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Elles sont cinq cagoles copines écossaises de longue date, plus une, qui a rejoint le groupe pour des vacances de folie. C'est  du moins ce qu'elles espèrent. Mais d'abord, il faut s'entendre sur la destination. S'entendre tout court. Il faut supporter l'insupportable Manda. (Les vacances avec elle ne vont pas être de tout repos. Elle est du genre saoûlante, la Manda, personnellement j'ai eu du mal à tenir pendant 516 pages, je l'aurais volontiers claquée). Il faut pouvoir partir, tout simplement. Eh bien non, ce ne sera pas si simple. Ça commence avec la fameuse Manda qui a égaré son passeport (je vous avais dit qu'elle était conne pénible, un vrai boulet). Et les "péripéties" -le mot est entre guillemets, vous allez comprendre pourquoi- vont se poursuivre dans l'aéroport et ses environs, pendant cinq (longues) journées... 

Etonnant livre que "Les étoiles..." Il ne s'y passe rien, ou pas grand chose. L'intérêt, s'il y en a un, n'est évidemment pas dans l'intrigue qui tient dans une poche. (Petite la poche...) Ce sont les personnalités de Manda, Chell, Kylah, Finn, Kay et Ava qui intéressent l'auteur, leur amitié, leur bisbilles, leurs différences, leurs failles, leurs beuveries aussi (qu'est-ce-qu'elles peuvent picoler, c'est hallucinant. Et elles vomissent après. Elles sont vraiment mignonnes...). Entre Ava l'anglaise chic et Manda la coiffeuse pas très fûtée et pas éduquée (une vraie porcasse) il y a un gouffre, du moins le croit-on.

 Ava est LE mystère du roman, mais bon... c'est vraiment un tout petit mystère. On comprend très vite qu'elle n'est pas aussi lisse qu'elle en a l'air. Et puis il y a la fin, inattendue. Pas mal trouvée. Mais insuffisante à mon goût et surtout arrivée bien trop tard. Avant la chute, j'ai eu le temps de m'ennuyer... beaucoup. 

 Alan Warner s'emploie à décrire avec force détails, jour après jour, page après page, ligne après ligne, la trash attitude de ses héroïnes en attente de départ, leurs conversations truffées de vannes, (c'est parfois drôle, mais pas souvent. On est plutôt dans le lourd et le vulgaire) les bourdes de Manda qui n'en rate décidément pas une, (des claques, des claques...) les litres de Guiness ingurgités, (et quelques rots et pets pour faire passer) les clopes fumées les unes derrière les autres... (Elles sont mignonnes, je vous l'avais dit) Alan Warner les aime bien, ses filles. Il s'est fait plaisir et ça se sent. Dommage que l'intrigue et le lecteur aient été un peu abandonnés en chemin. Oui, je me suis sentie oubliée par l'auteur, et ça n'est pas très agréable. Alan Warner a eu l'écriture un peu égoïste sur ce coup là, je trouve. 

Et puis, qu'elle est trash, cette écriture... Elle colle, il est vrai, parfaitement aux personnages qui ne font pas dans la dentelle, mais "zob", "bite", "gnasse", toutes les deux lignes ou presque, ça finit par devenir lassant. A la fin, je n'en pouvais plus. S'il n'y avait pas eu le jury Points, j'aurais abandonné sans regrets. 

Bon, vous l'avez compris, ce roman totalement dépourvu de romanesque -à défaut de vous distraire, de vous faire rêver, vous serez après sa lecture incollable sur la décadence d'une jeunesse écossaise qui boit qui vomit qui vomit qui boit...- ne m'a pas convaincue le moins du monde.

Et vous? Si vous l'avez lu, je serais curieuse d'avoir votre avis.

Extraits:

"Manda croit que le trouble du déficit de l'attention, c'est quand les gens font pas assez attention à elle"

                        ***

" Les gens comme moi, rien ne les incite à arrêter (...) Il y a deux législations vis-à-vis de la drogue, dans ce pays. Une pour les gens riches et célèbres et une pour ceux qui vivent dans les cités.(...) Les riches emmerdent personne, les pauvres si."

 

Je sais que Sylvie a aimé. Son billet est sur Libfly.

 

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