un_village_francais

 "Les adultes parfois se trompent, surtout pendant les guerres"

Il faut que je vous parle de cette série qui m'occupe beaucoup en ce moment, au point que si je n'étais pas mariée, mère d'un Poupouce et accessoirement obligée d'aller bosser, je ne ferais que ça, regarder les épisodes les uns après les autres toute la journée, tellement c'est bien ;) Vous allez me dire, "tu retardes Comète, cette série n'est pas récente, tu t'excites après la bataille". Pas du tout, je suis une fille qui déteste regarder les programmes quand la télé les diffuse, les horaires ne ne conviennent jamais, et puis je n'aime pas attendre... je veux pouvoir  regarder douze épisodes d'un coup si ça me chante, le dimanche matin à 7h, ou le lundi à 23h... Et puis la naissance de Poupouce a tout bouleversé. Vous saisissez?

Donc, j'achète les coffrets. Je me cale dans mon lit ou sur mon canapé, avec mon vieil ordinateur qui ne tape plus les 4, les r, les astérisques, mais possède un lecteur DVD intégré que le nouveau tout beau tout neuf n'a pas. Depuis les vacances, je me régale avec "Un village" et je vous jure que c'est la meilleure série de la planète, s'il n'y en a qu'une à regarder dans toute sa vie, c'est bien celle-là. C'est même mieux que Dowton Abbey, que j'adore pourtant. 

Le pitch, vous le connaissez sûrement : Villeneuve, un village fictif situé dans le jura, vit sous occupation allemande pendant la seconde guerre. Le contexte historique est évidemment intéressant, extrêmement bien rendu (je ne suis pas historienne, n'est-ce-pas, je communique juste un ressenti) mais ce qui est tout aussi passionnant, ce sont les trajectoires singulières des individus, en cette période douloureuse et ô combien compliquée, où la collaboration semble la seule issue possible. Le maire et médecin (ohhhhh Robin Renucci... je l'aimmmme), le jeune communiste, l'institutrice (la pauvre)... C'est passionnant, c'est super, c'est génial, je sais ne suis absolument pas constructive sur ce coup là, c'est vrai. J'adore tous les les personnages, même l'horrible policier allemand Heinrich Muller, qui glace le sang, est tellement bien interprété qu'on l'aimerait presque... Je suis en admiration devant le jeu des comédiens, tous épatants (même pas un moyen), j'adore le docteur Larcher, alias Robin Renucci -je l'ai déjà dit, oui, eh bien je répète - constamment déchiré entre son profond humanisme et la nécessité de collaborer avec l'occupant, dans l'intérêt de ses concitoyens. J'aime énormément les ambiguités des personnages, tellement justes, tellement vrais, empêtrés, tiraillés, parfois amoureux... Oui, il y a de l'amour - il en faut un peu, on n'est pas dans du documentaire non plus - contrarié ou carrément interdit (par exemple une française (je ne vous dit pas laquelle) amoureuse d'un soldat allemand, enceinte de lui, ça craint...). Rien à voir avec du sentimentalisme à deux balles, là aussi, toutes les émotions, nuancées, sonnent terriblement justes.

Je voudrais détester Hortense la traîtresse, je ne peux pas. Je la comprends même un peu quand elle dit à son docteur de mari : "c'est fatigant, j'ai l'impression que toute la misère du monde traverse le salon"... Je voudrais que Raymond laisse tomber son idiote de femme (formidable Emmanuelle Bach, on lui flanquerait des baffes, elle est pathétique et odieuse) et vive enfin sa relation avec Marie.Quel beau personnage, cette Marie... J'adore Marie, vous savez. Mais dans "Un village..." rien n'est simple. L'amour en temps de guerre, bon sang, c'est pas une mince affaire...

Vous l'aurez compris, c'est THE série, celle qui scotche devant l'écran, fait chouiner(par exemple quand Robin-Daniel est confronté, dans la saison 3, à un dilemme d'une cruauté insensée, je vous défie de ne pas verser une petite ou une grosse larme, ou quand la femme enceinte (je ne vous dis toujours pas laquelle) amoureuse dit adieu à son allemand muté sur le front russe), pousser des "oh! ah ! c'est pas vrai ! non? pas ça, please, au secours! " et puis chaque épisode se termine sur un violent cliffhanger, c'est fou, on a envie de tout voir d'un coup, mais la vie nous en empêche et puis Poupouce a faim (fais-toi un sandwich mon amour, ah non c'est pas possible, il n'a que quatre dents et demi et ne sait pas utiliser un couteau..). Remarquez, c'est pas plus mal, ainsi, il me reste encore trois saisons à savourer.

J'y retourne.