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Lili est encore adolescente lorsqu'elle tombe enceinte et décide, envers et contre tout, de garder son enfant. Un choix impardonnable aux yeux de sa famille, rigide et corsetée de principes. Pendant toute sa grossesse, Lili se verra confinée dans "la chambre du haut", séparée des siens, et en particulier de sa jeune soeur, l'innocente Zaza, que les parents maintiennent dans l'enfance, et à laquelle elle est très attachée.

A la naissance de Charlotte, Lili va vivre dans un appartement, à l'abri du besoin, (les parents ont pensé à tout) mais aussi des regards. Seule avec sa fille, elle va découvrir les joies et les difficultés d'être mère. Une mère qui entend tout donner à son enfant. Trop donner. Gaver d'amour.

Charlotte grandit, grossit, peu à peu s'éloigne de cette jeune maman qui ne vit que pour elle et par elle...

 Découvert chez ma copinaute Hélène Choco qui ne tarissait pas d'éloges à son sujet et proposait d'en faire un livre voyageur, "C'est pour ton bien" est, je le confirme, une superbe réussite.  J'ai  accroché tout de suite, ai été traversée en le lisant de toutes sortes d'émotions : indignée par l'attitude intolérante des parents, touchée par l'amour inconditionnel de Lili pour Charlotte, atterrée par le mal qu'on peut faire  en pensant faire le bien, (en réalité pour son propre bien) attristée quand Charlotte repousse Lili, émue par Zaza la petite soeur, toute de naïveté et de tendresse. Ce beau roman tout rempli d'amour pose de vraies questions sur la famille, l'éducation, le pardon, l'impossibilité de communiquer au sein d'une même famille où chacun campe sur ses positions, où les principes moraux sont plus forts que tout, plus forts, même, que l'amour des parents pour leur enfant...

L'écriture d'Alma Brami est d'une grande beauté, pleine de grâce, ciselée, concise et percutante. Seule les dernières pages du roman m'empêchent d'en faire un vrai coup de coeur. La tonalité que l'auteur donne à son récit, grave, tendre, douloureux, est en décalage avec une fin bien trop rose à mon goût. Notez que je n'ai rien contre le rose, j'attendais juste autre chose ici...

Les premières lignes :

"Charlotte était un accident.

Ni layette rose, ni bleue, rien n'avait été prévu pour elle.

On ne fait pas de place dans une maison pour accueillir une mauvaise nouvelle.

Le ventre encore adolescent de la mère pousserait donc dans la chambre du haut. A l'abri des regards et surtout loin de la petite soeur afin qu'elle ne s'inspire pas de ce terrible exemple.

Une de perdue... une de perdue. Pas question qu'elle contamine toute la famille en plus.

"Tu ne pervertiras pas ta soeur". Sans doute un des premiers commandements."(p.11)

 

Allez, encore un extrait :

"Elle l'avait appelée Charlotte, loin des prénoms obscurs dont était affublé le reste de la famille. Charlotte vrai prénom de fille, joyeux et sucré. Ce serait un bon départ dans la vie, contrairement à sa naissance. Et puis on est toujours ami ou amoureux de la jolie Charlotte de sa classe, dans les écoles normales (...)

Sa Charlotte ne serait pas une ombre parmi les ombres, un être humain rangé qui craint Dieu et les Hommes, une brebis qui s'en remet aux textes pour faire un pas devant l'autre. 

Elle lui apprendrait à essayer, à inventer, à se tromper. La vie, qui s'ouvrait à elle, serait un nouveau pays qu'on explore." (p. 19)

 

Hélène Choco que je remercie mille fois pour ce prêt, donne son avis enthousiaste ici. :) Laetii a aimé aussi.

 

Challenges "Histoire de famille" chez Sharon, et "Douce France" d'Evy.

 

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