filles_ouragan

"C'était une des choses que j'aimais dans le dessin, le fait que-sur du papier- on pouvait rêver de tout, les seules limites étant celles de son imagination, ce qui dans mon cas, signifiait pas de limites du tout"

Il y a quelques jours, je me suis dis "allez hop... Joyce Maynard". Et j'ai choisi de lire et d'acheter "Les Filles de l'ouragan" alors qu'"Un long week-end" est dans ma PAL depuis au moins deux ans. Cherchez l'erreur...:/

 Ruth Plank et Dana Dickerson ont toutes les deux étaient conçues un soir de tempête. Nées le même jour, elles sont des "soeurs anniversaire". Les Plank sont des fermiers, ils ont toute une tripotée de filles et Ruth, artiste dans l'âme, est un peu le mouton gris du clan. Elle est grande, ne ressemble pas le moins du monde à ses soeurs, encore moins à sa mère qui lui manifeste un intérêt distant. Ruth cherche sa place au sein d'une famille où malgré l'affection du père, elle se sent étrangère.

Dana est au contraire la scientifique de la famille Dickerson. Ses parents se soucient peu d'elle. Son frère Ray est beau, sensible et lointain. Sa mère Val est artiste peintre, son père George, toujours par monts et par vaux, est sans cesse à la poursuite de la bonne idée qui le fera devenir riche. Les liens entre les deux familles sont maintenus par Connie Plank, avec une curieuse obstination. Cadeaux à Noël, visites annuelles et brèves pour lesquelles on parcourt des kilomètres. Ruth et Dana si elles sont nées le même jour, n'ont pourtant pas grand chose en commun, du moins en apparence...

J'ai bien failli abandonner ce livre, tant la première partie consacrée à l'enfance des deux filles m'a semblé longue et sans entrain. La narration qui donne en alternance la voix à Ruth et à Dana, ne permet pas de les différencier : l'écriture est uniforme et la traduction un peu pataude par moments. J'ai parfois confondu Ruth et Dana, m'obligeant à revenir en début de chapitre pour vérifier de qui il était question. Et puis la sauce qui menaçait de tourner a fini par prendre, à grands coups de "séquences émotion" dont Joyce Maynard ne se prive pas. L'amour, lorsqu'il débarque dans le roman, se révèle absolu, exclusif, d'une sensualité débordante. Les personnages aiment et souffrent, et leurs souffrances sont parmi les pires que l'on puisse imaginer. Maladie de l'être aimé, séparations déchirantes... tout y passe. Au final, je me suis laissée embarquer et j'ai bien apprécié cette histoire de femmes marquées par la tempête, qui traversent avec courage les nombreux orages de la vie. 

A lire, sans en attendre autre chose qu'un agréable moment de lecture !

"Vous passez la moitié d’un siècle à penser que vous êtes une certaine personne et il s’avère que vous ne l’êtes pas. A moins que celle que vous avez toujours été se révèle soudain à vous, que quantité de choses prennent un sens qu’elles n’avaient pas auparavant et que d’autres dont vous étiez sûre perdent leur signification"