9782714470997

 "Je crois que tout est possible quand on est américain. Vraiment, monsieur, je le crois."

Jende et Neni sont camerounais. Ils rêvent d'un bel avenir, pour eux et leurs enfants, Liomi et la petite Timba. Le rêve prend forme : ils sont en Amérique. Illégalement. Le couple espère bien régulariser sa situation, avoir la green card, persuadé que sa vie est ici, aux Etats Unis, ce grand pays si accueillant, si merveilleux... Alors ils travaillent dur, font des projets. Neni veut devenir pharmacienne et reprend des études. Jende trouve un emploi de chauffeur auprès d'un banquier, dont il devient peu à peu le confident. Oui mais voilà, on est en 2007, la crise financière qui s'abat sur le pays sera sans précédent... Le rêve pourrait bien tourner au cauchemar.

J'ai beaucoup aimé ce livre, que j'ai envie de lire depuis que Clara en a parlé ici. Et puis ce titre... je lui décerne le prix du plus joli titre de roman de cette rentrée littéraire !

L'histoire que nous raconte Imbolo Mbue est tout à fait passionnante : on adore Jende et Neni, tellement attachants, on suit avec plaisir et un intérêt qui ne faillit pas tout au long des 300 pages leurs tribulations, on rêve avec eux de cette fabuleuse Amérique, dans laquelle ils mettent tous leurs espoirs. Au point de tout tenter pour ne pas la quitter et de mettre leur couple en danger. Mention spéciale à Neni, à son fort caractère, à sa belle détermination. Une sacrée femme, qui tient tête à son têtu de mari, qui a foi en ses rêves, qui plie mais ne rompt pas...

L'écriture de Imbolo Mbue est douce, un peu naïve, très vivante, enrichie de délicieux dialogues. On a le sentiment de lire un conte. Alors oui, ce roman manque sans doute de profondeur, surtout si on le compare au très puissant Américanah. Le plaisir est avant tout celui de lire une bonne histoire sur un thème très actuel, sans chercher beaucoup plus loin. De temps en temps, ça fait du bien.

Merci Laure, pour cette belle lecture commune !

"Non les gens comme lui n'allaient pas aux Etats Unis pour un séjour provisoire. Ils y allaient pour s'installer, pour y rester jusqu'à ce qu'ils puissent rentrer chez eux en conquérants- détenteurs d'une green card ou d'un passeport américain, les poches remplies de dollars et de photos de leur vie heureuse(...) Jende était persuadé qu'il ne reverrait pas le Cameroun avant d'avoir gagné sa part du lait, du miel et de la liberté dont regorgeait cette Terre promise que l'on appelait Amérique."