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"Vous n'êtes pas tout à fait sûre, mais il vous semble, que, quatre ou cinq heures plus tôt, vous avez fait quelque chose que vous n'auriez pas dû."

N'allez pas croire que je me désintéresse de la rentrée littéraire. Au contraire je suis à fond sur celle de ... 2012. Tant de bouquins intéressants nous échappent, je m'octroie donc quelques séances de rattrapage un an après. :)) Par exemple, il aurait été dommage de passer à côté de "Viviane Elisabeth Fauville", qui est un petit roman fascinant à bien des égards. J'ai quelques réserves à formuler, cela dit. Vous savez, ce sentiment de passer un peu à côté de quelque chose de très fort. Pas très loin, mais à côté tout de même... c'est rageant.

Viviane Elisabeth Fauville Hermant (Viviane ou Elisabeth? Tantôt l'une, tantôt l'autre. Ce double-prénom réflète l'ambivalence de cette femme un brin dérangée) est âgée de quarante deux ans, mère d'un bébé de trois mois, et son mari vient de la quitter pour une jeunesse. Elle ne va pas très bien, et son psy ne lui apporte pas l'aide attendue. Elle finit par le tuer à coups de couteau.

Naturellement suspecte, elle n'est pourtant pas la seule. Et la voilà qui se met à s'intéresser aux proches de sa victime, à ses patients,  sa veuve, sa jeune maîtresse, entreprend de les approcher, de les suivre dans Paris ... Dangereuse, Viviane Elisabeth?

L'écriture et la construction de ce livre sont tout à fait remarquables et intrigantes. La précision, l'élégance affûtée des mots, la multiplicité des pronoms personnels, on passe d'un étrange" Vous" aux plus classiques" Elle" et "je" sèment le trouble, à l'image de l'esprit troublé du personnage. Le lecteur est embarqué avec lui dans d'inquiétantes déambulations parisiennes, interpellé par sa relation aux autres, notamment avec sa mère défunte et surtout avec son enfant, (ça m'a drôlement interpellée, pour ma part !) que Viviane Elisabeth n'hésite pas à laisser dormir dans le tiroir d'une commode, pour vaquer à ses drôles d'occupations... 

"Viviane Elisabeth Fauville" surprend, fait peur par moments. Cette espèce d'ovni littéraire et son héroïne aux frontières de la folie m'ont laissée malgré tout sur ma faim. En effet, je n'ai pas tout compris, et surtout pas la fin, d'un flou absolu que malgré deux ou trois lectures, je n'ai pas réussi à dissiper. C'est un peu énervant car Julia Deck possède une vraie patte et ce premier roman a su me captiver tout du long. J'aurais bien aimé avoir quelques réponses...

Amis lecteurs intelligents, j'attends vos conclusions perspicaces !

« Ecoutez madame Hermant, voilà ce qu'on va faire. (...) Soyez gentille, recommencez le traitement, revenez me voir mercredi, et on passe à trois séances par semaine. Le lundi à 8h, ça vous va ?
Soudain vous redevenez très calme. Le docteur a trouvé le mot juste. Gentille. Vous ne le serez plus jamais. »

                                                                      ***

« "L'enfant a douze semaines, et son souffle vous berce au rythme calme et régulier d'un métronome. Vous êtes assises toutes les deux dans un rocking-chair au milieu d'une pièce entièrement vide." 

Lu sur ma liseuse chérie :))