La-salle-de-bal

 

"Il y a trois façons de sortir d'ici. Tu peux mourir...Tu peux t'enfuir...Ou tu peux les convaincre que te es suffisamment saine d'esprit pour partir"

En 1911, dans le Yorkshire, la jeune Ella Fay, coupable d'avoir brisé une vitre de la filature où elle travaille, est internée à l'asile de Sharston. Après une tentative de fuite sévèrement réprimée, les espoirs de sortie d'Ella sont balayés et la voilà contrainte de s'adapter à la vie de l'institution, qui sépare les hommes et les femmes, à l'exception d'un grand bal hebdomadaire. Elle y rencontrera l'irlandais John Mulligan et une histoire d'amour va naître, sous le regard de l'antipathique docteur Fuller qui entend mettre en pratique les théories eugénistes sur ses patients... stériliser ou isoler les faibles d’esprit pour le bien de tous ? Telle est la grande question qui agite l’époque et  pour laquelle  Winston Churchill lui-même prend position...

Voilà un livre dont j'ai longuement entendu parler, toujours de façon dithyrambique et que j'avais hâte de lire. Le mois anglais en a été l'occasion. A priori, il avait tout pour me plaire : amours contrariées, contexte historique intéressant, personnages touchants, construction originale -le roman est polyphonique et s’articule autour de trois personnages- belle écriture poétique, ce sont à peu près les qualités mises en avant dans toutes les chroniques que j'ai pu lire. J'ai commencé ma lecture dans l'enthousiasme et les premières pages m'ont fait penser que je tenais "the" livre...

Pourtant, j'ai le regret de dire que la magie n'a pas opéré sur la longueur et que seule la première partie du roman m'a réellement séduite...

Qu'est-ce-qui a pêché? J'ai eu du mal à le définir au départ et puis j'ai compris : l'eugénisme, l'asile, ne sont au fond que des prétextes pour raconter une histoire d'amour certes très jolie, bien écrite, mais finalement pas exceptionnelle. Les personnages sont intéressants,  mais pas passionnants, le tout m'a semblé survolé, tout en étant bien long... et  ennuyeux. Je n'ai pas réussi à aimer John, Ella... ils sont restés des personnages désincarnés dont j'ai lu l'histoire en m'en fichant un peu... Oui, je sais, ça fait mal, je vais me faire haïr par les trois quarts de la blogosphère mais que voulez-vous, on ne peut pas tout aimer dans la vie...

Pour enfoncer le clou et recevoir encore plus de cailloux, j'ai trouvé que ce livre avait un côté bonbon sucré et ça m'a agacée. Les doux baisers échangés, les lettres d’amour... ok ok je ne devais pas être d’humeur romantique pendant ma lecture. Ce sont des choses qui arrivent. Il n’empêche et c’est bien dommage, tout ce sucre finit par affadir le roman et noyer le propos dans le sucre. J’aurais aimé un traitement plus rugueux : il est quand même question d’eugénisme, de pureté de la race et autres joyeusetés qui n’ont pas attendu Hitler pour faire surface...

     Pas grave, hein, je n'ai pas peur des cailloux et je retenterai Anna Hope le mois prochain, puisqu'une lecture commune est organisée sur un autre de ses romans.

"Souvent il se révélait difficile de distinguer l'aliéné du visiteur, mais était-ce la pauvreté ou la faiblesse d’ esprit qui les avaient marqués tous les deux, c’était difficile à déterminer"

Ma chère Laure l'a lu aussi, évidemment :)