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Je me suis réinscrite à la médiathèque, mon budget en matière de livres devenant explosif... Je redécouvre ainsi le plaisir de fouiner, de prendre, de reposer, de tomber sur des livres que j'avais loupés lors de leur sortie. Un bonheur, vraiment.

Eric Emmanuel Schmitt, je l'aime beaucoup, et ses nouvelles me laissent en général une agréable impression de légèreté, de fraîcheur, de profondeur aussi. Tout ce qu'il me faut en ces temps de rentrée. Je me suis jetée avec appétit sur "Concerto à la mémoire d'un ange", (Goncourt de la nouvelle en plus !) quatre histoires ayant pour fil rouge l'amour, filial ou conjugal, la faute, la rédemption et la figure emblématique de Sainte Rita qui apparaît dans chacun des textes.  

Au  bout de quelques pages entrecoupées de bâillements, de soupirs, je me suis dit, "tu es fatiguée, c'est pour ça que tu n'accroches pas... Eric-Emmanuel, quand même..." Je n'étais pas inquiète. Le décollage allait survenir très vite, au détour d'une phrase, d'un mot. Il suffisait d'attendre. De choisir le bon moment pour lire. C'est là que j'aurais dû me poser des questions. D'ordinaire, je n'ai aucun mal à lire Eric Emmanuel Schmitt. En train, en bateau, en avion, fatiguée ou en pleine forme, ça passe toujours. A cause de la légèreté évoquée plus haut. Et de ce petit quelque chose qui me touche, que je n'arrive pas à définir, qui fait de cet auteur un de mes chouchous depuis longtemps. 

Je termine donc tant bien que mal la première nouvelle intitulée "L'empoisonneuse". Sans grand intérêt. L'espoir demeure, il en reste trois autres. Rares sont les recueils où toutes les nouvelles sont excellentes, n'est-ce-pas? Le reste devrait relever le niveau. 

Hélas non. Le reste ne relève rien du tout, justement. Je me suis ennuyée, mais ennuyée, TOUT- LE -TEMPS, au point d'avoir mis deux semaines pour achever la lecture de ces quatres pauvres nouvelles, fades, maigres, dépourvues de toute magie. Elles sont bien écrites, c'est sûr. Mais depuis quand Eric-Emmanuel Schmitt se contente t-il de bien écrire? Depuis quand ses nouvelles ont-elles perdu à ce point leur charme? Et ses personnages, si incolores dans ce recueil, que leur est-il arrivé? Il étaient toujours si lumineux, si attachants...

Le journal d'écriture qui termine le recueil vaut heureusement la peine d'être lu, parce que l'acte de création, quel qu'il soit, est toujours intéressant à explorer. On y trouve aussi des réflexions sur l'art et la difficulté d'écrire des nouvelles. (le Goncourt c'est facile en revanche, pas vrai)

C'est à peu près tout.

 

Une  toute petite phrase parce que je n'ai pas le courage de citer un paragraphe entier:

"Greg n’avait fabriqué que des filles, sa semence était impuissante à générer du mâle… " (Le retour)

Et une autre extraite du journal d'écriture :

"La nouvelle est une épure de roman, un roman réduit à l'essentiel."