bles-de-dougga

"Le peuple a toujours grondé et les dieux ont toujours joui"

Nous sommes en 295. Caecilius Metellus est un procurateur carthaginois entièrement dévoué à la cause de son empereur. Il est chargé de convaincre les notables de Dougga (province africaine-romaine) d'accepter l'augmentation du tribut de blé que Rome -empire déclinant - exige. Cela ne sera pas chose aisée. Caecilius va se heurter à l'hostilité des contribuables, tomber sous le charme d'une envoûtante demoiselle, décevoir un ami proche... Ira-t-il jusqu'au bout de sa mission?

"Blés de Dougga" est un très plaisant roman historique que j'ai eu plaisir à découvrir, d'une suprenante actualité. La question politique, le mensonge et la manipulation du peuple qui l'accompagnent presque toujours sont au coeur du livre : l'intrigue se déroule au IIIe siècle, elle pourrait à peu de choses près se dérouler à notre époque. La rouerie du procurateur, l'absence de scrupules et le populisme outrancier dont il fait preuve nous semblent bien familiers. Pour autant, Alia Mabrouk restitue admirablement une époque lointaine, barbare et fascinante. Adoration des Dieux, sacrifices, combats d'animaux d'une violence inouïe, esclaves, festins et filles de joie... L'écriture est belle, sensuelle, gourmande. Que de descriptions réjouissantes et colorées des menus et des plats dont les personnages se gavent jusqu'au malaise ! Un bémol cependant concernant l'histoire entre Caecilius et Nahania qui n'apporte pas grand chose au roman et ne fait guère avancer l'intrigue, sans pour autant nuire à l'ensemble.

Intéressant et divertissant !

"Caecilius prit une olive farcie de chair à caille et la sentit fondre sous le palais. Un plat creux contenait un dôme de semoule roulée; des morceaux de viande ruisselants de sauce, des fèves et des pistaches mélangeaient leurs couleurs brune et verte à la blondeur de la graine et formaient une couronne sur le sommet du dôme. Le tout s'harmonisait à la terre cuite que l'artisan avait peinte. Un cuissot de marcassin embrochait grésillait en rejetant son jus sur une variété de légumes crus différemment assaisonnés; l'odeur du thym, du basilic et du romarin embaumait la pièce. Les plats nombreux et délicats excitaient l'appétit."

Un grand merci à mon adorable Phili pour son infinie patience...

Son billet est ici

Ce roman me paraît suffisamment gourmand pour intégrer le challenge de Syl, si elle l'accepte :)

 

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