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"Turtle, ton père est un immense, un titanesque, un colossal enfoiré, un des pires qui aient jamais vogué sur les mers verveine de citron, un enfoiré de première dont les profondeurs et l'ampleur de l'enfoiritude dépassent l'entendement et défient l'imagination"

Le voilà, le coup de poing de ce début d'année (j'en ai déjà eu un, américain encore (!) mais d'un autre genre: les coups de poing américains peuvent être très variés....) Je vais donc rejoindre la cohorte de lecteurs subjugués par ce livre incroyable. J'en frémis encore.

Julia Alveston, alias Turtle ou Croquette, (ou "connasse"...) est une sacrée nénette. Elle a seulement quatorze ans, manie les armes comme personne, ne quitte jamais son flingue et le couteau de son grand-père. Il faut dire que Turtle a tout intérêt à être solide. Elle vit  dans un baraque délabrée au fond des bois, en Californie (pas celle des beaux surfeurs et des filles aux gros seins et lèvres gonflées, l'autre Californie...) avec un père totalement dingue, manipulateur, obsessionnel et incestueux. Ce monstre, Turtle l'aime d'un amour infini, malgré les sévices, et défend à quiconque de lui venir en aide. Qui peut comprendre la force de sa relation avec cet homme complètement cinglé ? L'irruption dans sa vie de Jacob et Brett, deux lycéens randonneurs à qui elle porte secours, va changer la donne... Une vie différente est-elle possible pour Turtle, qui en quatorze ans d'existence, n'a rien connu d'autre que la violence et la folie ? 

J'ai souffert en lisant ce livre, beaucoup souffert. Mais je ne vais pas être originale en disant que je n'ai pu l'abandonner, malgré le dégoût, l'indignation, la colère qu'a suscitée sa lecture. Rien ne nous est épargné, autant prévenir, ce qui est raconté est très dur, à vomir...  La lumière est quasi absente de ces longues pages superbes mais excessivement douloureuses, pourtant Turtle du haut de ses quatorze ans, nous prend par la main de la première à la dernière ligne et on n'a qu'une envie... qu'elle s'en sorte, qu'une lueur vienne éclairer enfin son existence sordide (qu'elle se débarrasse de son horreur de père d'un coup de revolver..). L'écriture est surprenante, magnétique, avec son rythme haché, et le prisme unique de la narration, celui de Turtle, nous rapproche d'elle encore plus et nous la fait aimer follement.

Je vais avoir du mal à m'en remettre.

 

                       

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