"Le vrai problème, c’étaient les livres. Mathilde en avait trop lu. On ne pouvait pas être heureux quand on avait trop lu. Tous les malheurs venaient de la littérature. Elle enviait le manque de culture littéraire de sa sœur ; elle enviait cette vie où Flaubert n’était qu’un vague souvenir scolaire."

 

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Mathilde est une enseignante et une jeune femme accomplie. Très appréciée de ses élèves, elle vit une belle histoire d'amour avec Etienne depuis quelques années. Mais un jour, Etienne quitte Mathilde pour retrouver une ex, revenue d'Australie. Et là c'est le drame... Mathilde s'effondre. Sa soeur Agathe lui propose alors de l'héberger temporairement. Agathe est mariée avec Frédéric, maman d'une adorable petite fille. Elle a tout ce que Mathilde n'a pas...

Oh ce llvre... il m'a fait glousser de joie et pousser en même temps de gros soupirs d'exaspération. Il est si nul et si  grandiose, tellement mauvais et tellement excellent... un petit chef-d'oeuvre qui fait monter dans les tours et redescendre aussi sec, pour remonter toujours plus haut...

Je m'explique, parce que là, le lecteur qui lit Comète pensera qu'avec une telle critique, son avenir de chroniqueuse littéraire au magazine "Lire" est définitivement compromis :-D

Ce que je veux dire, c'est que ce livre est une sorte d'OVNI très étrange, qui m'a fait passer de la crispation viscérale à la joie la plus pure.

Les trois premières pages m'ont semblé tellement mauvaises que j'ai failli laisser le livre en plan, me disant que David Foenkinos avait fumé la moquette. Beaucoup trop. Fumer tue la littérature. Clichés gros comme des camions de 35 tonnes, phrases courtes débitées sans élégance, à la mitraillette... ouh là là que c'était mal parti...

J'ai insisté un peu, parce que ce livre, je l'ai payé... et que l'argent ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval, ma bonne dame. J'achète donc je lis.

Et puis il s'est passé quelque chose. Passé la troisième mauvaise page, je n'ai pas pu m'arrêter. Malgré les clichés, les poncifs, un scénario aussi prévisible que le chemin que je prends tous les matins pour aller bosser (c'est toujours invariablement le même, j'adore ce chemin mais il est immuable) des personnages mal dégrossis et caricaturaux, des situations improbables tellement elles sont probables, il y a le truc qui fait qu'on ne peut pas le lâcher, qu'on veut absolument savoir ce qui va arriver à Mathilde, Agathe et toute la compagnie... et la fin m'a fait sursauter de surprise, alors que j'étais dans le métro. Tout le monde m'a regardée au moment où j'ai fait "ohh nonnn !" : c'était trop gênant. Ok j'exagère un peu... personne ne m'a regardée, mais ma surprise était bien réelle : il se passe un truc fou à un certain moment du livre, un truc énorme ! En fait ce livre, c'est du bonheur. Je peux affirmer très sérieusement que je me suis régalée avec ces "Deux soeurs".

Le livre n'est objectivement pas bon mais il m'a ferrée. Il est donc objectivement très bon.

Ce roman délicieusement mauvais est ma seconde participation au challenge de la rentrée menée par d'une main de maîtresse par Joëlle

                                        

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Merci à ma chère Laure de m'avoir accompagnée dans cette bizarre aventure ! Son billet est ici.

Quelques extraits qui donnent le ton :

 

"Le cœur de l’autre est un royaume impossible à gouverner."  

                      ***

"Quand vous souffrez, tout le monde vous considère comme un produit explosif. Vos interlocuteurs s' approchent de vous en espérant que le fil rouge et le fil bleu qui sont en vous ne vont pas leur faire exploser une bombe au visage."

                         ***

"Il s'agissait d'une infusion « Nuit Calme ». Si seulement c'était vrai, pensa Mathilde. Si seulement on pouvait boire le programme de nos prochaines heures. Elle rêvait de nuit calme, et cette boisson allait lui offrir l'espoir de la vivre. En vain, elle buvait un mensonge".