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Lou, un jeune journaliste, est fasciné par l'oeuvre de l'écrivain Caroline N. Spacek, diva littéraire qui vit recluse dans sa propriété du Devon. Par miracle, il parvient à obtenir d'elle une interview. L'entretien durera tout un été. Entre ces deux écorchés de l'existence, (Lou n'a pas été épargné, loin s'en faut, on le découvre peu à peu) une complicité va naître et Caroline va se livrer au jeune homme comme jamais. Son enfance difficile, la littérature, pour laquelle elle n'était pas franchement destinée au départ, sa vie amoureuse agitée, entravée par cette passion dévorante...

La lecture de « Buvard » allait m'enchanter, j'en étais certaine. Le thème de l'écriture obsédante, de l'écrivain tourmenté, le principe de l'interview, ce n'est pas nouveau, mais personnellement je ne m'en lasse pas. Et puis, jamais un livre n'aura fait autant l'unanimité parmi les blogueurs et les autres, faut voir le papier  de Télérama, par exemple. J'ai eu beau chercher, je n'ai pas réussi à trouver une seule critique négative sur ce roman. J'aurais dû me méfier. C'est suffisamment rare pour intriguer et donner envie. Je suis comme tout le monde, j'aime bien les chefs-d'oeuvre :), j'ai donc acheté le livre.

Eh bien, au risque de me faire haïr de la blogo toute entière des trois péquins qui me lisent encore j'ai quelques réserves à émettre. Attendez que je vous explique avant d'envoyer les tomates.

 Un sujet intéressant, un mode de narration dynamique avec alternance entre le récit de Lou et celui de Caroline, des chapitres courts, une écriture dont j'ai apprécié au départ le côté direct et enlevé, ça partait plutôt bien. Sauf que le personnage de Caroline m'a paru de plus en plus artificiel au fil des pages. Je n'ai pas cru à ses colères, à son génie autodidacte, à son côté petite fille fâchée avec la vie. Je les ai trouvé surfaits, un peu faciles. J'ai trouvé que globalement, tout cela sonnait faux. Dans les chapitres où elle se raconte, on trouve certes des formules piquantes et amusantes, comme celles-ci, par exemple : « Les intellectuels me reprochent de ne pas faire dans la dentelle, mais tu vois : je fais de la littérature et la dentelle, je la porte. » mais aussi des choses plus ampoulées, qui m'ont gênée, du genre : Je t'en veux encore. Je te veux encore. » Bien sûr, c'est l'écrivain qui s'exprime (ou son amant le poète), donc on peut s'attendre à une certaine emphase, pourtant cette grandiloquence m'a hérissé le poil. J'ai préféré la simplicité de Lou, plus vraie. Même si le récit ultra violent de son enfance, là aussi... Etait-ce bien nécessaire? Je crois que je commence à me lasser sérieusement de ce thème un peu trop récurrent et malheureusement à la mode.

Même si je lui reconnais des qualités, dont celle d'aborder de façon sensible et intelligente le thème de l'écriture et de la littérature, une volonté louable de brosser un portrait de femme libre et indépendante, ce roman ne m'a pas enthousiasmée.  Suis-je vraiment la seule?

Parce que les écrivains, ils étaient-fous-. Je l'ai su tout de suite. Dans les cafés, je les écoutais parler, et on aurait dit qu'ils mettaient un point d'honneur à t'expliquer à quel point ils étaient ineptes. Ils disaient tous la même chose, en boucle: -C'est une question de survie. Je ne sais faire que ça, écrire. Je ne suis bon qu'à ça. Je les trouvais à mourir de rire. Suicidaires et cinglés et contents de l'être.

Beaucoup de billets élogieux sur Libfly ou Babelio