634RCe livre m'a été offert par "Les Agents Littéraires", qui oeuvrent pour la promotion des livres peu ou pas médiatisés, et la maison d'édition "Mon Petit Editeur". Je les en remercie !

 Hercule est un triste personnage, né dans la bourgade de Chauneville.  Ses parents ont divorcé. Sa mère, Chantal, est une folle nymphomane, remariée plusieurs fois, et son père, un gynécologue, est obsédé sexuel. Il a aussi un frère, Camille qui essaie d'être un artiste. Hercule échoue dans tout ce qu'il entreprend, à commencer par le concours d'entrée à l'école de notaires. Il sera notaire, tout de même, par une autre voie, et changera de cabinet tout au long du roman. Hercule est marié avec Quitterie, une aristocrate, dont il a deux filles. Ça non plus, ça ne fonctionne pas. Alors il boit il boit il boit, vomit, ne pense qu'au sexe et à écrire un roman. Il tente d'écrire, donc...

L'histoire d'Hercule nous est racontée tantôt par un de ses amis, qui l'a connu à l'école, tantôt par un narrateur extérieur.

 Je ne vous le cache pas, cette lecture fut très difficile, éprouvante même. J'ai vraiment peiné pour terminer ce roman touffu de plus de quatre-cents pages, mais un engagement est un engagement...

Je suis désolée de dire que je n'ai absolument rien aimé dans ce livre. Malgré une lecture attentive, armée d'un crayon, et le désir de trouver jusqu'au bout quelque chose à sauver, je n'y suis hélas pas parvenue. Une épreuve, je vous dis...

 Sur le fond, "Hercule" m'a profondément dérangée. Nous avons ici un parti pris de "trash attitude". Le sexe, les situations pornographiques sont omniprésents, (je vous passe les détails...) et lorsque j'ai refermé le roman, épuisée, écoeurée, je me suis demandé dans quel but. Volonté de choquer? De se libérer de ses fantasmes sur le papier? Si c'est le cas, l'argument est d'une faiblesse totale et ne justifie pas les quatre-cents et quelques pages. Je n'en ai pourtant pas trouvé d'autres.

 Ce roman est traversé par une multitude de personnages, qui apparaissent, disparaissent pour ne plus revenir. Perturbant. J'ai été également étonnée d'y trouver des personnalités célèbres, croisées par le personnage et placées dans des situations scabreuses ou compromettantes. L'auteur possède une impressionnante culture télévisuelle et des " people", qu'il semble exécrer pourtant. Tout ce petit monde en prend pour son grade avec une virulence sans limites. A cela se mêlent Balzac, Céline surtout, pour lesquels Hercule a une admiration sans borne... entre deux obscénités, deux pages d'insultes dont le roman est truffé jusqu'à la nausée.

On ne comprend pas du tout le personnage d'Hercule, qui vomit, qui boit, qui fornique, qui fait tout et n'importe quoi, maudit sa mère, vomit (encore !) son père... Ses errances sont incohérentes, fatigantes pour le lecteur qui cherche vainement quelque chose à quoi se raccrocher.

Un chapitre intitulé "A nous deux Paris !" nous met sur la voie d'un possible parallèle entre le personnage d'Hercule et le Rastignac de Balzac. Je me suis dit que peut-être l'auteur avait voulu faire d'Hercule un Rastignac moderne...et raté. Cette piste se perd malheureusement dans les méandres d'un roman qui part dans tous les sens, sans logique, sans fil rouge. Aucune accroche possible. J'ai tout essayé. La fin du roman est un sommet... tellement incompréhensible que c'en est ahurissant.

 Sur la forme, un vrai problème se pose également : la voix du narrateur-ami qui ouvre le roman disparaît très vite. Elle revient de temps en temps, sans crier gare, comme si l'auteur se rappelait brusquement de son existence. L'écriture elle-même oscille entre la vulgarité la plus absolue et le pompeux, humour bas de gamme en prime : « il songea que sans les lampes on serait dans le nerf optique de Steevy Wonder » (p. 319) et formules chocs : " c'est long la vie quand on s'emmerde"...

 J'ai bien envie de reprendre cette formule à mon compte :  " C'est long un livre quand on s'emmerde."

 Très long.

 Extrait :

« L'acrivaiiin, immense filtre draguant les plus polluées des rivières charriant des torrents d'immondices ! (...)La Vérité ne jaillit plus d'une source mais elle est mêlée à la crasse, vous avez compris. L'écrivaain n'est en somme qu'une station d'épuration, il devrait être déclaré d'utilité publique celui qui fait ça, et je ne plaisante pas. ( p. 329)

 Si je devais mettre une note à ce livre : 1 / 5