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 « Quel est le français profond qui a inventé le céleri rémoulade, tu peux me le dire? (…)

  • Personne t'oblige à en commander!

  • Si, la curiosité ! L'esprit d'expérience ! Il y a des moments dans la vie, où on veut en croire ses yeux ! »

 L'été, j'ai toujours dans ma PAL quelques classiques que j'ai gardés au chaud en prévision de cette période. Quand je dis classique, je ne parle pas seulement de Proust ou Balzac, mais aussi de bouquins plus récents qui ont été des phénomènes lors de leur parution, et que j'ai loupés. C'est ainsi que j'ai découvert la famille Malaussène et « Au bonheur des ogres », à la faveur de la sortie du film. Sincèrement, je me demande comment j'ai pu passer à côté aussi longtemps. C'est vraiment génial  !

Pour mémoire, Benjamin Malaussène est un brave «frère de famille». Sa maman ayant une légère tendance à la fuite, il est responsable de ses frères et soeurs. Les Malaussène forment une tribu aussi improbable que sympathique, assortie de Julius, un chien épileptique et malodorant. Benjamin exerce l'étrange profession de bouc émissaire dans un grand magasin. En gros, si un client est mécontent, il en porte la seule responsabilité. Il a l'air d'avoir la poisse, ce Benjamin Malaussène, il est toujours dans le secteur quand les bombes se mettent à exploser les unes après les autres au magasin. Ce qui fait de lui le coupable idéal...

 En voilà une lecture qui fait du bien ! « Au bonheur des ogres » est un roman policier burlesque, décalé, plein d'humour, alors que les évènements décrits ne sont pas drôles du tout. Le rythme endiablé du récit, les personnages totalement loufoques, l'incongruité des situations – sur une trame narrative qui tient parfaitement la route, je précise- et surtout la saveur de la langue de Pennac, inventive, gouailleuse, inimitable, ont fait de cette lecture un vrai moment de plaisir.

Je vais me régaler avec la "Fée Carabine", je le sens bien.

"Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée,où l'on pourrait s'apitoyer sur son sort [...]un moment parfaitement libre, une plage déserte où l'on pourrait mesurer l'étendue du désastre. Ces mesures dans l'œil, la journée serait meilleure, l'illusion bannie, le paysage clairement balisé."

                                                   ***

 

"Elle avait dix-neuf ans, elle montait les escaliers du métro, il en avait vingt-trois et il les descendait. Elle venait d'être plaquée par un zombie qui préférait les abstractions ; lui allait présenter son internat de médecine. Il la vit, elle le vit, Paris cessa de circuler."