amours,M186150

"De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d'un paysage"

Cela se passe en 1908. Anselme Boisvaillant, notaire, est marié depuis quelques années à la jeune et jolie Victoire, qui ne parvient pas à lui donner d'héritier. Lorsque Céleste, la petite bonne de la maison qu'Anselme viole régulièrement, tombe enceinte de son maître, la solution semble toute trouvée: l'enfant sera celui du couple. Mais l'histoire ne s'arrête pas là. La naissance d'un garçon, prénommé Adrien, bouleversera tout, et d'une façon pour le moins inattendue...

J'ai été enchantée par ce roman, en apparence très classique, autant sur la forme que sur le fond, mais qui parvient à surprendre le lecteur de la plus belle des manières. Par son écriture, si fluide, si ouvragée,- de la dentelle!- par sa délicate sensualité qui fleure à toutes les pages, par la force de son contenu.

Difficile de l'évoquer sans trop en dire, mais la problématique des corps trop longtemps niés, étouffés, et qui soudain se révèlent, faisant exploser les interdits et les barrières sociales, est traitée avec une pudeur et une grâce inouïes. Certains passages, d'une intensité remarquable, comme la «rencontre» charnelle de Céleste avec son enfant, rencontre qui sauvera la vie du petit garçon, resteront gravés dans ma mémoire de lectrice: «Les yeux écarquillés l'enfant attend (…) ils se reconnaissent immédiatement (…) tout son derme s'accroche à elle et, de ce plaisir immense (…) jaillit un halètement doux.Un souffle nouveau qui sort l'enfant de son engourdissement. Peau contre peau, ils se retrouvent.»

Merci à mon amie Phili qui fait voyager son livre :) Son billet est ici

Il y a aussi les chroniques de Cuné, Zazy, Alex, Laure, Cathulu...