On devrait toujours écrire les billets dans la foulée de la lecture d'un livre, quand les émotions sont encore fraîches. Et lorsqu'il s'agit d'évoquer comme aujourd'hui, une exposition, il me paraît encore plus nécessaire de coucher ses impressions sur le papier (ou l'écran) sans attendre.

Le plaisir ou le déplaisir ressentis devant certaines couleurs, formes, thèmes, s'estompent en effet très vite... bien plus vite qu'après une lecture, en ce qui me concerne.

Je n'ai pas écrit mon billet immédiatement avoir vu l'exposition «Entrelacs» du photographe architecte chinois Ai Weiwei, au Musée du jeu de Paume par manque de temps et un peu par paresse, je l'avoue. Je regrette vraiment car c'était bluffant, un peu dingue et absolument iconoclaste. J'en suis sortie bousculée. Mais quinze jours sont passés, tout cela commence à devenir flou... Alors je me lance.

 Weiwei est un provocateur, un «indigné», qui utilise tous les outils de communication à sa disposition pour photographier le monde qui l'entoure, de Pékin (et son chambardement urbain permanent au nom du progrès) en passant par New-York où il a vécu, le but étant de faire bouger les lignes. « Entrelacs », ce sont les liens qu'il crée  avec la planète entière grâce aux réseaux sociaux, blog, (cent mille visiteurs par jour, ça fait rêver...jusqu'à sa fermeture en 2009) twitter, téléphone portable... L'abondance des photos et vidéos présentées donne  le vertige. Du noir et blanc, de la couleur, des portraits d'hommes de femmes, des nus, les amis de Weiwei au lit, en slip, lui-même à l'hôpital, blessé à la tête au cours d'une manifestation, le tremblement de terre du Sichuan, des petites, des grandes photos, des films -plusieurs à la fois- qui tournent en boucle, la vie, le mouvement, ça se mêle et s'entremêle. Difficile de tout capter, c'est tellement nourri. A ce propos, des photos de plats du monde entier défilent sur les écrans. Curieux. Weiwei semble avoir un appétit insatiable. Il dévore, il s'empare de tout ce qui passe à la portée de son appareil.

Je ne vais pas vous raconter sa vie, ni ses démêlés avec le gouvernement chinois. Vous trouverez tout ici, si vous souhaitez en savoir plus. Je dirai juste que le bonhomme a fait trois mois de prison l'année dernière et qu'il ne peut actuellement pas quitter la Chine. Weiwei dérange, et quand on voit ce qu'il produit... on comprend.

Un exemple :

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J'ai photographié le fascicule distribué à l'entrée avec mon téléphone. Nous n'étions pas autorisés à prendre des photos. Je sais c'est pas terrible. Désolée. Mais ce qui compte, c'est ce doigt provocateur pointé vers les édifices et monuments (y compris la Tour Eiffel...) On le voit suffisamment bien, je crois. Pas besoin de vous faire un dessin, Weiwei dit "merde" à l'ordre établi... 

J'ai été davantage touchée par ces mille et un portraits "de contes de fées", hommes et femmes que Weiwei a souhaité  emmener en Allemagne pour l'exposition Kassel dans le cadre de son projet d'"installation vivante", et qu'il a photographiés à proximité des administrations qui délivrent les passeports et visas. Ils sont beaux, je trouve...

Voici quelques photos  glanées ici ou là ( merci google images !) mais qui ne rendent pas justice à la diversité de cette exposition énorme et vraiment remuante. Un conseil, si vous habitez dans le coin, allez faire un tour au Jeu de Paume...  C''est jusqu'à fin avril.

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      Cette exposition fait partie de mon Challenge "Dragon 2012" organisé par Catherine du blog La culture se partage 

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