8208446372_f263bb12ecC'est l'histoire d'un chapeau. Un feutre noir. Il appartient à quelqu'un d'important, de très important. Ce chapeau oublié un soir au restaurant par son célèbre propriétaire, va être récupéré par un certain Daniel Mercier, puis passer de tête en tête, modifiant un peu,- beaucoup- la vie de celui qui le porte. Mais ce qui appartient à César... 

Ce livre souriant, malicieux, est un vrai délice. Il est de plus très joliment écrit, ce qui ne gâte rien. Je l'ai lu assez lentement, faute de temps, mais ce n'est pas plus mal, j'ai pu ainsi en apprécier toute la finesse. Autour du fameux chapeau, Antoine Laurain construit une intrigue qui tient la route, varie les genres (lettres, récit, articles de presse, monologues...) et truffe son roman de références aux années Mitterrand, ce qui m'a tout simplement ravie. Quel plaisir de retrouver ça et là, au fil des pages, Caroline Loeb et sa ouate, Jean-Luc Lahaye et ses "Feeeeeeemmmmmes", (mon idole quand j'avais... onze ans !) Michel Polac et son célèbre "Droit de réponse", Canal+ à ses débuts... ("Canal +, c'est plus !" jouissif) Sans risque d'overdose car savamment dosée, cette ambiance années 80 contribue largement à la réussite de ce roman et au plaisir du lecteur.

La personne qui me l'a offert m'avait pourtant prévenue: "Je crois que c'est très léger, un truc facile à lire, pour se détendre". D'accord pour la légèreté qui rend la lecture si plaisante, mais "Le Chapeau de Mitterrand" est tout de même un peu plus que ça. Derrière l'humour, poignent une réflexion assez fine sur la confiance en soi (ici boostée par le port d'un simple chapeau), et surtout une nostalgie exquise, un je ne sais quoi de touchant... on ne peut que saluer cette jolie réussite.

"Quelques minutes plus tard, le sommelier revint avec un seau argenté sur pied où un nouveau pouilly-fuissé baignait dans la glace. Il déboucha la bouteille avec grâce et en versa une gorgée dans le verre présidentiel. François Mitterrand goûta et approuva d'un imperceptible hochement de tête. Daniel se resservit un plein verre qu'il but presque d'un trait, avant de prendre une cuillerée de vinaigre rouge aux échalotes pour en napper une huître. "Je l'ai dit à Helmut Kohl, la semaine dernière..." La voix de François Mitterrand accompagna sa dégustation et Daniel se dit que plus jamais il ne mangerait d'huîtres au vinaigre sans entendre:"Je l'ai dit à Helmut Kohl, la semaine dernière..."

 

Les billets unanimes de Philisine, Malika, Liliba, Ys, Kathel, Alex, Sylvie