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"C'est l'énigme de la décennie ce type"

Puisqu'on est dans les suites, revoilà Vernon Subutex. Le premier volume de la saga était tout simplement une claque qui m'a fait découvrir Virginie Despentes, dont j'ignorais qu'elle avait un tel talent d'écrivain. J'ai lu ce second volet avec plaisir, longtemps après le premier, selon une méthode éprouvée. Ma méthode, c'est de faire mijoter très longtemps les numéros 2, 3... des sagas que j'aime, pour en avoir sous la dent des mois après. C'est une méthode qui vaut ce qu'elle vaut, qui oblige à patienter comme une malade mais après c'est top... je vais la faire breveter, ma méthode :))

Vernon, l'ancien disquaire, est à la rue. Il a trouvé ses quartiers aux Buttes-Chaumont et finalement, malgré une forte grippe, ne vit pas si mal sa nouvelle condition de SDF. Charles, dont il a squatté le banc, finit par l'avoir à la bonne et veille sur lui. Les amis de Vernon sont à sa recherche et ça, il l'ignore. Dans le premier tome, il était en possession d'une cassette posthume de la star Alex Bleach. On ignorait le contenu de l'enregistrement, mais il agitait pas mal de monde. La Hyène s'est débrouillée pour le récupérer, après qu'il ait été confié à Emilie... 

Pas de problèmes pour se retrouver au milieu de tous ces personnages (nombreux) et des événements du volume précédent car l'auteure en fait le listing au début du roman. Ici, Vernon est à la fois central et en retrait, il focalise l'intérêt sans faire grand chose : la communauté qu'il finit par ressembler autour de lui nous offre une multitude de portraits fascinants, comme Despentes sait si bien les croquer. Entre Pamela Kant, ex-actrice de X, Loïc l'ancien facho, Daniel le trans... des liens se créent, fragiles, impensables et pourtant... dans son QG sous les étoiles, Vernon fait le lien, gourou malgré lui. Il y a des anciens, des nouveaux qui finissent par s'inclure dans le groupe et évidemment la musique, bien plus qu'une simple toile de fond, jusqu'à l'apothéose dont je ne dirai rien...

L'intrigue est un peu moins dense que dans le premier volet, mais la dénonciation des travers de notre société est toujours aussi brillante : couple, amitié, religion, sexualité... tout y passe avec cette écriture décapante, ce sens de la formule génialissime qui m'a fait éclater de rire par moments, même si le propos est loin d'être drôle. Voilà un écrivain qui gratte où ça fait mal. ça écorche, ça taille dans le vif, mais qu'est-ce que ça fait du bien !

Je recommande donc cette suite, très vivement, et j'attaque le troisième volet. L'été prochain :)))

Un grand merci à Clara :)

"Les humains sont des merdes. Tout ce qu'ils aiment, c'est se faire diriger. Punir, récompenser, guider. La nature de l'homme, c'est de tuer son prochain."

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"Elle a vingt-cinq ans de moins que moi. En gros, dans la vie, elle attend, tandis que je me souviens."

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"C'est moins grave, quand c'est moche, un homme."