Unknown-1"Les gens comme moi, ils ont besoin de logique, et la logique voudrait qu’un gars méchant soit méchant tout le temps, pas seulement un tiers du temps"

Antoine Lazenec, promoteur immobilier, est mort. Jeté à la baille par Martial Kermeur. Ce dernier, ancien ouvrier de la rade de Brest, n'a pas eu la vie facile : divorce, alcoolisme et son fils Erwan, derrière les barreaux. Il rêvait d'un appartement avec vue sur la mer, Martial. Il l'a payé, cet appartement, rubis sur l'ongle, avec la totalité de sa prime de licenciement...

Je ne peux résumer davantage ce captivant roman en forme de huis-clos entre un juge et un coupable, en parler trop serait vraiment dommage. Sachez tout de même qu' "Article 353..." (ne pas aller voir le contenu de l'article avant d'avoir terminé le livre, c'est impératif !) qui moisissait dans ma liseuse depuis sa sortie l'année dernière... est un chef-d'oeuvre ! Merci à mon amie Solange de l'avoir rappelé à mon bon souvenir :)

Dans le bureau du juge, Martial se raconte, explique son geste. Les événements malheureux qui ont jalonné sa vie mis bout à bout éclairent une personnalité complexe et sans le justifier, donnent du sens à un acte inqualifiable. L'écriture de Tanguy Viel, mazette, c'est quelque chose... d'une seule traite, au rythme des pensées de Martial, l'auteur déroule un récit superbe, ponctué de virgules, truffé d'images toutes plus fortes les unes que les autres, images qui germent dans l'esprit de Martial au fil de son discours... Du grand art. Du pain béni pour le lecteur(trice) ébahi(e) par autant de talent.

C'est tellement bien, tellement fort, subtil, poétique, intelligent - ce roman nous offre une réflexion sur  l'humain de haute volée- et passionnant, que ça laisse rêveur (se)...

Peut-on écrire après Tanguy Viel?

"Quelquefois je m'y perds, dans les brumes du miroir, dans le reflet indécis de moi, quelquefois même je suis content de m'y perdre, mais quelquefois aussi, j'ai dit au juge, quelquefois, je suis en colère contre la brume."