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"Entre l’asile et la prison, on mettait à la Salpêtrière ce que Paris ne savait pas gérer : les malades et les femmes"

Le " Bal des folles" est la grand'messe annuelle de la Salpêtrière :  les parisiens s'y pressent pour danser avec des colombines et autres gitanes, joyeuses et colorées... en réalité des patientes du -glauque- docteur Charcot, qui aime à expérimenter l'exposition des fous. Tel est le grand sujet de ce roman, dans lequel sont racontées les "sous-histoires" de plusieurs femmes internées,  dont le lecteur va suivre le parcours. Parmi elles, il y a Eugénie, coupable de parler avec les morts, que son odieux père a décidé de museler...

J'étais très dubitative en commençant ce livre, pour deux raisons : la première étant l'auteure ou plutôt sa maman, une chanteuse célèbre des années 80 ("encore une fille de...") et la seconde la crainte de relire "La salle de bal", qui aborde sensiblement le même sujet, mais en Irlande, et qui m'avait moyennement emballée.

Bon, Comète et ses préjugés. J'ai dû les mettre sous le tapis (avec plaisir, je vous rassure, j'aime avoir tort) car voilà un livre que j'ai aimé, dont la plume légère, fluide, agréable, de bonne tenue, m'a surprise et dont le contenu m'a paru très intéressant. Les personnages féminins sont suffisamment bien campés et crédibles pour qu'on s'y attache, le romanesque que je redoutais ( le point noir de la "Salle de bal", selon moi : plus je vieillis plus je recule devant les histoires cucul) est assez bien contourné, et l'univers de l'hôpital, sans être extrêmement creusé, donne un cadre plutôt bien décrit.

Alors, pour nuancer, je n'ai pas trouvé que "Le bal des folles" était terrible, puissant, écrit au scalpel" comme le vend la quatrième de couverture, il y manque justement de la puissance et le coup de scalpel qui emporteraient tout et laisseraient une trace dans la mémoire du lecteur. Je ne suis pas sûre d'en garder longtemps le souvenir mais il s'agit d'un bon premier roman, soigné, addictif, dont je recommande la lecture pour passer un très agréable moment. Ce qui, en ces temps obscurs, est  tout de même essentiel, n'est-ce-pas?

"Messieurs, bonjour. Merci d’être présents. Le cours qui va suivre est une démonstration d’hypnose sur une patiente atteinte d’hystérie sévère. Elle a seize ans. Depuis qu’elle est à la Salpêtrière, en trois ans nous avons recensé chez elle plus de deux cents attaques d’hystérie. La mise sous hypnose va nous permettre de recréer ces crises et d’en étudier les symptômes. À leur tour, ces symptômes nous en apprendront plus sur le processus physiologique de l’hystérie. C’est grâce à des patientes comme Louise que la médecine et la science peuvent avancer".

 

Une lecture proposée par les 68 premières fois :)

        

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