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Je compte sur les doigts d'une main les livres qui provoquent vraiment de la joie chez moi. Pas seulement du plaisir (heureusement, ceux-là sont plus nombreux) mais du bonheur, de l'excitation, des gloussements de satisfaction, des "oh", des "ah", des "c'est pas possible" "c'est trop bon"... Depuis la création de ce blog, il y a eu "American Darling", "La couleur des sentiments", "Parfums", "Mr Gywn" tout récemment..." Au revoir là-haut" fait désormais partie de ce mini panthéon de livres adorés chéris, qui vous saisissent dès la première ligne pour ne vous lâcher qu'à la toute dernière, et encore... J'ai eu du mal à redémarrer autre chose après.

Je ne suis pas objective, ce livre conjugue absolument tout ce que j'aime dans un roman. C'était presque gagné dès le départ :) Une histoire bien ficelée avec des rebondissements, du suspens, des personnages savoureux, attachants, odieux, ou les deux à la fois, un contexte historique bien présent, mais qui ne prend jamais le pas sur l'intrigue. On n'oublie jamais en le lisant qu'il s'agit d'un roman, destiné aussi et surtout à nous divertir. C'est comme ça que j'ai vécu cette lecture, comme un merveilleux divertissement. Un divertissement de grande qualité. Et l'écriture... alerte, dynamique, qui prend le lecteur à parti, lui fait partager enthousiasme et indignation. Et cette galerie de portraits... Quel talent ! Il y a du Zola là-dedans, je vous le dis. J'y ai pensé plusieurs fois en lisant ce roman. Et moi j'aime Zola. Et Pierre Lemaitre.

ça se passe juste après la première guerre. Albert et Edouard en sont revenus, amis pour la vie, mais bien amochés. Surtout le deuxième, qui s'est pris un obus en travers du visage... Quant à Albert, qui a bien failli être enterré vivant, il cultive une paranoïa que seule une tête de cheval parvient à apaiser. (je n'en dis pas plus, c'est tellement excellent et saisissant). Les deux compères n'ont pas droit à la reconnaissance nationale, le pays ruiné n'en a pas les moyens. On enterre les morts, tant bien que mal ( et plutôt mal que bien... j'ai fait des bonds !) Une vareuse qui déteint... c'est à peu près tout ce qui est offert aux anciens combattants. Très vite, l'argent manque cruellement, d'autant qu'Edouard est accro à la morphine, et  qu'Albert se démène pour lui en procurer. L'idée d'une énorme escroquerie va alors germer dans le cerveau d'Edouard, une escroquerie à l'échelon national dans laquelle le pauvre Albert va se laisser entraîner bien malgré lui.

Vous savez que les résumés ne sont pas mon fort, tant pis, vous lirez ce livre et vous y trouverez bien plus de choses que ces quelques mots faiblards. Ce salopard et cynique Aulnay-Pradelle, (vous le haïrez, c'est une pourriture) sa femme Madeleine, (sacrée nénette! ) et Merlin, l'inoubliable Merlin, extraordinaire et minable petit fonctionnaire, qui va à lui tout seul faire trembler Aulnay... J'ai adoré ce personnage complètement hallucinant, grand amateur de poulet et qui "pue comme un sconse", même si mon préféré reste Albert, naïf et touchant, fidèle en amitié et surtout bien plus courageux qu'il n'en a l'air. Un héros ordinaire, mais un véritable héros quand même... j'ai aimé Albert, j'ai voulu qu'Albert s'en sorte. Je n'oublierai pas Albert maintenant que ma lecture de ce roman est terminée. Ni les autres. Et je dis merci à Pierre Lemaitre pour ce bonheur de lecture absolu.

« Certes, la guerre avait été meurtrière au-delà de l’imaginable, mais si on regardait le bon côté des choses, elle avait permis aussi de grandes avancées en matière de chirurgie maxillofaciale  »

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"Le pays tout entier était saisi d’une fureur commémorative en faveur des morts, proportionnelle à sa répulsion vis-à-vis de survivants."

Je dis également merci à Cuné :)) Son billet ici

Beaucoup de critiques élogieuses sur Libfly

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