Tout-ce-qu-on-ne-s-est-jamais-dit,

"Les souvenirs d'un être aimé se lissent et se simplifient toujours, et on se débarrasse des complexités comme d'écailles". 

 

Lydia Lee est morte. Après des heures d'angoisse pour ses proches, on retrouve son corps gisant au fond d'un lac. Elle avait seulement seize ans, toute la vie devant elle. Jolie, brillante, sociable, adorée de ses parents, Marylin et James, de sa fratrie... qui a bien pu vouloir lui faire du mal? La famille Lee, brisée par ce drame inconcevable, trouvera-t-elle des réponses aux questions qui la hantent? Les réponses à ces questions, douloureuses, auront-elles raison du couple atypique que forment Marylin, qui se rêvait médecin et plaçait tous ses espoirs dans sa fille aînée, et James, professeur d'université d'origine chinoise rongé depuis l'enfance par sa "différence" obsédé par l'idée d'intégration, dans une Amérique raciste et suspicieuse? (le roman démarre à la fin des années 70 mais des sauts dans le temps nous font remonter dans les années 50 lorsque Marylin, alors étudiante, rencontre James)

Mon dieu que ce livre est grand...

Je découvre Celeste Ng et suis stupéfaite d’apprendre qu'il s'agit du premier roman de cette auteure américaine tant il est abouti, maîtrisé. La complexité des personnages - principaux comme secondaires- la subtilité de l'intrigue finement menée jusqu'à sa résolution toute aussi subtile( poignant, si poignant, j'en frissonne encore) la profondeur des thèmes abordés qui sont nombreux, on pourrait s'y perdre : racisme, sexisme, mal-être adolescent, amour maternel... mais tout fait sens et est traité avec la même intelligence, rien n'est laissé au hasard, la toile est solidement tissée mais on n'en voit pas les coutures... Et cette écriture, poétique, délicate et infiniment précise, soucieuse du plus petit détail (oh cet épi sur le crâne de James, qu'on retrouve chez son fils Nathan, cette petite Hannah qui ne dit rien et observe tout...) une merveille.

On se prend de l'émotion en pleine tête de la première à la dernière ligne et quand la littérature est aussi belle, on a juste envie de dire merci : à l'auteure (en lui souhaitant de continuer à créer des chefs-d'oeuvre encore longtemps) et à mon amie Laure, pourvoyeuse de bons livres (très bons).

"Toute leur vie, Nath avait compris, mieux que personne, le lexique de leur famille, les choses qu'ils ne pouvaient jamais vraiment expliquer aux gens de l'extérieur : qu'un livre ou une robe n'étaient pas simplement quelque chose à lire ou à porter ; que l'attention était accompagnée d'attentes qui - comme la neige - s'abattaient et s'accumulaient et vous broyaient sous leurs poids".

 

 

 

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