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"Attendre était ce pour quoi il était le plus doué"

Erica travaille, s'occupe de son père malade, prend soin (ou tente de le faire car il se montre rétif) de son fils Jimmy, de retour à la maison et pas au mieux de sa forme... elle se démène, veut faire au mieux pour tout le monde, s'accroche tant bien que mal à ce qu'elle peut sauver, même si tout paraît brisé dans son existence : un mari mort des suites d'une longue maladie, une soeur bio-bio bien gentille, mais dont on ne peut rien attendre, un père alité et acariâtre... Erica dort peu, mange mal, sa vie semble un flop...

 La sinistrose apparente de ces quelques pages (moins de deux cents) est heureusement adoucie par de jolis moments lumineux (un bouquet de lys violets, un ami qu'on n'attendait et s'en ira comme il est venu, une complicité qui pourrait bien renaître grâce à une tempête de neige...). L'écriture de William Boyle est admirable de précision. A la façon d'un film, il décortique les faits et gestes d'Erica, nous invitant à partager quelques moments de son quotidien banal. Avare de commentaires et de mots inutiles, l'auteur se concentre sur l'essentiel et parvient à nous la rendre attachante, cette Erica, sans trop d'efforts, -c'est le talent !- tout comme Jimmy, le fils mal aimé et mal aimant, dont on aimerait bien qu'il finisse par tomber dans les bras de sa petite maman...

Oui, mais chez William Boyle, on ne tombe pas dans les bras de sa petite maman, on lui parle dans l'obscurité. Et avec elle, on attend la fin, qui n'est peut-être au fond que le début d'un chouïa de quelque chose...

Ça ressemble à de l'espoir et c'est vraiment très beau.

"Il n'était pas fait pour être célibataire. Il avait besoin de quelqu'un. Ne pas avoir d'amour, c'était se sentir oublié, totalement vide et totalement seul".

L'avis de Cuné