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"Comme dit la chanson : si vous êtes blanc, épatant ; si vous êtes brun, c'est moyen ; si vous êtes noir, allez vous faire voir."

Voilà un livre qui pour moi fera date. Offert par Laure il y a déjà un an, je me suis enfin lancée dans sa lecture le mois dernier. J'ai pris mon temps, j'ai aussi mis du temps ( quatre semaines pour lire un bouquin, un record, même s'il est très long) mais quelle aventure ! J'ai beaucoup aimé ce roman, pour plein de raisons, dont la première est la personnalité incroyable et pourtant faillible de son héroïne Ifemelu ( Ah ce prénom, j'ai adoré me le répéter pour moi-même, Ifemelu, Ifemsco, Ifem... délicieux)

Ifemelu revient au Nigéria, son pays d'origine, après des années passées aux Etats Unis. Elle y a vécu intensément pendant quinze ans, a connu de belles histoires d'amour, a surtout tenu un blog à succès sur un sujet crucial : la race. Sa couleur de peau, Ifemelu en a en effet pris conscience pendant son séjour en terre américaine : le racisme, l'inégalité intrinsèque entre le noirs et les blancs, tout cela lui a brutalement sauté à la figure, d'où la thématique de son blog, d'une actualité hélas toujours brûlante. Son retour au Nigéria permettra aussi à Ifemelu, du moins l'espère-t-elle, de renouer avec Obinze, son amour de jeunesse, qu'elle a quitté des années plus tôt, sans explications...

Tout est bon dans ce roman : les personnages nombreux, vivants, attachants, plein de qualités mais aussi de grandes et menues faiblesses, les billets de blog qui émaillent le texte et l'illustrent intelligemment, les histoires parallèles et passionnantes d'Ifemelu et Obinze dont on suit les péripéties pas à pas, l'écriture, qui sans être extraordinaire, se révèle pourtant très accrocheuse. Quelques longueurs peut-être, (ce qui explique les quatre semaines de lecture) mais jamais ô grand jamais l'envie d'abandonner, et une totale impossibilité d'aller voir ailleurs, (je n'y arrive pas, à lire plusieurs livres à la fois, mais avec "Américanah", c'était de toute façon perdu d'avance) et puis le doux prénom d'Ifemelu qui trotte dans la tête pendant toute la lecture et encore après...

Un roman tendre, dense, fort, formidablement éclairant. (Lire et relire les passages consacrés à l'élection de Barack Obama, tout simplement merveilleux) 

"De nombreux abolitionnistes souhaitaient libérer les esclaves mais ne voulaient pas voir des Noirs vivre dans leur voisinage. Beaucoup de gens aujourd'hui acceptent volontiers d'avoir une nounou noire ou un chauffeur noir. Mais soyez assurés qu'ils n'ont pas envie d'avoir un boss noir."

                                                                                 ***

 

"Mes cheveux épais et naturels feraient leur effet si j’avais un entretien pour être chanteuse dans un orchestre de jazz, mais il faut que j’aie l’air professionnel pour cet entretien, et professionnel signifie avoir les cheveux raides. S’ils devaient être bouclés, il faudrait que ce soit des boucles de Blanche, souples, ou au pire des anglaises, mais jamais des cheveux crépus." 

 

 

Merci ma chère Laure, pour ce très beau cadeau  !

Les avis de Cuné, Clara, Kathel...