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Argentine, 1987. Lisandra Puig est morte, défenestrée. Son mari, le psychanalyste Vittorio Puig, est accusé de l'avoir assassinée. Il crie son innocence mais personne ne le croit, à l'exception d'une de ses patientes, Eva Maria, en souffrance depuis la disparition mystérieuse de sa fille Stella, sans doute enlevée par la junte. Eva Maria entreprend de trouver le vrai coupable, notamment en écoutant  les séances que Vittorio, contre toute éthique, enregistrait à l'insu de ses patients...

Ceci n'est qu'un tout petit aperçu d'un roman qui n'est pas chiche en rebondissements et brasse pas mal de thèmes, dépassant largement le cadre de l'enquête policière. Sa lecture m'a inspiré des sentiments contrastés. D'un côté j'ai tourné page après page, pressée de connaître la fin. L'intrigue est bien menée, le lecteur est tenu en haleine, la plume est nerveuse, parfois théâtrale, (un peu trop, mais cela ne m'a pas gênée) le rythme changeant, phrases courtes, longues, dialogues, enregistrements... Je ne me suis pas ennuyée une seconde, d'autant que les digressions qui se mêlent à l'intrigue( jalousie, condition des femmes, maternité...) sont vraiment percutantes. Le contexte historique, celui d'une Argentine traumatisée par les exactions de la junte(attention, pour la lecture de certaines scènes... faut avoir le coeur bien accroché) apporte un supplément d'intérêt. J'ignorais tout cela. J'ai appris des choses.

En revanche, certains personnages comme celui du professeur de tango, m'ont paru peu crédibles et surtout, la fin m'a terriblement déçue. Je me suis dit "oh non pas ça..." Ben si. ça. C'est lourd, lourd, lourd. Quel dommage ! Un roman qui tient aussi bien la route méritait à mon avis une toute autre conclusion. Je ne peux évidemment pas en dire plus. Juste un gros zut.

"Il paraît que les filles maintenant elles se rasent, même à vingt ans, elles ont déjà la nostalgie de leur jeunesse. Elles n'ont pas fini les pauvres si elles savaient. Je les hais. Dans leur corps, l'eau continue de circuler, l'eau vive d'un torrent alors que nous dans nos membres, c'est l'eau stagnante d'une mare qui s'infiltre et les distord. Mais riez bien, mesdemoiselles, (...) vous aussi vous allez y passer, alors allez-y, exhibez- les, vos gambettes, dévoilez-les vos poitrines et le rebondi de vos avant-bras, il vous faudra bientôt les cacher, les ensevelir sous des vêtements amples et longs qui garniront un jour vos garde-robes, été comme hiver, ils auront la peau de vos jolis corsages, de vos nuisettes, de vos bas et de vos jupettes, avant d'être ensevelis sous terre, votre corps le sera sous le tissu, qui pèsera de plus en plus lourd sur vous, votre bouche qui fait la moue n'aura bientôt plus de pouvoir sur personne. Je les hais."

Merci Cuné ! :)) Son avis ici.

Celui de ValBlablablamia, Culturez-vous...