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"Il savait pourtant l'essentiel sur Laura. Le doux elle le durcissait. Le chaud elle le refroidissait. Le beau elle le salissait. Comme d'autres ont le vin gai, elle avait l'amour triste."

C'est un vrai plaisir de retrouver un rythme de lecture régulier, même si les livres ne sont pas forcément à la hauteur de mes attentes. C'est le cas du dernier roman d'Eric Fottorino, dont j'espérais beaucoup, après l'avoir entendu en parler à la radio. Je garde un souvenir tellement fort de Korsakov. Je suis un peu déçue.

Alcide Chapireau est un homme simple, de peu de mots, pêcheur de métier. Lorsqu'il perd sa femme adorée, la douce Nélie, maman de ses deux garçons, Zac et Marcel, il est désespéré ne s'attend pas le moins du monde à retomber amoureux. C'est pourtant ce qui arrive, lorsqu'il rencontre Laura. La passion est réciproque. Assez vite ils se marient et auront une petite fille, Automne. Le bonheur semble à nouveau là. Laura est douce, adorable, attentionnée, avec Chapireau mais aussi avec ses fils. Cela ne va pas durer... Laura est en réalité un monstre de méchanceté, de perversité. Elle dit des choses terribles, elle assassine avec les mots. Ou avec des silences. Elle fera vivre un calvaire à Alcide et aux garçons, jusqu'au coup de chevrotine final.

Je ne "spoile" pas, je vous assure. On sait dès le départ qu'Alcide va tuer Laura. On le sait parce que c'est dit, presque tout de suite, et que l'auteur lui même le raconte ici. Dommage, cette manie très actuelle de tout dévoiler d'un livre. Du coup, plus de mystère, elle meurt à la fin. Le vrai sujet du roman est la folie d'une femme, la montée en puissance d'un drame inéluctable, et la passivité d'un homme, tellement amoureux qu'il se laisse malmener au point de faire fuir ses propres enfants, de faire le vide autour de lui et... d'agacer le lecteur (enfin, moi il m'a agacée...) ! Laura est tourmentée pour des raisons que je ne révèlerai pas mais qui sont un peu faciles, il me semble. Tout m'a d'ailleurs paru facile dans ce roman, j'attendais le petit truc en plus, je ne l'ai pas eu. ça se lit sans problèmes, là aussi avec facilité, mais l'ensemble est un peu plat, sans aspérités. On tourne les pages avec un intérêt poli, s'arrêtant parfois sur une phrase, une jolie formule, car Eric Fottorino écrit bien. Il y a ce "petit soleil de février, acide comme un citron pressé" ou encore "avant même de connaître Laura, on croyait la reconnaître. Elle réveillait en chacun une évidence."