"La vie est pleine de vies, de plusieurs vies, au choix"

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Phérial est orphelin. La misère, les mauvais traitements, le manque d'amour, sont le lot de ce petit garçon cabossé, aux nerfs fracassés, ballotté de famille d'accueil en famille d'accueil, et dont l'adolescence est marquée par un passage en prison. Sur son chemin douloureux, Phérial croise heureusement de bonnes et belles personnes, qui l'aideront à avancer, à devenir un adulte heureux, à trouver sa voie -il sera comédien- à retrouver enfin cette maman qui lui a tant manqué...

Après "La petite fille sur la banquise", je m'étais dit, plus de récit de vie. Ce témoignage était trop fort, trop bouleversant. Après sa lecture, je ne rêvais que de fiction bienheureuse et rassurante. "Le Dieu dans la poitrine" de Philippe Krhajac (quel beau titre et quelle belle couverture que celle de l'édition Folio, avec ce jeune garçon bondissant dans l'azur...) est semi-autobiographique, j'ai donc failli à ma promesse, mais pas complètement. Phérial a certainement beaucoup en commun avec son créateur, comme Phérial, Philippe est un enfant de l'Assistance Publique, comme lui il est artiste... Mais Phérial est tout de même un héros de fiction...Oui? Non?

Ok, on est dans une biographie à peine déguisée mais finalement, malgré mes réticences, cela n'a pas été un si grand problème.  Arrête de te poser des questions, Comète, et laisse sa chance au produit. Ce qui l'a été, peut-être, ce sont certains passages difficiles où Phérial subit des violences. Je sature de la violence... Mais tout de même, je me suis accrochée et j'ai aimé ce livre. Comme quoi... 

   Il faut dire que le personnage de Phérial est extrêmement touchant. Derrière son apparente fragilité se cachent une force et une soif de vivre qui l'aideront à surmonter les pires épreuves. Son extrême sensibilité, sa perméabilité à ceux qui l'entourent -les bonnes personnes et les autres- finiront par être de véritables atouts dans son métier de comédien. Et puis, il y a l'écriture de Philippe Krhajac, pleine de poésie et d'humour, qui est vraiment une très belle surprise.

      "Mes bras cognent l'eau. Mais il n'est pas si aisé de mourir. Ma jeunesse s'y refuse. Mon coeur palpite plus fort que jamais et la vie m'emporte sur ma peine. Je nage, je traverse de toutes mes forces ce combat sauvage et finit par échapper à la Loire."

   Ce roman est en compétition pour le prix Folio des Lycéens, auquel mon lycée a la chance de participer :)