. Il doit être emmailloté comme un enfant qui vient de naître. Vous parsemez de romarin. Vous nettoyez votre chou-fleur, vous enlevez la base, vous détachez les fleurettes. Vous les déposez dans un saladier et les arrosez d'un mélange moutarde, crème, épices. Vous veillez à ce que vos fleurettes (non précuites !) soient bien enrobées, vous les déposez dans le plat, autour du filet mignon. vous enfournez (préchauffage 180°C) et vous laissez cuire une bonne heure. Papilles dit 40 minutes, pour moi c'est trop juste. Pour éviter que le rôti ne sèche, vous pouvez couvrir à mi-cuisson (alu ou couvercle). J'ai complété avec du riz blanc et bonjour la compagnie... on a trop bien mangé. Fleurettes dorées et bien cuites, filet mignon parfait, pas sec du tout. Ouahhh

La seconde recette, c'est une tarte de chez marmiton.org. Une tarte mes amis, au chou-fleur, au chèvre et lardons (allumettes de jambon pour moi). Là aussi, c'était delicious !

Sur un fond de pâte à tarte brisée (maison pour moi) mais une pâte du commerce fera aussi l'affaire, vous étalez des rondelles de chèvre (une bûche), des alumettes de jambon, un chou-fleur précuit environ 8 minutes (en fleurettes bien sûr), vous versez sur le mélange une brique de crème battue avec deux oeufs, de la muscade ou une pointe de coriandre moulue. Vous enfournez (préchauffage 180°C) environ 45min (ça dépend de votre four, chez moi la cuisson a été un peu longue) et vous dégustez, bien chaud. Je vous jure que le chou-fleur est devenu un ami après ces deux recettes !

A la semaine prochaine pour une autre recette hyper glamour (si si... je vous parlerai tripailles et abats... je sens que je vais accroître considérablement la fréquentation de ce blog)

En attendant, on va faire un tour chez Syl :)

 

                              

IMG_0099

 

                                                        

IMG_3032

 

 

 

Posté par Une Comete à 13:02 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :

10 novembre 2017

Grossir le ciel- Franck Bouysse

                "C'est un drôle de cadeau, la vie... ça se refuse pas, n'empêche, on se demande parfois si y aurait pas mieux à faire que de l'ouvrir sans savoir ce qu'il y a dedans".

sans-titre

Gus et Abel sont voisins et partagent depuis quelques années quelque chose qui ressemble à de l'amitié. Les deux vieux paysans s'entraident parfois et il leur arrive de se retrouver devant une bouteille de rouge ou un coup de gnôle, lorsque l'hiver est trop rigoureux et la solitude trop pesante. C'est que la vie est rude au fin fond de la campagne cévenole, on vit de peu, entre les vaches, les veaux, les travaux de la ferme, un chien prénommé Mars et quelques lourds secrets qui traînent et bien sûr ne manqueront pas de faire surface, lorsque meurt l'Abbé Pierre...

Je dis bien sûr et pourtant rien n'est ordinaire et attendu dans cet excellent roman grâce auquel je découvre Franck Bouysse : dans ce huis-clos enneigé, loin de tout, la montée de l'angoisse, lente et progressive, est d'une efficacité remarquable. Quelques personnages inquiétants (les fameux "suceurs de bible") vont et viennent et imprègnent le roman d'une sourde inquiétude, jusqu'au drame qui nous fait dévorer les trente dernières pages avec précipitation. Le tout raconté dans une langue superbe, à la fois rugueuse et poétique, un sens du dialogue (que de magnifiques échanges entre les deux taiseux !) d'une qualité rare, une précision dans les détails, dans la description du quotidien, époustouflante. J'ai terminé ce roman le coeur serré et le souffle court. J'en redemande.

 

"Il y avait aussi des couleurs qui disaient les saisons, des animaux, et puis des humains, qui tour à tour espéraient et désespéraient, comme des enfants battant le fer de leurs rêves, avec la même révolte enchâssée dans le cœur, les mêmes luttes à mener, qui font les victoires éphémères et les défaites éternelles."

"Au moins il n'y avait pas de femme pour leur jeter la pierre, pas de môme pour leur percer les tympans, rien ni personne pour leur faire des reproches. La liberté en quelque sorte. S'en convaincre".

    

 

Posté par Une Comete à 14:25 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,