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Septième édition de notre défi Almodovar avec "La loi du désir" (1987) et première apparition d'Antonio Banderas depuis le début de notre challenge. Pour rappel, nous avons Pousse et moi, sélectionné les films au hasard ( dans les deux coffrets que je possède), sans chronologie, avons choisi un film chacune, et voilà enfin Banderas dans celui-ci. C'est un acteur que je trouve fort séduisant et dans ce film, il est particulièrement ténébreux et inquiétant. 

"La loi du désir" est pour reprendre l'expression de ma copine Pousse "un fllm de bonhommes".  En effet, pas de femmes ou presque: il y a bien la la mère (naturellement possessive) d'Antonio, (qui porte le même prénom que l'acteur qui l'incarne) et la soeur du personnage principal, mais celle-ci est en réalité un homme qui a changé de sexe... Donc un film d'hommes, où ceux-ci se désirent, se déchirent jusqu'à la mort. 

Pablo est un célèbre cinéaste. Amoureux de son jeune amant Juan, il s'en sépare malgré tout car Pablo est un être compliqué, difficile à vivre et à suivre. Juan retourne dans son village, mais les sentiments des deux hommes restent forts, malgré la distance. Pourtant, Pablo rencontre  Antonio et entame une liaison avec lui. Antonio se révèle de plus en plus exigeant et possessif. Jaloux obsessionnel, il ne peut supporter que Pablo s'éloigne de lui et veuille le quitter. Il décide de partir à la rencontre de Juan...

Et je n'en dis pas plus, d'autres sites se sont chargés de spoiler. Je me contenterai de dire que ce film, considéré par certains comme un chef-d'oeuvre, ne m'a pas entièrement convaincue, pour plusieurs raisons. Premier obstacle à mon adhésion pleine et entière : le rythme. Affreusement lent." La loi du désir" dure 1h38 et il faut attendre 56 minutes exactement avant qu'il se passe réellement quelque chose et que le film bascule vers le thriller mélodramatique. Vous me direz, tout ce temps n'est pas perdu car il permet de faire connaissance avec les personnages, de mettre l'intrigue en route etc. Certes. N'empêche, je me suis ennuyée pendant toute cette première partie. J'ai trouvé Pablo assez fade (l'acteur qui l'interprète, Eusébio Poncela, manque totalement de charisme à mon avis, mais ce n'est que mon avis) et les intrigues annexes, qui reprennent les thèmes chers à Almodovar, l'inceste, l'écriture, le travestissement, la religion m'ont semblé traité de façon assez brouillonne. On brasse tous les thèmes, on les met dans un panier on secoue, et on voit ce que qui en sort. Je caricature un peu mais en réalité, "La loi du désir" n'a pas grand chose à voir avec "La mauvaise Education" auquel on le compare souvent.  Dans le second, les sentiments sont troubles, sulfureux et la dénonciation cinglante. La loi du désir, qui lui est antérieur, apparaît du coup bien pâlichon. Quant à la cohérence psychologique des personnages... Là aussi, pas un mot pour ne pas spoiler, mais la fin, renversante et hypermélo, m'a laissé totalement perplexe. Je mets pourtant un bémol à ma propre critique : Almodovar, il me semble, n'a jamais cherché à être totalement crédible et réaliste. Il affectionne les passions folles, les amours impossibles et les personnages amoureux jusqu'à l'hystérie. C'est la marque de fabrique du réalisateur et la plupart du temps j'adhère. Cette fois-ci, il m'a manqué quelque chose, je n'ai pas été touchée, les ébats entre les personnages, nombreux jusqu'à l'overdose, m'ont gênée. Je suis une grande pudique, moi. Et quand c'est trop, c'est trop... 

Conclusion: Une déception. On attend mieux le mois prochain avec "Kikka".

Pour jeter un coup d'oeil au programme et peut-être nous rejoindre, c'est ici

Le billet de mon amie et partenaire Pousse est

 

                    

les-copines-vous-invitent-au-cinema-petit-challenge-un-ano-con-almodovar-21979420