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"Ma rue raconte l'histoire du monde avec une odeur de poubelles. Elle s'appelle rue Léon, un nom de bon Français avec que des métèques et des visages bruns dedans"

Abad, treize ans, syro-libanais, grandit à la Goutte d'or, à Paris. C'est un gamin malin, qui rêve d'amour et de sexe, confond souvent les deux et passe une grande partie de son temps à se tripoter, seul ou avec ses potes. L'univers d'Abad, dont les parents ne s'occupent pas tant ils triment comme des dingues, c'est le quartier des "oubliés", celui de la misère, de la délinquance, des trafics, des putes, des pseudo mollahs tout juste convertis qui assoient leur pouvoir en faisant régner la terreur, sous le regard des policiers totalement passifs. A force d'enchaîner les conneries, Abad se retrouve devant une psy qui va tenter d"ouvrir son dedans", se heurtant au départ à un mur d'hostilité. Mais... 

Je vais être la seule sur terre encore une fois mais j'avoue ne pas avoir été convaincue par ce premier roman encensé sur la blogosphère et que François himself a adoré. Je lui reconnais de la verve, du peps, la narration est dynamique, les personnages hauts en couleurs toussa toussa... Je ne nie pas que ça fonctionne. Techniquement. Mais une fois qu'on a dit "ça fonctionne"... il reste quoi? Il m'a manqué l'émotion, la surprise, l'originalité. L'histoire d'Abad, plate et prévisible, ne l'est guère. Aucun cliché ne nous est épargné (la prostituée au grand coeur, la vieille voisine à laquelle on s'attache...)      

Ce petit héros de treize ans ne m'a pas fait vibrer et les quelques personnages féminins plutôt bien campés m'ont laissé indifférente. Oui, je sais, ça surprend. Je suis mauvais public pour ce genre de romans que j'ai l'impression d'avoir lu cent fois. L'oralité prononcée mâtinée de vulgarités toutes les deux lignes me fatigue à la longue. Malgré quelques réflexions bien envoyées qui font mouche, je n'ai pas été séduite par la langue "explosive" de Sofia Aouine (dixit la quatrième de couverture) j'ai cherché le hip hop et la soul en vain, quant à la noirceur, en effet, il arrive des grands malheurs à tous les personnages... c'est seulement ça, le roman noir, des cata à n'en plus finir dans un quartier glauque?

Quant aux références à Romain Gary ("La vie devant soi" en gros, en rouge, en lettres lumineuses) et à Zola ( à travers le personnage de Gervaise  : d'accord, celle-ci ne boîte pas mais elle se prostitue et sa fille s'appelle... Nana : c'est sans doute une volonté de l'auteure mais pour moi c'est juste gros comme une pastèque), elles auraient gagné à être plus subtiles : l'auteure a beaucoup lu, c'est évident (beaucoup trop évident).

 "On a presque tous, d'où qu'on vienne, d'où qu'on parle (...) une histoire de valises à vivre et à raconter"

 

 Une première lecture dans le cadre des 68 premières fois, que je suis ravie de rejoindre ! Merci aux filles de l'équipe pour l'envoi de ce livre. Les prochains romans effaceront sûrement cette déception :)

            

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