Aux Bouquins Garnis

26 août 2018

Gourmandises des vacances - Salmojero (soupe froide espagnole)

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Cette soupe froide nous a ravis, un soir où il faisait bien chaud ! C'est chez Papilles et Pupilles, comme souvent, que je l'ai repérée.

Il s'agit d'une soupe espagnole type gaspacho, mais plus épaisse car elle est composée de tomates mais aussi de pain. Terriblement bonne, fraîche et rassasiante ! J'ai adapté les proportions à ma convenance, j'ai notamment baissé la quantité d'huile. Ne me tombez pas dessus les copains espagnols, ce n'est peut-être pas un salmojero authentique, mais c'était bien bon, et moi en cuisine, je suis partisane (ou partisante, je ne sais jamais) du "on fait comme on peut et surtout comme on veut"...

Pour une soupe qui fera au moins deux repas, il faut :

4 belles tomates (Papilles en met 8, mais les miennes étaient très dodues et extrêmement juteuses)

200 g de pain rassis (je l'ai fait rassir moi-même, passage au micro-ondes puis au four quelques minutes, ça marche bien)

1 gousse d'ail

1 g de sel ( chez Papilles c'est 20 et ça me paraît curieux...)

 20 ml d'huile (200 chez Papilles)

un petit verre de vinaigre de xérès

Pour enrichir la soupe, on peut la parsemer de brisures d'oeuf dur, de lamelles de jambon ibérique, d'oignon blanc...

J'ai mis de l'oeuf et des oignons, c'était top !

Coupez le pain en morceaux, mettez-le dans un bol, pelez et épépinez les tomates que vous déposez sur le pain (j'ai pelé mais moyennement épépiné)avec l'ail, le sel et l'huile. Mélangez, laissez mariner au moins 3h au frais. Au bout de ce temps, mixez bien, allongez avec un peu d'eau si la soupe vous paraît trop épaisse (mais pas trop, c'est le principe de cette soupe d'avoir de la texture), remettez au frais avant de servir et proposez le topping dans des petits bols...

Miam !!!!!!!!!!

Les tomates doivent être très juteuses, sinon ça marche moins bien...  

             

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20 août 2018

Goat Mountain- David Vann

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"Nous étions toujours occupés à tuer quelque chose, c'était comme si nous avions été mis ici-bas pour tuer"

Un jeune garçon de onze ans, son père, son grand-père et un ami de la famille s'en vont chasser le gibier sur les terres familiales de Goat Mountain. Pour la première fois, le gamin participera à la chasse "activement", il deviendra un homme après avoir tiré son premier cerf. 

Mais les choses tournent au drame lorsque le gamin, à qui son père a confié la carabine, abat de sang froid un braconnier qui passait par là. Son absence de remords, sa jouissance d'avoir tué, suscitent l'horreur et pose mille questions : que faire du mort? Que faire du gosse? Le dénoncer? Porter le chapeau à sa place? Tout est envisagé, même de le faire disparaître, cet enfant aux noirs instincts. Les hommes s'affrontent, se haïssent, mais la chasse se poursuit, avec un cadavre sur les bras, au beau milieu d'une nature sauvage et écrasante...

Je me demande comment je suis parvenue au bout de ce livre terrible, une véritable épreuve de lecture dont on ne ressort pas indemne. J'aime que les livres me bousculent et j'avais tellement aimé mon premier David Vann (Sukkwand Island)... ça doit être pour cela que j'ai tenu bon, en souvenir de Sukkwand Island -qui n'était déjà pas franchement rigolo- malgré l'horreur présente à chaque page- on est chez les sauvages, carrément- l'atrocité de certaines scènes (l'agonie du cerf décrite avec force détails est à hurler, de même que le rituel qui consiste à dévorer son foie et son coeur...), les réflexions métaphysiques et religieuses plombantes, un peu brin lassantes -le mal est ancestral et le désir de tuer remonte au origines, nous  assène le narrateur devenu adulte, donc impossible de lutter, on est là pour se faire la peau-  et cette écriture si particulière, si rugueuse, toute en phrases osseuses, dépourvues de verbe, une écriture qui fait ressentir tout autant qu'elle montre... on reçoit cette violence en pleine face et ça indispose (ahem...) forcément.

Je ne suis pourtant pas maso. Il n'y a absolument rien de plaisant dans cette lecture mais l'auteur fait montre d'un talent exceptionnel pour décrire l'immonde, pour mettre en évidence la noirceur des êtres, certains passages sont très intenses (ce grand-père terrifiant, qu'on devine prêt à tout "tu as tué on doit te tuer...") et la fin du roman est à tomber par terre. J'aime les écrivains jusqu'au-boutistes, je les admire. David Vann, il ne fait pas dans sa culotte...

Cela dit, pas sûre que j'aurai envie de le relire, en tout cas pas dans l'immédiat (je vais attendre au moins cinq ou six ans, il aura vieilli et moi aussi).

Je suis sortie de ce livre complètement rincée. 

"Je pense qu'un enfant ne peut rien faire d'autre que d'ingérer son parent, de l'engloutir tout entier et de l'arracher à ce monde, tout le reste n'est que déception"

 

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15 août 2018

Apatride -Shumona Sinha

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"Esha n'aimait pas la réalité, mais une version fictive de la réalité"

Mina et Esha sont indiennes. La première vit en Inde, au Bengale, dans l'ignorance et la pauvreté, embarquée dans un mouvement d'insurrection paysanne qui la dépasse. La seconde a quitté Calcutta pour étudier en France où elle est devenue prof d'anglais. La France, Esha en a rêvé, à sa condition de femme soumise et misérable elle a pensé échapper. Entre Mina et Esha, il y a aussi Marie, adoptée (vendue?) à des français lorsqu'elle était bébé, à la recherche de ses origines indiennes...

Ce roman traînait dans ma PAL depuis pas mal de temps, je ne regrette pas de l'en avoir sorti, il est court, intense et très impressionnant. Mina et Esha, qui ne rêvent que de liberté, sont immanquablement rattrapées par la violence exercée sur les femmes et sur le corps des femmes, en Inde comme à Paris...

"Apatride" est un roman dont la lecture met profondément mal à l'aise, le propos est désespérant, les portes ne cessent de se fermer pour ne pas se réouvrir, en tout temps en tout lieu, les femmes souffrent et l'obscurantisme, la brutalité, font loi. Médusée devant tant de violence, je me suis demandée si Shumona Sinha n'avait pas forcé le trait, en particulier lorsqu'elle décrit les relations entre Esha et ses élèves, les violences dont Esha est victime au quotidien (le monde semble s'être ligué contre elle, elle subit des agressions incessantes parce qu'elle est étrangère, parce qu'elle est femme, est obligée de déménager sans cesse...) Il semblerait hélas qu'"il y ait peu d'imagination" pour reprendre la formule de l'auteure invitée à la Grande Librairie ( entretien ici).

"Apatride" est une lecture coup de poing - les dernières pages sont absolument  mémorables- sa noirceur étant à peine adoucie par une écriture très belle, chatoyante et métaphorique. A lire, avec précaution pour les âmes sensibles...

 "Certains hommes aimaient les femmes comme ils aimaient la terre, dans l'illusion de pouvoir les modeler avec rage et violence"

 

 

 

 

 

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13 août 2018

Gourmandises des vacances- tarte rustique fraises et thym citron

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Me revoilà côté cuisine avec une connexion bredouillante et une jolie tarte aux fraises et thym citron, confectionnée avant mon départ en vacances. Après il a fait trop chaud...

Cette recette est tirée du magazine" Cuisine Actuelle" du mois d'août 2018 et fut une réussite malgré quelques craintes au moment de la cuisson. Les fraises rendent pas mal de jus et j'avais peur que ma pâte soit détrempée. Eh bien pas du tout, la Comète elle a tout bien fait comme il faut et la tarte était très bonne, la pâte bien croustillante ! Il faut juste bien enduire les fruits de sucre et de farine comme l'indique la recette.

Pour réaliser cette tarte au parfum amusant et original (le thym citron s'accommode très bien de la fraise, en fait il l'aime) il faut :

Pour la pâte :

-1 jaune d'oeuf

-60 g de beurre

-1 cuillère à café de sucre

-150 g de farine

-1 pincée de sel

La garniture :

-500 g de fraises

-3 branches de thym citron frais ( 1 cuillère à soupe de thym citron séché pour moi)

-1 oeuf

-6 cuillères à soupe de sucre

-3 cuillères à soupe de farine

Versez la farine dans le bol du robot, ajoutez le beurre froid découpé en dés, le sucre, le sel et le jaune d'oeuf. Mixez jusqu'à obtenir des "gros pois" puis ajoutez peu à peu 10 cl d'eau froide jusqu'à formation d'une boule. Ma pâte était trop collante, j'ai dû rajouter un peu de farine. Couvrez et laissez reposer au frais minimum une heure.

Préchauffez le four th.6 7

Etalez la pâte au rouleau sur 3 mm d'épaisseur puis déposez-la sur une plaque recouverte de papier sulfurisé. Equeutez les fraises et coupez-les en deux ou trois dans le sens de la longueur, mélangez-les avec le thym, la farine et 5 cuillères de sucre. Versez-les sur la pâte et répartissez-les jusqu'à 5 cm du bord. Repliez le pourtour de la pâte vers l'intérieur et enduisez d'oeuf battu le pourtour avec le reste de sucre. C'est le petit truc très à la mode en ce moment qui fait rustique... 

Au four 30 min jusqu'à ce que la pâte soit bien dorée :)

Bon appétit malgré la chaleur, c'est important de manger ! :))

            

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11 août 2018

Le dernier bain- Gwenaële Robert

 

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  "La vérité n’est pas toujours au-dessus, mais en-dessous"

Juillet 1793. Au 30 rue des Cordeliers, à Paris, réside le député Montagnard Marat. Atteint d'une maladie incurable que seuls des bains de soufre et les soins diligents de sa compagne Simone parviennent à soulager, "l'ami du peuple" ignore que ses jours sont comptés. Dans quelques heures, il mourra pourtant de la main de la jeune Charlotte Corday.

 Comme Charlotte, fraîchement débarquée de Caen, deux autres femmes, l'anglaise Jane Ashley et Marthe Brisseau, la robuste lingère de Marie-Antoinette emprisonnée au Temple, projettent elles aussi d'assassiner le révolutionnaire. Elles ne se connaissent pas, ne feront que se croiser et ont toutes les trois des raisons d'en vouloir à la vie de celui que le peintre David immortalisera dans son fameux tableau (et des raisons, totalement imaginaires, de ne pas aller au bout de leur projet pour deux d'entre elles). Marat, que son ami représente tel une figure christique, nue et blanche, aurait été victime de sa trop grande "bienveillance". Charlotte Corday lui aurait en effet demandé audience dans le but de l'assassiner.

 Sous le vernis de la toile de maître, que l'auteure nous invite à gratter, la réalité apparaît toute autre: confiné dans sa baignoire, Marat le sanguinaire signe avec une ferveur morbide la condamnation de tous les prétendus ennemis de la République, aidé dans sa sinistre tâche par le peuple qui a pour nouveau dieu la délation. Théodose, jeune prêtre défroqué, devenu écrivain public pour survivre, devient à son corps défendant, l'auteur de ces lettres de dénonciation adressées au 30 rue des Cordeliers. Théodose craint pour sa vie: l'époque est impitoyable envers les nobles, les prêtres et tous les représentants- ou supposés représentants- de l'Ancien Monde...

Dans ce très beau roman, que j'ai eu la chance de découvrir en avant-première, Gwenaele Robert mêle avec adresse la petite histoire à la grande, faisant revivre avec un réalisme formidable Paris sous la Terreur, entre liesse et meurtres de masse, manipulation de la foule eh oui, les temps changent et pourtant rien ne bouge qui crève encore et toujours de faim mais n'en a plus cure, c'est là toute la différence, et se fait joyeusement complice de la mort des amis, des voisins... La réalité - extrêmement bien documentée, un travail remarquable de reconstitution historique auquel s'est attelée Gwenaële Robert- croise la fiction avec brio et les épisodes tragiques, fictifs ou bien réels, que narre l'auteure, épouvantent autant qu'ils émeuvent. Le cocher et son Christ tatoué dans le dos, marque de l'infâmie en ce Nouveau Monde, le perruquier qui perd deux fois son fils, la lingère, emportée par l'indignation, la reine déchue à qui on arrache son enfant... tous ces personnages, imaginaires ou pas, sont saisissants, portés par une écriture au plus près de leurs pensées, de leurs actes, qui nous les rend de ce fait très attachants.

Comment ne pas être ému par le calvaire de Marie-Antoinette, se vidant peu à peu de son sang, se laissant lentement mourir lorsqu'elle est brutalement séparée de son petit garçon? "Un étage seulement les sépare. La reine retient son souffle avec l'espoir fou d'entendre celui de son fils, les battements de son coeur de huit ans. Mais le sol est dallé de pierre et les pierres sont muettes (...) Demain elle collera  son oreille sur le sol, elle cherchera une fissure, elle essaiera d'aménager une trappe. Elle donnerait le peu qui lui reste pour entendre sa voix claire (...) Le peu qui lui reste, c'est-à-dire sa vie même". La dignité et le courage de la jeune Charlotte face à ses juges est aussi un grand moment de littérature : "dans cette tragédie, il n'y a qu'un grand rôle, c'est le sien".

Le talent de l'auteure est tel qu'on oublie très vite ce qui relève du roman ou de la réalité, les deux se confondant avec un parfait naturel. Personnage historique, héros de roman... On finit par ne plus s'en préoccuper, l'essentiel étant dans l'énorme plaisir de lecture que ce roman procure. Histoire, émotion, tension dramatique, beauté de la langue... tout y est. 

Je suis d'autant plus ravie d'avoir aimé ce livre qu'il m'a été gentiment proposé par Gwenaële Robert, dont le premier roman fut un coup de coeur, et les Editions Robert Laffont. Dans ce cas précis, aucun scrupule à chroniquer un roman offert par l'auteure, qu'on craindrait de vexer le cas échéant etc. Le problème des SP, vous savez. On veut rester honnête à tout prix, mais pour ma part, je ne le suis jamais sans peur de blesser. Je suis donc soulagée à double titre, vous n'imaginez pas... Ce roman est un régal, je peux le dire, je peux l'écrire avec enthousiasme, Gwenaële Robert ne me déçoit pas. Je dis chapeau, après "Tu seras ma beauté" il fallait le faire ! (double effet kiss cool)

J'espère que Gwenaële Robert ne sera pas la grande oubliée des prix de l'année 2018. On a tôt fait, je trouve, d'oublier les vrais bons livres, avec la tornade de la rentrée et ses habitués des têtes de gondole...

Merci à elle et aux Editions Robert Laffont pour leur confiance.

 J'ai le plaisir de partager cette lecture avec ma copine Pousse, dont le billet est ici

 « Pardonnez-moi, mon cher Papa, d’avoir disposé de ma vie sans votre permission. » (lettre de Charlotte Corday à son père, la veille de son exécution)

 

 

 

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21 juillet 2018

Gourmandises des vacances- salade de courgettes grillées pignons menthe et fromage, Laurent Mariotte est dans la place !

 

 

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J'aime beaucoup les recettes de Laurent Mariotte et ses petits plats en équilibre : toujours accessibles, toujours de saison...  Je lui ai piqué ses courgettes grillées à la plancha ou barbecue (à la poêle, ça le fait aussi, car je n'ai ni plancha ni barbecue) et nous nous sommes régalés !

Pour un joli saladier de courgettes, il vous faut :

6 courgettes (3 jaunes 2 vertes)

30 g de pignons (plus pour moi, une très grosse poignée, j'adore ça)

1/2 bouquet de menthe

1 citron (le zeste, j'ai oublié)

1 cuillère à soupe de vinaigre balsamique

huile d'olive

Un morceau de tomme de chèvre (miam...)

Lavez et épluchez les courgettes (une bande sur deux)

Coupez-les en tronçons d'environ 3 cm, arrosez-les d'un gros filet d'huile d'olive.

Disposez les courgettes dans la poêle (feu moyen) debout, faites les cuire quelques minutes en les retournant de temps en temps avec une pince. Elles doivent rester un peu croquantes. Ensuite, mettez un couvercle par dessus pour une mini cuisson à l'étouffée 3 ou 4 minutes ( un peu plus pour moi)

Parallèlement, faites griller des pignons (allé-retour à la poêle)

Mettez les courgettes dans un saladier, ajoutez le vinaigre, mélangez, ajoutez les pignons, la menthe ciselée, sel, poivre et des lamelles de tomme de chèvre (à l'économe) par dessus. 

C'est beau et bon ! (Si vous pouvez, ne zappez pas le citron, ça donne du peps)

On a mangé cette salade à peine tiède, froid ça doit être bien aussi :)

          Bon app' !

                         

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19 juillet 2018

Dans la forêt- Jean Hegland

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"J'ai vécu dans une forêt de chênes toute ma vie, et il ne m'est jamais venu à l'idée que je pouvais manger un gland"

Nell et sa soeur Eva s'apprêtent à vivre un étrange Noël. Leurs parents sont morts, les jeunes filles vivent seules, dans une propriété aux abords de la forêt, sans électricité, sans essence, sans contact extérieur autre que des échos assourdis (certains partent à l'Est où la situation serait meilleure, sans savoir ce qu'ils vont y trouver) sans tout ce que la civilisation a pu apporter jadis en terme de confort. De confort, il n'est plus question car dehors, c'est le chaos,  les motifs du dérèglement restent flous, mais Eva et Nell sont passées en mode survie. Leur existence désormais consiste à se restreindre, se soigner avec les moyens du bord, économiser, cultiver ce que la terre peut encore fournir pour se nourrir, attendre, espérer un retour prochain à "la normale", très hypothétique...

Ce roman post-apocalyptique, passionnant de bout en bout, m'a évidemment rappelé" Le mur invisible" (merveille des merveilles) sauf qu'on a affaire à deux protagonistes, ce qui ne rend pas la stuation forcément plus facile. Elles sont si différentes, Eva et Nell...

Nell, la narratrice, dont nous découvrons le journal, se destinait à de brillantes études, sa soeur ne rêvait que de danse. Les rêves sont remisés pour l'une et l'autre et dans l'épreuve, elles vont apprendre à se connaître, à s'affronter parfois, à résister, à vivre autrement...

La forêt, terrifiante et fascinante, joue un rôle central dans ce long parcours initiatique. Le temps est véritablement suspendu lorsqu'on lit ce livre : à l'instar des deux soeurs, le lecteur est totalement happé par la forêt, par ce drame à la fois brutal et cotonneux, et ne peut s'en extraire qu'au prix d'immenses efforts. 

j'ai été soufflée par la beauté de ce roman poignant, par la portée du message qu'il véhicule (il a été écrit en 1996 et ses accents visionnaires font froid dans le dos...). Jean Hegland nous invite à réfléchir sur le monde qui nous entoure, ce que nous en faisons, ce qu'il pourrait advenir si nous n'y prenons garde. Sous- jacente et essentielle, se pose la question de la civilisation de demain : si tout était à reconstruire, il est impératif de penser un modèle autre, moins vorace, plus respectueux de la nature, notre ressource première dont nous usons et abusons jusqu'à l'extinction probable.

Une vraie merveille ! 

"Je n’ai jamais vraiment su comment nous consommions. C’est comme si nous ne sommes tous qu’un ventre affamé, comme si l’être humain n’est qu’un paquet de besoins qui épuisent le monde. Pas étonnant qu’il y ait des guerres, que la terre et l’eau soient polluées. Pas étonnant que l’économie se soit effondrée"

 

 

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11 juillet 2018

Gourmandises des vacances- Granola maison au quinoa

J'adore les petits déjeuners et je teste parfois des choses pour améliorer l'ordinaire du matin. Je vous parlerai sûrement un jour d'un bowl à la framboise déjà essayé et approuvé deux ou trois fois, mais aujourd'hui j'ai envie de vous présenter le granola maison préparé hier soir pendant  France-Belgique (ben oui, pour évacuer la tension des grandes rencontres, je prépare des granolas pendant les matchs... chacun ses lubies)

C'est un granola tiré du dernier Cuisine actuelle (numéro 332). J'ai adapté les proportions ( bizarres) proposées par le magazine.

Pour un super granola nourrissant et qui croustille, il vous faut :

50 g de quinoa cuit

100 g de flocons d'avoine

6 cuillères à soupe de miel ( là, y'a comme un truc qui bloque dans ma tête... au delà de deux cuillères de miel, je bugue...une et demi ici c'est largement suffisant !)

2 cuillères à soupe d'huile de colza (une cuillère à soupe d'huile de tournesol pour moi)

100 g d'amandes concassées (100 g de noix de cajou concassées non salées, je n'avais plus d'amandes et les noix de cajou c'est top)

50 g de graines de courge (une poignée pour moi)

1 cuillère à café de cannelle ( une pincée d'épices à pain d'épices pour moi)

1 pincée de sel.

Faites cuire le quinoa suivant les indications du paquet, égouttez-le, laissez-le un petit peu refroidir. 

Mélangez le miel, l'huile, les flocons, le quinoa, les graines de courge, les noix de cajou, l'épice à pain d'épices, le sel, dans un grand bol. Etalez ensuite sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et enfournez trente minutes en remuant toutes les dix minutes (préchauffage th.5, 150°C)

Laissez refroidir, mettez dans un bol, ajoutez pépites de chocolat et fruits secs si ça vous chante.

Je déguste le granola (celui-là et d'autres que j'ai testés) mélangé à du yaourt grec ou un fromage blanc. J'aime bien l'idée de mettre du quinoa, mais la prochaine fois, j'augmenterai les doses, on ne le sent pas assez.

Le granola se conserve bien, dans un pot en verre hermétique.

                               

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08 juillet 2018

Gourmandises des vacances- Comme un marmitako de thon ;)

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Je dis "comme" un marmitako pour éviter que les puristes ne me tombent dessus ! J'ai emprunté cette merveille de goût et de couleurs à mon amie Ninie (toujours elle :). Ce marmitako est un plat qui fait la fierté des habitants du pays basque je reste donc prudente quant à l'appellation "marmitako"pas envie de me faire engueuler  J'ai préparé cette cocotte à ma façon et c'était excellent ! Une sauce à se lécher les doigts, un poisson frais et savoureux...

Je ne mange pour ainsi dire jamais de thon rouge, mais depuis que Ninie a publié cette recette il y a quelque temps de ça, elle me trottait dans la tête. Pas si simple de trouver du thon frais sur le marché de ma ville, j'ai dû m'éloigner un peu (quelque part dans le 92, ils vendent du thon...) Et j'ai trouvé :)

Voici le détail :

Sauce tomates, poivrons:
- 250g de tomates concassées (conserve)
- 3 gousses d'ail 
- 1 oignon
- 1 poivron vert et 1 poivron rouge (une barquette de petits poivrons colorés)
- 2 cuillère à soupe de concentré de tomates
- 2 feuilles de laurier
- 2 brins de thym
- Persil (pas mis)
- 3 cuillères à soupe d'huile d'olive
- Sel, poivre

Garniture:
- 800g de pommes de terre ( une belle poignée de petites pommes de terre primeur cuites avec leur peau)
- 750g de thon frais (ici 500g de thon frais et 300g de dos de cabillaud) 500 g de thon rouge frais pour moi
- 60cl de fumet de poisson
- Persil plat (pas mis)

Préparez la sauce:
Pelez et hachez l'ail et l'oignon.

Lavez pelez et épépinez les poivrons.  Coupez-les  en dés.

Versez l'huile d'olive dans une cocotte puis faites revenir l'ail, l'oignon et les poivrons pendant 5 minutes sans laisser colorer. Ajoutez les tomates concassées, le concentré, le laurier, le thym et le persil. Salez, poivrez. Portez à ébullition puis laissez cuire à feu doux pendant 20 minutes.

Pelez et lavez les pommes de terre. Coupez-les en dés. Si comme moi vous utilisez des petites pommes de terre primeur, lavez-les mais ne pelez pas. Ne les coupez pas non plus.
Faites-les cuire 10 minutes au micro-ondes ou dans un panier vapeur.

Faites réchauffer la sauce et ajoutez le fumet de poisson.

Rincez, épongez et coupez le thon en morceaux.
Ajoutez le thon dans la cocotte avec les pommes de terre. Prolongez la cuisson de 10 minutes puis laissez reposer 5 minutes à couvert. Parsemez de persil ciselé et servir aussitôt.

J'ai préparé ma sauce hier soir, et un peu avant de déjeuner aujourd'hui, j'ai rajouté mon fumet, mes patates tout juste cuites et mon poisson. On est revenus de la piscine et il n'y avait presque plus qu'à mettre les pieds under the table :))

Bon dimanche (on crève de chaud...) !

                         

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04 juillet 2018

La vie parfaite- Silvia Avallone

       

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    "Adele avait appris que les soucis des hommes sont mille fois plus sérieux que ceux des femmes"

A Bologne, Dora, la trentaine, handicapée, est mariée à Fabio. Elle rêve d'un enfant et ce désir inassouvi la torture, menace son couple et sa santé mentale. Pendant ce temps, Adele, presque dix-huit ans, va mettre au monde une petite fille, qu'elle s'apprête à confier à l'adoption. Cette décision déchirante semble s'imposer d'elle-même, tant la vie d'Adele est difficile et son avenir bouché... Entre un père en prison et une mère larguée, aigrie, sans le sou, Adele galère et continue d'aimer Manuel, le père de sa petite fille. Manuel, un voyou malmené par la vie, qui rêve de grandeur et n'est pas franchement prêt à assumer sa paternité. Et puis, il y a Zeno, le voisin, le bon élève, l'écrivain secret, amoureux d'Adele, en charge de sa mère malade. A Bologne, au centre et dans les quartiers populaires, on peut toujours en rêver, de cette vie parfaite, à défaut de la vivre... 

 L'an dernier j'ai lu et apprécié D'acier de Silvia Avallone, avec quelques bémols néanmoins. Mon amie Pousse m'a gentiment offert "La vie parfaite" et je m'y suis plongée avec plaisir.

La lecture fut plaisante : Silvia Avallone a une écriture très vivante, elle sait raconter une histoire, faire rebondir les situations (celle-là nous promet un joli twist que je n'attendais pas) construire des personnages très contemporains, pleins de fougue et de passion (on est en Italie, normal). Adele, Zeno et les autres sont empêtrés dans les difficultés, le déterminisme social est souvent en leur défaveur, mais ils ont de l'énergie à revendre. Et  surtout, ils aiment, ils sont fous d'amour, et l'amour les tient debout. 

J'émets toutefois les mêmes critiques que pour "D'acier". Je n'ai pas toujours cru à ce que je lisais. Il faut dire que la mule est quand même bien chargée :  dans "La vie parfaite", on trouve à peu près tout les drames possibles et imaginables : des crimes (même un parricide) des parents toxiques, obèses ou alcooliques ou les trois à la fois, des accidents terribles, du handicap, de la stérilité, des violences conjugales... Je n'ai pas trouvé les personnages très crédibles (cette Dora, franchement, on n'a pas du tout envie de lui confier un enfant. Elle est complètement folle, on a juste envie de partir en courant en la voyant arriver, quant à Manuel, il a lu Dostoïevski et avec mes a priori bien pourris, je n'y crois pas une seconde) ils sont encore une fois trop beaux ou trop laids, trop amochés par la vie, ne me demandez pas pourquoi, mais ça me gêne. Si tout est permis dans la fiction, il faut quand même que le lecteur croit un minimum à ce qui lui est raconté... 

Dommage, car ce livre dit des choses très belles et très justes sur la maternité, le désir d'enfants, le parcours semé d'embûches de l'adoption, (Dora, qui n'est que souffrance pendant tout le roman m'aurait davantage touchée, si elle avait été plus nuancée, moins hystérique: l'arrachage de cheveux des femmes enceintes qu'elle croise, non vraiment...) il décrit de façon très précise et réaliste la vie des familles dans les cités, il se lit bien et facilement, du coup je suis frustrée, d'autant qu'il semble faire l'unanimité. Hélène par exemple l'a beaucoup aimé et elle n'est pas la seule.

Un grand merci à toi, Pousse, pour ce cadeau de fin d'année :)

"Diplômé avec les félicitations du jury [...] il s'était toujours vu comme un progressiste aux idées larges. Mais cette idée d'un enfant qui ne serait pas le sien le taraudait. LE SIEN. Sans oublier l'empreinte génétique. Cette chose primordiale, le sang. Sauvage, furieuse, tyrannique. Le sperme, la transmission héréditaire. Les bijoux de famille qui fonctionnent. Le pouvoir de procréer, marquer un corps, transmettre ton nom et te transmettre, engendrer quelqu'un qui te continuera.
C'était réactionnaire, stupide, primitif, mais c'était ce qu'il ressentait."

 

Posté par Une Comete à 20:36 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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