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  "Intimité. Loyauté. C'étaient des frères".

A la base, les histoires de gangsters, c'est moyennement mon truc. Je les évite au cinéma et pour les livres, je fuis carrément le sujet. J'entends gangster, je pars. Salut, ciao. C'est dit, j'aime pas les gangsters.

J'aime pourtant les romans noirs, les thrillers et les polars mais sans les gangsters qui vont souvent avec. Pourquoi donc me suis-je plongée dans Made in Sweden, qui raconte l'histoire (véridique) de quatre braqueurs de banque qui ont fait trembler la Suède dans les années 90 ? Parce que Cuné en a parlé fort bien, la presse aussi (me demandez pas, je crois que c'est dans Le Parisien que j'ai lu un article sur ce bouquin il y a quelques jours mais je n'en suis plus très sûre) et que la couverture, avec son suédois un peu amoché et goguenard, m'a plu.

Mazette, quel morceau ce livre ! Il m'a valu de me coucher à 00h45 la nuit dernière. Je ne ne pouvais pas le lâcher, il fallait que j'aille au bout de l'histoire de cette fratrie indissociable, biberonnée à la violence d'Ivan, le père, qui tabassait Britt Marie, la mère, et a enfoncé dans le crâne de ses fils que rien n'est plus important que la famille, leur famille. Le clan Dûvnjac (plus Jasper, l'ancien soldat ami d'enfance, une bombe à retardement celui-là...) va commettre une série de braquages d'une violence extrême. Léo, l'aîné, qui pense - à tort- s'être affranchi de l'influence de son sinistre père, monte des coups énormes, il est méthodique, intelligent, mène les "affaires"du clan d'une main de maître. Rien ne semble pouvoir l'arrêter, sauf peut-être John Broncks, un flic totalement perdu et marqué lui-même par une histoire familiale douloureuse. 

C'est peu dire que le roman est passionnant, bien construit (avec une alternance entre les événements du passé et ceux du présent, les premiers éclairant les seconds), et va au delà du simple polar où ça flingue à tout va. Les personnages sont formidablement campés (oh ce Léo...) et le récit fonctionne aussi bien lorsque sont décrits les braquages (on en a le souffle coupé...) que lorsqu'il est question des liens perturbants qui unissent cette étrange famille.

Un roman, vif, nerveux, violent, ( attention les premières pages secouent rudement...) une écriture précise et plus qu'efficace, impossible d'en rester là, c'était trop bon.

Une suite serait en préparation !

 "Tu n'es pas encore en âge de voter. Ni d'acheter de l'alcool. (...) Mais tu sais déjà utiliser une arme automatique et dans trente-trois heures, tu dévaliseras une banque."