imagesAprès une Mélancolie des corbeaux assez pesante, j'avais envie d'une lecture un peu plus légère. Et je me suis rappelée que deux livres de David Foenkinos achetés un certain samedi 4 février attendaient sagement que je les lise. Chouette, David Foenkinos, c'est pile ce qu'il me faut. Légèreté, dérision, un poil de mélancolie tout de même...

 L'écrivain David Foenkinos a perdu l'inspiration. Tout le monde l'a oublié.  Sa femme a un amant, sa fille est amoureuse du garçon à qui il donne des cours de guitare. Tout va mal. Il cherche en vain l'idée géniale qui le fera rebondir. Un jour, dans un train Genève-Paris, à 18 heures, 15 minutes et 32 secondes, il croise une femme et son idée en même temps... Sauf que l'idée va s'échapper. David Foenkinos va devoir tout mettre en oeuvre pour la retrouver. 

Je confirme après lecture : dans ce livre-là, le cocasse et le loufoque dissimulent à peine quelque chose de plus profond : l'amour qui s'use, qui fuit (comme les idées), le drame de la page blanche, ( à ce stade-là et raconté de cette façon, ça devient vraiment un drame !), le temps qui passe, la mort... c'est souvent comme ça, chez Foenkinos. En cela, "Qui se souvient de David Foenkinos" n'est tellement pas différent des autres. On y retrouve les formules fantaisistes et joliment poétiques que l'auteur affectionne:

"Pour un écrivain en perdition, les mots fléchés ont un mérite inestimable : enfin les mots prennent une direction". (p.34)

    " Dans quelle case range t-on les couples qui se séparent? C'est incroyable que personne n'ait encore pensé à inventer un nom pour nommer cet espace entre l'amour et l'amitié. Où sommes-nous? Dans l'amitour? Oui, ça doit être ça. L'amitour, c'est doux et agréable" (p.168)

Pourtant l'originalité de ce roman réside dans le fait d'être non seulement le héros de l'histoire que l'on raconte mais de s'inventer un parcours littéraire et sentimental jalonné d'obstacles. (on ne saura jamais si tout est fiction, cela ne nous regarde pas :-) C'est culotté, un peu dingue comme le personnage de David Foenkinos à la recherche de son idée perdue... Ce narcissicisme à l'envers, cette malice m'ont beaucoup amusée.

J'ai dégusté ce roman comme on déguste une petite douceur, mais avec du croquant au milieu.

"J'aime les femmes suisses, surtout celles qui parlent allemand (est-il langue plus érotique que l'allemand?) Dès la descente du train, je contemplai ce défilé de cheveux lisses, et je me sentais revivre. J'aurais voulu serrer dans mes bras une inconnue, même si je me savais bien trop timide pour en aborder une. En marchant des idées se proposaient à moi: je me sentais capable d'être un grand auteur dans ce petit pays. On peut comprendre pourquoi tous les écrivains de l'Est se sont réfugiés ici. L'air helvétique favorisait l'aphorisme. Mais dans mon cas il ne s'agissait que d'idées maigrichonnes pour ne pas dire anorexiques (...) toutes mes idées récentes s'étaient révélées sans intérêt, mon dernier roman sur la misère sexuelle avait suscité quelques réactions proches du dégoût. Cela avait abouti à un étrange paradoxe: plus personne ne me téléphonait et j'avais dû me mettre sur liste rouge. " (p.24)


Ma copine Philisine n'a pas trop accroché.