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Keisha et d'autres blogueuses m'ont fait découvrir et aimer Rosa Montero. J'ai lu il y a quelque temps l'éblouissant et moyenâgeux Roi transparent (Merci Léo !) et me voilà plongée grâce à Keisha- encore et toujours, merci merci merci - dans "Des larmes sous la pluie" qui m'accompagne depuis plusieurs jours. 

Je prends mon temps pour le lire, ce n'est pas un roman qui se dévore, il est bien trop riche, j'aurais peur de louper des choses en allant trop vite. Arrivée à la moitié du bouquin, je m'empare de la suggestion de mon amie Julie : pourquoi ne pas faire un billet en deux parties? Ainsi, je pourrais donner mes premières impressions et publier une petite chronique de livre avant l'année prochaine et peut-être vous donner envie -ou pas- en ménageant un certain suspense. Enfin voilà, j'inaugure sur ce blog le billet en deux parties !

 Dans ce roman, Rosa Montero fait dans la science-fiction. Oh la la, c'est péjoratif ce "fait dans"... Ne vous méprenez pas. Le terme est mal choisi, je le change. Ce livre n'est absolument pas carton-pâte. Rosa Montero nous livre au contraire un vrai roman de science-fiction, (bien "polardisé") dans lequel j'ai été embarquée dès les premières pages. Il faut dire que ça décoiffe et tout de suite : la première scène est vraiment très impressionnante ! Ensuite, ça se calme un peu (un tout petit peu), Rosa Montero prend le temps de nous faire découvrir son univers futuriste et magistralement construit. Le lecteur comprend tout, n'est jamais perdu, à condition d'être un minimum attentif. Ce monde du futur pas si lointain se révèle d'une cohérence absolue. ça aussi, ça m'impressionne. A ce stade de ma lecture, j'ai le sentiment que Rosa Montero a écrit de la science-fiction toute sa vie. La référence au film Blade Runner est clairement posée, mais je m'en fiche un peu, je ne l'ai pas vu. Ce qui m'interpelle, c'est la proximité de cette lecture avec la toute nouvelle et excellente série diffusée sur Arte : Real Humans qui vaudrait bien un billet. Enfin, c'est un hasard, mais en ce moment, je suis très branchée androïde.

Revenons à "Des larmes sous la pluie" s'il vous plaît. Je résume brièvement. Je fais des coupes sombres. Si vous voulez des éléments plus précis sur le roman, je vous conseille de lire le billet très bien fichu et plus détaillé de Miss Léo.

  Nous sommes en 2109 et les Etats-Unis de la terre sont peuplés de Réplicants ou techno-humains, créés par les hommes. Les réplicants sont des androïdes destinés à mourir très jeunes, ravagés par une sorte de cancer inéluctable : le TTT (tumeur totale techno) Parmi ces androïdes, il y a Bruna, jeune détective et réplicante guerrière, qui enquête sur les crises de folie épouvantables et sanglantes qui s'emparent de certains réplicants. Bruna a aussi des inquiétudes plus personnelles  dont celles de sa mort prochaine (plus que quatre ans...), qu'elle sait inévitable et la perte de celui qu'elle aimait.

Si Bruna est le personnage principal du roman, un personnage que je trouve formidablement complexe, abouti, ambigu, (J'adore Bruna, elle est formidable, elle a un sale caractère, elle est sensuelle et déterminée, elle est faillible aussi, c'est pour ça que j'l'aime) les comparses qui l'entourent ne sont pas pour autant de pâles figures. Mutants, extraterrestres ( Omaas, Kniès, Balabis... mais où va-t-elle chercher tout ça?)personnages-publicité (ça, ça m'a scotchée !) boubis (oui, ça existe les boubis, si vous voulez savoir ce que c'est, lisez le roman...) et autres composent une faune bizarre et hétéroclite,  la prouesse de Rosa Montero étant de rendre toutes ces créatures touchantes et terriblement humaines... (Le Omaa, je vous jure, on a envie de l'adopter. Il est raide dingue de Bruna, c'est sûr) 

Donc, il y a les personnages, mais il y a aussi le monde dans lequel ils vivent. Un monde où le réchauffement climatique a fait des ravages, où le racisme, la haine de l'autre sont plus virulents que jamais. Il n'y a d'ailleurs pas un monde, mais des mondes, les fameuses terres flottantes composées de l'Etat démocratique du Cosmos et le Royaume de Labari.  Tout ces éléments sont consignés dans les Archives Centrales de la Terre (passionnants et éclairants chapitres intercalés dans le roman) qu'on cherche (qui est ce "on"? je ne sais pas encore...) à modifier. Dans quel but? Vous le découvrirez dans le prochain épisode... Enfin, non, vous ne saurez rien,  ne comptez pas sur moi pour spoilier :)

Je n'ai pas parlé de l'écriture. Belle, efficace, précise. Rien à dire de plus, Rosa Montero a un style impeccable. C'est un bonheur de la lire, c'est limpide, c'est superbe, c'est Rosa.   

Vous l'aurez compris, pour le moment, j'adore ce que je lis. J'ai grand espoir que ça continue...

Fin de ce billet. J'ai laissé Bruna en compagnie du Ooma. Je file les retrouver :)

                                                                           ***

   La première phrase du livre :

« Bruna se réveilla en sursaut et se rappela qu'elle allait mourir. 
    Mais pas maintenant. »