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"C'est qu'elle aimait l'idée de la maternité et non sa réalité."

Le père et l'enfant se portent bien (enfin, pas trop mal, on va dire que cela dépend des textes et des moments) dans ces courtes nouvelles, mais la mère, qui n'apparaît pas dans le titre du recueil, n'est guère en forme. Absente, manquante , débordée, mère en devenir aux multiples questions ou qui rêve de l'être sans trop d'espoir... les nouvelles de Pauline Dreyfus sont autant de variations cinglantes, souvent dramatiques, sur la maternité vécue comme une faille, voire un tsunami pour certaines femmes.

J'ai beaucoup aimé ce recueil, l'écriture limpide et agréable de Pauline Dreyfus, la finesse psychologique de ses récits. Tout y est juste, tendu juste ce qu'il faut, émouvant sans trop en faire, drôle aussi parfois. C'est vrai que l'auteure oublie un peu le fameux "show don't tell", la tarte à la crème des nouvellistes contemporains. Elle développe, explique, s'immisce dans les pensées de ses personnages, mais ça passe, sans lourdeur... le style est allègre, les chutes inattendues. C'est plaisant, c'est triste, ça fait du bien.

Un gros coup de coeur pour les nouvelles qui ouvrent et ferment le recueil, "le monde a changé" et "bienvenue au club" centrées sur des hommes totalement chamboulés par la paternité : je suis heureux, je suis déçu, je suis perdu, je suis... deux très jolis textes qui m'ont émue.

Je demande à lire d'autres livres de Pauline Dreyfus, qui comprend si bien les femmes et les mamans... et les papas. 

" Elle les repérait toutes, les femmes enceintes, meme les plus neuves, celles qui avaient encore quatre ou cinq mois devant elles avant l'enfantement, celles que trahissait un simple bouton de veste tendu au dessus du nombril, juste une légère proéminence qui dit de quoi leur avenir sera fait. Et elle les enviait."

 

Découvert chez Aifelle, merci !