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Raimunda et Soledad sont soeurs. Accompagnées de Paula, la fille adolescente de Raimunda, elles retournent dans leur village natal, sur la tombe de leurs parents. Elles rendent visite à leur vieille tante qui perd la boule et la vue, ainsi qu'à sa voisine Augustina, hantée par le souvenir de sa mère disparue mystérieusement quatre ans ans plus tôt. De retour à Madrid, Raimunda apprend la mort de sa tante et se trouve confrontée à un sérieux problème : son mari Paco, qui vient de perdre son travail, a tenté d'abuser de Paula. Celle-ci s'est défendue et l'a tué accidentellement. Il faut se débarrasser du cadavre. Raimunda, prête à endosser le meurtre pour protéger sa fille, cache le corps de Paco dans le congélateur d'un restaurant, dont elle se déclare propriétaire, le patron lui ayant temporairement confié les clefs. Et voilà Raimunda chargée de préparer les repas pour toute une équipe de tournage. Pendant ce temps, le fantôme d'Irene, la mère de Raimunda et Soledad, réapparaît. Il s'est caché dans le coffre de la voiture de Soledad... Mais Irene est-elle réellement un fantôme?

Notre challenge consacré à Almodovar se poursuit et ce mois-ci je remercie le hasard (enfin presque...) qui a placé Volver dans notre sélection : un petit bijou de cinéma où les femmes sont encore une fois à l'honneur. Les hommes au contraire sont bien peu à leur avantage dans Volver et leur fonction se résume à la copulation et à l'asservissement de la femme, qui heureusement, ne se laisse pas faire ! Les maris, les pères absents ou violents, infidèles, semblent bien peu de choses face aux nanas d'Almodovar, belles, fortes, sensibles, humaines et courageuses (un peu manipulatrices aussi...) On les aime, ces femmes là, et on a envie de dire merci au réalisateur du regard tendre et gourmand qu'il porte sur elles, avec une mention toute particulière pour le plan audacieux sur l'opulente poitrine de Penelope Cruz, en plongée ! Un joli plan de cinéma, coquin, sans une once de vulgarité.

 Etrange et délicieux film que Volver, tout coloré de rouge, où le verbe "revenir" (volver en espagnol) prend tout son sens :  retour à la terre natale des femmes du film, qui est aussi celle d'Almodovar, la Mancha, retour d'une mère à la fois aimée et haïe, partie avec ses secrets, et revenue de la plus étrange des façons... "Revenir" aussi en musique, avec la chanson titre interprétée par la sublime Penelope Cruz (et que je vous offre en fin de billet :)) Comme dans tous les films d'Almodovar, l'art est sacré : art culinaire, fait de simplicité et de générosité (jambon cuit, poivrons, boudin, biscuits au saindoux "à se damner") art du cinéma (toujours l'incursion du film dans le film, discret mais néanmoins présent)...

 Si le drame est la quintessence de "Volver", on y trouve un heureux mélange des genres très almodovarien : les mille turpitudes que subissent les héroïnes (inceste, meurtre, incendie, maladie incurable, télévision déshumanisée qui détruit et ruine les espoirs...) n'empêchent pas l'allégresse, le cocasse (un cadavre dans un frigo rouge, un salon de coiffure home-made où l'on vient surtout papoter et se confier...) un éloge très touchant de l'amitié, de la solidarité entre femmes (voisine prostituée au grand coeur, soeurs unies pour la vie, mère et fille se soutenant dans l'adversité face à l'homme abject) de l'amour maternel éternel : par delà la mort, Raimunda et sa mère parviendront à s'étreindre et à se réconcilier, dans une scène particulièrement émouvante. Les comédiennes de ce film sont toutes excellentes mais j'ai eu un gros coup de coeur pour Pénélope Cruz, qui passe incroyablement du rire aux larmes, foudroyant tour à tour le spectateur de son brun regard ou de son lumineux sourire. Quelle actrice ! Et quel film ! Sûrement parmi les meilleurs et les plus touchants de notre sélection. 

Ma copine Pousse vous en parle ici

Le mois prochain on regarde le dernier film du challenge, "Femmes au bord de la crise de nerf". ça vous tente?

                                   

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