9782809816273-G-210x328

"On a découvert dans les caves d'un hôtel particulier du XVIe arrondissement appartenant au Dr Petiot, un médecin parisien, les cadavres de vingt-sept personnes brûlées dans la chaux vive. La brigade criminelle, sous les ordres du commissaire Massu, a été chargée de l'enquête."

Il suffit de pas grand chose pour faire d'une lecture un pur moment de plaisir. Une bonne intrigue, un personnage principal séduisant, courageux, à la poursuite d'un assassin très méchant et insaisissable, un cadre historique solide, une écriture alerte, sans chichis, qui vous fait tourner les pages les unes après les autres sans pouvoir s'arrêter... Dans «Satan habite au 21» on trouve tout cela.

La traque du monstrueux Docteur Petiot, dans le Paris occupé de 44, où convergent officiers allemands, miliciens, cocottes, acteurs célèbres, résistants, flics et boxeurs au grand cœur est absolument réjouissante. «Satan...» est un «livre-aimant», (la formule est toute trouvée, elle n'est pas de moi mais se justifie parfaitement ici) grâce à un rythme qui ne s'essouffle jamais, une écriture gouailleuse à souhait, tellement visuelle qu'on a l'impression d'être au cinéma (vite, une adaptation!). La restitution historique est remarquable, érudite, précise, jamais pédante, mêlant fiction et réalité avec finesse et malice. L'émotion n'est pas non plus absente lorsqu'arrive la libération de Paris, avec son effervescence joyeuse et ses violences aveugles...

Jérôme Dracéna que j'ai découvert dans ce roman (apparemment il y a un précédent) a tout pour plaire: il est beau gosse,(il les fait toutes tomber) a le sens de l'amitié, (ce roman viril est aussi celui des potes, ceux qui sont toujours là pour vous sauver la peau, au péril de leur vie) quelques scrupules sur lesquels il met souvent son mouchoir (toujours pour la bonne cause...). Quand il cogne, il cogne fort (c'est un as de la savate) mais juste. J'ai eu peur pour lui, j'ai eu peine à le lâcher, c'est un sacré type ! Pour la petite anecdote, Jérôme m'a accompagnée pendant un petit séjour en Bourgogne, on ne s'est pas quittés, pendant les trajets en voiture et le soir à l'hôtel. :)) Eh oui, je peux lire en voiture, moi. Je sais j'ai de la chance, pas la plus petite nausée, je lis je lis je lis... c'est le pied, surtout lorsque le héros s'appelle Jérômechou :)

Oui, il suffit de pas grand chose, mais quand même. Il faut au moins un Jérôme et le talent d'un Lucovich.

"Ma mère apporta une soupière fumante où nageaient dans un bouillon clair comme de l'eau des poireaux, des rutabagas et des topinambours. Je ne pouvais plus supporter ces tubercules réservés naguère au bétail, qu'on trouvait maintenant sur toutes les tables de la France occupée. Suivit un lapin mijoté en cocotte. Lapin ou chat? Je préférai ne pas poser la question."